Facteurs de risque
La concentration de la pauvreté et les marchés immobiliers marqués par les discriminations raciales poussent de nombreuses familles noires vers des quartiers dépourvus d’infrastructures communautaires adéquates, notamment d’espaces publics sûrs, de programmes destinés aux jeunes, de services adaptés à leur culture et d’emplois stables (Sharpe & Aqil, 2025). Les systèmes scolaires contribuent également à perpétuer ces inégalités en raison de pratiques disciplinaires discriminatoires, du regroupement scolaire et de l’insuffisance des services de soutien dans de nombreuses administrations canadiennes (Codjoe, 2001; Dei et coll., 1997; James et coll., 2017). Les garçons et les jeunes hommes noirs demeurent surreprésentés dans les statistiques relatives à la victimisation et à la perpétration. Cette situation reflète l’interaction complexe entre les inégalités structurelles et les traumatismes historiques, plutôt qu’un quelconque risque intrinsèque associé à ce groupe (Clark, 2025; ministère de la Justice Canada, 2022). Si les jeunes femmes et les filles noires sont moins visibles dans les statistiques sur la victimisation, elles demeurent exposées à des risques distincts liés à l’intersectionnalité de la race et du genre. Cette situation se manifeste notamment par une exposition simultanée à la violence conjugale et à la violence armée dans la communauté, ainsi que par l’absence quasi totale de services conçus pour répondre à ces deux formes de préjudice (Maynard, 2025). Les jeunes noirs en situation de handicap font face à des vulnérabilités accrues, le capacitisme et le racisme envers les personnes noires agissant conjointement pour façonner à la fois leur exposition aux préjudices et leur exclusion des mesures de soutien au rétablissement (Niles et coll., 2025). Des études font état d’une tendance selon laquelle les jeunes hommes noirs qui se retrouvent en situation de handicap physique après avoir été blessés par balle constatent que les services de réadaptation ne tiennent pas compte du traumatisme persistant, que les dispositifs d’indemnisation des victimes ne couvrent pas les besoins en soins de longue durée et que le traitement qui leur est réservé par les prestataires repose sur une présomption de culpabilité plutôt que sur la reconnaissance du préjudice subi (Richardson et al., 2016; Niles et al., 2025). L’interaction entre ces pressions structurelles et la disponibilité d’armes à feu sur les marchés illicites liés au trafic transfrontalier contribuent à accroître le risque de blessures causées par les armes à feu. Selon la recherche, la violence armée gagne à être abordée comme un enjeu de santé publique. Cela suppose la mise en place de soins tenant compte des traumatismes et adaptés aux réalités culturelles des populations visées afin de limiter les préjudices et de favoriser le rétablissement (Braga, 2022; Sharpe et Frans-Joseph, 2026; Singh et coll., 2020). Une telle approche met également en lumière l’influence des déterminants sociaux de la violence et la nécessité d’investir durablement dans la prévention et la guérison plutôt que de miser principalement sur la répression.
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