Annexe C : Traite des personnes : Ressource sur le terrain pour les policiers

Par Dr Patrick McCaffery et Dr Lindsy Richardson (Septembre 2022).

Les opinions exprimées dans le présent document sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement celles du ministère de la Justice du Canada.

Traite des personnes : ressource sur le terrain pour les policiers
Traite des personnes : ressource sur le terrain pour les policiers - Version texte

Cette ressource de terrain fait trois pages.

Sur la première page se trouve le titre « Traite des personnes : ressources sur le terrain pour les policiers ». Il y a une note de bas de page pour ce titre qui dit : « Par Dr Patrick McCaffery et Dr Lindsy Richardson (Septembre 2022). Les opinions exprimées dans le présent document sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement celles du ministère de la Justice du Canada ».

Le long du côté gauche de la page se trouve une colonne grise avec trois sections. La première section a le titre « Traite des personnes et traumatisme ». Le texte ci-dessous dit : « La traite des personnes consiste souvent en des expositions répétées à des événements traumatisants sur de longues périodes par rapport à un incident ponctuel comme un vol d’effets personnels. L’exposition répétée et cumulative au stress traumatique, qui comprend souvent le contrôle coercitif, peut mener à des symptômes complexes de trouble de stress post-traumatique ».

Voici ce qu'on peut lire dans la deuxième section : « Signes de traumatisme ». Le texte ci-dessous dit : « Les traumatismes peuvent se manifester par des symptômes tels que la dépression, l'anxiété, l'automutilation, la toxicomanie, les changements de mémoire, les problèmes d'impulsions et d'autres altérations de la cognition et de l'humeur Â».

Voici ce qu'on peut lire dans la troisième section : « Créer un lieu sûr ». Le texte ci-dessous dit: « Les agents peuvent prendre des mesures pour éviter d'imposer un stress supplémentaire aux victimes : créer un lien, faire preuve d’empathie, prendre des pauses, encourager des exercices de respiration, maintenir un état d’esprit ouvert et montrer de l’intérêt ».

Sur le côté droit de la page, il y a l'image d'une empreinte en noir d’une main gauche aux doigts écartés faisant le signe d’arrêt. Sous cette image se trouve le titre : « Traite des personnes ». Sous le titre se trouve le texte : « Selon le rapport de 2022 de Statistique Canada sur la traite des personnes, entre 2010 et 2020, les services de police canadiens ont signalé 2 977 cas de traite des personnes. Quatre-vingt-seize pour cent (96 %) des victimes étaient des femmes et 25 % des victimes avaient moins de 18 ans.

Les personnes les plus à risque d’être victime de la traite des personnes et l’exploitation sont les femmes, les filles et les membres de groupes marginalisés (c.-à-d. les femmes autochtones, les personnes LGBTQ2S, les jeunes à risque).

La dynamique entre la victime et l’auteur est complexe et l’établissement de la confiance et l’appui aux victimes devraient être au cÅ“ur de la majorité des enquêtes policières ».

Sous ce texte se trouve une image d’interdiction d’exploitation avec le mot « Exploitation Â» en majuscules blanches sur un fond rectangulaire rouge placé en angle au-dessus d’un cercle noir. Le message véhiculé par cette image est de mettre fin à l’exploitation. L’image est coupée en haut et en bas, de sorte que seule une partie du cercle noir est visible.

La deuxième page de la ressource présente deux colonnes de texte avec une image en haut à gauche et en bas à droite de la page. L’image en noir et blanc montre un morceau de tissu froissé le long du sol et du mur. À droite de l’image, une jeune personne pieds nus est assise, les bras autour des genoux. Cette image donne un sentiment de détresse ou de solitude.

Le texte dit : « Des cas de traite des personnes peuvent être signalés ou révélés au cours de patrouilles régulières. Selon les ressources disponibles, l’agent qui répond peut traiter l’enquête du début à la fin.

La première étape de toute enquête est le contact initial avec la victime. C’est la meilleure occasion de commencer à établir des rapports qui peuvent être particulièrement difficiles, car les victimes de la traite des personnes sont souvent conditionnées à craindre la police et/ou un traumatisme peut affecter leur état mental. Le lien psychologique créé par le traumatisme est puissant et les facteurs qui ont poussé une victime hors d’un mode de vie vers un autre ne sont pas facilement résolus.

Les agents veulent exprimer leur intérêt pour ce que dit la victime. Par exemple, faites des déclarations qui reconnaissent leurs pensées et leurs sentiments (p. ex. Â« Mmm Â», « Okay Â», « je vous comprends Â»), et montrez de l’empathie en disant quelque chose comme : « Je peux comprendre pourquoi vous vous sentez ainsi Â». Pour établir un lien, les agents peuvent aussi essayer de communiquer avec la victime au sujet d’intérêts mutuels (p. ex. musique, nourriture, spectacles).

Il est essentiel de rester neutre et de ne pas contredire la victime. Si une victime estime qu’elle n’est pas crue, elle peut refuser de continuer de parler. Il est également important d’être sensible au fait que les victimes de la traite des personnes ne font pas partie d’un seul groupe. Apprendre à mieux servir les besoins des victimes et des collectivités – en particulier ceux qui se disent racialisés, autochtones, LGBTQ2S – exige un esprit ouvert et une appréciation des expériences vécues par les victimes.

Si une victime souhaite faire une déclaration, celle-ci doit être menée dans un endroit confortable et sûr. De nombreux postes de police disposent de salles destinées aux victimes (canapés, fauteuils moelleux, etc.). Toutefois, une déclaration vidéo ou audio enregistrée peut être effectuée n’importe où selon les besoins de la victime (p. ex. un hôpital ou à la résidence de la victime).

Que la victime accepte ou non de déposer une plainte, il est essentiel de ne pas porter de jugement et de fournir des renvois fiables et disponibles. Par exemple, les victimes peuvent vouloir recevoir de l’aide pour le logement, l’emploi, la formation professionnelle, la garde d’enfants ou le counselling.

Si leur auteur est arrêté, la victime doit être informée et obtenir le statut de l’accusé (c.‑à‑d. libéré sous condition ou placé en détention) et recevoir des soutiens supplémentaires au besoin.

La victime peut avoir besoin de soutiens et de garanties différents si elle doit témoigner devant le tribunal. Soyez patient. Expliquez le processus en termes simples. Aider à déterminer ce dont la victime peut avoir besoin. Par exemple, elle peut vouloir qu’une personne de soutien demeure avec elle pendant qu’elle témoigne.

Quelle que soit l’issue, les victimes ont souvent besoin d’un soutien continu, de vérifications par la police et de services globaux pour s’assurer qu’elles restent en sécurité ».

L'image en bas à droite de la page est un dessin au trait d'une échelle d'équilibre simple communément associée à la justice. La base de l'échelle est en forme de T et les balances pendent à gauche et à droite montrant la répartition égale du poids des deux côtés.

Sur la troisième page, il y a un graphique avec le titre : “Figure 1 : Principaux thèmes de la lutte contre la traite des personnes”

Dans cette image, l’auteur résume les thèmes clés de la lutte contre la traite de personnes. L’arrière-plan représente la carte du Canada en gris, ainsi qu’une large route noire à double sens qui s’étend au centre de l’image, sur toute sa largeur. À l’extrême gauche de la route se trouvent les mots « Traite de personnes Â» en lettres majuscules blanches. De gauche à droite de cette route se trouvent cinq cercles numérotés associés à du texte et qui sont reliés par des lignes verticales à cinq cercles plus grands dans lesquels figurent des mots.

En partant de la gauche, on peut voir un cercle vert foncé dans lequel se trouvent les mots « Empathie et rapport Â» écrits en noir. Ce cercle est relié par une ligne vert foncé au chiffre 1, inclus dans un petit cercle vert foncé sur la route.

Relié au premier cercle vert, un deuxième cercle bleu clair porte l’inscription « Tenir compte des traumatismes Â» en noir. Ce cercle est relié par une ligne bleu clair au chiffre 2 inscrit dans un petit cercle bleu clair sur la route.

À droite du cercle bleu clair, chaque cercle étant relié au précédent, on trouve un troisième cercle bleu foncé dans lequel les mots « Prise en charge intégrée Â» sont inscrits en noir. Ce cercle est relié par une ligne bleu foncé à un petit cercle bleu foncé placé au-dessus de la route et dans lequel figure le chiffre 3.

Le quatrième cercle est jaune foncé et comprend l’inscription « Stratégies d’enquête Â» en noir. Ce cercle est relié par une ligne jaune foncé au chiffre 4 qui se trouve dans un petit cercle jaune foncé sur la route.

Enfin, relié au quatrième cercle jaune foncé, on trouve un cinquième cercle orange dans lequel figurent les mots « Priorités sociales Â» en noir. Ce cercle est relié par une ligne orange au chiffre 5 figurant dans un petit cercle orange sur la route.

En bas de l’image se trouvent cinq cercles colorés correspondant aux cinq cercles décrits ci-dessus, lesquels sont associés à des descriptions sous chaque numéro.

À partir de la gauche, le cercle vert contient le chiffre 1 inscrit blanc au centre et est associé aux éléments suivants : 1) « Les caractéristiques des enquêteurs qui réussissent dans la lutte contre la traite de personnes sont l’empathie, la patience et des compétences humaines exceptionnelles Â», 2) « Il est très rare de retirer complètement une victime d’un environnement de traite de personnes Â», et 3) « Une conversation avec une victime est une première étape positive pour établir un rapport et une relation de confiance Â».

Le deuxième cercle vers la droite est bleu clair, contient le chiffre deux en blanc au centre et est relié aux éléments suivants : 1) « Les victimes ont été exploitées et conditionnées pour craindre les policiers Â», 2) « Le lien psychologique que crée le traumatisme est puissant Â», 3) « Il est crucial de former les policiers sur la façon dont le cerveau réagit au traumatisme Â», et 4) « Ne vous laissez pas distraire par les lacunes, les contradictions apparentes ou les souvenirs fragmentés. Il s’agit d’une réaction normale au traumatisme Â».

Le troisième cercle vers la droite est bleu foncé, contient le chiffre trois en blanc au centre et est relié aux éléments suivants : 1) « Il faut une équipe complémentaire pour aider une victime Â», 2) « Les obstacles découlant de variables telles que le genre, la culture, la langue et la COVID-19, sont mieux traités par des équipes multiservices (ONG, accords transfrontaliers, ressources locales, refuges, services d’aide aux victimes, etc.), et 3) « Les partenaires doivent être fiables et disponibles en dehors des heures de bureau Â».

Le quatrième cercle vers la droite est orange foncé, contient le chiffre quatre en blanc au centre et est relié aux éléments suivants : 1) « L’établissement de rapports, la mise en confiance et l’aide apportée aux victimes pour qu’elles se sentent en sécurité constituent la base des entretiens et des interactions ultérieures avec les victimes. Â» 2) « Les lacunes dans les informations fournies par les victimes peuvent être corroborées par la suite. Â» et 3) « Concentrez-vous principalement sur la victime. Il ne s’agit pas d’un dossier de police classique. Â»

Le cinquième et dernier cercle vers la droite est rouge et contient le chiffre cinq en blanc au centre ainsi que les éléments suivants : 1) « La priorité est donnée aux besoins de la victime et non au succès de la poursuite Â», et 2) « Les approches d’enquête traditionnelles peuvent être contre-productives Â».

Sous ce graphique se trouve le texte :

« Dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes, nous avons discuté avec des spécialistes de la police de premier plan partout au Canada et les principaux thèmes qui en ont découlé sont exposés dans la figure ci-dessus. Les répondants ont souligné que la traite des personnes est fondamentalement différente des autres crimes. Le succès commence par un lien avec les victimes exploitées, qui sont en grande majorité de jeunes femmes dans le commerce du sexe. Les agents doivent posséder une variété de compétences souples pour ce rôle. Ils doivent vraiment se soucier de leurs clients, mais aussi reconnaître qu’il est facile de surprotéger ou d’être trop autoritaires et d’aggraver la situation. De petites étapes avec une rétroaction positive immédiate peuvent créer un changement dans la bonne direction.

Attendez-vous à des incohérences dans les histoires de victimes et réalisez que le simple fait d’avoir une conversation est une étape positive. Le fait de travailler avec des équipes de professionnels améliorera de façon exponentielle la capacité d’un policier de fournir des soins de qualité et d’aider les victimes à adopter un mode de vie plus sain. La police a le devoir solennel de perturber cette industrie et d’aider les victimes. Les experts sont d’accord pour dire que tout commence par une conversation ».

Traite des personnes : ressource sur le terrain pour les policiers - Version PDF