Sommaire

Ce rapport présente les conclusions d’une étude menée en 2023 auprès de personnes âgées résidant en Ontario. L’objectif principal de cette étude qualitative était de recueillir des renseignements auprès d’un groupe démographique varié de personnes âgées et d’explorer les problèmes graves qu’ils ont rencontrés au cours des trois à cinq dernières années, les stratégies qu’ils ont adoptées pour y remédier, et les résultats et les effets sur leurs vies.

L’étude a été menée auprès de 51 participants, dont des personnes âgées (55 ans et plus) et des intervenants auprès des personnes âgées, par le biais de 25 entretiens individuels et de quatre groupes de discussion.

Les discussions de groupe comprenaient une séance avec des personnes âgées et trois séances avec des intervenants, dont certains étaient eux-mêmes des personnes âgées.

Des efforts ont été déployés afin de rassembler un groupe diversifié de participants : des femmes, des hommes et des personnes transgenres, des personnes de différents âges (55 ans et plus) et de différents milieux, notamment des personnes racisées, des immigrants, des Autochtones, des membres de la communauté 2ELGBTQ+ et des personnes âgées en situation de handicap et vivant dans des collectivités urbaines ou rurales, ainsi que des personnes de toutes les catégories de revenus, y compris de revenus supérieurs, inférieurs et moyens.

Les résultats montrent que la pauvreté et la baisse des revenus engendrent de nombreux problèmes pour les personnes âgées. Celles dont les revenus sont faibles ont du mal à obtenir ce dont elles ont besoin pour mener une vie sûre et pleine de sens, notamment un logement sûr, des soins de santé de qualité au sein de leur collectivité et une protection contre la discrimination et les mauvais traitements.

Les problèmes soulevés ont été catégorisés comme suit :

Quelle que soit leur nature, il est évident que les problèmes graves que rencontrent les personnes âgées sont liés à d’autres obstacles sociétaux. Bien que cette étude porte principalement sur les trois à cinq dernières années, de nombreuses personnes ont mentionné des problèmes graves survenus dans leur passé et qui les touchent encore aujourd’hui.

Les participants ont décrit les traitements discriminatoires, humiliants et méprisants dont ils ont fait l’objet relativement à ces problèmes, alors que les solutions possibles pour y remédier étaient souvent fondées sur des systèmes complexes et déshumanisants.

Les participants à l’étude ont essayé de résoudre leurs problèmes par les moyens suivants :

Selon les résultats de la recherche, les dénouements étaient souvent insatisfaisants, parfois sans résolution, et la démarche était si difficile et si éprouvante que de nombreuses personnes y renonçaient purement et simplement. Beaucoup estiment que les systèmes sont corrompus et que le système est délibérément déroutant afin de garantir l’échec des demandes en justice. Lors de chaque entretien et dans chaque groupe de discussion, les participants ont souligné que les services automatisés les contraignaient à tout gérer en ligne ou même par téléphone, ce qui est très frustrant pour les personnes âgées.

En explorant la sagesse collective des participants à notre étude, nous avons acquis une compréhension globale de leurs points de vue sur l’amélioration des systèmes et des services auxquels ils doivent recourir au quotidien. Ces personnes, qui doivent composer avec les complexités du vieillissement dans le contexte de nombreux problèmes, ont livré des réflexions nuancées sur la façon de favoriser un cadre sociétal plus inclusif et favorable.

Des points de vue intéressants plaident en faveur d’un soutien accru aux cliniques d’aide juridique et insistent sur la nécessité d’un personnel spécialisé pour les personnes âgées et de programmes complets de formation des fournisseurs de services et sur le rôle déterminant que jouent les cliniques d’aide juridique en fournissant des renseignements précis et en assurant une représentation.

Les pratiques exemplaires en matière de services révèlent l’importance des travailleurs de première ligne, de l’assistance personnalisée et de la sensibilisation aux réalités culturelles.

Le soutien informel, en particulier celui des intervenants dans les réseaux communautaires, s’avère essentiel pour les personnes âgées et leurs familles qui sont aux prises avec des circonstances uniques, ce qui met en lumière le besoin de déployer des efforts continus pour renforcer ces réseaux.

L’appel à la désinstitutionnalisation résonne fortement, ce qui atteste du désir des personnes âgées de vieillir dans leur propre maison et dans leur propre collectivité. Une approche simplifiée et centralisée du soutien est préconisée, afin de simplifier les services et d’offrir une assistance complète. On souligne la nécessité de privilégier le financement des soins aux personnes âgées, y compris les options non institutionnelles, afin de créer un paysage de soins plus attentif.

Les activités d’éducation et de sensibilisation sont indispensables pour remédier au manque d’information chez les personnes âgées, mettant en lumière le besoin d’organiser des ateliers, d’offrir des formations aux fournisseurs de services et d’utiliser des ressources normalisées. L’amélioration des systèmes passe par le perfectionnement des processus de communication et la mise en œuvre de politiques adaptées aux personnes en situation de handicap, afin de créer des environnements réceptifs et inclusifs pour les personnes âgées.

Les témoignages des personnes âgées interrogées dans le cadre de cette étude révèlent un récit poignant de personnes qui se sentent souvent négligées et ignorées, leurs expériences de vie cumulatives ayant une incidence considérable sur leur vieillissement. Une discrimination profondément enracinée aggrave les difficultés, la pauvreté étant considérée comme un problème omniprésent qui touche les personnes âgées après leur départ à la retraite et qui détermine les options qui s’offrent à elles. Le fait de devoir naviguer dans des systèmes déshumanisants ne fait qu’exacerber les difficultés, surtout si l’on considère les répercussions que la pandémie a eues sur le bien-être.

Les personnes âgées doivent composer avec les préjugés dans les plateformes exclusivement numériques, la supposition que leurs facultés cognitives déclinent et une ségrégation systémique persistante. L’étude met en lumière la vulnérabilité des personnes âgées, en particulier celles qui sont autochtones, de sexe féminin, racisées, immigrées ou qui font partie de la communauté 2ELGBTQ+. La recherche de solutions révèle une méconnaissance des droits, des mesures de soutien refusées et un traitement discriminatoire.

Des problèmes étroitement liés, comme les expulsions, la violence et l’exploitation, donnent souvent lieu à des résultats juridiques défavorables, à des procédures éprouvantes et à des complexités systémiques qui se traduisent par des résultats insatisfaisants, obligeant les personnes âgées à accorder la priorité à d’autres préoccupations au détriment de la résolution du problème. Naviguer dans les systèmes se révèle déshumanisant, en raison des règlements rigides, des longs délais d’attente aux tribunaux et de l’appréhension liée aux procédures.

Des réformes exhaustives sont impératives pour rendre les systèmes accessibles, transparents et favorables. Il apparaît essentiel d’investir davantage dans les services communautaires pour les personnes âgées qui font face à des problèmes multiples et de leur apporter un soutien émotionnel au-delà d’une assistance pratique. Certaines personnes âgées sont profondément marquées par des traumatismes, exacerbés par la pauvreté, les obstacles et un système juridique qui les oblige à raconter leurs expériences traumatisantes dans des circonstances stressantes et émotionnellement difficiles. Le processus de déposition renforce le traumatisme, créant une réalité démoralisante dans laquelle les personnes âgées doivent composer avec un système qui ne reconnaît pas les impacts profonds de leurs expériences.