Les crimes et les mauvais traitements envers les aînés : recherche bibliographique concernant surtout le Canada

4. LES RECHERCHES ET DONNÉES CANADIENNES SUR LES CRIMES COMMIS CONTRE LES AÎNÉS

Les recherches canadiennes menées au sujet de la victimisation criminelle des personnes âgées sont assez limitées comparativement à celles qui ont été menées aux États Unis et au Royaume Uni. Une bonne partie des recherches sont dirigées par des organismes gouvernementaux comme Statistique Canada, dans le cadre du Programme DUC2 annuel4 et de l'Enquête sociale générale, enquête nationale sur la victimisation qui est menée tous les cinq ans. Le Programme DUC2 présente des détails sur les crimes (programme fondé sur l'affaire) signalés à la police; en 2007, il couvrait 153 corps de police desservant 94 p. 100 de la population canadienne.

Contrairement au Programme DUC2, l'ESG englobe des crimes non signalés et a été menée pour la dernière fois en 2004. Puisque l'ESG englobe des crimes non signalés et que l'enquête est menée aux cinq ans, il est difficile de comparer les résultats de l'ESG avec ceux qui sont tirés des plus récentes données découlant du Programme DUC2. De plus, l'ESG donne de l'information valable sur la prévalence de la victimisation, c'est-à-dire sur le pourcentage d'aînés déclarant avoir été victimes d'un crime au cours des douze mois précédents. Pour sa part, le Programme DUC2 fournit des données sur l'incidence seulement, soit sur le nombre de crimes pour 100 000 aînés.

Lorsque nous consultons d'autres sources canadiennes, nous constatons qu'il est encore plus difficile de faire des généralisations entre les études. Les recherches canadiennes sur les crimes contre des personnes âgées varient à plusieurs égards :

  1. le territoire géographique visé, certaines études ayant une portée nationale et d'autres, une portée régionale;
  2. le comportement examiné, certaines études mettant l'accent sur les mauvais traitements et d'autres, sur le comportement criminel seulement;
  3. la fourchette d'âges de l'échantillon, l'âge auquel une personne est considérée comme un aîné pouvant varier de 55 à 65 ans et plus;
  4. les délais visés, certaines études portant sur les crimes commis ou les mauvais traitements infligés au cours des douze derniers mois alors que d'autres concernent la victimisation à compter du moment où la personne est devenue un aîné.

Les dernières sections du présent rapport portent sur les lacunes majeures touchant les recherches canadiennes et internationales, de même que les problèmes liés à la définition des mauvais traitements envers les aînés. Malgré ces obstacles, il est permis de tirer les conclusions suivantes à la lumière des recherches canadiennes menées au cours des deux dernières décennies.

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