La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée
Annexe A : Bibliographie annotée (suite)
NANDON, S., KOVEROLA, C. et SCHLUDERMAN, E. H. «Antecedents to prostitution: childhood victimization», Journal of Interpersonal Violence, vol. 13, no 2, avril 1998, p. 206-221.
Les études sur les précurseurs de la prostitution souffrent de lacunes méthodologiques graves, dont les suivantes : mesures sans propriétés psychométriques établies; déclaration rétrospective par les prostitués adultes; absence d’un groupe de référence; groupes de référence très différents des échantillons de prostitués. D’après la littérature existante, les auteurs supposent que les prostitués sont plus susceptibles d’avoir fui un milieu familial où régnait la violence physique et sexuelle, que la nature de la violence qu’ils ont subie est différente de celle des groupes de non-prostitués et qu’ils ont plus susceptibles d’avoir vécu dans un milieu familial dysfonctionnel, c’est-à-dire parents alcooliques, violence entre les parents et piètre estime de soi. Les auteurs ont procédé à des entrevues (d’après le questionnaire sur les agressions sexuelles de Silbert) auprès de 45 adolescentes prostituées et de 37 adolescentes non prostituées. Les questions portaient sur les antécédents, la prostitution, la violence sexuelle subie pendant l’enfance, la violence physique subie pendant l’enfance, les fugues, la consommation d’alcool pendant l’adolescence, la consommation de drogues pendant adolescence, la consommation d’alcool par les parents, la violence entre les parents, le fonctionnement de la famille et l’estime de soi. Les résultats sont conformes aux résultats d’études antérieures concernant les antécédents des prostitués, c’est-à-dire violence physique et sexuelle pendant l’enfance, violence familiale, problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues et piètre estime de soi. Cependant ces facteurs qui étaient auparavant associés à la prostitution, n’ont pas permis d’établir une distinction entre les prostitués et les non-prostitués. Néanmoins, les prostitués font des fugues plus souvent, ce qui donne à penser que si les besoins de base peuvent être satisfaits par des moyens légitimes, les jeunes ne jugeront peut-être pas nécessaire de recourir à la prostitution.
NATIONAL CENTRE FOR MISSING AND EXPLOITED CHILDREN. Female Juvenile Prostitution: Problem and Response, Washington, DC, 1992.
Ce rapport porte sur le problème de la prostitution juvénile du point de vue des jeunes et de celui des personnes qui profitent du commerce du sexe. Le premier chapitre examine les antécédents de 14 prostituées et de 6 proxénètes. Les répondants ont été choisis à partir d’un échantillon d’entrevues auprès de prostituées qui avaient commencé à se prostituer pendant leur adolescence et qui ont participé à deux programmes de sensibilisation. Le deuxième chapitre examine comment définir les questions de prostitution chez les jeunes et les préoccupations au sein de la collectivité et comment mettre en œuvre des programmes pour aborder ce phénomène. Le troisième chapitre explique un programme à l’intention des jeunes (programme Paul et Lisa) au Connecticut, au New Jersey et dans l’État de New York.
O’NEIL, M. Prostitution and Feminism: Towards a Politics of Feeling, Massachusetts, Polity Press, 2001.
Dans cet ouvrage, Maggie O’Neil cherche à aborder les questions complexes de la compréhension des réponses féministes à la prostitution au début du siècle. L’auteure met l’accent sur les interrelations entre la recherche féministe, la théorie féministe et la pratique féministe à l’époque moderne et postmoderne. En plus de procéder à une analyse socio-culturelle de la prostitution, O’Neil étudie les principaux débats féministes sur la prostitution, elle produit des données ethnographiques sur les femmes et les jeunes qui se prostituent et elle présente une méthodologie renouvelée de recherche en sciences sociales qu’elle définit comme l’ethnomimèse (l’ethnomimèse combine la recherche ethnographique et la représentation de données ethnographiques sous forme visuelle et artistique). Deux chapitres ont trait directement à la prostitution chez les jeunes. Le chapitre 3 porte sur les voies d’accès à la prostitution et il met l’accent sur les processus physiques et sociaux qui amènent certaines femmes à se prostituer. O’Neil révèle que la plupart des femmes ont commencé à se prostituer pour des raisons financières et que bon nombre ont été initiées au commerce du sexe par des connaissances (p. ex., elles ont rencontré quelqu’un – parfois un proxénète – et elles ont commencé à se prostituer pour subsister). En outre, comme elles reçoivent peu de soutien de la collectivité, bien des jeunes vivant seules ou confiées à d’autres personnes commencent à pratiquer le commerce du sexe. Le chapitre 4 porte sur les interrelations entre la prostitution, l’itinérance, les fugues et l’importance primordiale d’acquérir des connaissances sociales à titre de critique sociale et de praxis féministe. Le chapitre révèle que le fait de considérer les jeunes comme des victimes peut ne pas produire des résultats positifs… Tout comme dans le cas de violence familiale, le fait de considérer les jeunes comme des «survivants»
et non comme des victimes peut être une meilleure approche. Le message général du chapitre est le suivant : nous devons cesser de traiter les jeunes comme des «déchets sociaux»
et des «criminels»
et commencer à offrir des services axés sur les jeunes. O’Neil soutient que la façon dont nous réagissons en tant que société à cette question témoigne de notre postémotionalisme ou de notre fatigue en matière de compassion.
OPPERMAN, M. «Sex tourism», Annals of Tourism Research, vol. 26, no 2, 1999, p. 251-266.
Le tourisme sexuel se définit depuis longtemps comme «… l’exploitation sexuelle à des fins commerciales»
. Dans cet article, Martin Opperman passe en revue la littérature actuelle sur le tourisme sexuel et il propose un cadre holistique qui va au-delà de l’utilisation traditionnelle de l’échange monétaire comme critère de définition du tourisme sexuel. L’auteur fait une distinction entre le tourisme sexuel et la prostitution en décrivant cinq paramètres de définition à prendre en considération lorsqu’on tente de définir le tourisme sexuel : objet du voyage, durée, relations, rencontre sexuelle et personnes qui se classent dans cette catégorie de voyage. Il examine des questions comme le déplacement des «fournisseurs de services sexuels»
et des «acheteurs de services sexuels»
entre les pays industrialisés et les pays en développement et l’exploitation sexuelle des fournisseurs de services sexuels. Parmi les difficultés liées à la définition des touristes sexuels et du tourisme sexuel figurent les objectifs multiples du voyage et le fait que le client passe de longues périodes avec la même prostituée en lui offrant un logement, un voyage ou des vêtements au lieu de l’argent. Les relations qui s’établissent entre le client et la prostituée varient et peuvent parfois devenir très complexes. Il faut donc éviter de trop simplifier et en arriver à une interprétation plus large des touristes sexuels et du tourisme sexuel. L’auteur conclut que le tourisme sexuel devrait se définir en fonction d’une échelle holistique et multidimensionnelle et qu’il faut poursuivre les recherches pour examiner et comprendre davantage les diverses questions concernant le tourisme sexuel.
PAPERNY, D. et DEISHER, R. «Maltreatment of adolescents: The relationship to a predisposition toward violent behaviour and delinquency», Adolescence, vol. 18, 1983, p. 499-506.
Cet article passe en revue la littérature sur le rapport entre l’exploitation des adolescents et les mauvais traitements qu’ils subissent d’une part, et les actes de violence et autres activités criminelles auxquels ils s’adonnent par la suite d’autre part. L’examen porte sur le rapport entre la violence familiale et le comportement antisocial (les auteurs établissent une distinction entre la violence envers les enfants et la violence à l’endroit des adolescents). Les auteurs décrivent les débats concernant l’incidence des divers mauvais traitements et les études sur le rapport entre la violence sexuelle et la perpétration d’infractions sexuelles chez les hommes et la prostitution masculine. Selon les données, les adolescents qui ont des démêlés avec le système de justice pour les jeunes peuvent avoir été ou ont été victimes de divers genres de violence et d’exploitation. Les spécialistes des services doivent comprendre les antécédents des jeunes qu’ils cherchent à aider.
PAWAR, M. S. «Prostitution and the girl child», Indian Journal of Social Work, vol. 52, no 1, janvier 1991, p. 105-113.
Le gouvernement de l’Inde a présenté l’Immoral Traffic (Prevention) Act (ITPA) et plusieurs lois qui interdisent le trafic de personnes à des fins de prostitution. Malgré ces mesures, l’exploitation sexuelle des enfants et des femmes continue de se propager à un rythme alarmant. L’auteur compare les statistiques et les chiffres officiels concernant l’application de l’ITPA. Selon les renseignements, l’application de cette loi laisse beaucoup à désirer et les modifications à celle-ci n’ont pas influé sur la prolifération de l’exploitation sexuelle des enfants et des femmes.
PENNBRIDGE, J., FREESE, T. et MacKENZIE, R. «High risk behaviours among street youth in Hollywood, California», AIDS Education and Prevention, supplément 1992, p. 24-33.
Cette étude porte sur les activités à risque élevé en matière de pratiques sexuelles et de consommation d’alcool ou d’autres drogues de 446 jeunes hommes de la rue (âgés de 14 à 23 ans) à Hollywood en Californie. Les auteurs comparent les personnes qui s’adonnent au commerce du sexe de survie et ceux qui s’adonnent aux activités sexuelles récréatives. Selon les données, 90 % des hommes de l’échantillon étaient sexuellement actifs; 27,1 % s’étaient prostitués dans les trois mois précédents et les jeunes plus âgés et les homosexuels se livraient le plus à la prostitution. Les auteurs définissent plusieurs facteurs de risque qui ressortent des données, dont l’utilisation non régulière du condom, les activités sexuelles à risque élevé (tant les activités sexuelles de survie que les activités récréatives), les partenaires sexuels nombreux, l’utilisation de drogues injectables et la consommation d’alcool et de drogues pendant les activités sexuelles.
PHETERSON, G. Prostitution Prism, Amsterdam, Amsterdam University Press, 1996.
Dans ce chapitre, l’auteur examine les forces sociales et judiciaires qui interviennent dans la vie des jeunes de la rue. Pheterson soutient que l’oppression des jeunes est perpétuée par la société, qui traite les jeunes comme des non-citoyens hors-la-loi qui sont jetables, sans valeur et inférieurs. Les tentatives pour remédier à la situation des jeunes ont consisté à retourner les jeunes à leurs familles ou dans un établissement de l’État malgré le fait que ni l’une ni l’autre de ces solutions n’est peut-être sûre ou tolérable pour les jeunes concernés. Des personnes sincères ont demandé que les jeunes de la rue et les jeunes victimes d’abus sexuels (y compris les jeunes prostitués) soient considérés comme des enfants, et non des criminels. Cependant, Pheterson fait une mise en garde : le discours protectionniste est souvent un euphémisme pour désigner le contrôle. Le contrôle est enrobé dans un langage de protection, de prévention, de réadaptation et de réinsertion sociale des victimes, mais le message se résume toujours à une interdiction de l’autodétermination. Pheterson soutient que les concepts de «prostituée»
et de «prostitution»
servent à réglementer l’action de toutes les femmes. Dans l’ensemble, l’auteure préconise un cadre social et juridique qui établit une distinction entre le rôle de l’État consistant à fournir des ressources et des soins et l’interdiction de l’autonomie.
PLEAK, R. et MEYER-BAHLBURG, H. «Sexual behavior and aids knowledge of young male prostitutes in Manhattan», The Journal of Sex Research, vol. 27, 1990, p. 557-588.
Les auteurs de cette étude ont utilisé des entrevues structurées auprès de 50 prostitués masculins (âgés de 14 à 27 ans) à Manhattan pour examiner leur orientation sexuelle, leur comportement sexuel, leur connaissance du sida et leur abus d’alcool ou d’autres drogues. La moitié des membres de l’échantillon étaient homosexuels, 26 %, bisexuels et 24 %, hétérosexuels. Selon les données, les répondants qui avaient des relations anales utilisaient des condoms dans 85 % des cas en moyenne. Le recours à des pratiques sexuelles sans risque dépendait du partenaire sexuel : les répondants utilisaient les pratiques les plus sûres avec les clients, moiûres lors des rencontres sexuelles pour le plaisir et les;ûirc; sûres avec les partenaires féminines. Les auteurs indiquent que les hommes prostitués risquent plus d’être infectés par le VIH par suite de l’utilisation irrégulière du condom et d’autres pratiques sexuelles risquées. Les répondants qui ont déclaré qu’ils connaissaient les questions liées au sida étaient plus susceptibles d’utiliser des pratiques sexuelles sans risque. Il n’y avait pas de corrélation entre l’abus de l’alcool et d’autres drogues et d’autres variables et le degré de sécurité des activités sexuelles. Les auteurs concluent que les méthodes utilisées pour cette étude peuvent aider à évaluer les hommes prostitués et les programmes d’intervention.
PLUMRIDGE, E. W., CHETWYND, S. et REED, A. «Control and condoms in commercial sex: Client perspectives», Sociology of Health and Illness, vol. 19, no 2, mars 1997, p. 228-243.
Cette étude porte sur l’utilisation du condom et le «plaisir sexuel»
des clients et des prostituées dans le cadre du commerce du sexe hétérosexuel. Des entrevues ont eu lieu auprès de 24 clients masculins qui se sont rendus dans un salon de massage à Christchurch en Nouvelle-Zélande. L’étude présente des renseignements sur les attitudes à l’égard des pratiques sexuelles sans risque, le processus de négociation de services sexuels et les relations sexuelles. Les répondants ont indiqué que la décision d’avoir des relations sexuelles était la seule fois où ils détenaient un pouvoir. Les décisions concernant les pratiques sexuelles sans risque et l’utilisation et l’échec des condoms étaient considérées comme étant la responsabilité des prostituées. Les clients ont répondu qu’ils permettaient aux prostituées de contrôler leur corps et leur plaisir sexuel. Enfin, nombre de clients ont dit qu’ils étaient dignes d’éloges sur le plan moral et sexuellement évolués.
POTTER, K., MARTIN, J. et ROMANS, S. «Early development experiences of female sex workers: A comparative study», Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, vol. 33, 1999, p. 935-940.
D’après les études antérieures sur la prostitution chez les jeunes, la violence sexuelle subie pendant l’enfance et le fait de quitter le milieu familial à un jeune âge sont des précurseurs importants de la pratique du commerce du sexe. Cet article vise à examiner le milieu familial d’un échantillon de travailleuses du sexe et à comparer les résultats à ceux d’un grand groupe de femmes du même âge. Vingt-neuf travailleuses du sâgées de 16 à 47 ans ont été choisies au moyen d’une méthode de sondage en boule de neige et elles ont participé à une entrevue semi-structurée dans le cadre de laquelle on leur a posé des questions sur leur vie familiale, la violence physique et sexuelle subie et leur situation socio-économique. Le groupe témoin comprenait 680 femmes du même groupe d’âge. Les travailleuses du sexe étaient plus susceptibles que les femmes du groupe témoin d’avoir quitté leur milieu familial avant l’âge de 15 ans (le cinquième des travailleuses du sexe contre 2 % des membres du groupe témoin). Les travailleuses du sexe ont déclaré que leurs parents étaient beaucoup moins compatissants que ceux du groupe témoin. Plus de 80 % des travailleuses du sexe avaient subi une forme ou une autre de violence physique avant l’âge de 16 ans. Les travailleuses du sexe étaient plus susceptibles que les membres du groupe témoin de déclarer qu’elles avaient été victimes de violence sexuelle pendant leur enfance et elles étaient plus susceptibles d’avoir été enceintes avant l’âge de 19 ans et de ne pas avoir terminé des études collégiales. Les travailleuses du sexe provenaient de familles où il y avait plus de difficultés interpersonnelles pendant l’enfance et l’adolescence que dans celles des membres du groupe témoin. Les résultats fournissent des suggestions concernant plusieurs facteurs importants qui contribuent à la décision d’une personne de commencer à se prostituer. Cependant, il faut comprendre ceux-ci dans le contexte des choix ultérieurs effectués dans le domaine des études et de la profession par les femmes lorsqu’elles choisissent les régimes de travail.
PRICE, V. «Characteristics and needs of Boston street youth: One agency’s response», Children and Youth Services Review, vol. 11, 1989, p. 75-90.
Il y a des différences importantes entre les jeunes itinérants, les jeunes fugueurs et les jeunes prostitués. La majorité des jeunes de la rue ont été victimes de violence psychologique et ils ont éprouvé de graves problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues dans leur milieu familial avant de se retrouver dans la rue. Bridge Over Troubled Waters est un organisme de services polyvalents pour les itinérants et les fugueurs à Boston au Massachusetts. L’organisme est reconnu pour son travail auprès des jeunes de la rue, et le programme tente de concevoir et d’offrir des services qui répondent aux caractéristiques et aux besoins des jeunes de la rue.
PRICE, V, SCANLON, B. et JANUS, M. D. «Social characteristics of adolescent male prostitution», Victimology: An International Journal, vol. 9, 1984, p. 211-221.
Cette étude porte sur la prostitution chez les adolescents à deux niveaux : 1) différentes méthodes de prostitution; 2) modes de comportement dans la rue. Les auteurs ont procédé à des entrevues auprès de 28 adolescents prostitués pour examiner leurs antécédents familiaux, les relations avec leurs parents et leurs frères et sœurs, leurs études et leurs amis. Voici les conclusions : les jeunes éprouvent des problèmes familiaux, caractérisés par les souvenirs de disputes entre leurs parents, l’abus d’alcool et la négligence. De piètres relations avec leur famille, les adultes et les amis étaient chose courante. Les jeunes ont dit qu’ils étaient isolés et victimisés et qu’ils avaient des expériences négatives à l’école et avec leurs pairs. Selon les données, les personnes qui tentent de traiter les adolescents prostitués doivent recourir à une approche différente. La victimisation sexuelle créée par la prostitution constitue un élément important du traitement; toutefois, les principales questions thérapeutiques ne sont pas nécessairement de nature sexuelle chez les adolescents types et elles sont probablement liées aux problèmes de l’arrêt du développement. Les auteurs concluent qu’il faut aborder les questions de survie liées à la prostitution avant de tenter de s’occuper des problèmes psychologiques.
PYETT, P. et WARR, D. «Women at risk in sex work: Strategies for survival», Journal of Sociology, vol. 35, no 2, 1999, p. 183-197.
Cet article porte sur une étude qualitative des travailleuses du sexe dont la santé sexuelle et la sécurité physique sont considérées comme particulièrement vulnérables (étude réalisée à Melbourne en Australie). On a posé des questions à 24 travailleuses du sexe âgées de 14 à 47 ans au sujet des pratiques sexuelles sans risque et de la gestion du risque dans leur travail, de leur santé et de leur vie privée. Parmi les questions discutées figuraient l’utilisation du condom avec les clients et d’autres partenaires sexuels, la consommation de drogues, les MTS et d’autres questions de santé, l’isolement social, l’expérience de la violence et les stratégies de gestion des risques. Le quart des femmes avaient commencé à se prostituer avant l’âge de 16 ans et elles invoquaient le plus souvent les difficultés financières pour justifier le fait qu’elles avaient commencé à se prostituer. La plupart des travailleurs de la rue utilisaient des drogues injectables et les deux tiers étaient sans abri ou sans domicile fixe. La majorité des répondantes ont déclaré qu’elles ne recevaient à peu près aucun soutien de leurs amis, de leur famille ou d'autres travailleuses et qu’elles étaient souvent victimes de violence physique et avaient de la difficulté à faire accepter par leurs clients l’usage du condom. La jeunesse, l’inexpérience et les effets des drogues ou de l’alcool jouaient un rôle important dans l’incapacité d’une femme de contrôler sa situation professionnelle. Les très jeunes femmes qui travaillaient dans la rue depuis un an ou moins avaient peu de compétences pour gérer activement les rencontres sexuelles payées. Les antécédents des répondantes se caractérisaient par l’itinérance, l’isolement social, une forte consommation de drogues et la violence physique et sexuelle subie pendant leur enfance. Les auteures préconisent la décriminalisation de toutes les formes de prostitution pour accroître la sécurité de toutes les femmes qui pratiquent le commerce du sexe. Elles soutiennent également que les problèmes liés à l’itinérance, à la consommation de drogues et à l’isolement social extrême l’emportent de loin sur la plupart des risques liés au commerce du sexe.
- Date de modification :