Précis des faits
Statistiques sur les crimes commis par les jeunes et déclarés par la police au Canada, 2024
Novembre 2025
Le présent précis des faits résume les dernières données disponibles sur les mesures des crimes commis par les jeunes déclarés par la police dans le cadre du Programme de déclaration uniforme sur la criminalité (DUC) de Statistique Canada, qui recueille des renseignements sur les affaires criminelles qui ont été signalés aux services de police au Canada.
Les mesures des crimes commis par les jeunes déclarés par la police sont fondées sur le nombre de jeunes de 12 à 17 ans qui ont eu un contact avec la police à la suite d’une affaire criminelle signalée et qui ont été inculpés (ou recommandés pour une accusation) ou qui ont été classifiés par d’autres moyens (y compris le fait d’être détournés du système de justice pénale au moyen de mesures extrajudiciaires)Note de bas de page 1. Le présent précis des faits examine deux mesures de la criminalité chez les jeunes déclarée par la police :
- le taux de crimes chez les jeunes déclarés par la police (ci-après appelé taux de criminalité chez les jeunes), qui combine le taux par habitant de jeunes inculpés d’une infraction criminelleNote de bas de page 2 par la police (ou recommandés pour une mise en accusation) et le taux de jeunes classés par d’autres moyens (c.-à-d. non inculpés);
- l’indice de gravité de la criminalité chez les jeunes (IGC), qui mesure à la fois le volume et la gravité des crimes commis par les jeunes qui ont eu des contacts avec la police (inculpés et non inculpés).
Le taux de criminalité chez les jeunes diminue en 2024, après deux augmentations annuelles consécutives en 2022 et 2023
De 2023 à 2024, le taux de criminalité chez les jeunes a diminué de 4 %, passant de 2 914 pour 100 000 jeunes à 2 791 pour 100 000. Il s’agit de la première diminution après deux augmentations annuelles consécutives du taux de criminalité chez les jeunes entre 2021 et 2022 (+19 %), puis de 2022 à 2023 (+13 %). Avant les hausses de 2022 et 2023, le taux de criminalité des jeunes avait suivi généralement une tendance à la baisse pendant près de deux décennies, passant d’un taux de 7 280 pour 100 000 jeunes en 2003 à 2 163 pour 100 000 en 2021, ce qui représente une baisse de 70 % sur cette période (voir la figure 1). Cette diminution de longue date s’est produite durant la même période suivant la mise en œuvre de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) en 2003.
Les crimes violents commis par les jeunes, les crimes contre les biens, les autres infractions au Code criminel et les infractions aux lois fédérales ont tous diminué en 2024
De 2023 à 2024, des baisses du taux de crimes commis par les jeunes ont été observées pour les crimes violents (-2 %), les crimes contre les biens (-9 %) et les autres infractions au Code criminel (-1 %). Le taux de crimes commis par des jeunes pour les infractions aux lois fédéralesNote de bas de page 3 a également diminué de 28 %.
Le taux de criminalité chez les jeunes a diminué dans presque toutes les provinces et tous les territoires en 2024, à l’exception d’une augmentation à Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec
De 2023 à 2024, presque toutes les provinces et tous les territoires ont connu une baisse de leurs taux respectifs de criminalité chez les jeunes; l’Île-du-Prince-Édouard (-38 %), le Yukon (-38 %), l’Alberta (-13 %), la Colombie-Britannique (-12 %) et le Nouveau-Brunswick (-10 %) ont affiché les plus fortes diminutions, tandis que les Territoires du Nord-Ouest (-9 %), le Manitoba (-8 %), la Nouvelle-Écosse (-5 %), l’Ontario (-4 %), la Saskatchewan (-2 %) et le Nunavut (-2 %) ont connu des diminutions plus faibles. Terre-Neuve-et-Labrador (+26 %) et le Québec (+4 %) ont été les deux seules administrations à avoir observé une augmentation.
Figure 1 : Taux de criminalité chez les jeunes, Canada, 2003 à 2024
Figure 1 : Taux de criminalité chez les jeunes, Canada, 2003 à 2024 – Version texte
Le graphique est un diagramme linéaire qui suit les taux de criminalité des jeunes au Canada chez les personnes âgées de 12 à 17 ans de 2003 à 2024. L’axe horizontal (axe des x) représente les années, commençant en 2003 et se terminant en 2024. L’axe vertical (axe y) représente le taux par 100 000 habitants, allant de 0 à 8 000.
Le graphique comporte quatre lignes :
- Une ligne représente le taux total de toutes des crimes (sauf les délits de la route).
- Une ligne représente le taux des crimes violents.
- Une ligne représente le taux des crimes contre les biens.
- Une ligne représente le taux des autres infractions.
Au début de la chronologie en 2003, la ligne représentant le taux total de toutes des crimes est la plus élevée, suivis des crimes violents et autres infractions. Au fil du temps, les quatre catégories diminuent, les baisses les plus significatives survenant entre 2010 et 2020, et la baisse la plus marquée du total des crimes se produit entre 2019 et 2020. Les crimes contre les biens montrent également une forte baisse durant cette période. Les crimes violents diminuent plus progressivement, tandis que d’autres infractions restent les plus faibles sur toute la période, avec une légère diminution.
Après 2021, toutes les catégories montrent une légère augmentation, avec une augmentation totale de crimes en 2023 avant de légèrement diminuer à nouveau en 2024. Les crimes contre les biens et les crimes violents augmentent également légèrement après 2021, avant de diminuer légèrement en 2024, tandis que d’autres infractions restent relativement stables.
L’IGC chez les jeunes diminue en 2024 après deux augmentations annuelles consécutives
En 2024, l’IGC chez les jeunes a diminué de 3 %, passant de 54,21 en 2023 à 52,46 en 2024. Similaire au taux de criminalité chez les jeunes, il s’agit de la première diminution de l’IGC chez les jeunes après deux augmentations annuelles consécutives de 2021 à 2022 (+22 %) et de 2022 à 2023 (+8 %). Avant ces hausses, l’IGC chez les jeunes avait généralement suivi une trajectoire descendante depuis 2003, alors qu’il s’était établi à 106,03. La seule exception à cette baisse s’est produite en 2017, lorsque l’indice a connu une augmentation de 5 %, passant de 59,85 en 2016 à 62,86 en 2017. Cela a été suivi d’un retour à une baisse progressive jusqu’aux hausses de 2022 et 2023 (voir la figure 2).
La diminution de l’IGC chez les jeunes est attribuable à la diminution des crimes violents et sans violence
La diminution de l’IGC chez les jeunes en 2024 est attribuable à la diminution de 4 % de l’IGC pour les crimes violents chez les jeunes — qui est passé de 86,82 en 2023 à 83,28 en 2024 — qui comprenait, par exemple, des baisses des nombres de tentatives de meurtre (-40 %), d’agressions sexuelles de niveau 2Note de bas de page 4 (-17 %), d’agressions sexuelles de niveau 1Note de bas de page 5 (-16 %), d’infractions sexuelles contre des enfants (-12 %) et de voies de fait de niveau 3 (voies de fait graves; -10 %). Cependant, quelques crimes violents ont enregistré une augmentation parmi les jeunes, comme l’extorsion (+10 %), le harcèlement criminel (+8 %), les agressions contre des agents de la paix (+4 %) et d’autres infractions violentes (+4 %). L’homicide, soit l’infraction la plus grave au Canada, est demeuré stable de 2023 à 2024.
Dans une moindre mesure, l’IGC pour les crimes sans violence chez les jeunes a diminué de 2 % — passant de 31,44 en 2023 à 30,94 en 2024. L’IGC pour les crimes sans violence chez les jeunes a enregistré des baisses du nombre de fraudes à l’identité (-32 %), de vols de plus de 5 000 $ (-16 %), de vols de véhicules à moteur (-14 %), de méfaits (-13 %), d’incendies criminels (-9 %), de vols de moins de 5 000 $ (-8 %), de la possession de biens volés (-5 %), du trafic de biens volés (-5 %) et de la fraude (-4 %). Par ailleurs, la modification, l’enlèvement ou la destruction du numéro d’identification du véhicule (NIV; +125 %) et le vol d’identité (+92 %) ont tous les deux augmenté, bien que ces variations en pourcentage soient influencées par le faible nombre d’incidents signalés.
Figure 2 : IGC chez les jeunes, IGC pour les crimes avec violence chez les jeunes et IGC pour les crimes sans violence chez les jeunes, Canada, 2003 à 2024
Figure 2 : IGC chez les jeunes, IGC pour les crimes avec violence chez les jeunes et IGC pour les crimes sans violence chez les jeunes, Canada, 2003 à 2024 – Version texte
Le graphique est un diagramme linéaire qui illustre trois indices de gravité de la criminalité chez les jeunes au Canada entre 2003 et 2024. L’axe horizontal (axe des x) représente les années, allant de 2003 à 2024. L’axe vertical (axe des y) représente la valeur de l’indice, allant de 0 à 140.
Le graphique comporte trois lignes :
- Une ligne représente l’Indice de gravité de la criminalité chez les jeunes (IGC global).
- Une ligne représente l’Indice pour les crimes avec violence chez les jeunes.
- Une ligne représente l’Indice pour les crimes sans violence chez les jeunes.
Au début de la chronologie en 2003, le taux de l’IGC sans violence chez les jeunes est le plus élevé, suivi du taux global de l‘IGC chez les jeunes, puis celui des jeunes violents comme le plus bas. Au fil du temps, les trois indices diminuent, les baisses les plus significatives survenant entre 2010 et 2021. L’IGC pour les crimes sans violence connaît la plus forte baisse entre 2003 et 2021. L’IGC global chez les jeunes a également fortement diminué, de 2003 à 2021. L’IGC pour les crimes avec violence diminue plus progressivement, avec plusieurs augmentations et baisses entre 2003 et 2021.
Après 2021, L’IGC pour les crimes avec violence augmente, avant de légèrement diminuer en 2024. L’IGC global chez les jeunes augmente également légèrement après 2021, atteignant un pic en 2023 puis légèrement en baisse en 2024. L’IGC pour les crimes sans violence reste relativement stable après 2021.
La plupart des provinces et territoires ont enregistré des diminutions de leurs IGC chez les jeunes respectifs en 2024, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec et de la Nouvelle-Écosse
De 2023 à 2024, presque toutes les provinces et tous les territoires ont connu des baisses de leur IGC chez les jeunes : Yukon (-61 %), Île-du-Prince-Édouard (-57 %), Territoires du Nord-Ouest (-32 %), Alberta (-13 %), Manitoba (-10 %), Nouveau-Brunswick (-6 %), Saskatchewan (-4 %), Nunavut (-3 %) et Ontario (-2 %). En revanche, Terre-Neuve-et-Labrador (+17 %), le Québec (+6 %) et la Nouvelle-Écosse (+3 %) ont tous enregistré une augmentation de leurs IGC chez les jeunes respectifs.
Pour l’IGC pour les crimes avec violence chez les jeunes, les plus fortes baisses ont été observées au Yukon (-71 %), à l’Île-du-Prince-Édouard (-60 %), dans les Territoires du Nord-Ouest (-36 %) et en Colombie-Britannique (-19 %). Des hausses ont été observées à Terre-Neuve-et-Labrador (+9 %, ce qui comprend les menaces, les infractions liées aux armes à feu, les vols à main armée, les voies de fait de niveau 3 [voies de fait graves] et d’autres agressions, par exemple), en Nouvelle-Écosse (+9 %, ce qui comprend les homicides, l’extorsion, les infractions liées aux armes à feu, le harcèlement criminel, et la séquestration, par exemple) et Québec (+5 %, ce qui comprend les homicides, les voies de fait de niveaux 1, 2 [usage d’armes ou infliction de lésions corporelles] et 3 [voies de fait graves], la profération de menaces et les vols à main armée, par exemple).
Pour l’IGC pour les crimes sans violence chez les jeunes, les plus fortes baisses ont été observées à l’Île-du-Prince-Édouard (-51 %), au Yukon (-39 %), dans les Territoires du Nord-Ouest (-28 %) et en Alberta (-14 %). Des hausses ont été observées à Terre-Neuve-et-Labrador (+35 %, ce qui comprend les méfaits, les vols de moins de 5 000 $ et la fraude, par exemple), au Québec (+9 %, ce qui comprend les vols d’identité et la modification, l’enlèvement ou la destruction du NIV, par exemple), au Nouveau-Brunswick (+7 %, ce qui comprend les introductions par effraction et les incendies criminels, par exemple), en Saskatchewan (+2 %, ce qui comprend les vols de plus de 5 000 $ et les incendies criminels, par exemple) et au Nunavut (+2 %, ce qui comprend les introductions par effraction, par exemple).
Le taux de criminalité chez les jeunes et l’IGC chez les jeunes demeurent inférieurs aux niveaux observés avant la pandémie (2019)
Le taux de criminalité chez les jeunes et l’IGC chez les jeunes demeurent inférieurs aux niveaux observés pendant la pandémie, et ce, malgré les augmentations du volume et de la gravité des crimes commis par des jeunes en 2022 et en 2023. En 2019, le taux de criminalité chez les jeunes était de 3 213 pour 100 000 jeunes, comparativement à 2 791 pour 100 000 en 2024 (voir la figure 1). En 2019, l’IGC chez les jeunes s’établissait à 55,02 comparativement à 52,46 en 2024 (voir la figure 2).
Les variations du volume et de la gravité de la criminalité en 2022 et 2023 peuvent s’expliquer en partie par divers facteurs comme les contextes sociaux et économiques, les événements et les mouvements qui peuvent avoir vu une incidence sur le nombre et les types de crimes commis ou déclarés.
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