L’inclusion pour tous : Comment instaurer la cohésion sociale au Canada Aperçus de conversations structurées

4. Renforcement des capacités des collectivités autochtones

Les participants ont reconnu qu’il serait particulière­ment pertinent de faire de la recherche axée sur la cohésion sociale à propos du statut des Autochtones du Canada. Les spécialistes gouvernementaux de la recherche ont fait observer que la population autochtone est globalement beaucoup plus jeune que celle du reste du Canada — tendance qui pose des problèmes, mais crée également la possibilité de renforcer la cohésion sociale et l’inclusion des membres de ce groupe démographique. Le pour­centage élevé de jeunes Autochtones de moins de 15 ans, en plus du fait qu’ils ont souvent un niveau de scolarité peu élevé, laisse à penser que le statut socio-économique de certains pourra se détériorer en vieillissant et qu’ils auront de la difficulté à accéder au marché du travail.

Les participants se sont dits inquiets à propos de la participation des Autochtones à la vie sociale et de leur sentiment d’appartenance. Les résidants des centres urbains sont particulièrement exposés aux problèmes. Les personnes ayant participé aux programmes liés au Partenariat rural canadien ont cependant noté que, dans les régions rurales du pays, les déficits sociaux sont particulièrement marqués au sein des collectivités autochtones. La Société canadienne d’hypothèques et de logement et le Secrétariat national pour les sans-abri (entre autres) ont mené des études qui révèlent la situation dramatique de nombreux Autochtones par rapport à divers indicateurs socio-économiques. Le nombre très élevé d’Autochtones condamnés pour des infractions criminelles est révélateur, et le dernier discours du Trône faisait d’ailleurs du règlement de ce problème un objectif national. Les études essaient de déterminer pourquoi certaines collectivités autochtones sont confrontées à un niveau de violence critique, tandis que d’autres sont relativement sûres.

Les participants pensent que les Autochtones souhaitent vivement renforcer leurs capacités et s’épanouir pleinement, mais croient que les possibilités de participation que leur offrent l’économie et la société canadiennes sont limitées. Un participant autochtone a fait observer que les Autochtones ont parfois le sentiment qu’on leur ferme les portes, qu’on ne les écoute pas et qu’on les laisse de côté.

Il faut mobiliser les ressources, mais adopter une approche différente en élar­gissant les réseaux existants qui facilitent la collaboration et les partenariats, la réciprocité et le principe de l’association. Il faut entre-prendre des recherches trans­disciplinaires et intersecto­rielles, axées sur l’établisse­ment de liens. Il faut recruter des personnes compétentes et établir des réseaux.

Les Autochtones ont déclaré qu’ils ne voulaient pas que leurs problèmes soient masqués par la question du multiculturalisme; ils ne veulent pas non plus être considérés comme une minorité ethnique. En outre, ils n’accepteraient pas qu’on assimile la cohésion sociale à une recherche d’homogénéité. Il est important que tous les Canadiens soient réceptifs à des approches non traditionnelles et, en particulier, qu’ils reconnaissent la contribution majeure qu’ont apportée et que continuent d’apporter à la société canadienne la culture et les peuples autochtones. Les problèmes des Autochtones canadiens sont uniques, mais ils ne sont pas les mêmes dans toutes les collectivités du pays. Un participant autochtone a indiqué qu’il ne fallait pas supposer que les collectivités autochtones constitu­aient un modèle de cohésion sociale, ou qu’elles partageaient toutes la même vision. Au contraire, elles sont très diverses; il faut essayer de mieux comprendre la dynamique des différentes collectivités autochtones. Les participants pensent que la défense des droits et les structures juridiques peuvent faciliter la promotion de l’efficacité des interventions collectives. Ils recomman­dent le renforcement des capacités et la promotion du leadership grâce à une recherche active

De nombreuses recherches ont déjà été entreprises dans ce domaine et, selon les personnes consultées, il faudrait maintenant mettre l’accent sur des projets pilotes auxquels participeraient les collectivités, au lieu d’attendre les résultats de nouvelles études pour prendre des mesures. Même si l’on ne sait pas encore vraiment ce qui fonctionne, les participants pensent que la mise en œuvre prochaine de projets pilotes et d’autres initiatives permettrait de tirer des enseignements de la pratique.