PROFIL INSTANTANÉ D'UNE JOURNÉE DES JEUNES AUTOCHTONES SOUS GARDE AU CANADA

Chapitre 8 - Alberta (suite)

8.7 Questions géographiques

La prochaine section indique où les jeunes Autochtones visés par le profil instantané ont passé la majeure partie de leur temps au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, où ils ont commis leur infraction et où ils prévoient se réinstaller. Plus particulièrement, ils ont répondu à ces trois questions en indiquant s'ils allaient (ou prévoyaient) s'installer dans une ville, un village, une réserve ou un autre endroit.

En général, la majorité des jeunes Autochtones sous garde le jour du profil instantané ont indiqué la ville à toutes les questions. Toutefois, ce phénomène « urbain » n'est pas surprenant vu que l'on trouve dans un bon nombre de villes canadiennes, particulièrement dans les provinces de l'Ouest, d'importantes populations autochtones.

8.7.1 Où habitaient les jeunes avant leur incarcération actuelle

Le schéma 8.6 et le tableau 8.6 montrent où les jeunes visés par le profil instantané ont passé la majeure partie de leur temps au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle. En général, la moitié (50 %) des jeunes Autochtones inclus dans le profil instantané de l'Alberta vivaient dans une ville au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, alors que 28 % vivaient dans un village et 19 % vivaient dans une réserve autochtone.

Schéma 8.6 - Lieu d'habitation préalable à la mise sous garde

Schéma 8.6 - Lieu d'habitation préalable à la mise sous garde
[Description du Schéma 8.6]

Source : Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde (2001).
Préparé par la Division de la recherche et de la statistique, Justice Canada.

Le tableau 8.6 présente le lien entre l'âge et l'endroit où les jeunes ont passé la majeure partie du temps au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle. En général, les jeunes d'un âge plus avancé avaient plus souvent vécu dans une réserve, alors que les jeunes d'un âge moins avancé avaient plus souvent vécu dans une ville.

Une proportion plus grande des jeune âgés de 14 à 15 ans (55 %) et de jeunes de 16 à 17 ans (50 %) vivaient dans une ville au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle comparativement à 47 % des jeunes de 18 ans et plus. Plus du quart (29 %) des jeunes de 18 ans et plus vivaient dans une réserve au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, venaient ensuite les jeunes de 16 à 17 ans (18 %) et les jeunes de 14 à 15 ans (17 %) (voir le tableau 8.6).

Une plus grande proportion de filles ont passé la majeure partie du temps au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle dans une ville (57 % par rapport à 49 % pour les garçons) (voir le tableau 8.7).

L'examen des infractions les plus graves révèle que les jeunes qui vivaient dans une ville étaient plus susceptibles d'avoir commis une infraction contre la personne, alors que les jeunes qui vivaient dans un village auraient le plus souvent commis une infraction contre les biens. Parmi les jeunes qui vivaient dans une ville la plus grande partie du temps avant leur incarcération actuelle, 42 % avaient commis une infraction contre la personne, comparativement à 28 % des jeunes qui vivaient dans un village. En comparaison, parmi les jeunes qui habitaient dans un village la majeure partie du temps avant leur incarcération actuelle, 56 % avaient été trouvés coupables d'avoir commis une infraction contre les biens, comparativement à 44 % des jeunes qui vivaient dans une ville (voir le tableau 8.8).

Des proportions semblables de jeunes qui vivaient dans une ville ou une réserve faisaient l'objet d'une accusation pour une infraction contre la personne. Quarante-deux pour cent (pour chaque type d'infraction) des jeunes qui vivaient dans une réserve avaient été accusés d'avoir commis une infraction contre la personne ou contre les biens. En outre, 42 % des jeunes qui vivaient dans une ville faisaient l'objet d'une accusation pour une infraction contre la personne, alors que 39 % avaient été accusés pour une infraction contre les biens (voir le tableau 8.9).

Le tableau 8.7a donne des noms d'endroits précis ainsi que des données tirées du recensement de 1996 afin de fournir des renseignements sur la proportion de jeunes Autochtones provenant des divers endroits et qui étaient sous garde le jour du profil instantané. Parmi les 116 jeunes visés par le profil instantané de l'Alberta, la plus forte proportion (N = 31 ou 27 %) prévoyaient se réinstaller à Edmonton, venait ensuite la ville de Calgary (N = 12 ou 10 %).

Toutefois, lorsqu'on examine la proportion des jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de chaque collectivité et qui étaient sous garde le jour du profil instantané, on obtient un portrait légèrement différent. Neuf jeunes ont indiqué qu'ils prévoyaient aller à Hobbema, représentant 90 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de cette collectivité. Toutefois, en raison des limites imposées par les données du recensement et de l'impossibilité de demander aux répondants dans quelle collectivité de la région de Hobbema ils vivaient, ces renseignements doivent être interprétés avec prudence. Par exemple, bien que les données du recensement révèlent que 10 jeunes Autochtones âgés entre 12 et 18 ans vivent à Hobbema, il existe plusieurs collectivités autochtones dans cette région, ce qui ferait considérablement augmenter la population recensée. De plus, bien que les jeunes aient indiqué Hobbema dans le formulaire de collecte de données, ils pouvaient faire référence à une des nombreuses collectivités autochtones de cette région (collectivités auxquelles on a pu faire référence en utilisant le même nom).

8.7.2 Endroit où l'infraction/la présumée infraction a été commise

Le schéma 8.7 et le tableau 8.6 indiquent où les jeunes visés par le profil instantané ont commis l'infraction ou la présumée infraction à l'origine de leur incarcération actuelle. En Alberta, plus de la moitié (54 %) des jeunes Autochtones ont commis l'infraction ou la présumée infraction ayant mené à leur incarcération actuelle dans une ville, comparativement à 34 % dans un village et à 9 % dans une réserve autochtone.

Schéma 8.7 - Endroit où l'infraction/la présumée infraction a été commise

Schéma 8.7 - Endroit où l'infraction/la présumée infraction a été commise
[Description du Schéma 8.7]

Source : Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde (2001).
Préparé par la Division de la recherche et de la statistique, Justice Canada.

Une proportion plus grande de jeunes âgés de 14 à 15 ans (59 %) avaient commis l'infraction ou la présumée infraction à l'origine de leur incarcération actuelle dans une ville, comparativement à 53 % des jeunes de 16 à 17 ans et à 54 % des jeunes de 18 ans et plus. Des proportions semblables de jeunes de tous les groupes d'âge avaient commis l'infraction ou la présumée infraction à l'origine de leur incarcération actuelle dans un village (voir le tableau 8.6).

Des proportions semblables de filles et de garçons ont commis l'infraction ou la présumée infraction à l'origine de leur incarcération actuelle dans une ville (57 % par rapport à 54 %). En outre, 43 % des filles comparativement à 33 % des garçons ont commis une infraction ou une présumée infraction dans un village (voir le tableau 8.7).

Un examen de l'endroit où se trouvaient les jeunes lorsqu'ils ont commis leur infraction la plus grave montre que ceux qui se trouvaient dans une ville ont plus souvent commis une infraction contre la personne, alors que les jeunes qui vivaient dans un village avaient le plus souvent commis une infraction contre les biens. Parmi les jeunes ayant commis leur infraction la plus grave dans une ville, la plus grande proportion, soit 46 %, avaient été trouvés coupables d'une infraction contre la personne, comparativement à 28 % des jeunes ayant commis une infraction semblable dans un village. Inversement, parmi les jeunes ayant commis leur infraction la plus grave dans un village, la plus forte proportion étaient coupables d'avoir commis une infraction contre les biens (59 %), comparativement à 41 % des jeunes qui ont commis une infraction contre les biens dans une ville (voir le tableau 8.8).

Un examen de l'endroit où les jeunes en détention provisoire se trouvaient lorsqu'ils ont été inculpés révèle que ceux qui vivaient dans une réserve avaient plus souvent été accusés d'avoir commis une infraction contre la personne. Parmi les jeunes qui ont été accusés dans une réserve, 50 % ont été inculpés pour une infraction contre la personne, alors que 30 % des jeunes qui vivaient dans un village et 41 % des jeunes qui habitaient dans une ville ont été inculpés pour des infractions similaires (voir le tableau 8.9). Toutefois, en raison des faibles nombres, les différences entre les endroits doivent être interprétées avec prudence.

Le tableau 8.7a donne des noms d'endroits précis ainsi que des données tirées du recensement de 1996 afin de fournir des renseignements sur la proportion de jeunes Autochtones provenant des divers endroits et qui étaient sous garde le jour du profil instantané. Parmi les 116 jeunes visés par le profil instantané de l'Alberta, la plus forte proportion avaient commis une infraction/présumée infraction à Edmonton (N = 33 ou 28 %), venait ensuite la ville de Calgary (N = 11 ou 10 %).

Toutefois, lorsqu'on examine la proportion des jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de chaque collectivité et qui étaient sous garde le jour du profil instantané, on obtient un portrait légèrement différent. Cinq jeunes ont indiqué qu'ils avaient commis une infraction/présumée infraction à Hobbema, représentant 50 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de cette collectivité [1]. En outre, 5 jeunes avaient commis une infraction/présumée infraction à Lac La Biche, soit 8 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de cette collectivité.

8.7.3 Endroit où les jeunes prévoient s'installer après leur mise en liberté

Le schéma 8.8 et le tableau 8.6 montrent à quels endroits les jeunes Autochtones sous garde le jour du profil instantané prévoient s'installer après leur mise en liberté. En Alberta, plus de la moitié (53 %) des jeunes Autochtones prévoient se réinstaller dans une ville une fois mis en liberté, comparativement à 24 % des jeunes qui pensent se réinstaller dans un village et à 18 % dans une réserve.

Schéma 8.8 - Projets de réinstallation

Schéma 8.8 - Projets de réinstallation
[Description du Schéma 8.8]

Source : Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde (2001).
Préparé par la Division de la recherche et de la statistique, Justice Canada.

Les jeunes d'un âge plus avancé étaient légèrement plus susceptibles que les plus jeunes d'indiquer qu'ils prévoyaient se réinstaller dans un village après leur mise en liberté. Plus du quart (27 %) des jeunes de 16 à 17 ans pensaient aller dans un village, comparativement à 22 % des jeunes de 18 ans et plus et à 14 % des jeunes de 14 à 15 ans. En comparaison, les jeunes moins âgés indiquaient plus souvent qu'ils prévoyaient aller vivre dans une ville. Plus des trois cinquièmes (62 %) des jeunes de 14 à 15 ans prévoyaient vivre dans une ville, comparativement à 52 % des jeunes de 16 à 17 ans et à 44 % des jeunes de 18 ans et plus. Des proportions semblables de jeunes de 14 à 15 ans, de 16 à 17 ans et de 18 ans et plus prévoyaient aller dans une réserve une fois mis en liberté (21 %, 18 % et 18 %, respectivement) (voir le tableau 8.6).

Une proportion plus grande de filles prévoyaient se réinstaller dans une ville une fois mises en liberté (71 % par rapport à 51 % pour les garçons) (voir le tableau 8.7). Toutefois, en raison des faibles nombres, les différences entre les sexes devraient être interprétées avec prudence.

Un examen des infractions les plus graves et des projets de réinstallation révèle que la plus grande proportion des jeunes qui prévoient aller dans une ville avaient commis une infraction contre la personne (50 %), alors que la plus grande proportion de jeunes prévoyant aller dans un village ou une réserve avaient commis une infraction contre les biens (67 % et 62 %, respectivement) (voir le tableau 8.8).

Un examen des projets de réinstallation et des accusations les plus graves révèle que la plus grande proportion des jeunes qui prévoient aller dans une réserve ou dans une ville avaient été accusés pour une infraction contre la personne (44 % et 43 %, respectivement), alors que la plus forte proportion des jeunes qui prévoyaient aller dans un village avaient été accusés pour une infraction contre les biens (71 %) (voir le tableau 8.9).

Le tableau 8.7a donne des noms d'endroits précis ainsi que des données tirées du recensement de 1996 afin de fournir des renseignements sur la proportion de jeunes Autochtones provenant des divers endroits et qui étaient sous garde le jour du profil instantané. Parmi les 116 jeunes visés par le profil instantané de l'Alberta, la plus forte proportion (N = 39 ou 34 %) prévoyaient s'installer à Edmonton et venait ensuite la ville de Calgary (N = 12 ou 10 %).

Toutefois, lorsqu'on examine la proportion des jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de chaque collectivité et qui étaient sous garde le jour du profil instantané, on obtient un portrait légèrement différent. Huit jeunes ont indiqué qu'ils prévoyaient aller à Hobbema, représentant 80 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de cette collectivité [2].


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