Méthodes

Ce rapport est basé sur vingt-deux (22) entretiens qualitatifs semi-structurés menés en 2022 avec des clients actuels et passés de Voice Found, ainsi qu’avec deux (2) professionnels de la lutte contre la traite de personnes qui en ont été victimes. Les questions de recherche ont été élaborées par la directrice du service de lutte contre la traite de personnes de Voice Found, l’enquêtrice principale de l’organisme pour cette recherche.

Ce protocole a été examiné par le Comité d’examen de la recherche de la Division de la recherche et de la statistique du ministère de la Justice du Canada. Après cet examen, les chercheurs de Voice Found et les représentants du ministère de la Justice du Canada ont rencontré la Dre Lorraine Ferris (Ferris Consulting) pour discuter des aspects éthiques entourant l’étude. La Dre Ferris possède une vaste expérience dans le domaine de la recherche, notamment en ce qui concerne l’intégrité de la recherche, l’éthique et la responsabilité en matière de publication, et donne régulièrement des séminaires sur ces sujets. Elle a examiné la proposition du projet, le guide d’entretien, le protocole d’éthique et le formulaire de consentement des participantes et a apporté sa contribution aux aspects éthiques de l’étude. Cela a permis de prendre des mesures supplémentaires pour garantir le bien-être des gens qui ont participé à la recherche.

Approche tenant compte des traumatismes

La directrice de la lutte contre la traite de personnes, qui fournit un accompagnement principal et continu en tant que gestionnaire de cas de lutte contre la traite de personnes de Voice Found et en tant que paire aidante ayant une expérience vécue, a choisi les participantes en fonction de leur disponibilité, de leur volonté et de leur capacité à discuter des détails de leur passé lié à la traite de personnes. Elle a fait preuve de discrétion et de discernement dans la sélection des participantes, notamment pour savoir si un client est en proie à une dépendance active, s’il a récemment traversé une crise (personnelle ou liée à la traite), s’il s’est montré ouvert et disposé à parler de ses expériences passées et s’il est capable de maintenir une distance saine entre lui-même et ses expériences afin de ne pas être traumatisé une nouvelle fois. Par ailleurs, elle a adopté autant de mesures d’adaptation que possible pour assurer la sécurité et la stabilité de ces clients tout au long de ce processus. Par exemple, le moment de l’entretien, les moyens utilisés (en personne, par téléphone ou par conférence téléphonique), le lieu d’une rencontre en personne et la durée de l’entretien ont fait l’objet d’une certaine souplesse, le processus d’entretien étant parfois réparti sur plusieurs séances afin de garantir la sécurité mentale et émotionnelle. Nous tenons à indiquer que certains clients invités à participer à cette étude ont refusé de le faire.

Les personnes interrogées ont été invitées à participer en tant qu’experts en la matière et ont reçu des honoraires pour leur participation. Toute information permettant d’identifier les clients a été retranchée des données recueillies au cours des entretiens afin de respecter leur vie privée.

Questions relatives à la recherche

La Division de la recherche et de la statistique a proposé neuf (9) questions de recherche et qui ont été adaptées à l’expérience vécue par les survivantes de la traite de personnes afin de garantir l’exactitude des données recueillies (annexe A). Les questions comprennent des données démographiques et suivent la chronologie de la victime, du début de la traite jusqu’au moment où elle s’en est sortie, et après. On y trouve également une section dans laquelle les survivantes ont eu la possibilité de faire part d’autres observations directement au ministère de la Justice du Canada (les témoignages complets se trouvent à l’annexe B).