Chapitre 6 : Services d’aide aux victimes

Les victimes d’actes criminelsNote de bas de page 250, y compris les victimes d’infractions liées à la traite de personnes, ont des droits en vertu de la Charte canadienne des droits des victimes (ci-après « CCDV »). La CCDV définit une victime d’actes criminels comme un particulier qui a subi des dommages — matériels, corporels ou moraux — ou des pertes économiques par suite de la perpétration d’un acte criminel au Canada. Toutes les victimes peuvent exercer les droits que la CCDV leur confère lorsqu’elles se trouvent au Canada. Les citoyens ou les résidents permanents du Canada peuvent exercer leurs droits même s’ils se trouvent hors du Canada, pourvu que l’acte criminel ait été commis au Canada.

La CCDV confère aux victimes d’actes criminels des droits à l’information, à la protection, à la participation et au dédommagement. La CCDV confère également aux victimes le droit de déposer une plainte si elles estiment leurs droits violés ou bafoués.

Droit à l’information

Les victimes ont le droit de demander des renseignements généraux au sujet du système de justice pénale, du rôle qu’elles y jouent, et des services et programmes qui leur sont offerts. Elles ont également le droit de demander des renseignements précis sur l’état d’avancement de leur cas, notamment l’enquête, les procédures et la peine prononcée contre la personne qui leur a causé un préjudice.

Droit de participation

Les victimes ont le droit de donner leur point de vue sur les décisions prises par les professionnels de la justice pénale en ce qui touche les droits que la CCDV leur confère. Comme il est mentionné au chapitre 5, les victimes ont également le droit de présenter une déclaration à l’étape de la détermination de la peine décrivant les répercussions que le crime a eu sur elles et à ce qu’elles soient prises en considération.

Droit à la protection

Les victimes ont droit à ce qu’on tienne compte de leur sécurité et de leur vie privée, et ce, à toutes les étapes du processus de justice pénale, notamment en prenant les mesures raisonnables et nécessaires pour les protéger contre l’intimidation et les représailles, de demander à ce qu’on ne dévoile pas leur identité publiquement et de demander des mesures visant à faciliter leur témoignage lorsqu’elles comparaissent comme témoins. Pour de plus amples renseignements sur certaines de ces mesures, voir le chapitre 4.

Droit au dédommagement

Les victimes ont droit à ce qu’une ordonnance de dédommagement contre le délinquant — pour les pertes économiques découlant spécifiquement du crime — soit envisagée par le tribunal. Elles ont également le droit d’inscrire une ordonnance de dédommagement non payée comme une dette civile exécutoire. Pour de plus amples renseignements sur le dédommagement, voir le chapitre 5.

Plaintes en vertu de la CCDV

La CCDV confère également aux victimes le droit de déposer une plainte si elles estiment qu’un organisme fédéral a enfreint ou nié leurs droits, en ayant recours au processus de traitement des plaintes de ce ministère ou de cet organisme (paragraphe 25(1)). Si les victimes ne sont pas satisfaites de la réponse obtenue, elles peuvent déposer une plainte auprès de toute autorité compétente pour examiner les plaintes concernant ce ministère ou cet organisme (paragraphe 25(2)). Les victimes qui estiment que leurs droits ont été violés ou bafoués par un ministère, une agence ou un organisme provincial ou territorial peuvent déposer une plainte conformément aux lois de cette province ou de ce territoire (article 26).

Ces droits s’appliquent à toutes les étapes du processus de justice pénale, y compris pendant que l’infraction fait l’objet d’une enquête ou d’une poursuite; pendant que le délinquant est assujetti au processus correctionnel ou au processus de mise en liberté provisoire, et pendant que l’accusé, dans le cas où il est déclaré inapte à subir son procès ou non responsable criminellement pour cause de troubles mentaux, relève de la compétence du tribunal ou d’une commission d’examen. Les droits des victimes doivent être exercés raisonnablement afin qu’ils ne soient pas susceptibles de porter atteinte aux enquêtes et aux poursuites, de mettre en péril la vie ou la sécurité d’une personne ou de porter préjudice aux intérêts nationaux, notamment la sécurité nationale.

Depuis 1988, les professionnels de la justice pénale sont guidés, dans leurs interactions avec les victimes, par la Déclaration canadienne des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalité. La Déclaration a été adoptée par les ministres de la Justice de gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux et territoriaux en 1988 et 2003, et elle a reconnu les répercussions négatives de la criminalité à l’égard des personnes et de la société. Ce document est étroitement lié à la CCDV, et tous deux continuent à guider les interactions avec les victimes.

Bien que toutes les victimes ne souhaitent pas forcément accéder aux services, il est important qu’elles soient informées de tous ceux qui sont disponibles. Cela est particulièrement le cas des victimes de la traite des personnes en raison de l’exploitation inhérente à ce type d’infraction et des conditions extrêmes qu’elles ont endurées pendant de longues périodes.

Bon nombre de victimes profitent des services disponibles, mais les victimes de crimes graves et violents, comme la traite des personnes, peuvent en avoir davantage besoin. L’accès à du soutien et à des services spécialisés de lutte contre la traite des personnes est essentiel pour favoriser la stabilité des victimes et les aider à se libérer de la situation, à guérir et à reconstruire leur vie. Toutefois, les victimes de la traite des personnes peuvent également se montrer plus hésitantes à chercher ou à accepter des services pour diverses raisons, notamment la méfiance à l’égard de la police, la crainte de représailles de la part des trafiquants, la crainte d’être persécutées ou accusées d’activités criminelles connexes pendant qu’elles sont victimes de la traite (p. ex., l’abus de substances illicites, le recrutement, le leurre ou la préparation de leurs pairs à la traite), le fait de ne pas se reconnaître comme victime de la traite, y compris lorsqu’elles ignorent en quoi consiste la traite de personnes ou lorsqu’elles craignent la stigmatisation à la suite de leurs expériences. Les victimes autochtones et racialisées de la traite des personnes sont peut-être moins susceptibles de demander de l’aide en raison des obstacles qu’elles rencontrent lorsqu’elles accèdent aux services offerts au grand public, comme la discrimination systémique, la stigmatisation et l’isolement supplémentaire au sein et en dehors des systèmes destinés à la population en général vers lesquels les victimes sont dirigées.

Divers aspects des caractéristiques personnelles, des antécédents et des croyances des personnes, y compris les formes d’oppression, peuvent avoir une incidence sur la façon dont une personne vit la traite des personnes (y compris l’exploitation et le rétablissement), et la rencontre de facteurs socio-économiques peuvent accroître le risque qu’une personne soit ciblée ou victime de la traite. Les personnes et les communautés autochtones ainsi que les groupes racialisés sont plus exposés au risque d’être la cible des trafiquants en raison d’un certain nombre de facteurs intersectionnels.

Les facteurs intersectionnels qui contribuent à la représentation disproportionnée des femmes et des filles autochtones parmi les victimes de la traite à des fins d’exploitation sexuelle comprennent le racisme systémique, la violence faite aux femmes et aux filles autochtones, le traumatisme intergénérationnel lié à la colonisation (p. ex., les pensionnats indiens), le manque d’accès aux ressources sociales et économiques, les politiques d’assimilation coloniales et la marginalisation des femmes autochtones par l’entremise de la Loi sur les Indiens. L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a souligné le fait que les peuples autochtones, en particulier les femmes et les filles, sont très vulnérables à la traite à des fins d’exploitation sexuelle en raison de l’héritage et des facteurs intersectionnels tels que le colonialisme, les traumatismes intergénérationnels et la discrimination systémique, incluant la pauvreté intergénérationnelle et l’accès inéquitable aux services de base. De plus, une étude récente menée en Ontario a montré que les jeunes qui se retrouvent dans le système de protection de l’enfance sont largement surreprésentés parmi les victimes de la traite des personnesNote de bas de page 251. Les enfants autochtones sont largement surreprésentés dans le système de protection de l’enfance en raison des politiques historiques et actuelles de colonisation et d’assimilation. Selon les données du recensement de 2016 de Statistique Canada, les enfants autochtones représentent 7,7 % de tous les enfants au Canada, mais 52,2 % des enfants placés dans des foyers d’accueil.

Les différents facteurs interreliés expliquant pourquoi les trafiquants ciblent davantage les victimes de la traite sont exacerbés par les conditions extrêmes dont font l’objet ces victimes, notamment l’isolement de leur famille et de leur soutien social, la manipulation, le contrôle, les agressions répétées, les agressions sexuelles et les menaces tant à leur égard qu’à celui de leur famille. Pour cette raison, il est particulièrement important que tous les employés du système de justice pénale soient au fait des services offerts et saisissent toutes les occasions pour mettre les victimes de la traite en contact avec les services de soutien appropriés. Compte tenu des répercussions disproportionnées de la traite des personnes sur les communautés autochtones, les employés du système de justice pénale doivent connaître l’histoire unique des peuples autochtones, ainsi que les services et le soutien adaptés à la culture offerts aux victimes de la traite des personnes.

6.1 Services aux victimes

La responsabilité de fournir des services aux victimes d’actes criminels relève à la fois du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux et territoriaux, quoique la majorité des services d’aide aux victimes d’actes criminels soient fournis par les provinces et les territoires. Les services aux victimes peuvent être fournis par la police, les provinces et territoires, les organisations non gouvernementales et le gouvernement fédéral, en fonction de l'état d'avancement de l'affaire.

Les provinces et les territoires ont tous mis en place des services pour les victimes d’actes criminels conformément à leurs lois respectives sur les victimes, et ils ont tous mis au point leur propre modèle de prestation de services selon ce qu’ils estimaient répondre le mieux aux besoins de leur clientèle. Les modèles de prestation de services d’aide aux victimes comprennent :

Vous trouverez ci-après des renseignements supplémentaires sur les types de services offerts aux victimes d’actes criminels par chaque province et territoireNote de bas de page 252. Selon le modèle de prestation, les services dont peuvent bénéficier les victimes d’infractions liées à la traite des personnes peuvent être offerts directement par le gouvernement provincial ou territorial, ou peuvent être financés par l’un de ces derniers, mais fournis par une organisation communautaire. Peu importe le modèle de prestation de services, il faut toujours communiquer avec l’organisme de services aux victimes de la province ou du territoire en vue de déterminer les services disponibles qui sont les plus appropriés pour une victime d’une infraction liée à la traite des personnes. Le Répertoire des services aux victimes créé et mis à jour par le ministère de la Justice donne la liste des services offerts aux victimes d’actes criminels dans l’ensemble du Canada. Il se trouve à l’adresse suivante : https://www.justice.gc.ca/fra/jp-cj/victimes-victims/rsv-vsd/index.html.

Il est important qu’il y ait une collaboration entre la police, les poursuivants et les organismes de services d’aide aux victimes pour s’assurer que les victimes de la traite des personnes soient au fait des services disponibles et reçoivent un soutien adéquat. Les victimes qui reçoivent des services appropriés sont plus susceptibles de se rétablir et de composer avec le traumatisme qu’elles ont subi, de plus, elles sont plus susceptibles d’avoir accès à un système de soutien qui les aidera à rebâtir leur vie. Ce soutien peut également les aider à atténuer l’expérience potentiellement traumatisante ou éviter de revivre le traumatisme lors de leur participation aux procédures du système de justice pénale.

Le Canada dispose d’une ligne d’urgence, confidentielle et gratuite, accessible en tout temps, contre la traite des personnes : 1-833-900-1010 (sans frais). La ligne d’urgence est pour les victimes qui cherchent de l’aide, les personnes qui veulent signaler des cas potentiels de traite des personnes et les membres du public qui veulent en savoir plus sur le sujet. Vous pouvez également trouver des services partout au Canada, y compris en Ontario, en utilisant le Répertoire national des références de la Ligne d’urgence.

6.2 Programmes provinciaux de services aux victimes

6.2.1 Colombie-Britannique

Faisant partie du ministère de la Sécurité publique et du Solliciteur général, les services aux victimes et de prévention du crime, les services aux victimes et de prévention du crime (Community Safety and Crime Prevention Branch — CSCP) offrent un vaste réseau de programmes et de services aux victimes d’actes criminels partout en Colombie-Britannique. Ces programmes comprennent des services contractuels ainsi que des programmes offerts directement par la CSCP.

Programmes contractuels de services aux victimes

Services aux victimes fournis par la CSCP

Pour obtenir d’autres renseignements sur les programmes de services aux victimes en Colombie-Britannique, veuillez consulter le site https://www2.gov.bc.ca/gov/content/justice/criminal-justice/bcs-criminal-justice-system/understanding-criminal-justice/key-parts/victim-services/victim-service-programs

6.2.2 Alberta

Le ministère de la Sécurité publique et services d'urgence de l’Alberta gèrent deux programmes principaux d’aide aux victimes d’actes criminels :

Services policiers

Le gouvernement de l’Alberta finance des programmes d’aide aux victimes qui sont dispensés par les services de police à travers la province. Les services offerts aux victimes comprennent : le soutien émotionnel; des références vers d’autres organismes communautaires; l’orientation et l’accompagnement aux tribunaux; des renseignements sur la rédaction de la déclaration de la victime; les demandes de dédommagement ou envers le Programme d’aide aux victimes. Ces programmes fournissent une gamme de services aux victimes de la première intervention de la police jusqu’au règlement de l’affaire par les tribunaux.

Programmes communautaires et spécialisés

Des ententes de financement ont été conclues avec des organisations communautaires et spécialisées sont en place pour fournir une assistance aux victimes de la criminalité, y compris aux victimes vulnérables telles que les enfants, les personnes âgées et les victimes de la traite des personnes.

Traite des personnes

Un financement est accordé aux organisations qui fournissent des services de première ligne aux victimes de la traite des personnes dans l'ensemble de l'Alberta. Le site Internet du ministère fournit des informations et des ressources sur l'aide aux survivants et aux victimes, telles que des liens vers des services supplémentaires, des cours et des demandes d'ordonnances de protection contre la traite des personnes.

Violence domestique

Des organisations desservant des communautés dans toute l'Alberta sont financées pour fournir des services spécialisés aux victimes de violence domestique et familiale. Il existe également deux programmes de réponse judiciaire à la violence domestique en Alberta, à Edmonton et à Calgary. Ces programmes offrent des services améliorés et une réponse collaborative aux victimes de violence entre partenaires intimes et veillent à ce qu'elles soient soutenues tout au long du processus de justice pénale.

Agression sexuelle

Les services d'aide aux victimes d'agression sexuelle sont financés dans toute la province afin de fournir un soutien direct spécialisé aux victimes d'agression sexuelle et d'aider les survivants de la violence sexuelle à naviguer dans le système de justice pénale.

Enfants et adolescents

Les centres de défense des enfants et des jeunes sont des programmes spécialisés qui s'associent aux défenseurs des victimes, aux forces de l'ordre, aux services de protection de l'enfance et aux professionnels de la médecine et de la santé mentale pour fournir une réponse coordonnée aux besoins des enfants et des jeunes qui ont été victimes de violence et de leur famille.

La loi de Clare

Le Disclosure to Protect Against Domestic Violence (Clare's Law) Act donne aux personnes qui se sentent menacées par la violence domestique un moyen d'obtenir des informations sur leur partenaire afin qu'elles puissent faire des choix éclairés concernant leur sécurité. Les organismes d'aide aux victimes de l'Alberta peuvent aider et soutenir les victimes tout au long de ce processus.

Soutien linguistique pour les victimes d'actes criminels

Les organismes d'aide aux victimes financés peuvent accéder à des services de télé-interprétation par l'intermédiaire de CanTalk, ce qui leur permet d'avoir un accès immédiat à des services d'interprétation dans plus de 110 langues pour les aider à fournir des services aux victimes.

Dédommagement

Les victimes peuvent soumettre une déclaration de dédommagement qui sera examinée par le juge lors de la détermination de la peine si une personne est reconnue coupable d'un crime. Le formulaire et les lignes directrices sont disponibles sur le site web du ministère et les prestataires de services aux victimes peuvent les aider à soumettre une demande de dédommagement.

Le programme de recouvrement des dédommagements aide les victimes qui choisissent de participer au programme à recouvrer en leur nom les parties non payées des dédommagements ordonnés par le tribunal si le délinquant n'a pas payé à la date d'échéance spécifiée.

Déclarations de la victime

victime sera prise en compte par le juge lors de la détermination de la peine si l'accusé a été reconnu coupable. Outre les formulaires disponibles sur le site web du ministère, les organisations d'aide aux victimes de toute la province peuvent fournir les formulaires et répondre à toutes les questions.

Déclarations au nom d’une communauté

Les déclarations au nom d’une communauté sont l'occasion de faire savoir au juge comment une communauté a été affectée par un crime. Le juge tiendra compte de la déclaration lors de la détermination de la peine si l'accusé a été reconnu coupable. Les formulaires sont disponibles sur le site web du ministère et auprès des organisations d'aide aux victimes de la province, qui peuvent également répondre à vos questions.

Services pour les victimes autochtones

L'unité de liaison pour l'information des familles des services aux victimes est un point de contact unique pour les familles de femmes et de filles autochtones disparues ou assassinées. L'unité aide les familles à trouver des informations sur le système judiciaire et les procédures légales, des mises à jour, des conseils et d'autres formes de soutien.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les services aux victimes d’actes criminels en Alberta et sur les personnes-ressources, veuillez consulter le site www.alberta.ca/help-for-victims-of-crime.aspx.

Programme d’aide aux victimes d’actes criminels

Le programme d'aide aux victimes d'actes criminels fournit des services directs et un soutien aux victimes éligibles d'actes criminels violents, à savoir :

Les victimes peuvent bénéficier d’une aide d’urgence si elles ont été victimes, en Alberta, d’une infraction grave au Code criminel. Elles doivent signaler le crime à la police dans un délai raisonnable. Les demandes doivent être reçues dans les deux ans suivant la date de l’incident; toutefois, ce délai peut être prolongé dans des circonstances atténuantes. Il n’est pas nécessaire que des accusations aient été portées ou qu’une déclaration de culpabilité ait été enregistrée pour présenter une demande au programme.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le programme d’aide aux victimes d’actes criminels de l’Alberta, veuillez consulter le site www.alberta.ca/programs-for-victims-of-crime.aspx.

6.2.3 Saskatchewan

Le ministère de la Justice et procureur général de la Saskatchewan finance ou fournit directement aux victimes d’actes criminels et d’événements traumatiques une gamme de services dans l’ensemble de la province. Le mandat du ministère relatif aux services d’aide aux victimes relève principalement d’une section appelée Victims Services Unit. Des organismes communautaires sont financés pour fournir un grand nombre des services d’aide aux victimes de la province. Quelques programmes et services spécialisés sont également financés et soutenus par une section du Ministère appelée Interpersonal Violence and Abuse Program Unit. Les services comprennent :

Services spécialisés d’aide aux victimes

Il existe en Saskatchewan divers services spécialisés d’aide aux victimes d’actes criminels.

Pour des renseignements supplémentaires sur les services aux victimes offerts par le ministère de la Justice et procureur général de la Saskatchewan et sur les personnes-ressources, veuillez consulter les sites suivants : www.saskatchewan.ca/VictimsServices et https://www.saskatchewan.ca/residents/justice-crime-and-the-law/victims-of-crime-and-abuse/interpersonal-violence-and-abuse-programs

6.2.4 Manitoba

Le ministère de la Justice du Manitoba fournit des services aux victimes de violence familiale, aux enfants victimes, aux témoins et aux victimes des crimes les plus graves, tels que précisés dans la Déclaration des droits des victimes du Manitoba et aux familles de personnes autochtones disparues et assassinées.

La Déclaration des droits des victimes du Manitoba comprend l’infraction de traite des personnes ainsi que les infractions souvent perpétrées contre des victimes de la traite des personnes comme les voies de fait, les voies de fait graves, les agressions sexuelles et l’infraction consistant à recruter des personnes de moins de 18 ans en vue d’offrir des services sexuels.

La Déclaration des droits des victimes du Manitoba précise les droits des victimes des crimes les plus graves dans leurs rapports avec les services de police, les procureurs, les tribunaux et les responsables des services correctionnels. Les intervenants des services aux victimes aident les victimes à faire valoir leurs droits et à expliquer la manière et le moment où elles peuvent les exercer.

Parmi les types de services fournis aux victimes par le ministère de la Justice du Manitoba figurent la communication de renseignements sur les tribunaux et le système de justice pénale; sur ce à quoi doit s’attendre une victime lorsqu’elle reçoit une assignation à comparaître; la préparation en vue du procès; la prestation de services de soutien au tribunal; la planification de la sécurité et de la protection; l’orientation vers des services de counseling; la communication de renseignements sur une éventuelle aide financière qui pourrait être offerte aux victimes d’actes criminels, sur les déclarations de la victime et sur la manière de les rédiger, sur la peine du délinquant une fois que ce dernier est reconnu coupable et sur la manière de communiquer avec l’établissement correctionnel si le délinquant a été condamné à une peine d’emprisonnement, sur la manière d’obtenir des détails sur la libération du délinquant d’un établissement correctionnel provincial, ainsi que sur la manière de s’inscrire auprès de la Commission des libérations conditionnelles du Canada si le délinquant est condamné à une peine d’emprisonnement dans un établissement fédéral.

Les services aux victimes peuvent offrir un soutien aux victimes de la traite des personnes par l’intermédiaire d’une gamme de programmes. Voici une liste des programmes des services aux victimes :

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les programmes offerts par les services aux victimes du ministère de la Justice du Manitoba et les personnes‑ressources, veuillez consulter le site https://www.gov.mb.ca/justice/vs/index.fr.html.

Dans le cadre du Programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels, est offert une indemnisation aux victimes qui subissent des préjudices corporels, qui éprouvent des difficultés ou qui font face à des dépenses en raison de l’un ou l’autre des actes criminels qui figurent dans le Règlement sur le droit des victimes de la Loi sur la déclaration des droits des victimes. Le programme est également offert à certains membres de la famille et aux personnes à charge des victimes d’homicide au Manitoba. Les indemnités peuvent couvrir des dépenses raisonnables (qui ne sont pas déjà couvertes par une autre source) en raison d’un acte criminel comme les dépenses médicales et les services de counseling, les indemnités pour pertes salariales si la victime est devenue handicapée ou les indemnités accordées aux personnes à charge de victimes blessées mortellement, les allocations pour personnes à charge, les frais de réadaptation ou de rééducation professionnelle, les indemnités pour invalidité permanente et les frais d’obsèques.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le Programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels du Manitoba, veuillez consulter le site https://www.gov.mb.ca/justice/vs/cvc/index.fr.html.

Des victimes de la traite des personnes peuvent tirer grand profit notamment d’explications sur le processus pénal et les procédures; de soutien à la préparation au procès (comme une visite de la salle d’audience pour les familiariser avec le milieu environnant et les mettre plus à l’aise); d’une évaluation de leurs besoins spéciaux et d’une aide en vue du témoignage; de la présence à des audiences, avec témoins, lorsque cela est possible; de rencontres avec les procureurs de la Couronne en vue de discuter de toute question particulière; de services de counseling à court terme; de soutien émotionnel; de référence vers des ressources communautaires comme des thérapeutes ou des programmes de traitement, et de renseignements ainsi que de conseils sur la manière de rédiger les déclarations de la victime.

De plus, le gouvernement manitobain verse trois millions de dollars à Clan Mothers, un organisme communautaire dirigé par des femmes autochtones, pour la construction d’un village de guérison consacré aux femmes qui ont vécu des traumatismes intergénérationnels ou fait l’objet de violence sexuelle, d’exploitation sexuelle ou de traite de personnes.

6.2.5 Ontario

Le gouvernement de l’Ontario offre et appuie plusieurs programmes et services en vue d’aider les victimes d’actes criminels, dont certains offrent des soutiens spécialisés aux victimes et aux survivants de la traite des personnes. Les services de police ainsi qu’une vaste gamme d’organisations communautaires fournissent également des services spécialisés en vue de répondre aux besoins des victimes d’actes criminels. Certains des programmes et des services offerts en Ontario qui aident les victimes et les survivants de la traite des personnes comprennent :

Le 3 juin 2021, la Loi de 2021 sur la lutte contre la traite des personnes a reçu la sanction royale et ses annexes sont entrées en vigueur à différentes dates. Première en son genre au Canada, la Loi oblige la province de l’Ontario à maintenir une stratégie de lutte contre la traite des personnes et à l’examiner, ou à mettre à jour, tous les cinq ans, quant aux principes et aux exigences en matière de consultation.

Le Bureau provincial de coordination de la lutte contre la traite des personnes supervise l’élaboration, la mise en œuvre et l’examen de la réponse de l’Ontario à la traite des personnes. Ceci comprend la stratégie provinciale ainsi que les efforts et les initiatives connexes de lutte contre la traite de personnes dans l’ensemble du gouvernement provincial, des partenaires communautaires et des communautés et organisations autochtones, en collaboration avec d’autres administrations et ordres de gouvernement.

Vous trouverez des renseignements sur les services et les mesures de soutien dédiés en Ontario qui aident les victimes, les survivants et les personnes à risque de la traite des personnes à l’adresse suivante : https://www.ontario.ca/page/human-trafficking-services-and-supports.

Des renseignements sur d’autres programmes et d’autres services destinés aux victimes d’actes criminels se trouvent à l’adresse suivante : https://www.ontario.ca/fr/page/demandez-de-laide-en-cas-de-violence.

6.2.6 Québec

Le ministère de la Justice du Québec est responsable du Bureau dédié à l’aide aux personnes victimes d’infractions criminelles (BAVAC) ainsi que du Fonds d’aide aux personnes victimes d’infractions criminelles (FAVAC). Ceux-ci favorisent notamment la promotion des droits des personnes victimes et des services d’aide et de soutien qui leur sont offerts. Le Bureau veille également à la protection des droits de ces personnes.

En matière de services directs, le BAVAC et de FAVAC veillent à l’établissement de centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) par du financement et de l’aide technique et professionnelle. Les CAVAC sont des organismes communautaires sans but lucratif qui participent à la mise en œuvre du Programme d’aide aux personnes victimes du Québec, et ce, en offrant de manière gratuite, confidentielle et volontaire une vaste gamme de services sur l’ensemble du territoire québécois.

Parmi les services fournis par les CAVAC, on compte :

Il est à noter que le Réseau des CAVAC déploiera dans les prochains mois une équipe spécialisée en accompagnement des personnes victimes d’exploitation sexuelle et de traite de personne.

En addition, le FAVAC assure le financement de divers programmes et services grâce à son Programme de subvention pour favoriser la recherche, l’information, la sensibilisation et la formations en matière d’aide aux personnes victimes d’infractions criminelles ainsi que par le financement de divers autres organismes tels que le Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (Ligne Info-Aide violence sexuelle), la Fondation Marie-Vincent, SOS violence conjugale et le Centre de services de justice réparatrice.

Tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale

Le 26 novembre 2021, la Loi visant la création d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec. Cette loi vise notamment la mise en œuvre d’un projet pilote de Tribunal spécialisé sur 4 ans. Ce tribunal vise à améliorer l’accompagnement et l’expérience des personnes victimes dans le processus judiciaire et les personnes victimes d’exploitation sexuelle et de traite de personne pourront y avoir accès

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les services aux victimes du Québec, veuillez visiter le site https://cavac.qc.ca/.

Indemnisation

La Loi visant à aider les personnes victimes d’infractions criminelles et à favoriser leur rétablissement reconnait les droits des personnes victimes et met en place des mesures pour répondre à leurs besoins dans le but de favoriser leur rétablissement. Elle prévoit différentes aides financières qui peuvent être versées aux personnes victimes. La notion de personne victime inclus la personne qui subit une atteinte à son intégrité en raison de la perpétration d’une infraction criminelle commise contre elle, mais également son parent, son enfant, son conjoint, sa personne à charge ainsi que ses proches. Le témoin de la perpétration d’une infraction criminelle ou de la scène intacte de cette infraction peut également être reconnu comme personne victime.

Toute personne victime d’une infraction criminelle contre la personne peut présenter une demande auprès de la Direction de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) du Québec. L’infraction criminelle peut avoir été perpétrée au Québec ou à l’extérieur du Québec. La demande devra être présentée dans les trois années suivants la connaissance par la personne victime du préjudice qu’elle subit en raison de la perpétration d’une infraction criminelle ou du décès de la personne victime. Si l’infraction criminelle implique de la violence sexuelle, de la violence conjugale ou de la violence subie pendant l’enfance, la demande auprès de la Direction de l’indemnisation des victimes d’actes criminels du Québec pourra être présentée en tout temps.

La Loi visant à aider les personnes victimes d’infractions criminelles et à favoriser leur rétablissement prévoient différentes aides financières, notamment en présence de séquelles ou en cas de décès, pour pallier une perte de revenu ou compenser certaines incapacités, pour de la réhabilitation psychothérapique ou psychosociale, pour de la réadaptation physique, de la réinsertion professionnelle et de la réinsertion sociale. La loi prévoir également une aide financière pour l’assistance médicale, pour contribuer aux besoins d’un enfant né à la suite d’une agression à caractère sexuel ainsi que le remboursement de certaines dépenses.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le Programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels du Québec, veuillez consulter le site https://www.ivac.qc.ca/Pages/default.aspx.

6.2.7 Nouveau-Brunswick

Le Programme de services aux victimes des ministères de la Sécurité publique et de la Justice fournit des services directs aux victimes d’actes criminels grâce à un modèle fondé sur les systèmes dans 15 bureaux du Nouveau-Brunswick. L’objectif est de fournir une gamme de services aux victimes tout au long du processus de justice pénale. Ce genre de soutien aux victimes aide à réduire la possibilité d’une nouvelle victimisation par le système de justice pénale. Voici une liste des services disponibles :

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le Programme des services aux victimes du Nouveau-Brunswick, veuillez consulter le site https://www2.gnb.ca/content/gnb/fr/ministeres/securite-publique/securite_communautaire/content/services_aux_victimes.html.

6.2.8 Nouvelle-Écosse

Les services aux victimes du ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse utilisent un modèle fondé sur le système judiciaire et gèrent de nombreux programmes à l'échelle de la province qui fournissent des services répondant à des besoins précis :

Pour obtenir plus de renseignements sur le Programme de services aux victimes de la Nouvelle-Écosse, veuillez consulter le site http://novascotia.ca/just/victim_Services/programs-fr.asp.

6.2.9 Terre-Neuve-et-Labrador

Le programme de services aux victimes du ministère de la Justice et de la Sécurité publique fournit des services dans le cadre d'un programme systémique ; 11 bureaux régionaux opèrent dans toute la province.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le Programme de services aux victimes de Terre-Neuve-et-Labrador, veuillez consulter le site www.victimserviceshelp.ca/index.html.

6.2.10 Île-du-Prince-Édouard

La Section des services aux victimes du ministère de l’Environnement, du Travail et de la Justice de l’Île-du-Prince-Édouard gère un programme à l’échelle de la province qui aide les victimes d’actes criminels tout au long de leur participation dans le système de justice pénale. Parmi les services offerts, il y a : la communication de renseignements sur l’état du dossier d’une victime, sur le système de justice pénale, sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels et sur les services correctionnels; des services de counseling à court terme et un soutien émotionnel; la prestation de services aux fins de la préparation à la comparution et de l’accompagnement devant les tribunaux ainsi qu’une aide aux fins de la rédaction de la déclaration de la victime et des outils de références.

Indemnisation

L’indemnisation des victimes d’actes criminels est offerte dans l’Î.-P.-É. aux victimes d’actes criminels visés par la Victims of Crime Act, notamment les actes criminels suivants : les voies de fait; les agressions sexuelles; les meurtres; et les vols qualifiés (veuillez communiquer avec les services aux victimes pour obtenir une liste exhaustive des actes criminels admissibles). Une indemnisation peut être versée pour couvrir une perte de salaire ou de revenu en raison d’une blessure ou d’un décès; des frais d’obsèques; la douleur et la souffrance; l’entretien d’un enfant né à la suite de l’agression sexuelle; les frais médicaux et dentaires et les autres dépenses raisonnables, à l’exception de la perte de biens ou de dommages aux biens. Les demandes d’indemnisation devraient être présentées dans l’année suivant la perpétration de l’acte criminel.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les services aux victimes dans Île-du-Prince-Édouard et les personnes-ressources, veuillez consulter le site https://www.princeedwardisland.ca/fr/sujet/services-aux-victimes.

6.3 Les territoires

Le gouvernement fédéral a un rôle unique à jouer relativement aux services aux victimes dans les trois territoires, du fait que le procureur général du Canada, par l’entremise du Service des poursuites pénales du Canada, est responsable des poursuites des infractions prévues au Code criminel dans les Territoires. En conséquence, le gouvernement fédéral fournit des services judiciaires aux victimes d’actes criminels dans les trois territoires par l’intermédiaire des coordonnateurs des témoins de la Couronne (CTC). Ces derniers fournissent une vaste gamme de services, notamment une liaison et un échange de renseignements avec les procureurs de la Couronne; la préparation des victimes et des témoins au procès; la communication de renseignements sur le système de justice pénale et le rôle de la victime, notamment concernant la rédaction de la déclaration de la victime, et une aide en la matière; la prise de mesures en vue de faciliter le témoignage, au besoin; le soutien aux victimes et aux témoins au cours du processus judiciaire, et un accompagnement à cette fin, ainsi que l’orientation des victimes et des témoins vers des services de soutien communautaires.

Les services aux victimes dans les Territoires se heurtent à des défis uniques en raison de facteurs particuliers au Nord. Le taux de la criminalité au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et au Nunavut est beaucoup plus élevé que dans le reste du Canada. Il y a huit langues autochtones au Yukon qui sont parlées par 75 pour cent de la population. Il y a 11 langues officielles dans les T.-N.-O., où une langue autochtone est parlée par 13 pour cent de la population. Au Nunavut, 70 pour cent des personnes ont pour langue maternelle l’Inuktitut ou l’Inuinnaqtun. Le Programme des CTC tient compte des difficultés liées à la langue en faisant appel aux services d’interprètes et en embauchant du personnel qui parle une ou plusieurs langues autochtones. Les CTC accompagnent également la Cour de circuit dans les Territoires.

Outre l’aide fournie par les CTC, les victimes d’actes criminels dans les Territoires reçoivent de l’aide des organisations communautaires, du gouvernement territorial, de certains services offerts aux Premières Nations et de certains services de première intervention de la police, du soutien préalable au procès et de soutien policier. Le financement fourni par les gouvernements territoriaux aux organisations non gouvernementales permet l’élaboration de services qui répondent aux besoins particuliers des victimes d’actes criminels dans les trois territoires.

6.3.1 Yukon

L’Unité des services aux victimes du ministère de la Justice du Yukon offre un modèle de services aux victimes fondé sur les systèmes existants. Les services aux victimes du Yukon travaillent en étroite collaboration avec le Bureau des poursuites pénales et la GRC en vue d’aider les victimes, à compter de la perpétration de l’infraction jusqu’à la détermination de la peine, au traitement de cette dernière et à la libération éventuelle de l’accusé. L’Unité des services aux victimes fournit des services directs aux victimes d’actes criminels, notamment le soutien devant les tribunaux et en cas d’urgence; des consultations de groupe et des références. Le gouvernement du Yukon éduque la population, et il offre des activités de prévention et du soutien aux organismes communautaires grâce au ministère de la Justice, au Bureau de la promotion des intérêts de la femme et à d’autres ministères. Outre les services fournis par le gouvernement territorial, les organisations de femmes et les organismes non gouvernementaux, les Premières Nations et les groupes communautaires fournissent des services directs et indirects aux victimes d’actes criminels.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les services aux victimes au Yukon, veuillez consulter le site https://yukon.ca/fr/services-aux-victimes.

6.3.2 Territoires du Nord-Ouest

Le ministère de la Justice des T.N.-O. alloue chaque année des fonds sous forme de contribution à des programmes communautaires réguliers de services aux victimes qui sont établis dans sept collectivités des T.N.-O. Des services aux victimes de sensibilisation sont disponibles dans les régions des Tlichos et de Beaufort-Delta. Un intervenant des services aux victimes peut fournir par téléphone des renseignements et un soutien aux victimes qui vivent dans les collectivités où il n’y a pas de programme de services aux victimes. Parmi les services communautaires aux victimes dans les T.N.-O., on compte la communication de renseignements; des services d’aide et de soutien; des services d’orientation et d’accompagnement aux tribunaux; des services de références; la planification de la sécurité et des services d’aide aux fins de la déclaration de la victime.

Les coûts d’urgence associés aux victimes d’actes criminels sont élevés, particulièrement dans les T.N.-O. où, dans la plupart des cas, les victimes qui vivent dans des petites collectivités doivent se rendre à un centre régional, à la capitale ou en dehors des T.N.-O. pour avoir accès à des services. Il convient de noter que les services fournis au sein de la collectivité, comme les travaux de réparation, sont extrêmement coûteux. Le Fonds d’urgence pour les victimes d’actes criminels des T.N.-O. fournit une aide financière limitée en vue d’aider les victimes de crimes violents à répondre à des besoins urgents en l’absence d’une autre aide financière.

Le Programme de notification aux victimes permet aux victimes de présenter une demande en vue d’obtenir des renseignements sur le délinquant qui a été reconnu coupable d’un crime perpétré contre elles, comme la durée, le début et la fin de la peine, les dates d’admissibilité aux permissions de sortir, toute modification apportée à la peine ou aux dates d’admissibilité, l’emplacement du lieu de détention, les dates de mise en liberté et le lieu de destination lors des permissions de sortir, les conditions spéciales imposées relativement aux permissions de sortir, la date de mise en liberté et la collectivité dans laquelle le délinquant sera remis en liberté (si connue), les évasions des lieux de détention ou tout état d’« illégalement en liberté » et la date à laquelle le délinquant a été réincarcéré. Ce programme est géré par le Service correctionnel. Tous les établissements correctionnels des T.N.-O. sont dotés de représentants chargés de notifier les victimes.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les services aux victimes dans les T.N.-O. et le numéro des personnes-ressources, veuillez consulter le site https://www.justice.gov.nt.ca/fr/services-aux-victimes/.

6.3.3 Nunavut

La Division de la justice communautaire au sein du ministère de la Justice du Nunavut fournit un soutien et un financement sous forme de contribution aux programmes communautaires établis au Nunavut en vue d’aider les victimes d’actes criminels. Le Fonds d’aide aux victimes est un fonds spécial auquel sont versés les montants supplémentaires imposés aux agresseurs en plus des suramendes compensatoires.

Le Fonds ne fournit pas une indemnisation financière directement aux personnes, mais il sert à financer des projets et des activités communautaires destinés à offrir des services et une aide aux victimes d’actes criminels sous les formes suivantes :

Le Programme de soutien pour les déplacements des victimes du Nunavut fournit un soutien aux victimes et aux survivants Nunavois de crimes violents et graves qui ont été perpétrés au Nunavut et qui font l’objet de poursuites devant la Cour de justice du Nunavut. Ce programme fournit une aide financière limitée pour les frais de déplacement aux membres de la famille et aux personnes de confiance de la victime afin qu’ils puissent fournir des services de soutien émotionnel, moral et familial et, dans certains cas, des services de traduction personnels lorsque la victime doit assister à des procédures criminelles.

On fournit également une aide judiciaire aux victimes et aux témoins du Nunavut grâce au Bureau du directeur des poursuites pénales (par l’intermédiaire des coordonnateurs des témoins de la Couronne fédéraux). Les services aux victimes continueront de s’accroître au Nunavut.

6.4 Services fédéraux aux victimes d’actes criminels

6.4.1 Service correctionnel du Canada

Le Service correctionnel du Canada (SCC) est responsable de la gestion de toutes les personnes condamnées à une peine de deux ans ou plus pendant qu'elles purgent leur peine en détention ou qu’elles sont en liberté conditionnelle dans la communauté.

Les victimes et les membres de leur famille peuvent recevoir des informations sur le délinquant qui leur a causé du tort, mais cela ne se fait pas automatiquement. Pour recevoir ces informations, les victimes doivent s'inscrire auprès du SCC (ou de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC)) en utilisant le formulaire de demande disponible sur le site Web du SCC ou sur le portail des victimes (https://www.csc-scc.gc.ca/victims/). L'inscription permet aux victimes et aux membres de leur famille :

Les informations concernant un délinquant auxquelles les victimes inscrites peuvent avoir accès sont énumérées à l'article 26(1) de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition. Il s'agit des informations suivantes :

D'autres informations peuvent être communiquées aux victimes enregistrées après examen par le SCC afin de déterminer si l'intérêt des victimes l'emporte sur l'atteinte potentielle à la vie privée du délinquant. Ces informations peuvent comprendre :

Les victimes inscrites peuvent recevoir des informations sur la libération conditionnelle du délinquant, à moins que la divulgation n'ait un impact négatif sur la sécurité du public, ces informations seraient:

Tout au long de la peine du délinquant, les victimes enregistrées peuvent fournir des déclarations de victimes exprimant l'impact de l'acte criminel sur elles et toute préoccupation qu'elles peuvent avoir concernant leur sécurité. Ces déclarations sont différentes des déclarations de la victime utilisées lors de la phase de détermination de la peine du procès et que le SCC reçoit dans le cadre des dossiers judiciaires des délinquants. Le SCC prend en compte les déclarations des victimes lorsqu'il planifie et gère les dossiers des délinquants et lorsqu'il prépare des recommandations à l'intention de la Commission des libérations conditionnelles du Canada concernant les décisions de mise en liberté.

Le SCC travaille en collaboration avec la CLCC et les provinces et territoires pour renforcer la continuité des services aux victimes lorsque les délinquants se déplacent d'une juridiction à l'autre.

6.4.2 Commission des libérations conditionnelles du Canada

La CLCC, par l'entremise de ses gestionnaires régionaux des relations communautaires et de la formation et de ses agents régionaux des communications, offre les services suivants aux victimes:

Tout membre du public peut assister aux audiences de la CLCC en tant qu'observateur. Les audiences ont généralement lieu dans le pénitencier où le délinquant est détenu. Les demandes doivent être envoyées à la CLCC, par écrit et le plus tôt possible (de préférence au moins 30 jours avant l'audience). Cela laisse le temps de procéder à un contrôle de sécurité sur la personne afin d'obtenir l'autorisation d'entrer dans un pénitencier. Une personne de confiance peut également accompagner la victime; cette personne de confiance n'est pas obligée d'assister à l'audience, mais si elle le fait, elle doit également demander l'autorisation d'entrer dans un pénitencier.

Les victimes inscrites peuvent demander une aide financière au Fonds d'aide aux victimes, administré par le Centre de politique concernant les victimes du ministère de la Justice, pour assister aux audiences de la CLCC du délinquant qui leur a causé du tort. Une aide financière est également disponible pour qu'une personne de confiance accompagne une victime inscrite aux audiences de la CLCC. Cette aide couvre les frais de déplacement, d'hôtel et de repas, conformément à la directive actuelle du Conseil du Trésor du gouvernement du Canada. Pour bénéficier de cette aide financière, les victimes doivent être inscrites auprès du SCC ou de la CLCC et avoir été autorisées à assister à l'audience.

Pour de plus amples informations concernant l'aide financière pour assister aux audiences de la CLCC, les victimes peuvent contacter le gestionnaire du Fonds d'aide aux victimes par courriel à l'adresse suivante : victimsfundmanager@justice.gc.cas ou en appelant le numéro gratuit 1-866-544-1007 depuis le Canada ou les États-Unis. Les victimes peuvent également consulter le site web du ministère de la justice à l'adresse suivante : https://www.justice.gc.ca/fra/fina-fund/jp-cj/fond-fund/audience-attend.html.

Les victimes peuvent fournir une déclaration de victime à la CLCC. Cette déclaration contient des informations sur l'impact physique, émotionnel ou financier, y compris les dommages matériels ou les pertes économiques que l'infraction a eu sur elles, sur leur famille et/ou sur la communauté. Une déclaration de la victime est un court texte rédigé pour une audience de libération conditionnelle, décrivant l'impact continu de l'acte criminel. Les victimes enregistrées peuvent assister à l'audience et lire leur déclaration aux membres de la Commission, désigner une personne de confiance qui assistera à l'audience avec elles pour lire la déclaration en leur nom, ou présenter leur déclaration par enregistrement (que la victime assiste ou non à l'audience).

La CLCC a élaboré une liste de contrôle pour aider les victimes à préparer leur déclaration. Cette liste peut être consultée à l'adresse suivante : https://www.canada.ca/fr/commission-liberations-conditionnelles/organisation/publications-et-formulaires/victimes-liste-de-verification-declaration.html.