La violence est inacceptable peu importe la culture : Premières Nations et Métis du Canada

Qu'entend-on par « mauvais traitements »?

« ... toutes les femmes dans ma famille avaient ont subi de mauvais traitements, de différentes façons, qu'ils soient de nature psychologique, spirituelle ou physique. J'ai toujours pensé que cela était normal dans ce type de relation. C'était comme ça, c'est tout. Mais je savais que quelque chose n'allait pas. Ce n'était pas normal du tout. »

(traduction d'un extrait tiré du document Strengthening the Circle to End Violence Against Aboriginal Women, The Summit III to End Violence Against Aboriginal Women-Final Report", published by the Ontario Federation of Indian Friendship Centres, June 2009.).

  • Lorsqu'on vous fait du mal délibérément, pas accidentellement, c'est un mauvais traitement.
  • Les mauvais traitements peuvent être physiques, sexuels, émotives ou financière.
  • Les mauvais traitements surviennent la première fois que l'on vous frappe, incluant les coups de pied, que l'on vous bouscule ou que l'on vous menace de violence, et chaque fois que cela se reproduit.
  • Les mauvais traitements et la violence dans les familles surviennent dans toutes les cultures et dans toutes les nations.

De nombreux types de mauvais traitements sont aussi des crimes.

Une femme a dit :

« Je me suis presque fait tuer l'an dernier. Il a tenté de m'étrangler à mort, mais j'ai réussi à m'enfuir. »

(tiré du rapport Les femmes autochtones et la violence familiale, Canada, Centre national d'information sur la violence dans la famille, Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2008.).

Elle décrivait un crime.

La violence physique survient lorsqu'une personne utilise la force pour vous blesser physiquement, par exemple :

  • en vous étranglant ou en vous étouffant
  • en vous poussant ou en vous bousculant
  • en vous frappant
  • en vous brûlant
  • en vous donnant des coups de poing ou des coups de pied
  • en vous tirant les cheveux
  • en vous enfermant dans une pièce ou en vous retenant contre votre gré.

Toutes les formes de violence physique sont des crimes.

La violence sexuelle prend la forme de tout attouchement sexuel ou activité sexuelle que vous ne voulez pas. Être embrassé, caressé ou forcé d'avoir une relation sexuelle (même avec votre conjoint) quand vous ne le voulez pas constitue de la violence sexuelle. C'est aussi de la violence sexuelle si l'autre personne ne vous respecte pas quand vous dites « non ».

La violence sexuelle, c'est aussi avoir des relations sexuelles :

  • avec votre enfant, petit enfant, frère ou sœur;
  • avec un enfant qui est légalement trop jeune pour donner son consentement, par exemple s'il a moins de 16 ans (excepté si les deux partenaires ont à peu près le même âge) ou moins de 18 ans lorsque le partenaire est en situation de pouvoir (un professeur, un ministre ou un moniteur de loisirs, par exemple)

Le fait d'exploiter un enfant de moins de 18 ans au moyen de la pornographie ou de la prostitution, y compris les activités sexuelles en échange de drogue, d'alcool, de beaux vêtements, etc., constitue aussi de la violence sexuelle.

Toutes les formes de violence sexuelle sont des crimes.

« Je l'ai laissé me frapper pour qu'il ne tue pas l'un des enfants. »

(tiré du rapport Les femmes autochtones et la violence familiale, Canada, Centre national d'information sur la violence dans la famille, Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2008.).

La violence émotive est parfois appelée violence psychologique. Elle survient lorsqu'une personne mine votre estime de vous même ou essaie de vous manipuler, de vous effrayer ou de vous isoler. Elle entraîne souvent de l'anxiété, de la dépression et un sentiment d'impuissance.

Certaines formes de violence émotive peuvent aussi être des crimes, notamment :

  • menacer de vous tuer ou de vous blesser, vous ou une personne que vous connaissez ou aimez;
  • briser ou détruire vos effets personnels, faire mal à votre animal de compagnie ou menacer de le faire;
  • vous suivre dans vos déplacements, vous épier et faire en sorte que vous craigniez pour votre sécurité ou celle d'un proche (aussi appelé « harcèlement criminel »).

« ... Ils te rabaissent, puis disent t'aimer. »

(tiré du rapport Les femmes autochtones et la violence familiale, Canada, Centre national d'information sur la violence dans la famille, Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2008.).

D'autres formes de violence émotive ne sont peut-être pas des crimes, mais peuvent quand même blesser. La violence émotive peut parfois être suivie de violence physique ou sexuelle si elle n'est pas stoppée. Personne ne devrait vous insulter et vous rabaisser, crier après vous et vous dire que vous êtes inutile ou vous humilier devant d'autres personnes, comme des membres de votre famille ou des amis.

Les conjoints discutent entre eux lorsque la relation est saine. Ils peuvent essayer d'influencer ce que l'autre personne fait ou comment elle le fait, mais ils n'essaient pas de vous contrôler. Par exemple, personne ne devrait se moquer de vos croyances ou essayer de vous empêcher de participer à des activités qui vous intéressent ou de passer du temps avec des amis qui sont importants pour vous. (Bien sûr, si vous êtes un enfant, vos parents ont l'obligation de prendre soin de vous et de faire en sorte que vous soyez en sécurité et que vous ne traîniez pas avec des amis qui pourraient vous faire du mal ou que vous ne participiez pas à des activités qui sont dangereuses.)

La violence émotive peut prendre de nombreuses formes. L'intimidation et le contrôle sont deux des plus courantes. La manipulation est également fréquente. Par exemple, certains personnes menaceront de se tuer si leur conjoint essaie de les quitter. Ce type de manipulation est une forme de mauvais traitement.

« ...La violence physique c'est grave et ça fait mal sur le coup, mais verbale ça reste puis ça détruit. »

(tiré du rapport Les femmes autochtones et la violence familiale, Canada, Centre national d'information sur la violence dans la famille, Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2008.).

Ne fermez pas les yeux sur la violence émotive. Elle laisse des marques profondes et durables.

L'exploitation financière survient lorsqu'une personne se sert de l'argent pour essayer de vous contrôler. Cette personne essaie de vous empêcher d'avoir l'argent nécessaire pour la quitter ou pour lui tenir tête. Elle peut parfois faire en sorte qu'il vous soit difficile de travailler ou, si vous travaillez déjà, de garder votre emploi.

Certaines formes d'exploitation financière peuvent être des crimes, par exemple :

  • s'approprier votre chèque de paye ou de pension ou imiter votre signature pour encaisser votre chèque;
  • vous voler;
  • ne pas vous fournir la nourriture, le logement, les vêtements ou les soins médicaux dont vous, vos enfants de moins de 16 ans ou un autre membre de votre famille dont vous avez la charge, avez besoin.

Il y a d'autres formes d'exploitation financière qui ne sont peut-être pas des crimes, mais qui peuvent quand même blesser et qui sont inacceptables :

  • exercer des pressions pour que vous partagiez votre maison, votre voiture ou votre compte en banque;
  • mettre toutes les factures à votre nom afin que vous en soyez responsable;
  • refuser que vous gardiez une partie de l'argent de la famille pour vous.

L'une des choses les plus importantes qu'il faut savoir au sujet des mauvais traitements est le fait qu'il s'agit souvent d'un modèle de comportement qui vise à exercer un pouvoir sur vous :

  • en vous faisant sentir confus, coupable, honteux ou inquiet de ce qui va arriver;
  • en vous empêchant de partir quand vous ne voulez pas rester;
  • en vous faisant taire ou en vous disant de vous taire.

« Je suis d'abord allée chez sa mère. Elle a dit que j'étais une mauvaise épouse et que je méritais d'être battue... Tous les membres de ma famille m'ont dit de me taire parce que c'est une « affaire de famille ». »

(tiré du rapport Les femmes autochtones et la violence familiale, Canada, Centre national d'information sur la violence dans la famille, Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2008.).

On ne peut justifier les mauvais traitements simplement parce que vous avez dit ou fait quelque chose d'« inacceptable » ou parce que quelqu'un a « perdu le contrôle », était ivre ou était sous l'influence de la drogue. Si quelqu'un essaie de vous dire que vous l'avez cherché, il se trompe.

Les adultes sont responsables de ce qu'ils disent et de ce qu'ils font. La violence est un choix — un mauvais choix — et souvent un crime.

« T'es pas folle
Comment t'aurais pu savoir
Qu'il te frapperait dans ton âme
Et te briserait le corps
Irène
Talons aiguilles sur une route de gravier
Ma belle Irène
Je t'aime Irène
Pourquoi t'es pas partie?
T'avais juste à partir. »

Traduction d'un extrait de la chanson « Angel Street (Lovely Irene) » reproduit avec la permission de Lucie Idlout

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