Recueil des recherches sur les victimes d'actes criminels, no 4
Sensibilisation des Canadiens aux problèmes vécus par les victimes d'actes criminels : une étude de référence
- Susan McDonald, chercheuse principal e,
Division de la recherche et de la statistique, Ministère de la Justice du Canada - Katie Scrim, chercheuse,
Division de la recherche et de la statistique, Ministère de la Justice du Canada
Introduction
Dans quelle mesure les Canadiens sont‑ils renseignés sur les problèmes vécus par les victimes d'actes criminels? Savent‑ils qu'il existe des services d'aide aux victimes dans chaque province et territoire? Le niveau de sensibilisation diffère‑t‑il selon la région, le groupe d'âge ou le sexe? Voilà des questions tout à fait intéressantes pour lesquelles nous avons maintenant certaines réponses.
Au Canada, les services d'aide aux victimes ne cessent de croître depuis les vingt dernières années. Ces agences fournissent toute une gamme de services d'aide aux victimes d'actes criminels au moyen de divers modèles de prestation (p. ex. des services rattachés à la police, des services communautaires ou des services liés au système). L'Enquête sur les services aux victimes réalisée à l'échelle nationale révèle que 686 fournisseurs ont aidé près de 406 000 victimes entre le 1er avril 2007 et le 31 mars 2008. Les services suivants sont ceux que les organismes ont offerts directement le plus souvent :
- renseignements généraux (95 %);
- soutien émotionnel (93 %);
- liaison avec d'autres organismes au nom du client (91 %);
- information sur la structure et le fonctionnement du système de justice pénale (91 %);
- éducation du public et prévention (90 %) (Sauvé, 2009).
D'après l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation de 2009, environ 7,4 millions de Canadiens âgés de 15 ans ou plus ont déclaré avoir été victimes d'un incident criminel au cours des douze mois précédant l'enquête (Perreault et Brennan, 2010, p. 6). L'ESG révèle également que seulement 1,5 % des victimes ont eu recours à des services d'aide aux victimes à la suite de l'incident criminel; la proportion s'élève à 2,5 % dans le cas des victimes d'incidents violentsNote de bas de la page 1. S'il est possible qu'un grand nombre de ces Canadiens ne désiraient peut-être pas obtenir l'aide d'un organisme, il est aussi fort probable que d'autres auraient eu recours à ces services s'ils en avaient connu l'existence.
À l'automne 2010, le gouvernement du Canada a entrepris une campagne de sensibilisation pour mieux faire connaître les services d'aide aux victimes d'actes criminels. Le ministère de la Justice du Canada a piloté ce projet en étroite collaboration avec d'autres ministères et organismes fédéraux. Dans le but de faciliter l'élaboration de la stratégie médiatique à déployer durant la campagne, une étude de référence a été réalisée au préalable pour évaluer le degré de sensibilisation des Canadiens aux problèmes vécus par les victimes. Le présent article expose certains des résultats de cette étude.
Contexte
Cette étude est importante à plus d'un titre. Premièrement, elle corrobore et utilise les résultats des autres recherches portant sur la façon dont les Canadiens prennent connaissance des questions de justice pénale et sur les sources d'aide vers lesquelles ils se tournent. La recherche effectuée ces vingt dernières années au Canada et ailleurs montre que les victimes d'actes criminels veulent obtenir de l'information. Plus particulièrement, elles désirent obtenir les renseignements suivants :
- des renseignements sur leur propre cas, comme l'avis d'audience et de mise en liberté;
- des renseignements généraux sur le système de justice pénale;
- des renseignements pratiques sur les services comme le logement et le soutien financier (voir, par exemple, Meredith et Paquette, 2000; Prairie Research Associates, 2006; Sims et coll., 2006; Wemmers, 1999; Wemmers et Canuto, 2002).
Par ailleurs, la recherche démontre que les connaissances qu'ont les Canadiens du système de justice pénale proviennent essentiellement des médias, à savoir la télévision, la radio et les journaux (voir McDonald et coll., 2007). L'une des questions de l'étude de référence portait précisément sur la façon dont les Canadiens avaient appris l'existence des services d'aide aux victimes. Nous pourrons utiliser ces résultats pour orienter d'autres recherches, politiques et programmes.
Deuxièmement, la présente étude a permis d'amasser des données représentatives au sujet du niveau de sensibilisation des Canadiens aux problèmes vécus par les victimes, y compris des données recueillies auprès de répondants ayant déclaré avoir été eux‑mêmes victimes d'actes criminels. Au Canada, les données sur les victimes d'actes criminels proviennent de deux principales sources : les données autodéclarées dans le cadre de l'Enquête sociale générale sur la victimisation et les données déclarées par la police dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire (DUC2). À cela s'ajoutent les études d'ampleur variée qui permettent, chacune selon ses moyens, de faire des généralisations à l'ensemble de la population. Par exemple, certaines études comprennent des interviews avec des victimes d'agressions sexuelles d'une région particulière du pays ou avec des clients d'un programme précis. Quiconque fait de la recherche dans le domaine sait qu'il est souvent ardu et parfois même impossible de recruter suffisamment de participants ayant été victimes pour former un échantillon représentatif (Lauritsen et Archakova, 2008). Comme les données sont représentatives, nous pouvons formuler des constatations générales sur la sensibilisation des Canadiens aux problèmes vécus par les victimes.
Méthodologie
Le ministère de la Justice du Canada a chargé Ekos Research Associates Inc. (« Ekos ») de recueillir les données au moyen d'un sondage téléphonique de dix minutes et d'un sondage en ligneNote de bas de la page 2. Le questionnaire du sondage a été conçu par des responsables du ministère de la Justice et parachevé en collaboration avec Ekos.
Les répondants au sondage téléphonique étaient âgés de 18 ans ou plus et ont été sélectionnés au hasard (au moyen de la composition aléatoire). L'échantillon couvrait l'ensemble des provinces et territoires, et le sondage a été administré en anglais et en français. Le tableau 1 présente la répartition de l'échantillon dans le cadre de cette étude.
| Province ou territoire | Taille de l'échantillon | Marge d'erreur (19 fois sur 20) |
|---|---|---|
| Provinces de l'Atlantique | 176 | ± 7,4 % |
| Québec | 450 | ± 4,6 % |
| Ontario | 700 | ± 3,7 % |
| Manitoba et Saskatchewan | 173 | ± 7,4 % |
| Alberta | 200 | ± 6,9 % |
| Colombie-Britannique | 251 | ± 6,2 % |
| Territoires | 56 | ± 14,0 % |
| Total | 2 006 | ± 2,2 % |
Le sondage a été réalisé entre le 7 et le 23 septembre 2010. Les résultats du sondage ont été pondérés selon l'âge, le sexe et la région d'après les données de Statistique Canada pour que l'échantillon soit représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans ou plus. Le taux de réponse était de 20,9 %, ce qui est très acceptable pour un sondage d'opinion publique.
Résultats
Connaissance des problèmes vécus par les victimes et des services d'aide aux victimes
Tous les répondants ont été interrogés sur leur niveau de connaissance de l'indemnisation des victimes d'actes criminels, du dédommagement, des services d'aide aux victimes, de l'aide au témoignage et de la déclaration de la victime. Une échelle d'évaluation en quatre points, où 1 signifiait « absolument aucune connaissance », 2, « un peu de connaissance », 3, « assez de connaissance », et 4, « une très bonne connaissance », a été utilisée. La figure 1 affiche les résultats.
Quelque 42 % des répondants n'avaient absolument aucune connaissance des services d'aide aux victimes offerts au Canada. Une proportion similaire des répondants ont répondu n'avoir absolument aucune connaissance des autres programmes ou services dont pouvaient se prévaloir les victimes d'actes criminels, comme l'indemnisation et le dédommagement.
Figure 1 - Connaissance des services ou programmes offerts aux victimes d'actes criminels

Figure 1 - Équivalent textuel
La figure 1 est un diagramme à barres horizontales illustrant le niveau de connaissance des répondants concernant cinq services et programmes d’aide aux victimes d’actes criminels. L’axe des X correspond à la proportion de répondants ayant donné chacune des réponses, soit « absolument aucune connaissance », « un peu de connaissance », « assez de connaissance » ou « une très bonne connaissance » et à la proportion de répondants qui n’ont pas répondu ou qui ne savaient pas. L’axe des Y correspond aux services et programmes d’aide aux victimes d’actes criminels, soit les services aux victimes, les mesures de soutien (supports) comme la présence d’une personne quand un enfant témoigne devant un tribunal, le dédommagement, la déclaration de la victime et l’indemnisation des victimes d’actes criminels.
Les résultats révèlent que 42 % des répondants n’avaient absolument aucune connaissance des services d’aide aux victimes, que 36 % avaient un peu de connaissance, 15 %, assez de connaissance et 6 %, une très bonne connaissance de ces services. La proportion de répondants n’ayant pas répondu était de 1 %.
Pour ce qui est des mesures de soutien comme la présence d’une personne quand un enfant témoigne devant un tribunal, 40 % des répondants n’en avaient absolument aucune connaissance, tandis que 34 % avaient un peu de connaissance, 17 %, assez de connaissance et 8 %, une très bonne connaissance de ces mesures. La proportion de répondants n’ayant pas répondu était de 1 %.
Du côté des mesures de dédommagement, 45 % des répondants n’en avaient absolument aucune connaissance, tandis que 34 % avaient un peu de connaissance, 14 %, assez de connaissance et 5 %, une très bonne connaissance de ces mesures. La proportion de répondants n’ayant pas répondu était de 2 %.
En ce qui concerne le programme de déclaration de la victime, les répondants ont répondu dans une proportion de 40 % qu’ils n’en avaient absolument aucune connaissance, tandis que 30 % avaient un peu de connaissance, 20 %, assez de connaissance et 9 %, une très bonne connaissance de ce programme. La proportion de répondants n’ayant pas répondu était de 1 %.
Finalement, en ce qui concerne le programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels, 45 % des répondants n’en avaient absolument aucune connaissance, tandis que 30 % avaient un peu de connaissance, 13 %, assez de connaissance et 5 %, une très bonne connaissance de ce programme. La proportion de répondants n’ayant pas répondu était de 1 %.
La connaissance que les Canadiens déclaraient avoir des services d'aide aux victimes variait en fonction des facteurs démographiques. Le niveau de sensibilisation des répondants de l'Ouest du Canada était plus élevé que celui des répondants des régions du Centre et de l'Est du Canada (voir la figure 2). De plus, ceux qui ont dit avoir été victimes d'actes criminels étaient légèrement plus nombreux à répondre qu'ils avaient une très bonne connaissance des services d'aide aux victimes (10 %), par rapport à ceux qui n'avaient pas été victimes d'actes criminels (5 %).
Pour ce qui est des résultats selon l'âge, 91 % des répondants âgés de moins de 25 ans ont dit n'avoir absolument aucune connaissance (51 %) ou avoir un peu de connaissance (40 %) des services. Ce groupe plus jeune, composé de participants âgés de 18 à 24 ans, avait le niveau le plus bas de connaissance des services d'aide aux victimes. Par ailleurs, les femmes ont dit avoir un niveau de connaissance des services d'aide aux victimes légèrement plus élevé que celui des hommes : 24 % des femmes ont répondu avoir assez de connaissance ou une très bonne connaissance de ces services, contre 17 % des hommes. Ces pourcentages concordent tout à fait avec les résultats d'études antérieures qui ont montré que les femmes sont plus nombreuses à utiliser les services d'aide aux victimes. Par exemple, selon l'Enquête sur les services aux victimesNote de bas de la page 3, lors de la journée de l'aperçu instantané (le 28 mai 2008), des services d'aide aux victimes ont été fournis à 9 808 personnes au pays, dont 61 % étaient des femmes et 20 % des hommes (pour 19 % des personnes, le sexe n'a pas été précisé) (Sauvé, 2009).
Figure 2 - Répondants ayant assez de connaissance ou une très bonne connaissance des services d'aide aux victimes, selon la région

Figure 2 - Équivalent textuel
La figure 2 est un diagramme à barres horizontales illustrant la répartition géographique des répondants ayant assez de connaissance ou une très bonne connaissance des services d’aide aux victimes. L’axe des X correspond, pour chaque région, à la proportion des répondants ayant assez de connaissance ou une très bonne connaissance des services d’aide aux victimes. L’axe des Y correspond aux régions des répondants.
Les résultats révèlent que 18 % des répondants de la région de l’Atlantique avaient assez de connaissance ou une très bonne connaissance des services d’aide aux victimes. Cette proportion est de 17 % au Québec, de 18 % en Ontario, de 24 % au Manitoba et en Saskatchewan, de 36 % en Alberta, de 27 % en Colombie-Britannique et de 24 % dans les territoires.
Victimes d'actes criminels et aide
La théorie et la recherche sur l'apprentissage chez les adultes démontrent que l'apprentissage se fait par l'expérience personnelle (voir, par exemple, McDonald, 2001). Il était donc important de savoir si les répondants avaient déjà été eux‑mêmes victimes d'actes criminels. Lorsqu'on a demandé aux répondants s'ils avaient été victimes d'actes criminels au cours des douze mois précédant l'enquêteNote de bas de la page 4, environ un cinquième (19 %) ont répondu oui, et de ce nombre, plus de la moitié (57 %) ont déclaré que l'incident avait été rapporté à la police.
Parmi les répondants ayant été victimes d'actes criminels, 25 % ont eu recours aux services d'aide aux victimes après coup, tandis qu'une proportion encore plus grande de victimes ont demandé de l'aide aux membres de leur famille (39 %) ou à leurs amis ou collègues (37 %) (voir la figure 3). Les répondants qui ont eu recours aux services d'aide ont été invités à expliquer comment ils avaient appris l'existence de ces services. Selon les principales réponses, ils avaient été orientés par d'autres services d'aide aux victimes (31 %), par des amis ou collègues (28 %), par des membres de leur famille (19 %) et au moyen d'un dépliant ou d'une brochure (19 %).
Ces résultats confirment les conclusions d'autres recherches selon lesquelles les victimes estiment que le réseau naturel de soutien leur est plus utile que le soutien professionnel (Leymann et Lindell, 1992). Des études qualitatives à petite échelle menées auprès de victimes ont aussi montré que les personnes se communiquent entre elles des renseignements juridiques ou d'autres renseignements pertinents, mais que ces renseignements sont souvent inexacts, incomplets ou périmés (McDonald, 2001). Il est donc important d'offrir des services structurés, en particulier pour communiquer de l'information sur le système de justice pénale hautement complexe.
Figure 3 - Sources d'aide auxquelles les victimes d'actes criminels ont eu recours

Figure 3 - Équivalent textuel
La figure 3 est un diagramme à barres horizontales illustrant les sources d’aide auxquelles les victimes d’actes criminels ont eu recours après coup. L’axe des X correspond à la proportion de répondants qui ont eu recours à chaque source d’aide (les répondants pouvaient indiquer plus d’une source d’aide). L’axe des Y correspond aux différentes sources d’aide.
Les résultats révèlent que 39 % des répondants ont cherché de l’aide auprès de membres de leur famille; 37 %, auprès d’amis ou de collègues; 25 %, auprès des services d’aide aux victimes; 21 %, auprès d’un professionnel de la santé; 15 %, auprès de la police; 14 %, auprès de l’aide juridique ou d’un avocat; 11 %, auprès d’une compagnie d’assurances; 11 %, auprès d’une banque et 10 %, auprès d’un ministre du culte, d’un prêtre ou d’un autre conseiller spirituel. La proportion de répondants n’ayant pas répondu ou qui ne savaient pas était de 2 %. Les répondants ont déclaré dans une proportion de 1 % qu’ils ne s’étaient adressés à personne.
Les répondants ayant été victimes d'actes criminels, mais n'ayant pas cherché à obtenir de l'aide (n = 268) ont été invités à expliquer pourquoi. Plus de la moitié (54 %) d'entre eux ont répondu qu'ils ne voulaient pas d'aide ou n'en avaient pas besoin, et 29 % ont répondu qu'ils estimaient que l'incident n'était pas assez grave pour justifier un tel recours. Plus important encore, une petite proportion des répondants (6 %) ont expliqué qu'ils ne savaient pas que des services étaient disponibles.
Canadiens en général
Parmi les répondants ne s'étant pas déclarés victimes d'actes criminels, la plupart ont appris l'existence des services d'aide aux victimes par les médias comme la radio ou la télévision (36 %) et les journaux (27 %). Pour une plus faible proportion, ce sont les amis ou collègues (15 %) ou l'aiguillage vers les services d'aide aux victimes (6 %) qui leur ont révélé l'existence de ces services.
Presque tous les répondants (94 %) ont dit que si eux‑mêmes, un ami proche ou un membre de leur famille était victime d'un acte criminel, ils s'adresseraient à quelqu'un pour obtenir de l'aide. De cette proportion, plus de la moitié (63 %) ont répondu qu'ils feraient appel aux services d'aide aux victimes, ce qui est encore bien inférieur aux proportions de ceux ayant répondu qu'ils s'adresseraient à la police (93 %), à des membres de la famille (77 %) ou à des professionnels de la santé (69 %). Plus du quart (27 %) des répondants ont dit qu'ils chercheraient de l'aide auprès du gouvernement. La figure 4 illustre ces résultats.
Figure 4 - O les Canadiens iraient chercher de l'aide s'ils étaient victimes d'actes criminels

Figure 4 - Équivalent textuel
La figure 4 est un diagramme à barres horizontales illustrant les sources d’aide vers lesquelles les répondants se seraient tournés si eux-mêmes, un membre de leur famille immédiate ou un ami étaient victimes d’un crime violent. L’axe des X correspond à la proportion de répondants qui auraient recours à chaque source d’aide (les répondants pouvaient indiquer plus d’une source d’aide). L’axe des Y correspond aux différentes sources d’aide.
Les résultats révèlent que 93 % des répondants chercheraient de l’aide auprès de la police; 77 %, auprès de membres de leur famille; 69 %, auprès d’un professionnel de la santé; 63 %, auprès des services d’aide aux victimes; 58 %, auprès d’amis ou de collègues; 27 %, auprès du gouvernement; 27 %, auprès d’un ministre du culte, d’un prêtre ou d’un autre conseiller spirituel; 3 %, auprès d’un avocat ou des services juridiques; 2 %, auprès d’un service de counselling social et 1 %, auprès de leur programme d’aide aux employés. Les répondants ont répondu dans une proportion de 1 % que leur choix dépendrait de la sévérité du crime.
Besoins des victimes
Lorsqu'on leur a demandé quels étaients, à leur avis, les besoins d'une victime d'un acte criminel, les répondants ont mentionné le counselling professionnel (53 %), le soutien d'une personne à qui se confier (28 %), l'aide médicale (19 %), l'aide financière (16 %) et que justice soit faite (16 %) (p. ex. que le système judiciaire traite l'affaire) (figure 5).
Figure 5 - Perception des Canadiens à l'égard des besoins des victimes d'actes criminels

Figure 5 - Équivalent textuel
La figure 5 est un diagramme à barres horizontales illustrant ce dont les victimes d’actes criminels auraient besoin, d’après les répondants, à la suite d’un crime violent. L’axe des X correspond à la proportion de répondants ayant mentionné chaque besoin (les répondants pouvaient indiquer plus d’un besoin). L’axe des Y correspond aux besoins perçus.
Les résultats révèlent que, d’après les répondants, les victimes de crimes violents auraient les besoins suivants : counselling professionnel (53 % des répondants); soutien d’une personne à qui se confier (28 %); aide médicale (19 %); justice et entière réparation (16 %); aide financière (16 %); soutien du gouvernement (8 %); aide juridique (5 %); sûreté, protection et sécurité (5 %); soutien de la police (4 %); aide pour recourir au système de justice pénale (3 %); soutien continu (1 %) et information (1 %).
Dernières remarques
Dans l'ensemble, ces résultats suggèrent qu'un grand nombre de Canadiens ne connaissent pas les services qui sont offerts et que plus de la moitié des jeunes Canadiens (âgés de 18 à 24 ans) en ignorent tout à fait l'existence. Les résultats confirment également que les victimes qui ne se prévalent pas de ces services s'en abstiennent pour une multitude de raisons.
Comme nous l'avons déjà fait remarquer dans ce bref article, les résultats de cette étude importent non seulement pour l'élaboration de la stratégie médiatique de la campagne de sensibilisation de 2010, mais également pour l'orientation des recherches et des politiques futures. Par exemple, si les victimes d'actes criminels connaissent l'existence des services d'aide aux victimes mais n'y recourent pas parce qu'elles préfèrent s'adresser à leur réseau de soutien naturel (comme la famille et les amis), comment savoir si ce réseau dispose des ressources et du soutien nécessaires? Ou encore, si les victimes ne recourent pas aux services parce qu'elles ont peur ou honte, quelles solutions peut-on offrir? Cette étude a permis de répondre à certaines questions, mais elle a également soulevé de nouvelles questions intéressantes.
Bibliographie
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