Les problèmes juridiques de la vie quotidienne
La nature, l'étendue et les conséquences des problèmes justiciables vécus par les Canadiens
- Répercussions négatives sur le mode de vie, problèmes justiciables liés à la consommation accrue d’alcool, de drogues et de médicaments
- Problèmes justiciables et menace de violence
- Problèmes justiciables et problèmes avec les enfants
- Problèmes justiciables et sentiment de sécurité
Chapitre VIII : Les soins de santé et les conséquences sociales des problèmes justiciables (suite)
Répercussions négatives sur le mode de vie, problèmes justiciables liés à la consommation accrue d'alcool, de drogues et de médicaments
Un nombre beaucoup plus petit de répondants ont dit qu'il avaient consommé davantage d'alcool, de drogues et de médicaments à cause d'un problème justiciable. Le tableau 52 montre que deux problèmes justiciables liés à l'emploi - le harcèlement au travail et le congédiement injustifié - étaient les deux problèmes ayant entraîné le plus souvent cette répercussion particulière.
| Problème | Nombre | Pourcentage | Pourcentage cumulatif |
|---|---|---|---|
| Harcèlement au travail | 22 | 14,2 % | -- |
| Congédiement injustifié | 13 | 8,4 % | 22,6 % |
| Harcèlement par une agence de recouvrement | 10 | 6,5 % | 29,1 % |
| Blessures corporelles au travail | 8 | 5,2 % | 34,3 % |
| Santé et sécurité au travail | 7 | 4,5 % | 38,8 % |
| Mesures disciplinaires injustes au travail | 7 | 4,5 % | 43,3 % |
| Blessures corporelles, circulation | 6 | 3,9 % | 47,2 % |
| Blessures corporelles, soins médicaux | 6 | 3,9 % | 51,1 % |
| Tous les autres problèmes | 76 | 48,9 % | 100 % |
Les personnes handicapées et les personnes plus jeunes étaient les deux groupes les plus nombreux à dire qu'ils avaient consommé davantage d'alcool, de drogues ou de médicaments à cause des problèmes justiciables qu'ils avaient connus, même si les répercussions n'étaient pas particulièrement importantes. Les personnes handicapées étaient 1,5 fois plus nombreuses que les autres à avoir consommé davantage d'alcool, de drogues ou de médicaments[231], et les jeunes de moins de 29 ans, 1,6 fois plus nombreux[232].
Dans le modèle de régression multiple, seul le fait d'avoir moins de 29 ans constituait une variable prédictive de la consommation accrue de drogues, de médicaments et d'alcool statistiquement indépendante des autres variables.
| Consommation accrue de drogues, de médicaments et d'alcool | Estimation | Chi carré | Probabilité | Ratio d'incidence approché |
|---|---|---|---|---|
| Ordonnée à l'origine | - 3,8 | 43,2 | 0,0001 | -- |
| Invalidité | 0,8 | 3,9 | 0,05 | 2,3 |
Valeur du coefficient de détermination multiple pour l'équation de régression = 0,07
Problèmes justiciables et menace de violence
Le tableau 54 montre que 6,4 % des répondants ont dit avoir été l'objet de menaces de violence ou d'actes de violence après avoir eu des problèmes justiciables.
| Problème | Nombre | Pourcentage | Pourcentage cumulatif |
|---|---|---|---|
| Harcèlement au travail | 11 | 7,9 % | -- |
| Séparation | 9 | 6,5 % | 14,4 % |
| Consommation, article important | 8 | 5,8 % | 20,2 % |
| Divorce | 8 | 5,8 % | 26 % |
| Garde et droit de visite | 8 | 5,8 % | 31,8 % |
| Mesures disciplinaires injustes au travail | 7 | 5 % | 36,8 % |
| Harcèlement par une agence de recouvrement | 5 | 3,6 % | 40,4 % |
| Menace de poursuites judiciaires | 5 | 3,6 % | 44 % |
| Recouvrement de salaire dû | 4 | 3,1 % | 47,1 % |
| Santé et sécurité au travail | 4 | 3,1 % | 50,2 % |
| Tous les autres problèmes | 69 | 48,8 % | 100 % |
Le fait d'avoir trois enfants ou plus était la variable la plus étroitement liée à la crainte de violence ou aux actes de violence contre soi-même ou sa famille. Les répondants ayant trois enfants ou plus étaient deux fois plus nombreux que tous les autres répondants ayant des enfants à avoir fait état de cette conséquence[233]. Les bénéficiaires d'aide sociale étaient 1,9 fois plus nombreux que tous les autres répondants à avoir subi cette conséquence après avoir eu un problème justiciable[234]. Cette probabilité atteignait 1,6 % dans le cas des personnes âgées de 29 ans ou moins[235], des personnes sans emploi[236] et des personnes ayant un revenu inférieur à 25 000 $[237]. Voir le tableau 55.
Dans la régression logistique binaire servant à prédire les effets indépendants, le fait d'avoir trois enfants ou plus et d'avoir un revenu relativement faible a été retenu dans le modèle comme autant de variables prédictives statistiquement significatives par rapport au fait de subir de la violence ou des menaces de violence.
| Violence ou menace de violence | Estimation | Chi carré | Probabilité | Ratio d'incidence approché |
|---|---|---|---|---|
| Ordonnée à l'origine | - 1,9 | 16,9 | 0,0001 | -- |
| Revenu inférieur à 25 000 $ | 0,7 | 6,1 | 0,01 | 2,1 |
| Trois enfants ou plus | 1,2 | 18,1 | 0,0001 | 3,2 |
Valeur du coefficient de détermination multiple pour l'équation de régression = 0,07
Problèmes justiciables et problèmes avec les enfants
Les problèmes justiciables vécus par les parents peuvent avoir différentes répercussions sur leurs enfants. Il ne s'agit pas toujours seulement de problèmes de comportement à la maison ou à l'école. Le tableau 56 montre les types généraux de problèmes éprouvés par les enfants à cause des problèmes justiciables de leurs parents. La plupart des problèmes concernent le comportement à la maison. Un peu plus du tiers des problèmes se manifestent à l'école. Dans environ 11 % des cas où des problèmes justiciables vécus par les parents ont eu des répercussions sur leurs enfants, il s'agissait de problèmes avec la justice et la police.
| Type de problèmes | Nombre | Pourcentage |
|---|---|---|
| Problème à la maison | 94 | 35,3 % |
| Problème à l'école | 143 | 53,8 % |
| Problèmes avec la justice | 29 | 10,9 % |
| Total | 266 | 100 % |
Le tableau 57 montre que les problèmes qui ont eu des répercussions négatives sur le comportement des enfants sont surtout des problèmes relevant du droit de la famille.
| Problème | Nombre | Pourcentage | Pourcentage cumulatif |
|---|---|---|---|
| Garde et droit de visite | 15 | 12,2 % | -- |
| Séparation | 14 | 11,4 % | 23,6 % |
| Divorce | 11 | 8,9 % | 32,5 % |
| Suspension de l'enfant par l'école | 6 | 4,9 % | 37,4 % |
| Harcèlement au travail | 6 | 4,9 % | 42,3 % |
| Harcèlement par une agence de recouvrement | 5 | 4,1 % | 46,4 % |
| Pensions alimentaires pour enfants | 5 | 4,1 % | 44 % |
| Mandats, soins médicaux | 5 | 4,1 % | 50,5 % |
| Tous les autres problèmes | 56 | 49,5 % | 100 % |
La garde et le droit de visite, la séparation, le divorce et les pensions alimentaires pour enfants comptent pour 36,6 % de tous les problèmes mentionnés. L'impression de harcèlement au travail ou par une agence de recouvrement a aussi des répercussions sur les enfants.
Le fait d'avoir trois enfants ou plus était fortement lié à l'existence de problèmes touchant les enfants par suite de problèmes justiciables (voir le tableau 58). Les personnes ayant trois enfants ou plus étaient 2,9 fois plus nombreuses à avoir eu des problèmes concernant les enfants[238]. De plus, les bénéficiaires d'aide sociale étaient près de deux fois - 1,9 % - plus nombreux que les autres à avoir éprouvé des problèmes avec leurs enfants[239].
Dans la régression logistique, seul le fait d'avoir trois enfants ou plus avait un effet indépendant statistiquement significatif.
| Problèmes concernant des enfants | Estimation | Chi carré | Probabilité | Ratio d'incidence approché |
|---|---|---|---|---|
| Ordonnée à l'origine | - 2,6 | 22,3 | 0,0001 | -- |
| Trois enfants ou plus | 2,1 | 48,5 | 0,0001 | 7,8 |
Valeur du coefficient de déterminationb multiple pour l'équation de régression = 0,16
Problèmes justiciables et sentiment de sécurité
Le fait d'avoir des problèmes justiciables compromet également le sentiment de sécurité. Les problèmes liés à l'emploi constituent ensemble près de 25 % des problèmes qui minent lesentiment de sécurité des gens. Si l'on combine les blessures corporelles au travail, le harcèlement au travail, le congédiement injustifié et les questions de santé et sécurité au travail, cette proportion atteint près de 30 %. Les problèmes qui découlent du fait d'avoir eu des problèmes lors de l'achat de biens de consommation dispendieux ou lors de la réalisation de rénovations ou de réparations majeures sont également relativement fréquents. Il en est de même du divorce et de la séparation.
| Problème | Nombre | Pourcentage | Pourcentage cumulatif |
|---|---|---|---|
| Harcèlement au travail | 34 | 12,7 % | -- |
| Congédiement injustifié | 17 | 6,2 % | 18,9 % |
| Santé et sécurité au travail | 16 | 5,8 % | 24,7 % |
| Séparation | 12 | 4,3 % | 29 % |
| Harcèlement par une agence de recouvrement | 11 | 4 % | 33 % |
| Blessures corporelles au travail | 11 | 4 % | 37 % |
| Consommation, achat important | 10 | 3,6 % | 40,6 % |
| Consommation, réparations majeures | 9 | 3,3 % | 43,9 % |
| Recouvrement de sommes dues | 9 | 3,3 % | 47,2 % |
| Divorce | 9 | 3,3 % | 50,5 % |
| Tous les autres problèmes | 137 | 49,5 % | 100 % |
Un certain nombre de variables avaient un lien relativement faible avec la sécurité du répondant ou de sa famille comme conséquence de problèmes justiciables. Les répondants qui étaient handicapés, qui recevaient de l'aide sociale, qui avaient moins de 29 ans, qui étaient sans emploi et qui appartenaient à une minorité visible étaient tous plus nombreux à avoir dit qu'ils craignaient pour leur sécurité après avoir eu un problème justiciable.
La régression logistique binaire indique que le fait d'être handicapé et le fait d'être sans emploi sont les deux variables qui ont un effet indépendant et statistiquement significatif sur le sentiment de sécurité. Voir le tableau 60.
| Craintes relatives à la sécurité personnelle ou familiale | Estimation | Chi carré | Probabilité | Ratio d'incidence approché |
|---|---|---|---|---|
| Ordonnée à l'origine | - 0,8 | 4,8 | 0,03 | -- |
| Invalidité | 0,4 | 7,9 | 0,005 | 1,6 |
| Sans emploi | 0,6 | 4,6 | 0,03 | 2,9 |
Valeur du coefficient de détermination multiple pour l'équation de régression = 0,06
Dans l'ensemble, le fait que le problème ne s'est pas bien réglé entraîne des conséquences sociales et sur la santé plus négatives. Des répondants dont les problèmes n'étaient pas réglés, 56,1 % ont subi au moins une conséquence négative en matière sociale ou sur leur santé, et 43,9 %, aucune, soit une différence de 21,2 %. En comparaison, 69,9 % des répondants dont les problèmes non réglés se sont aggravés ont subi une conséquence négative sociale ou sur leur santé et 30,1 %, aucune, soit une différence beaucoup plus grande de 40,3 %. Ces chiffres portent à croire que le fait qu'un problème non réglé s'aggrave entraîne très souvent des conséquences négatives sur le plan social ou sur la santé[240].
Le fait de ne pas obtenir une aide utile pour régler les problèmes entraîne également des conséquences négatives sociales et sur la santé. Par exemple, il n'y a presque aucune différence entre la proportion de répondants qui ont subi de telles conséquences et la proportion de ceux qui n'en ont pas subi, dans le cas des répondants qui estimaient que les conseils qu'ils avaient reçus avaient été très utiles. Dans le groupe de personnes qui étaient très satisfaites des conseils reçus, 50,8 % ont fait état d'une conséquence négative sur le plan social ou de la santé et 49,2 % n'ont fait état d'aucune conséquence semblable, ce qui représente une mince différence de 1,6 %. Par contre, 72,7 % des répondants pour qui les conseils reçus n'avaient pas été du tout utiles ont dit avoir subi des conséquences sociales ou en matière de santé et 27,3 %, non. La différence de 45,4 % entre les répondants ayant subi des conséquences négatives en matière sociale ou de santé et les répondants n'en ayant pas subi indique que le fait de recevoir de mauvais conseils entraînent très souvent des conséquences négatives[241].
- [231] c2 = 5,4, p<0,02, ratio d'incidence approché = 1,5, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,1 à 2,1).
- [232] c2 = 6,1, p<0,01, ratio d'incidence approché = 1,6, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,1 à 2,2).
- [233] c2 = 9,6, p<0,002, ratio d'incidence approché = 2,0, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,3 à 3,1).
- [234] c2 = 14,7, p<0,0001, ratio d'incidence approché = 1,9, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,4 à 2,8).
- [235] c2 = 3,9, p<0,05, ratio d'incidence approché = 1,6, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,0 à 2,5).
- [236] c2 = 3,9, p<0,04, ratio d'incidence approché = 1,6, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,0 à 2,7).
- [237] c2 = 6,6, p<0,04, ratio d'incidence approché = 1,6, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,1 à 2,3).
- [238] c2 = 25,5, p<0,0001, ratio d'incidence approché = 2,9, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,9 à 4,4).
- [239] c2 = 12,4, p<0,0004, ratio d'incidence approché = 1,9, intervalle de confiance du ratio d'incidence approché (1,3 à 2,7).
- [240] c2 = 47,9, p<0,0001.
- [241] Le petit sous-échantillon de 233 sujets a produit 60 % de cellules ayant moins de cinq observations. Dans les circonstances, le test du chi carré ne convenait pas.
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