PAROLES DE FEMMES LA VALEUR DE LA RECHERCHE COMMUNAUTAIRE SUR LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
Conclusion
Nous voulions nous assurer de pouvoir atteindre les femmes. Pour cela, il nous fallait une présence dans la collectivité ou des contacts dans celle-ci. Comment y parvenir? En ayant de la crédibilité au sein de la collectivité. Vu les rapports que le CAPRO entretenait avec des membres de la collectivité, avec les femmes, il était bien logique de procéder de cette façon. Pour nous, peu importait que les femmes aient ou n’aient pas d’expérience en recherche. Nous étions convaincues de pouvoir leur assurer la formation requise. Nous avions beaucoup d’expérience en recherche et nous pouvions donc leur offrir la formation nécessaire. Leur engagement dans ce dossier et leur volonté d’intervenir dans leur collectivité étaient pour nous plus importants. C’était, selon nous, la seule façon d’obtenir que cette initiative ait un effet cascade. Je pense que la recherche n’aurait pas eu les mêmes résultats ou répercussions si le gouvernement fédéral s’était simplement pointé pour faire la recherche et s’était ensuite retiré. L’avantage de cette façon de procéder est que ces femmes sont encore dans les collectivités, et les compétences acquises par elles aussi.
Ces propos, d’un agent de recherche de Justice Canada, traduisent les principes directeurs du projet ORWAS. L’orientation communautaire du projet se révèle d’un grand nombre de façons l’importance attachée à l’écoute des survivantes; le poids accordé à l’utilisation de chercheuses de la collectivité; le désir de laisser des compétences dans les collectivités après le projet. Sur tous ces plans, le projet ORWAS a été couronné de succès.
Le projet ORWAS a amené les survivantes et les chercheuses communautaires à cerner les principaux obstacles que connaissent les femmes vivant une relation de violence en milieu rural. Il a permis aux survivantes de ces collectivités rurales de faire connaître leur expérience au moyen d’un partenariat avec le gouvernement (Justice Canada) et un organisme communautaire et rural de lutte contre la violence faite aux femmes (CAPRO). Les résultats tangibles sont six rapports communautaires et un rapport de synthèse qui seront tous utiles pour les travaux de recherche, les activités de lobbying et l'élaboration de futures politiques.
On a élaboré pour l’étude une méthode de recherche traduisant la responsabilité inhérente associée à l’exécution d’une recherche communautaire sur la violence faite aux femmes. On a renoncé à la méthode des chercheurs « parachutés » dans une collectivité et choisi plutôt d’appliquer les principes de la recherche comme moyen de prise en charge. Pendant toute la démarche, on s’est employé à aider les femmes à se prendre en charge et à réduire le plus possible les répercussions négatives de leur participation. Les survivantes et les chercheuses communautaires ont été respectées pour leurs connaissances et leurs contributions. Ce processus de « la prise en charge par la recherche » constitue un résultat moins tangible mais aussi valable du projet ORWAS : l’accroissement des compétences parmi les membres d’une collectivité est une contribution constructive que la recherche peut faire. Cela représente un contraste marqué avec les méthodes de recherche traditionnelles qui consistent à recueillir des données auprès de « sujets » sans presque rien donner en retour.
Le projet ORWAS a jeté les bases d’une action sociale en contribuant à la prise en charge de soi parmi les chercheuses communautaires. Les prochaines étapes menant à l’action sociale, d’après le cadre de Horvath, consisteront à donner à ces personnes le soutien nécessaire pour qu’elles entrent en rapport avec des groupes, et à aider ceux-ci à avoir accès aux ressources afin de favoriser une action sociale communautaire.
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