Résolution de 2026 des Nations Unies sur la traite transatlantique des esclaves et l’esclavage, et son importance pour les personnes noires endeuillées au Canada
Le 25 mars 2026, l’Organisation des Nations Unies a adopté une résolution présentée par le Ghana et appuyée par 123 pays, reconnaissant officiellement la traite transatlantique des esclaves comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité et appelant les États à mettre en œuvre des mesures de justice réparatrice, à présenter des excuses officielles et à rapatrier les biens culturels concernés (Washington, 2026). La décision du Canada de s’abstenir lors de ce vote, plutôt que de l’appuyer, est elle-même révélatrice de l’ambivalence institutionnelle retracée dans la présente section : une posture qui reconnaît en principe la brutalité de l’esclavage tout en refusant, dans la pratique, d’assumer une responsabilité structurelle. Pour les personnes noires touchées par la violence armée et celles endeuillées par un homicide, cette résolution revêt une portée concrète. Les conditions structurelles décrites tout au long de la présente section, soit la dépossession spatiale, la criminalisation fondée sur la racisation, la sous-protection institutionnelle et la transmission intergénérationnelle des traumatismes, correspondent précisément aux formes de préjudice que le concept d’« héritage de préjudices » au cœur de la résolution vise à prendre en compte. Le fait que ces conditions soient reconnues à l’échelle internationale comme découlant d’un crime contre l’humanité, plutôt que d’un prétendu déficit culturel, c’est-à-dire l’idée erronée selon laquelle les difficultés d’une communauté seraient attribuables à des lacunes internes sur le plan des valeurs, des comportements ou des traditions plutôt qu’à des systèmes d’oppression et d’inégalités, vient confirmer ce que les communautés noires et leurs défenseurs au Canada soutiennent depuis longtemps. Les disparités actuelles en matière de victimisation, de survie et d’accès à la justice doivent être comprises non comme des anomalies, mais comme les conséquences durables d’un tort historique resté sans réparation adéquate (Washington, 2026).
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