Recueil des recherches sur les victimes d'actes criminels, no 4
Violence familiale dans les régions rurales du Canada
- Melissa Northcott, chercheuse,
Division de la recherche et de la statistique, Ministère de la Justice du Canada
Introduction
En juin 2008, le Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts a publié son rapport intitulé Au-delà de l'exode : mettre un terme à la pauvreté rurale, qui porte sur une vaste gamme de problèmes touchant les régions rurales du Canada. Le chapitre sur la criminalité fait état des maigres données empiriques sur certains crimes précis commis dans les régions rurales, y compris les actes de violence familiale. Selon des témoignages présentés au comité, « le stress causé par la hausse du chômage, le dépeuplement et la nature saisonnière du travail entraîne une hausse du nombre de cas de violence familiale signalés à la police dans certaines régions rurales du Canada » (Sénat du Canada, 2008, p. 261).
Étant donné les données empiriques précitées ainsi que le peu de recherches ayant porté sur la violence familiale dans les régions rurales, la présente recherche visait à déterminer s'il y a eu une hausse du nombre de cas de violence familiale dans les régions rurales.
Recherches disponibles
Si, parmi le peu d'ouvrages qui existent, certains travaux indiquent que les données sur la fréquence de la violence familiale dans les régions rurales du Canada ne sont pas concluantes (Brookbank, 1995), les rapports de Statistique Canada semblent indiquer que les taux de violence familiale dans les régions rurales et dans les régions urbaines sont semblables (voir, par exemple, Mihorean, 2005; Pottie Bunge et Levett, 1998). D'autres recherches se sont intéressées aux difficultés particulières entourant la prestation de services aux victimes de violence familiale dans les régions rurales, comme les problèmes causés par le manque de services et de moyens de transport, l'isolement et les problèmes de communication (Kasdorff et Erb, 2010). Les mesures que différentes organisations et les divers ordres de gouvernement ont prises pour atténuer ces difficultés ont aussi été documentées. Elles comprennent l'organisation d'un nombre accru de refuges et de services sociaux, l'établissement de tribunaux spécialisés dans les affaires de violence familiale et l'adoption de lois provinciales pour faciliter les interventions en cas de violence familiale.
Si le phénomène de la violence familiale dans les régions rurales du Canada est encore mal connu, bon nombre d'études ont porté sur la violence familiale au Canada en général. Par exemple, un certain nombre d'enquêtes nationales recueillent des données sur l'incidence de violence conjugale, notamment l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation, une enquête quinquennale qui recueille des données sur les actes criminels en se fondant sur les déclarations des victimes (Statistique Canada), et le Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire (DUC2), une enquête annuelle qui recueille des données sur les actes criminels déclarés par la police (Statistique Canada).
Une étude utilisant les données de l'ESG sur la victimisation de 2004 a montré que le taux d'actes de violence conjugale déclarés par les victimes est demeuré stable à 7 % entre 1999 et 2004 (Mihorean, 2005), alors que les données du Programme DUC2 de 2007 ont indiqué que le nombre d'actes de violence conjugale déclarés par la police a reculé de 15 % entre 1998 et 2007 (Taylor‑Butts, 2009). Ces rapports traitent aussi d'autres aspects de la violence conjugale, comme les données selon le sexe, le groupe d'âge et les différences entre les provinces et les territoires.
Méthodologie
Pour cette étude, nous avons obtenu du Centre canadien de la statistique juridique (CCSJ) des données sur les actes de violence familiale déclarés par la police. Les données de l'enquête annuelle du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire (DUC2) ont servi à l'examen des actes de violence familiale et des taux de violence familiale par 100 000 habitants dans les régions rurales et urbaines du Canada de 2004 à 2008. Cependant, la couverture des données posant problème, les cas de violence familiale ont été examinés pour les années 2006 à 2008 seulementNote de bas de la page 1.
Le Programme DUC2 identifie les actes de violence familiale en précisant le lien entre la victime et la personne mise en accusation. Bien que d'autres termes puissent servir à décrire la violence familiale, notamment violence conjugale, violence entre conjoints et violence au foyer (Alberta Justice et Attorney General, 2008), le terme violence familiale a été retenu pour la présente étude. La violence familiale a été définie dans cette étude comme les incidents impliquant des conjoints ou ex‑conjoints (conjoints de fait ou époux) ou d'autres membres de la famille, comme les oncles, les tantes, les parents, les beaux‑parents, les grands‑parents, les frères, les sœurs et les cousins.
Dans le cadre de cette étude, nous avons désigné comme régions rurales les régions qui comptent 5 000 habitants ou moins et comme régions urbaines, celles qui comptent plus de 5 000 habitants.
Résultats
Nous avons examiné les données du Programme DUC2 obtenus du CCSJ et déterminé quels étaient les taux globaux d'actes de violence familiale déclarés par la police dans les régions rurales et urbaines du Canada. Nous avons aussi analysé les données sur des actes précis de violence.
Violence familiale globale
Comme le montre le tableau 1, le taux combiné de violence familiale (dans les régions rurales et urbaines) a augmenté entre 2006 et 2008. Les taux d'actes de violence familiale perpétrés tant par les conjoints ou ex‑conjoints que par d'autres membres de la famille étaient plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines.
Dans les régions rurales, les taux globaux d'actes de violence familiale perpétrés à la fois par les conjoints ou ex‑conjoints et par d'autres membres de la famille ont fluctué : ils ont augmenté entre 2006 et 2007, puis diminué en 2008. Cette fluctuation a aussi été observée tant dans les taux d'actes de violence familiale perpétrés par les conjoints ou ex‑conjoints que par les taux d'actes perpétrés par d'autres membres de la famille. Cependant, la hausse est plus prononcée dans le cas des actes perpétrés par d'autres membres de la famille. En outre, les taux globaux d'actes de violence familiale sont plus élevés dans le cas des autres membres de la famille que dans le cas des conjoints ou ex‑conjoints.
Dans les régions urbaines, les taux globaux d'actes de violence familiale perpétrés à la fois par les conjoints ou ex‑conjoints et par d'autres membres de la famille ont aussi fluctué, mais ils ont reculé entre 2006 et 2007, puis augmenté en 2008. Alors que cette fluctuation a aussi été observée dans les taux d'actes de violence familiale perpétrés par les conjoints ou ex‑conjoints, les taux d'actes perpétrés par d'autres membres de la famille sont demeurés stables entre 2006 et 2007, puis ont augmenté en 2008. Les taux globaux d'actes de violence familiale étaient plus élevés dans le cas des conjoints ou ex‑conjoints que dans le cas des autres membres de la famille. Il s'agit du contraire de ce qui a été observé dans les régions rurales.
| Régions rurales | Régions urbaines | Total (régions rurales et urbaines) | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | Conjoint ou ex- conjoint | Famille | Total | ||
| 2006 | 330 | 461 | 791 | 131 | 103 | 234 | 247 |
| 2007 | 393 | 673 | 1066 | 125 | 103 | 229 | 248 |
| 2008 | 392 | 670 | 1062 | 129 | 111 | 240 | 259 |
Source : Statistique Canada, Programme DUC2, 2006-2008.
Voies de fait simples
Les voies de fait simples constituaient la forme de violence familiale la plus fréquente dans les régions urbaines et rurales du Canada entre 2006 et 2008. Comme le montre le tableau 2, le taux combiné de voies de fait simples (dans les régions rurales et urbaines) s'est accru pendant cette période. Les taux de voies de fait simples perpétrées à la fois par les conjoints ou ex‑conjoints et par d'autres membres de la famille étaient plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines.
Dans les régions rurales, le taux global de voies de fait simples a fluctué : il a augmenté entre 2006 et 2007, puis a diminué légèrement en 2008. Cette fluctuation a aussi été observée dans les taux de voies de fait simples perpétrées à la fois par les conjoints ou ex-conjoints et par d'autres membres de la famille. Cependant, la hausse était plus prononcée dans le cas des voies de fait simples perpétrées par d'autres membres de la famille. Dans les régions rurales, les taux de voies de fait simples étaient plus élevés dans le cas des autres membres de la famille que dans le cas des conjoints ou ex‑conjoints. L'inverse a été observé dans les régions urbaines.
| Régions rurales | Régions urbaines | Total (régions rurales et urbaines) | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | Conjoint ou ex- conjoint | Famille | Total | ||
| 2006 | 238 | 279 | 517 | 80 | 52 | 132 | 141 |
| 2007 | 286 | 418 | 704 | 78 | 53 | 131 | 144 |
| 2008 | 281 | 411 | 692 | 80 | 58 | 138 | 151 |
Source : Statistique Canada, Programme DUC2, 2006-2008.
Agression sexuelle
Le tableau 3 montre que le taux combiné d'agressions sexuelles est resté stable entre 2006 et 2008. Les taux d'agressions sexuelles perpétrées à la fois par les conjoints ou ex‑conjoints et par d'autres membres de la famille étaient plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines. Tant dans les régions rurales que dans les régions urbaines, les taux d'agressions sexuelles perpétrées par d'autres membres de la famille étaient supérieurs aux taux d'agressions sexuelles perpétrées par les conjoints ou ex‑conjoints.
| Régions rurales | Régions urbaines | Total (régions rurales et urbaines) | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | ||
| 2006 | 5 | 38 | 43 | 2 | 13 | 15 | 16 |
| 2007 | 6 | 53 | 59 | 2 | 12 | 14 | 15 |
| 2008 | 4 | 49 | 53 | 2 | 13 | 15 | 16 |
Source : Statistique Canada, Programme DUC2, 2006-2008.
Harcèlement criminel
Comme le montre le tableau 4, le taux combiné de harcèlement criminel a diminué légèrement entre 2006 et 2008. Au cours de cette période, les taux d'actes de harcèlement criminel perpétrés par d'autres membres de la famille étaient un peu plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines, tandis que c'est plutôt l'inverse dans le cas des actes de harcèlement criminel perpétrés par les conjoints ou ex‑conjoints. Dans les régions rurales, les taux globaux de harcèlement criminel n'ont pas beaucoup changé, tandis qu'ils ont un peu diminué dans les régions urbaines. Dans les régions rurales, les taux d'actes de harcèlement criminel perpétrés par les conjoints ou ex‑conjoints et les taux d'actes perpétrés par d'autres membres de la famille sont à peu près semblables, tandis que dans les régions urbaines, les taux sont plus élevés dans le cas des conjoints ou ex‑conjoints.
| Régions rurales | Régions urbaines | Total (régions rurales et urbaines) | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | ||
| 2006 | 4 | 2 | 7 | 11 | 2 | 13 | 13 |
| 2007 | 4 | 4 | 8 | 10 | 2 | 12 | 12 |
| 2008 | 5 | 4 | 8 | 9 | 2 | 11 | 11 |
Source : Statistique Canada, Programme DUC2, 2006-2008.
Profération de menaces
Comme le montre le tableau 5, le taux combiné de menaces proférées est resté stable entre 2006 et 2008. Les taux de menaces proférées tant par les conjoints ou ex‑conjoints que par d'autres membres de la famille étaient plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines.
Dans les régions rurales, le taux global de menaces proférées a augmenté entre 2006 et 2008. Alors que les taux de menaces proférées par les conjoints ou ex-conjoints ont fluctué, augmentant entre 2006 et 2007, puis diminuant un peu en 2008, les taux de menaces proférées par d'autres membres de la famille ont connu une hausse plus prononcée entre 2006 et 2007 et ont été suivi d'une autre légère augmentation en 2008. En outre, les taux de menaces proférées par d'autres membres de la famille étaient plus élevés.
Dans les régions urbaines, le taux global ainsi que les taux de menaces proférées à la fois par les conjoints ou ex-conjoints et par d'autres membres de la famille sont demeurés stables.
| Régions rurales | Régions urbaines | Total (régions rurales et urbaines) | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | Conjoint ou ex- conjoint | Famille | Total | ||
| 2006 | 15 | 34 | 49 | 15 | 16 | 31 | 31 |
| 2007 | 20 | 58 | 77 | 14 | 15 | 29 | 30 |
| 2008 | 19 | 63 | 81 | 14 | 16 | 29 | 31 |
Source : Programme DUC2, 2006-2008, Statistique Canada.
Homicide (premier degré, deuxième degré et homicide involontaire coupable)
Pour les taux d'homicide, trois types d'infraction d'homicide sont regroupés : le meurtre au premier degré, le meurtre au deuxième degré et l'homicide involontaire coupable. Comme le montre le tableau 6, le taux combiné d'homicides (dans les régions rurales et urbaines) a diminué légèrement entre 2006 et 2008; le nombre total d'homicides a reculé entre 2006 et 2007, mais augmenté légèrement en 2008. Les taux d'homicides perpétrés par les conjoints ou ex‑conjoints et par d'autres membres de la famille étaient plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines. Dans les régions rurales, les nombres et les taux étaient plus élevés dans le cas des homicides perpétrés par d'autres membres de la famille que dans le cas des homicides perpétrés par les conjoints ou ex‑conjoints. Dans les régions urbaines, plus d'homicides ont été perpétrés en 2006 par les conjoints ou ex‑conjoints que par d'autres membres de la famille, tandis que l'inverse s'est produit en 2007 et en 2008. Dans ces mêmes régions, les taux d'homicides perpétrés par les conjoints ou ex‑conjoints et les taux d'homicides perpétrés par d'autres membres de la famille étaient sensiblement les mêmes.
| Régions rurales | Régions urbaines | Total (régions rurales et urbaines) | ||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | Conjoint ou ex-conjoint | Famille | Total | |||||||||
| nbre | taux | nbre | taux | nbre | taux | n bre | taux | nbre | taux | nbre | taux | nbre | taux | |
| 2006 | 4 | 0,59 | 9 | 1,33 | 13 | 1,92 | 67 | 0,23 | 62 | 0,22 | 129 | 0,45 | 142 | 0,48 |
| 2007 | 4 | 0,57 | 8 | 1,14 | 12 | 1,71 | 52 | 0,17 | 61 | 0,20 | 113 | 0,38 | 125 | 0,41 |
| 2008 | 7 | 0,90 | 13 | 1,67 | 20 | 2,57 | 51 | 0,16 | 60 | 0,19 | 111 | 0,35 | 131 | 0,40 |
Source : Statistique Canada, Programme DUC2, 2006-2008.
Conclusion
La présente étude fournit des renseignements sur la nature et l'incidence des actes de violence familiale dans les régions rurales et urbaines du Canada. Elle révèle tout d'abord que pour la majorité des actes de violence familiale examinés, l'auteur était plus souvent un membre de la famille dans les régions rurales, et plus souvent le conjoint ou ex‑conjoint dans les régions urbaines. L'étude montre aussi que les taux d'actes de violence familiale déclarés par la police, qu'ils soient perpétrés par le conjoint ou ex‑conjoint ou par d'autres membres de la famille, étaient plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines pendant la période entre 2006 et 2008, tout comme les taux de la plupart des actes de violence précis ayant été étudiés. Comme le Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts le suggère dans son rapport, les taux plus élevés de violence familiale dans les régions rurales sont peut-être le reflet de facteurs de stress associés à la vie dans ces collectivités, comme l'emploi saisonnier et le chômage (Sénat du Canada, 2008).
Même si les taux de certains actes précis de violence familiale ont pu progresser, reculer ou rester stables, le taux global d'actes de violence familiale déclarés par la police a augmenté au Canada entre 2006 et 2008. Les taux d'actes de violence familiale perpétrés tant par les conjoints ou ex‑conjoints que par d'autres membres de la famille ont aussi augmenté dans les régions rurales au cours de cette période. Des rapports de Statistique Canada indiquent que le taux d'actes de violence conjugale déclarés par les victimes est resté stable à 7 % entre 1999 et 2004 (Mihorean, 2005) et que le nombre d'actes de violence conjugale déclarés par la police a diminué de 15 % entre 1998 et 2007 (Taylor‑Butts, 2009). Toutefois, la présente étude montre que si les actes perpétrés par d'autres membres de la famille sont pris en compte, on constate que le taux global d'actes de violence familiale a augmenté entre 2006 et 2008. Néanmoins, cette étude a certaines limites dont on doit tenir compte dans l'interprétation des résultats.
Comme les données utilisées dans le cadre de cette étude ne couvrent qu'une période de trois ans, elles ne peuvent servir à dégager une tendance en ce qui concerne l'incidence des actes de violence familiale. De plus, les infractions qu'englobe la définition de violence conjugale utilisée dans cette étude diffèrent des infractions comprises dans la définition utilisée par d'autres études; par conséquent, une comparaison directe des taux de violence familiale dégagés dans les différentes études n'est pas possibleNote de bas de la page 2. Il faut aussi tenir compte de la taille de la population. Même une légère fluctuation du nombre d'actes de violence familiale peut avoir une incidence importante sur le taux de criminalité dans les régions qui sont peu peuplées. Bien que les taux de violence familiale déclarés aient peut-être augmenté dans les régions rurales entre 2006 et 2008, ces taux ne sont fondés que sur une légère augmentation du nombre d'actes de violence familiale. Toutefois, dans les régions rurales, l'impact de la violence familiale est ressenti par toute la collectivité.
Le problème des cas non signalés doit aussi être pris en considération. Pour différentes raisons, les actes de violence familiale sont probablement sous-déclarés dans les régions rurales. Ces raisons comprennent certains facteurs liés à la culture d'autosuffisance, qui fait que les gens hésitent à demander de l'aide; au déni et au rejet du blâme sur les victimes, problèmes fréquents dans les petites collectivités; à l'éloignement géographique, qui complique l'accès aux services (Biesenthal et coll., 2000; Hornosty et Doherty, 2002; Jiwani et coll., 1998; Kasdorff et Erb, 2010; Lunn, 2001).
Même si la présente recherche ajoute à nos connaissances, il faudra approfondir les recherches pour mieux comprendre la violence familiale dans les régions rurales. En raison du problème des cas non signalés, le vrai visage de la violence familiale dans les régions rurales et dans les régions urbaines demeure voilé. Il faut continuer de suivre l'évolution des taux de violence familiale dans les régions rurales dans le but de dégager des tendances. Il faut aussi continuer de recueillir de l'information et la communiquer à ceux qui travaillent directement auprès des victimes de violence familiale dans les régions rurales en vue de relever et d'établir des stratégies et des pratiques exemplaires.
Bibliographie
- Alberta Justice et Attorney General. 2008. Domestic Violence Handbook for Police and Crown Prosecutors in Alberta, Government of Alberta. Sur Internet : http://justice.alberta.ca/programs_services/families/Documents/Domestic%20Violence%20Handbook/DV_Handbook_2008.pdf (consulté le 25 octobre 2010).
- Biesenthal, Lorri, Lynne Dee Sproule, Mary Nelder, Susan Golton, Donna Mann, Denise Podovinnikoff, Inge Roosendaal, Shellie Warman et Donna Lunn. 2000. Étude sur la violence envers les femmes en milieu rural ontarien,Ottawa, Ministère de la Justice Canada.
- Brookbank, Candace. 1995. Spouse Abuse in Rural Communities: A Review of the Literature,Ottawa, Ministère de la Justice Canada.
- Hornosty, Jennie, et Deborah Doherty. 2002. Responding to Wife Abuse in Farm and Rural Communities, Saskatchewan Institute of Public Policy.
- Jiwani, Yasmin, Shelley Moore et Patricia Kachuk. 1998. Rural Women and Violence: A Study of Two Communities in British Columbia, Vancouver, The FREDA Centre for Research on Violence against Women and Children, Simon Fraser University. Sur Internet : http://www.vancouver.sfu.ca/freda/articles/rural00.htm (En anglais seulement) (consulté le 4 février 2010).
- Kasdorff, Deborah, et Barbara Erb. 2010. Serving Victims of Violence in Rural Communities: Challenges and Best Practices,Programme d'aide aux victimes et aux témoins, Région de l'Est, Ontario.
- Lunn, Donna. 2001. Rural and Farm women. Springtide Resources. Sur Internet : http://www.womanabuseprevention.com/html/rural_and_farm_women.html (consulté le 4 février 2010).
- Mihorean, Karen. 2005. « Tendances des actes de violence signalés à la police par les victimes », dans La violence familiale au Canada : un profil statistique, sous la dir. de Kathy Aucoin, p. 13-34, Ottawa, Statistique Canada.
- Pottie Bunge, Valerie, et Andrea Levett. 1998. La violence familiale au Canada : un profil statistique, Ottawa, Statistique Canada. No 85‑224‑X au catalogue.
- Sénat du Canada. 2008. Au-delà de l'exode : mettre un terme à la pauvreté rurale. Rapport final du Comité sénatorial permanent de l'agriculture et des forêts,Ottawa, Sénat du Canada.
- Statistique Canada. Enquête social générale - Victimisation (ESG). Sur Internet : http://www.statcan.gc.ca/cgi-bin/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=4504&lang=en&db=imdb&adm=8&dis=2.
- Statistique Canada. Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC). http://www.statcan.gc.ca/cgi-bin/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=3302&lang=en&db=imdb&adm=8&dis=2.
- Taylor-Butts, Andrea. 2009. « Feuillet d'information - La violence conjugale au Canada déclarée par la police », dans La violence familiale au Canada : un profil statistique, p. 26-33, Ottawa, Statistique Canada. No 85-224-X au catalogue.
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