Une meilleure gouvernance par la mobilisation directe : L’essentiel sur l’utilisation des TI pour consulter les citoyens

Indications de changement

L’avènement des nouvelles technologies accroît les attentes des consommateurs et des citoyens, notamment en ce qui concerne l’accès aux TIC. Les utilisateurs s’attendent à trouver rapidement et facilement les renseignements qu’ils cherchent en ligne, peu importe leur emplacement ou l’heure. Ils exigent également de plus en plus de communiquer leurs souhaits et leurs besoins particuliers aux entreprises et aux organismes gouvernementaux dans le but d’améliorer les services. Jusqu’à présent, la sphère privée a mieux utilisé les nouvelles technologies pour renforcer la participation des consommateurs que la sphère publique. Le grand public est devenu à l’aise avec ce type de mobilisation, et le secteur public devra suivre l’exemple du secteur privé pour joindre les citoyens de la manière la plus familière et la plus confortable qui soit.

Nouvelles attentes

Puisque le secteur privé mobilise les clients, les citoyens s’attendent à ce que les chefs de gouvernement s’ouvrent également. Cependant, les citoyens ne seront pas tous prêts pour de telles mesures, que ce soit du point de vue technique, s’ils ne peuvent utiliser la technologie, ou du point de vue philosophique, s’ils n’approuvent pas ce que le gouvernement tente de faire. Les gouvernements pourraient devoir éduquer ces citoyens qui souhaiteraient participer à la création de politiques, et ils auront besoin de communiquer de manière délicate pour éviter d’effrayer leurs citoyens.

Demande publique de mobilisation

Depuis que la technologie a permis la mobilisation efficace à un niveau individuel, les clients et les citoyens s’attendent à ce que les organisations se mobilisent également.

Éducation et responsabilisation des consommateurs et des citoyens

Pour habiliter les citoyens, les gouvernements devront les informer sur la manière de participer efficacement, et les bibliothèques joueront un rôle clé.

Externalisation ouverte et cocréation

La sagesse de la foule est déjà utilisée pour créer l’encyclopédie en ligne Wikipédia et de nombreux autres biens publics. La même chose peut s’étendre à différents aspects des travaux du gouvernement.

La difficile mesure du succès

Évaluer la valeur des idées et des politiques générées par le réseau et mesurer leur incidence peut poser des problèmes, mais des mesures efficaces sont actuellement testées.

Nouveaux outils

Les TIC gagnent en importance dans le monde entier, et le Canada est le deuxième utilisateur au monde des outils et services Internet, avec une moyenne de 41,3 heures en ligneNote de bas de page 9 par mois. Le Canada se classe également au 16e rang mondial pour la pénétration d’Internet avec 86,8 % de ses citoyensNote de bas de page 10 qui sont connectés à Internet. La croissance du nombre d’appareils et de citoyens connectés intensifie les avantages et la nécessité pour les organisations de les utiliser comme canaux de communication. Quatre des outils les plus importants pour le secteur public lorsque vient le temps de considérer la mobilisation directe sont l’augmentation constante des TIC, les réseaux sociaux, la croissance des données analytiques et la ludification.

Explosion des TIC

La croissance des TIC parmi les citoyens se poursuivra probablement jusqu’à saturation complète, et les TIC constitueront un moyen de communication essentiel pour une partie croissante de la société. Les gouvernements qui ne cherchent pas activement la mobilisation directe en ligne risquent de devenir les seules organisations à ne pas participer efficacement.

Le nombre d’appareils que chaque citoyen utilise continuera également à proliférer. Les gouvernements devront donc aller au-delà de la participation de leurs électeurs derrière leur écran et aller les rencontrer là où ils peuvent être mobilisés. Dans le cas contraire, les membres du segment démographique ayant déjà cessé d’utiliser les ordinateurs de bureau ne pourront pas profiter des avantages.

Réseautage social

Les renseignements transmis directement aux organismes gouvernement par l’entremise des réseaux sociaux (publication sur la page Facebook de l’organisme, réponses aux gazouillis d’un organisme, par exemple) seront d’une aide précieuse pour les organismes, en particulier pour la détermination des besoins et des motivations de leurs électeurs.

Analyse des mégadonnées

Les analyses de mégadonnées offrent au secteur public la possibilité d’améliorer les services aux citoyens et d’adapter les messages. Cependant, il existe des paramètres pour l’utilisation des données dans ce contexte, contrairement au secteur privé. Le secteur public devrait comprendre que, dans la plupart des domaines, les entreprises adaptent leurs offres aux besoins des consommateurs, et les citoyens s’attendent probablement à une certaine adaptation du secteur public, même inconsciemment.

La question de la confidentialité dans le secteur privé concerne surtout les avantages donnés en contrepartie d’autre chose. De même, les organismes gouvernementaux ont de nombreux avantages à offrir aux citoyens qui optent pour le partage de données s’ils peuvent trouver un équilibre éthique et juridique dans lequel offrir ces avantages.

Ludification

La ludification suppose l’incorporation de mécanismes de jeu, de boucles de rétroaction et de récompenses pour stimuler l’interaction, la participation, la loyauté, le plaisir ou l’apprentissage. Il a été démontré que la ludification cause des réactions de bien-être et, dans certaines situations, améliore l’apprentissage, la participation et la motivation. (GamificationNote de bas de page 11 [Ludification]) L’utilisation de stratégies de ludification pour faire participer les citoyens pourrait accroître le taux de participation plus que ne le feraient les petites offres de gain personnel. Si les gouvernements veulent augmenter le taux de participation de leurs citoyens, la ludification pourrait être une solution. Montrer aux électeurs le pourcentage d’élections auxquelles ils ont participé par rapport au nombre total d’élections pourrait les inciter à voter plus souvent pour maintenir leur niveau actuel ou l’augmenter.

Une gouvernance plus participative

Bien que difficile, l’ouverture du processus politique aux citoyens augmentera la participation et leur donnera les moyens d’agir tout en réduisant ou en contrôlant au moins les troubles sociaux.

La mobilisation numérique au service d’une bonne gouvernance

L’UE et l’ONU encouragent la participation multilatérale des intervenants pour des raisons allant de la bonne gouvernance à la sécurité. Dans ce contexte, les progrès des TIC, les réseaux sociaux, la ludification et l’externalisation ouverte — en augmentant la participation, la transparence et l’inclusion croissante — deviendront des outils essentiels.

L’avenir de la gouvernance

Les gouvernements du monde entier réagissent à la technologie du 21e siècle et aux attentes qui en résultent pour les dirigeants. Ultérieurement, un système se rapprochant beaucoup plus d’une vraie démocratie pourrait surgir.

Concrétisation

L’aspiration à une véritable démocratie fondée sur la technologie est justifiée. Les villes comme les pays poursuivent différentes méthodes de mobilisation, et ces endroits donnent des points de référence pour de nouvelles manières d’atteindre des objectifs politiques.

Les villes comme bancs d’essai

À bien des égards, les villes constituent un terrain d’essai optimal pour les nouvelles stratégies de mobilisation des TIC, car elles opèrent dans une vaste zone confinée beaucoup plus petite que la plupart des pays.

Gravir les échelons jusqu’au niveau national

Certains gouvernements nationaux tentent également des expériences qui touchent les TIC et le réseautage social dans le but de créer une gouvernance plus inclusive et plus participative. Ces expériences offriront des points de référence pour la liste croissante de pays qui envisagent la transition vers un gouvernement plus participatif.

Éléments à garder en tête

Tout en facilitant éventuellement une gouvernance plus réactive, efficiente et efficace, les progrès des TIC et les réseaux sociaux constituent également des menaces qui peuvent poser problème aux gouvernements.