Les facteurs de risque pour les enfants exposés à la violence familiale dans le contexte de la séparation ou du divorce

3. Les facteurs de protection

Étant donné que le risque est contextuel, il est important d’examiner les éléments qui pourraient atténuer quelques-uns des risques susmentionnés auxquels les enfants sont exposés dans les cas de violence conjugale. Ces facteurs de protection peuvent servir à comprendre pourquoi certains enfants semblent très bien survivre dans des milieux très hostiles, alors que d’autres n’y parviennent pas. Les professionnels peuvent se demander comment diriger les personnes concernées vers des services et d’autres sources de soutien susceptibles de fournir une assistance additionnelle aux enfants qui vivent ces expériences. Les facteurs de protection ne seront peut-être pas pertinents pour certains types de risque (comme la mortalité, par exemple), mais peuvent offrir des pistes de solution pour promouvoir les aptitudes d’adaptation et d’autres stratégies de résilience. Les facteurs de protection peuvent être internes ou externes par rapport à l’enfant et à la famille et l’accès à ces formes de soutien ne sera peut-être pas possible dans certaines situations.

Une bonne évaluation du risque serait incomplète sans un examen des facteurs de protection qui peuvent exister dans la vie d’un enfant ou être mis en œuvre à l’aide des soins et des ressources appropriés. Cependant, il importe de reconnaître qu’un facteur de protection ne suffit pas en soi à annuler la présence du risque ou la nécessité de veiller à ce que la sécurité demeure à l’avant-plan de toutes les décisions. Plus précisément, au moment de tenir compte de l’intérêt des enfants lors de la détermination des contacts avec un parent violent, la qualité de ces contacts devrait être jugée plus importante que la quantité (Hunt & Roberts, 2004).

3.1 La séparation et le divorce comme facteurs de protection

La plupart des recherches sur l’impact du divorce montrent que les enfants sont lésés davantage par le conflit et la violence qui persistent que par le divorce lui-même (Kelly & Emery, 2003). La séparation peut être un facteur de protection lorsqu’elle est associée à la cessation de la violence et à une possibilité d’offrir la sécurité à l’adulte et à l’enfant victimes de violence familiale ainsi qu’à un début de guérison pour eux. Selon certaines recherches, dès que l’exposition au milieu de vie violent diminue, les problèmes concernant le rôle des parents et le comportement s’atténuent également (Holden, Geffner, & Jouriles, 1998; Lapierre, 2008) . Ce facteur de protection est efficace dans la mesure où les tribunaux et les organismes communautaires font la promotion de ces résultats positifs. Bancroft et Silverman (2002) estiment que les enfants qui sont exposés à la violence conjugale et qui vivent également la séparation ou le divorce de leurs parents sont [traduction] « doublement traumatisés » et ont besoin de soutien pour composer à la fois avec la violence et la séparation. Les besoins essentiels des enfants résident dans la sécurité physique et émotive dans leur milieu de vie courant, dans un environnement structuré, dans des limites et une certaine prévisibilité, dans une relation sûre avec un fournisseur de soins non violent, dans des contacts sans danger avec le parent violent et dans de bonnes relations avec leurs pairs/frères et sœurs.

3.2 Autres facteurs de protection généraux

Le tableau figurant ci-dessous présente d’autres facteurs de protection généraux qu’il est nécessaire de prendre en compte au moment d’évaluer le risque de préjudice pour les enfants exposés à la violence familiale pendant la séparation ou le divorce de leurs parents. Pour une description plus détaillée de chaque facteur général, veuillez consulter l’annexe C.

Facteurs de protection généraux pour les enfants qui vivent la violence familiale

Stade de développement de l’enfant

  • Le stade de développement de l’enfant peut être considéré comme un facteur de protection lors de l’examen de la mesure dans laquelle l’enfant peut avoir accès à des sources de soutien, gérer ses émotions internes et développer des stratégies d’adaptation
  • Un QI plus élevé peut aider l’enfant à s’adapter, soit parce que l’enfant est davantage en mesure, sur le plan cognitif, de prendre conscience de son entourage, soit parce que les succès scolaires ouvrent la voie à l’estime de soi et à des formes de soutien  

Mères en sécurité, enfants en sécurité

  • Une plus grande protection pour la mère signifie une plus grande protection pour l’enfant
  • Les mères utilisent des stratégies et des plans de sécurité à court et long termes pour se protéger elles-mêmes et pour mettre les enfants à l’abri du danger

Soutiens familiaux et sociaux

  • Pour l’enfant – soutien des frères et sœurs; relation positive et stable sur le plan émotif avec un parent ou un membre de la famille
  • Pour la victime d’âge adulte – l’aide offerte par des êtres chers peut diminuer la détresse psychologique
  • Pour l’auteur de la violence – la création de relations sociales et la crainte de perdre sa famille sont perçues comme des points tournants susceptibles de favoriser un changement de comportement

Soutiens communautaires

  • L’accès à des soutiens communautaires est essentiel pour permettre à une femme de quitter un partenaire violent avec ses enfants et d’éprouver progressivement un sentiment d’appartenance à la collectivité
  • Les soutiens communautaires comprennent des logements convenables et abordables, des relations positives avec des intervenants en matière de défense et de protection des droits et une approche coordonnée à l’égard de la violence familiale, y compris un programme d’intervention auprès des partenaires violents appliqué conjointement avec des programmes continus de surveillance et d’intervention ciblant les pères violents
  • Les relations communautaires peuvent diminuer la détresse psychologique d’une personne et le risque qu’elle soit à nouveau victime de violence
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