La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée
Annexe A : Bibliographie annotée (suite)
YATES, G., MacKENZIE, R., PENNBRIDGE, J. et SWOFFORD, A. «A risk profile comparison of homeless youth involved in prostitution and homeless youth not involved», Journal of Adolescent Health, vol. 12, 1991, p. 545-548
Cette étude compare 467 jeunes non prostitués qui se sont rendus à un service de consultations externes pour fugueurs et itinérants et 153 jeunes prostitués qui ont fréquenté le même service. Les données ont été recueillies sur une période de 12 mois. Au moyen des renseignements tirés des entrevues pour établir le profil de risque des adolescents, les auteurs font remarquer que les prostitués sans abri adoptent davantage un comportement à risque élevé pour la santé comme l’abus d’alcool ou d’autres drogues, le suicide et la dépression. Les risques d’infection par le VIH associés à la prostitution comprennent l’abus de drogues multiples, les relations avec des gays ou des personnes bisexuelles et les partenaires sexuels nombreux. Un grand nombre de jeunes prostitués ont déclaré avoir été victimes de violence sexuelle, ce qui donne à penser que le système de protection des enfants doit intervenir.
ZIGMAN, M. «Under the law: Teen prostitution in Kensington», Critique of Anthropology, vol. 19, no 2, 1999, p. 193-201.
Les explications traditionnelles des précurseurs de la pratique de la prostitution chez les jeunes sont l’abus d’alcool ou d’autres drogues, la violence sexuelle et le dysfonctionnement du noyau familial. Selon Zigman, ces explications monocausales ne tiennent pas compte de la foule de raisons pour lesquelles les jeunes femmes commencent à se prostituer et de la complexité de leurs actions. Le système capitaliste actuel fait de la prostitution une source de revenu viable pour certains jeunes. Par exemple, comme les jeunes sont exclus de la population active – habituellement à cause des lois sur le travail des enfants – ils se tournent vers les formes de travail marginal pour subsister (y compris la prostitution). En plus de l’économie nationale affaiblie, la réglementation du travail des enfants force les enfants à effectuer un travail marginal, et la rue devient une solution de rechange viable au milieu familial. L’auteure soutient que pour régler la prostitution chez les jeunes, nous devons corriger un système économique qui a permis à la prostitution d’être une source viable de revenu pour certains jeunes. L’auteure soutient que la plupart des ouvrages sur les causes de la prostitution juvénile ne tiennent pas compte du volet demande du commerce – la pauvreté et les problèmes sociaux n’expliquent pas l’ampleur de la demande.
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