Ce que nous avons entendu

La mise sur pied du Réseau bénéficie d’un vaste soutien. Presque tous les répondants (72 % tout à fait d’accord et 18 % d’accord) à la consultation en ligne ont convenu que la présence d’un réseau au Canada serait bénéfique pour favoriser la collaboration en matière de recherche entre les secteurs. Le réseau a été perçu comme un moyen de faciliter l’établissement de liens entre les chercheurs et les praticiens afin d’appuyer la mise en pratique de la recherche, de créer des occasions d’apprendre et de grandir en tant que communauté de recherche, de sensibiliser la population par la diffusion et le partage de la recherche, ainsi que de trouver des solutions créatives pour lutter contre les préjudices et favoriser le bien-être, de permettre aux gens de rencontrer d’autres personnes pour collaborer à des projets de recherche et de données, et favoriser les communautés de pratique en matière de recherche.

Voici les principaux thèmes qui ont émergé au cours du processus de consultations en plusieurs étapes.

Communication et collaboration

Bien que la plupart des participants au processus de consultation aient indiqué qu’ils accédaient actuellement à la recherche et à l’information sur la justice réparatrice par l’intermédiaire de sites Web, de publications de sources ouvertes, de revues et de webinaires, ils ont aussi déclaré qu’ils aimeraient des approches plus interactives pour favoriser la communication et la collaboration continues par l’intermédiaire du Réseau. Il a été question, notamment, de symposiums en personne et virtuels, de conférences, d’échanges de connaissances et de l’établissement de communautés de pratique en matière de recherche où l’information et les projets de recherche en cours, y compris les difficultés et les leçons apprises, peuvent être mis en commun. Pour faciliter cette approche, la création de communautés de pratique en matière de recherche et une présence en ligne avec un site Web ont fait l’objet de discussions.

Communautés de pratique en matière de recherche

L’intention des communautés de pratique en matière de recherche est de s’assurer que le Réseau est inclusif afin que chacun puisse y trouver un espace pour interagir avec d’autres chercheurs et praticiens. Ce modèle permet une approche décentralisée qui reflète l’aspect collaboratif du Réseau.

Les communautés de pratique en matière de recherche peuvent s’articuler autour de différents sujets (p. ex. la justice réparatrice centrée sur la victime), de différentes régions géographiques (p. ex. la justice réparatrice dans les régions rurales ou éloignées) ou de différents secteurs (p. ex. la justice réparatrice dans le secteur de la justice ou de la santé). Tant qu’il y a quelqu’un pour créer, diriger et organiser la communauté, on peut l’ajouter.

Les communautés de pratique en matière de recherche qui ont suscité le plus d’intérêt dans le cadre de la consultation en ligne sont les suivantes : trouver des moyens de mesurer la justice réparatrice au Canada (p. ex. cerner les indicateurs, raconter des histoires de justice réparatrice) (62 %); la création de communautés réparatrices, y compris la prévention des préjudices (62 %); et la justice réparatrice dans le secteur de la justice (61 %). Parmi les autres sujets d’intérêt choisis par au moins la moitié des répondants, mentionnons la justice réparatrice pour la justice sociale (59 %), la justice réparatrice pour lutter contre la violence fondée sur le sexe (58 %), la décolonisation dans la justice réparatrice (57 %); la justice réparatrice autochtone (54 %), la mise en pratique de la recherche (54 %), les pratiques de justice réparatrice centrées sur la victime (53 %), la justice réparatrice pour traiter les préjudices fondés sur l’identité (p. ex. les crimes motivés par la haine) (53 %), la lutte contre le racisme dans la justice réparatrice (51 %), et la justice réparatrice dans le secteur de l’éducation (50 %).

Site Internet

Une présence virtuelle par l’intermédiaire d’un site Web est essentielle pour le Réseau, car il s’agirait d’une plateforme en ligne permettant aux gens de se connecter et de faciliter la collaboration à l’échelle du pays. Il assurerait également une présence nationale et internationale. Les participants ont suggéré que le site Web comprenne un catalogue de produits de recherche et de publications, un espace pour promouvoir de nouvelles publications, les webinaires, les balados, les conférences et autres événements de sensibilisation, ainsi que des espaces de collaboration interactifs pour les communautés de pratique en matière de recherche. Ces espaces de collaboration seraient développés comme des noyaux (pôles de mobilisation émergents) qui seraient virtuellement accessibles depuis la page principale du site Web. Vous trouverez ci-dessous une représentation visuelle qui a été utilisée lors des séances d’écoute pour discuter du site Web et des communautés de pratique en matière de recherche.

Représentation visuelle qui a été utilisée lors des séances d’écoute pour discuter du site web et des communautés de pratique de la recherche.
Représentation visuelle qui a été utilisée lors des séances d’écoute pour discuter du site web et des communautés de pratique de la recherche.

Au milieu se trouve le site Web principal que tout le monde visiterait dans un premier temps. Cette section fournirait de l’information à l’échelle nationale pour l’ensemble du Réseau (p. ex. événements, annonces du Réseau) et répertorierait les différentes communautés de pratique en matière de recherche. Cette structure permettrait d’ajouter d’autres communautés de pratique en matière de recherche à mesure que le Réseau grandit et que les intérêts se déplacent vers de nouveaux sujets émergents.

Chaque communauté de pratique en matière de recherche aurait ses propres pages Web, accessibles à partir de la section principale, qui pourraient être conçues et mises à jour en fonction de ce que la communauté juge nécessaire.

Stratégies de mise en œuvre

Une partie de la mobilisation a porté sur la façon dont le réseau devrait être mis en œuvre. Ce que nous avons entendu, c’est que le Réseau doit être inclusif et diversifié, accessible et utiliser une structure adaptable pour assurer la croissance et la durabilité.

Inclusif et diversifié

L’un des principaux facteurs à prendre en compte dans la création d’un réseau inclusif est de s’assurer qu’une définition large de la justice réparatrice est utilisée afin que le réseau ne se concentre pas uniquement sur un secteur (p. ex. la justice pénale) ou un type de justice réparatrice (p. ex. la médiation). Il faut plutôt des perspectives diverses de la justice réparatrice pour permettre une approche interdisciplinaire, qui rassemble le gouvernement, les organisations non gouvernementales, le milieu universitaire et les communautés autochtones pour collaborer et partager les connaissances.

La justice réparatrice est relationnelle, ce qui est essentiel à la façon dont le Réseau doit être mis en œuvre. Il est important d’avoir une structure collaborative et relationnelle, plutôt que hiérarchique, indépendante, mais soutenue par le gouvernement, le secteur non gouvernemental, le milieu universitaire et le secteur privé.

L’utilisation d’une approche décolonisatrice, antiraciste et décentralisée collaborative pour mettre en œuvre du Réseau garantira son caractère inclusif et accueillant pour la diversité des expertises et des modes de connaissance. En plus de veiller à ce que des personnes d’origines différentes soient invitées à participer au Réseau, il est essentiel de s’engager auprès des dirigeants autochtones pour assurer une collaboration authentique et l’utilisation d’approches décolonisées et autochtones.

Accessible

L’objectif du réseau est d’établir des relations et des liens entre les personnes, ce qui ne peut se faire que s’il est accessible au sein de différentes communautés (p. ex. pas seulement pour le milieu universitaire et le gouvernement) grâce à différents mécanismes, y compris des possibilités d’interaction virtuelle et en personne. L’accès à Internet dans les régions nordiques et éloignées doit être pris en compte. Le site Web et les produits de connaissance partagés doivent également être accessibles (p. ex. libre accès, langage clair).

Il est utile de s’engager de manière continue et de tendre la main à des personnes et à des groupes à différents moments. Selon l’intérêt, le moment, l’horaire et d’autres influences, les personnes et les groupes peuvent être en mesure de participer dans différents domaines à différents moments.

Structure adaptable

Un principe directeur important pour le développement du Réseau est qu’il doit pouvoir s’adapter aux besoins changeants de la communauté. En utilisant une approche ascendante plutôt que descendante pour sa création, le Réseau peut avoir l’autonomie et la liberté de changer et de s’adapter plus facilement, y compris en répondant aux besoins particuliers de différentes communautés et régions, y compris les communautés éloignées ou isolées, tout en établissant des liens partout au pays.

Durable

Il est essentiel pour la création du Réseau d’envisager des approches visant à assurer sa durabilité. Un financement dédié et durable provenant de sources multiples (p. ex. gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, secteurs privé, universitaire et non gouvernemental) est nécessaire pour maintenir le site Web et veiller à ce qu’il y ait des ressources pour qu’un comité directeur rémunéré supervise le Réseau.

Un comité directeur, qui change au fil du temps, est nécessaire pour coordonner le Réseau, tandis que des bénévoles peuvent diriger les communautés de pratique en matière de recherche et assurer une représentation de partout au pays.

Une communication cohérente, un partage régulier de l’information et des occasions de se connecter régulièrement dans le cadre de conférences et d’activités annuelles sont nécessaires.

Chaque communauté de pratique en matière de recherche a besoin d’un dirigeant ou d’un groupe organisateur pour créer et tenir à jour ses propres pages Web, avec l’aide de l’administrateur Web du comité directeur.

Croissance

Pour s’assurer que le Réseau continue de croître, d’évoluer au fil du temps et de promouvoir la diversité, il sera important de trouver des personnes passionnées, capables de nouer des liens avec d’autres personnes partageant les mêmes intérêts et la même passion. Il sera également important d’attirer de nouvelles personnes et de créer de nouveaux partenariats. Le Réseau peut collaborer avec les établissements d’enseignement (p. ex. assurer un flux constant de nouvelles idées et d’étudiants) et favoriser des liens continus entre les chercheurs, le gouvernement, les décideurs et les praticiens afin d’harmoniser les priorités de recherche (p. ex. ouvrir des possibilités de financement) et travailler en collaboration sur de nouvelles approches, de nouveaux projets et organiser des forums.

Un plan de communication solide est nécessaire pour tenir les gens informés et engagés à l’aide de stratégies innovantes, et pour aider à promouvoir le Réseau auprès des autres. Les communautés de pratique en matière de recherche devraient être encouragées à dialoguer constamment avec les praticiens afin de cerner des projets pratiques et d’aider à transposer la recherche dans la pratique.

Un financement dédié est également essentiel pour favoriser la croissance et le développement. Les ressources bénévoles ont leurs limites.