Actes de violence perpétrés par des ex-conjoints au Canada
4. Conclusion
Le but du présent rapport était de faire le point sur le rapport de 2001 intitulé La violence conjugale après la séparation en utilisant les données tirées de l’ESG de 2009. Les analyses des données tirées de l’ESG de 2009 sur la victimisation montrent qu’environ 17 % des Canadiens qui ont eu des contacts avec un ex-conjoint au cours des cinq (5) années qui ont précédé l’ESG ont subi des actes de violence perpétrés par leur ex-conjoint alors qu’ils habitaient encore ensemble ou après la séparation, taux qui est de 8 % inférieur à celui de 1999. Le taux est tout de même plus élevé que le taux de personnes ayant subi des actes de violence commis par un conjoint actuel en 2009 (4 %). Conformément aux résultats obtenus dans les ESG de 1999 et de 2004, les femmes étaient beaucoup plus susceptibles que les hommes de signaler les actes de violence subis par un ex-conjoint alors qu’ils habitaient encore ensemble ou après la séparation.
De nombreux répondants ont également indiqué qu’ils avaient subi des actes de violence commis par leur ex-conjoint après la séparation. Encore une fois, un pourcentage plus élevé de femmes que d’hommes ont déclaré avoir été victimes de violence après la séparation. Bien que les femmes et les hommes qui ont été victimes de violence après la séparation aient déclaré avoir subi des actes de violence graves et fréquents, les femmes ont déclaré avoir subi les types de violence les plus graves.
En outre, les répondants ont décrit les nombreuses conséquences émotionnelles de la violence perpétrée par un ex-conjoint, notamment la colère, la frustration, la peur et la dépression. Celles-ci sont toutes semblables aux conséquences émotionnelles associées à la violence conjugale en général (Black 2011). Bon nombre de ces conséquences émotionnelles prévalent plus chez les personnes qui ont subi des actes de violence après la séparation, comparativement aux personnes qui ont indiqué que la violence avait cessé au moment de la séparation. Les femmes qui ont subi des actes de violence après la séparation étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer avoir des conséquences émotionnelles graves découlant des actes de violence.
Les données font également ressortir le fait que, comme c’est le cas avec la violence conjugale en général, la police est rarement mise au courant des actes de violence perpétrés par des ex‑conjoints. Les motifs les plus communs invoqués pour ne pas signaler les actes de violence à la police comprenaient : il s’agit d’une situation personnelle et la situation a été réglée autrement. Ces motifs ont plus communément été invoqués par des hommes que par des femmes. En outre, bon nombre des personnes qui ont indiqué que la police avait été mise au courant des actes de violence commis ont déclaré qu’elles étaient satisfaites de l’intervention de la police.
Le fait qu’un enfant soit témoin de la violence conjugale peut avoir pour lui des conséquences dommageables sur les plans cognitifs, émotionnels et du comportement (Stiles 2002). Malheureusement, les données indiquent que les enfants ont été témoins de violence dans de nombreux cas. Près des deux tiers des personnes qui ont indiqué avoir subi des actes de violence perpétrés par un ex-conjoint ont indiqué qu’elles pensaient que leurs enfants avaient vu ou entendu la scène de violence. Ce pourcentage était encore plus élevé (72 %) lorsque les actes de violence étaient perpétrés après la séparation. En outre, plus de 25 % des répondants qui avaient un enfant avec un ex-conjoint ont déclaré avoir été victimes de violence commise par un ex‑conjoint, pourcentage qui était beaucoup plus élevé que les cas où les répondants n’avaient pas d’enfant avec l’ex-conjoint (13 %).
Les données mettent également en évidence certaines différences importantes entre les sexes en ce qui a trait aux victimes d’homicide. D’abord, les femmes étaient beaucoup plus à risque que les hommes d’être tuées par un ex-conjoint, comptant pour 90 % des victimes d’homicides perpétrés par des ex-conjoints entre 2000 et 2011. De plus, entre 2007 et 2011, les victimes de sexe féminin étaient plus à risque d’être tuées par le conjoint duquel elles étaient séparées légalement, tandis que les victimes de sexe masculin étaient plus à risque d’être tués par une conjointe de fait. En outre, les données indiquent qu’entre 2000 et 2011, les accusés de sexe masculin qui étaient des ex-conjoints étaient plus susceptibles que les femmes de se suicider après avoir commis un homicide.
Les données révèlent enfin que la majorité des homicides perpétrés par des ex-conjoints entre 2000 et 2011 impliquaient une seule victime, même si un pourcentage légèrement plus élevé d’homicides perpétrés par des ex-conjoints impliquaient des victimes multiples, comparativement aux homicides perpétrés par des époux actuels. Par ailleurs, la majorité des victimes tuées par un ex-conjoint ont été tuées dans un lieu résidentiel, plus souvent dans la résidence de la victime; une arme a été utilisée dans presque tous les homicides perpétrés par un ex-conjoint, et des antécédents de violence conjugale sont communs dans la plupart des cas d’homicides perpétrés pas des ex-conjoints.
Les conclusions du présent rapport permettront à faire la lumière sur la prévalence de la violence commise par des ex-conjoints au Canada et les expériences vécues par les victimes à cet égard. Le portrait d’ensemble de la violence commise par un ex-conjoint est complexe et comporte plusieurs volets, et de nombreux facteurs différents à prendre en considération. Ce que l’on comprend du présent rapport c’et que de nombreuses personnes subissent des actes de violence commis par un ex-conjoint et souvent, ces actes sont graves. Nous espérons que les renseignements présentés seront utiles aux intervenants qui travaillent dans ce domaine complexe lorsqu’ils seront appelés à élaborer des politiques et des programmes visant à lutter contre la violence perpétrée par des ex-conjoints au Canada.
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