L'étude dans de nombreux sites sur les victimes de la criminalité et les professionnels de la justice pénale partout au Canada.

Introduction

L'étude dans de nombreux sites sur les victimes de la criminalité et les professionnels de la justice pénale partout au Canada a été réalisée en 2002 sous la direction du Centre de la politique concernant les victimes (ci-après CPCV), au ministère de la Justice. Le CPCV a mis sur pied l'Initiative pour les victimes d'actes criminels qui, grâce au Fonds de soutien aux victimes, à la réforme législative, à la recherche et à des activités de consultation et de communication, veille à l'amélioration de la confiance des victimes dans le système judiciaire et répond aux besoins des victimes d'actes criminels relevant du ministère de la Justice.

L'objectif de L'étude sur les victimes de la criminalité et les professionnels de la justice pénale partout au Canada est de recueillir des renseignements relatifs à un large éventail de questions concernant le système de justice pénale, en particulier pour les victimes d'actes criminels et les professionnels de la justice pénale au Canada, en mettant l'accent sur les récentes dispositions du Code criminel, spécifiquement le projet de loi C-79 qui a été déposé en 1999. Cette nouvelle législation a modifié plusieurs points du Code criminel tels que :

Dans une mesure plus restreinte, l'étude a également exploré les perceptions relatives aux modifications apportées récemment à la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, afin de fournir aux victimes les renseignements requis pour transmettre une déclaration aux audiences de libération conditionnelle.

Les conclusions de cette étude fourniront des renseignements permettant d'orienter les futures réformes législatives et les changements de politique en apportant un éclairage sur l'usage et la prise de conscience des récentes réformes et des modifications aux politiques par les professionnels de la justice pénale concernant les victimes d'actes criminels, la nature de l'information transmise aux victimes au cours du processus de justice pénale, l'expérience des victimes concernant les dispositions législatives et les autres services ayant pour objet de les aider au cours du processus de justice, et les obstacles à la mise en œuvre des récentes réformes pour les professionnels de la justice pénale.

Étant donné l'étendue des conclusions du rapport final, le CPCV a préparé sept rapports sommaires basés sur les groupes de répondants[1]. Le présent rapport est un résumé des conclusions de l'agent de probation, le Service correctionnel, et la Commission des libérations conditionnelles qui ont participé à l'étude. Des rapports sommaires additionnels concernant les conclusions des groupes « Police », « Procureurs de la Couronne », « Avocats de la défense », « Magistrature », « Services d'aide aux victimes et des groupes de revendication », et « Victimes d'actes criminels ». Voir la dernière page du présent rapport pour plus de détails.

Méthodologie

Cette étude a été effectuée dans 16 sites répartis dans les dix provinces canadiennes; les territoires ne sont pas inclus dans cette étude. Les 16 sites représentent cinq régions, soit l'Atlantique (Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve et Labrador), le Québec, l'Ontario, les Prairies (Saskatchewan et Manitoba) et l'Ouest canadien (Colombie-Britannique et Alberta). Chaque région comprend au moins trois sites de différente taille (petit, moyen et grand), en prenant en considération la diversité géographique (régions rurales, urbaines et du Nord) et la population (en particulier la culture et la langue). Un sous-comité du groupe de travail fédéral/provincial/territorial concernant les victimes d'actes criminels a guidé l'équipe de recherche et a recommandé les sites sélectionnés pour participer à l'étude.

Les données de cette étude proviennent des professionnels de l'appareil de justice pénale et des victimes d'actes criminels. Cent vingt-deux victimes ont participé à des entrevues approfondies réalisées en vue d'obtenir des données détaillées sur l'expérience individuelle de chaque victime avec l'appareil de justice pénale. L'apport des services d'aide aux victimes fut de contacter les victimes et d'obtenir leur accord pour participer à cette étude ce qui peut avoir introduit un certain biais dans la recherche.

Les professionnels de l'appareil de justice pénale qui ont participé à l'étude provenaient de dix groupes différents : juges, procureurs, avocats de la défense, police, services d'aide aux victimes, groupes de défense des droits des victimes, agents de probation et trois types de représentants de la libération sur parole (la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC), Service correctionnel du Canada (SCC) et les commissions provinciales des libérations conditionnelles du Québec, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique). Ils ont participé soit en répondant à un questionnaire, soit en participant à une entrevue. L'utilisation de deux types de cueillette de données nous assurait d'avoir la méthode la plus complète pour recueillir des données concernant les questions de notre recherche. L'utilisation d'un questionnaire nous assurait d'obtenir la participation d'un large éventail de professionnels de l'appareil de justice pénale, alors que l'entrevue nous permettait d'obtenir également des données de meilleure qualité.

TABLEAU 1 : ENTREVUES AVEC LES PROFESSIONNELS DE LA JUSTICE PÉNALE
Groupe de répondant Grands emplacements Emplacements moyens Petits emplacements Total
Services d'aide aux victimes 43 19 7 69
Police 18 8 12 38
Procureurs de la Couronne 18 8 11 37
Magistrature 17 6 8 31
Avocats de la défense 20 4 15 39
Total 116 45 53 214

Comme l'indique le Tableau 1 ci-dessus, des entrevues ont été réalisées avec 214 professionnels de la justice pénale provenant de cinq groupes de répondants : services aux victimes, polices, procureurs, magistrats et avocats de la défense. Les résultats des entrevues ont été traités avec les données provenant des questionnaires auto-administrés. Des questionnaires auto administrés ont également été distribués aux dix groupes de répondants. En tout, 1 664 professionnels de la justice pénale ont rempli les questionnaires auto administrés. Dans l'ensemble (entrevues et questionnaires auto-administrés), un total de 1 878 professionnels de la justice pénale ont participé à l'étude.

Comme l'indiquent les Tableaux 2 et 3, deux cent six (206) agents de probation ont répondu aux questionnaires auto-administrés dans le sondage, ainsi que 85 répondants de la commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC), 22 répondants des commissions provinciales des libérations conditionnelles et 29 répondants du Service correctionnel du Canada (SCC). Les résultats sont présentés plus bas. (Voir l'annexe A pour les guides d'entrevue.)

TABLEAU 2 : RÉPONDANTS QUI ONT RÉPONDU AU QUESTIONNAIRE À REMPLIR SOI-MÊME, SELON L'ENVERGURE DES EMPLACEMENTS
Groupe de répondant Grands emplacements Emplacements moyens Petits emplacements Total des questionnaires à remplir soi-même
Services d'aide aux victimes 180 39 30 249
Police 393 141 114 648
Procureurs de la Couronne 123 25 3 151
Magistrature 58 13 8 79
Avocats de la défense 122 15 9 146
Groupes de revendication 37 4 6 47
Probation 161 26 19 206
Total 1,074 263 189 1,526


TABLEAU 3 : RÉPONDANTS EN PROBATION ET EN LIBÉRATION CONDITIONNELLE QUI ONT RÉPONDU AU QUESTIONNAIRE À REMPLIR SOI-MÊME
Groupe de répondant Nombre total des répondants
Commission nationale des libérations conditionnelles 85
Commission provinciale des libérations conditionnelles 22
Service correctionnel du Canada 29
Total 136

[1] Le rapport complet et les copies des autres rapports sommaires sont disponibles à l'adresse suivante : http://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/jp-cj/victim/index.html. Pour obtenir des exemplaires, communiquer avec le Centre de la politique concernant les victimes au 284, rue Wellington, Ottawa (Ontario) K1A 0H8.