Une synthèse des questions soulevées par la recherche portant sur l'aide juridique en matière d'immigration et de protection des réfugiés et de ses répercussions

5. Facteurs de coût

5. Facteurs de coût

La recherche permet de conclure que les régimes d'aide juridique ont peu de contrôle sur un grand nombre de facteurs ayant une incidence sur le coût de la prestation des services. Pour réduire ce coût, les régimes d'aide juridique devraient soit réduire le niveau ou la qualité des services, soit songer à des mécanismes de diversification des modes de prestation des services (pour connaître certaines options concernant les autres façons d'offrir l'aide juridique à des réfugiés, voir la section 6.0).

La présente section porte sur les facteurs clés qui, selon les répondants, contribuent au coût de la prestation des services d'aide juridique en matière d'immigration et de protection des réfugiés. Il s'agit des suivants :

Les répondants ont également déterminé un certain nombre de questions qui, bien qu'elles ne contribuent pas actuellement grandement au coût de la prestation des services, pourraient contribuer à l'augmentation des coûts à l'avenir.

5.1 Nombre de revendications du statut de réfugié

Le nombre de personnes présentant une revendication du statut de réfugié constitue le plus important facteur contribuant à la demande de services d'aide juridique et, donc, au coût de la prestation de ces services. Une augmentation du nombre de personnes présentant une revendication du statut de réfugié au Canada au cours d'une année donnée augmente le montant total du financement requis pour offrir ces services. Le nombre accru de revendicateurs du statut de réfugié a également une incidence indirecte sur les coûts de l'aide juridique, par exemple :

La recherche indique que les politiques relatives aux réfugiés des autres pays développés ne sont pas susceptibles d'avoir une influence importante sur le nombre de personnes présentant une revendication du statut de réfugié au Canada. Les Etats-Unis, avec qui le Canada a récemment signé une entente avec un « tiers pays sûr », peut représenter l'exception. En vertu de cette entente, un réfugié qui arrive d'abord aux États Unis devra y revendiquer le statut de réfugié plutôt que de venir au Canada et de présenter une revendication ici. De même, un réfugié qui arrive au Canada d'abord devra y revendiquer le statut de réfugié, plutôt que de se rendre aux États Unis. Il n'est pas sûr si une entente conclue avec un « tiers pays sûr » fera augmenter ou diminuer le nombre de revendicateurs du statut de réfugié au Canada et, par extension, le coût de la prestation des services d'aide juridique. L'entente pourrait entraîner un nombre moins élevé de revendications du statut de réfugié et, par conséquent, des coûts plus faibles. Cependant, d'autres aspects de l'application de l'entente conclue avec un « tiers pays sûr » peuvent faire augmenter la demande pour des services d'aide juridique, comme :

5.2 Incidence de la LIPR

L'adoption de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) a entraîné plusieurs changements au processus d'immigration et de détermination du statut de réfugié au Canada. Dans certains cas, la LIPR peut également avoir une incidence sur la demande de services d'aide juridique en matière d'immigration et de protection du réfugié ou le coût de la prestation de ces services (certaines de conséquences de la LIPR relatives au coût ne sont pas encore claires puisque la Loi n'a pas encore été complètement mise en œuvre).

Les répondants ont indiqué les effets potentiels suivants de la LIPR sur le coût de la prestation des services :

5.3 Manque de compréhension du processus

La plupart des revendicateurs du statut de réfugié ne comprennent pas très bien le processus de détermination du statut de réfugié du Canada, et leurs connaissances du système proviennent d'amis ou de parents qui ont également toutes les chances d'être mal informés. Souvent, ils arrivent au Canada en espérant une audience immédiate et ils ont l'impression qu'ils pourront se représenter eux mêmes. Dès qu'ils prennent part au processus, toutefois, ils découvrent qu'ils ont besoin d'une certaine forme d'assistance [16]. Plus le niveau de compréhension d'ensemble du processus de détermination du statut de réfugié parmi les revendicateurs du statut de réfugié ainsi que de leurs droits et obligations en vertu du droit canadien sera faible plus la demande de services d'aide juridique et le coût de la prestation de ces services sera grande.

5.4 Interprétation simultanée et traduction

La plupart des régimes d'aide juridique indemnisent les avocats des coûts qu'ils ont engagés pour l'interprétation simultanée et la traduction. Les coûts d'interprétation et de traduction représentent une partie importante du budget de l'aide juridique dans la majorité des provinces. Par exemple, en Colombie Britannique et en Ontario ces coûts représentent plus de 16 p. 100 de l'ensemble des dépenses relatives à l'aide juridique totale en matière d'immigration et de protection des réfugiés en 2001 2002.

De nombreux répondants ont fait remarquer que les besoins d'interprétation et de traduction découlent des exigences officielles de la CISR. L'interaction avec un revendicateur au cours des premières étapes du processus de détermination du statut de réfugié (avant l'audience) et la préparation des documents à l'appui de sa cause dépendent grandement de la disponibilité des services d'interprétation et de traduction pour permettre une communication sincère et claire. Les coûts de traduction et d'interprétation constituent également un facteur important pendant les audiences et lors des étapes ultérieures du processus. (Toutefois, la CISR ne paie pas les interprètes présents dans la salle d'audience ni pour la traduction de certains documents clés à l'étape de la SPR.)

En plus de couvrir l'interprétation et la traduction, l'aide juridique peut prévoir la coordination de services de langues et de traduction dans certaines circonstances, ce qui peut augmenter le fardeau du personnel de l'aide juridique. Le Manitoba représente l'exception, puisque les services y sont coordonnés par un technicien juridique supervisé dans une ONG. La plupart des régimes signalent des problèmes liés à l'obtention et à la coordination d'interprètes et de traducteurs qualifiés et aux faibles coûts.

5.5 Contrôles judiciaires

Même si les contrôles judiciaires ne sont accordés que dans un petit nombre de cas, les demandes d'autorisation de contrôle judiciaire et les contrôles judiciaires combinés représentent une partie importante des coûts de l'aide juridique. Par exemple, ils représentent 17,5 p. 100 des dépenses en Ontario pour l'exercice 2000 2001.

5.6 Facteurs de coûts futurs possibles

Il y a également un certain nombre d'autres facteurs qui ont une incidence sur le coût de la prestation des services pour l'avenir, notamment :