Les crimes et les mauvais traitements envers les aînés : recherche bibliographique concernant surtout le Canada

1. CONTEXTE

Selon l'Enquête sociale générale de 2004 de Statistique Canada, 10 p. 100 des aînés du Canada, soit environ un demi-million de personnes âgées de 65 ans et plus, sont victimes d'un crime chaque année (Ogrodnik, 2007). Ce chiffre ne représente probablement qu'une fraction de l'ensemble des personnes qui sont victimes d'un crime ou de mauvais traitements chaque année. Les mauvais traitements peuvent être de nature physique, psychologique ou financière et peuvent constituer un crime prévu au Code criminel lorsqu'il s'agit de fraude, de voies de fait, d'agression sexuelle, de menaces ou de harcèlement criminel.

En raison de l'ampleur du problème et des conséquences graves qu'il entraîne pour le bien-être des aînés, une attention croissante a été accordée à la question de mauvais traitements envers les aînés au cours de la dernière décennie. Un nombre croissant de rapports émanant des milieux universitaire et gouvernemental ont été publiés sur la question1. De plus, plusieurs comités des gouvernements fédéral et provinciaux ont été mis sur pied, et un certain nombre de conférences ont été organisées sur le sujet.

En mars 2007, le gouvernement fédéral a créé le Conseil national des aînés2, qui devait le conseiller sur des questions d'importance nationale concernant les aînés. Une des priorités consistait à mieux faire connaître le phénomène des mauvais traitements envers les aînés et à lutter contre ce problème. En décembre 2007, le Conseil a publié le Rapport du Conseil national des aînés sur les mauvais traitements envers les aînés, dans lequel il a proposé la formation de partenariats ayant pour mandat de diriger des initiatives de lutte contre les mauvais traitements envers les aînés. Par la suite, au printemps de 2009, le gouvernement fédéral a annoncé l'Initiative de lutte contre les mauvais traitements envers les aînés (Initiative), qui vise à aider les aînés et les autres personnes à reconnaître les signes et symptômes de mauvais traitements envers les aînés et à fournir de l'information sur les mesures de soutien offertes. Les activités menées dans le cadre de l'Initiative seront coordonnées par différents ministères et organismes, soit le ministère de la Justice du Canada, l'Agence de la santé publique du Canada et la Gendarmerie royale du Canada, sous la direction de Ressources humaines et Développement social Canada.

Les objectifs de l'Initiative sont les suivants :

  • sensibiliser la population aux mauvais traitements envers les aînés au moyen d'une campagne nationale ciblant notamment les aînés et leurs familles, ainsi que les groupes professionnels travaillant avec les aînés;
  • Garantir l'accès à des ressources documentaires appropriées liées aux mauvais traitements envers les aînés ainsi qu'à des outils pour les travailleurs de première ligne.

Les mauvais traitements envers les aînés sont reconnus comme un problème envahissant et croissant sur lequel doivent se pencher les cliniciens, les familles et les groupes professionnels qui fournissent des soins et des services aux aînés. Il n'existe aucune définition universellement acceptée des mauvais traitements envers les aînés. Les définitions mettent habituellement l'accent sur un éventail d'activités nuisibles allant de l'agression physique et des formes « classiques » de violence familiale à la négligence à l'endroit des personnes âgées vivant en établissement et dans la société.

Les travaux publiés au sujet des mauvais traitements envers les aînés sont complexes et parfois contradictoires, et les définitions opérationnelles varient d'une étude à l'autre. De plus, alors que certaines études mettent l'accent sur la prévalence de la victimisation, d'autres portent sur l'incidence des mauvais traitements envers les aînés. Statistique Canada et d'autres organismes ont tenté à différentes occasions de mesurer le phénomène. Ces efforts ont été minés par des problèmes liés à la définition des mauvais traitements.

La présente étude visait principalement à résumer et à analyser les plus récentes recherches canadiennes menées au sujet des mauvais traitements envers les aînés en portant une attention spéciale aux questions comme la prévalence des crimes et des mauvais traitements envers les aînés, les types de mauvais traitements dont celles-ci sont victimes, le signalement des crimes commis à l'endroit des aînés, les facteurs qui les exposent à des risques, les conséquences des crimes et des mauvais traitements et les précautions que les aînés prennent pour éviter d'être victimes. L'étude englobait également certaines recherches novatrices menées dans d'autres pays et visait aussi à déterminer les crimes auxquels les aînés sont le plus vulnérables (crimes ciblés) ainsi que les lacunes de l'ensemble des recherches portant sur les crimes commis à l'endroit des aînés. Enfin, le présent rapport renferme des commentaires sur la définition que l'Organisation mondiale de la santé donne des mauvais traitements envers les aînés.

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