Inégalités géographiques

Au Canada, les services aux victimes sont principalement offerts par les provinces et les territoires, ce qui se traduit par une diversité de modèles de services et qui complique les analyses comparatives à l’échelle nationale. Les données sur le recours aux services sont rarement ventilées selon l’identité ou la région géographique, ce qui rend difficile la détermination des disparités et des lacunes touchant les groupes marginalisés (Bureau de l’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels, 2025). Cette difficulté est encore plus prononcée dans le cas des personnes noires touchées par la violence armée et des familles endeuillées par un homicide, qui demeurent statistiquement invisibles dans les données sur le recours aux services. Des études primaires menées dans de grands centres urbains montrent systématiquement de faibles taux de recours aux services chez ces deux groupes (Asante, 2024, 2025), et ces disparités sont probablement beaucoup plus marquées dans les régions rurales et éloignées, où les services aux victimes sont déjà peu accessibles et où les services adaptés à la culture sont encore plus rares.