Une meilleure gouvernance par la mobilisation directe : L’essentiel sur l’utilisation des TI pour consulter les citoyens
L’avenir de la mobilisation directe : les répercussions
Les scénarios élaborés par le CCR, associés à l’évolution rapide des TIC facilitant la mobilisation directe, suggèrent un certain nombre d’orientations et de propositions à explorer pour les gouvernements désireux d’élaborer des stratégies de mobilisation directe pour accroître la participation des citoyens à la gouvernance. Ces lignes directrices et précautions étant gardées à l’esprit, le cybergouvernement pourrait ouvrir la voie à une société à participation plus inclusive en exploitant le pouvoir des TIC et des réseaux sociaux pour renforcer la communication directe avec les citoyens.
- Auparavant, les citoyens communiquaient principalement avec les gouvernements par l’entremise de leurs votes, mais les gouvernements du monde entier ont maintenant la possibilité de mobiliser leurs citoyens par des moyens plus directs. Cependant, si les gouvernements ne saisissent pas cette occasion et mobilisent leurs citoyens qui sont de plus en plus habitués (par exemple, en utilisant les TIC), ils risquent de perdre l’attention et la participation de leurs électeurs.
- Établir une présence sur les médias sociaux, comme le fait l’UE avec WEGOV, peut améliorer les efforts de communication du gouvernement, l’accès à la rétroaction, la prestation de services et la multiplication d’idées nouvelles.
- L’utilisation d’outils d’analyse et de prévision peut augmenter considérablement l’efficacité des services.
- Toute initiative de mobilisation du public réussie devrait miser sur la participation à la fois des gouvernements et des individus — qui démontre clairement la nature à double sens du dialogue. Les gouvernements pourraient utiliser de telles initiatives pour éduquer, informer et servir la population, mais en même temps prendre en compte les idées, les opinions et la rétroaction.
- Les efforts de communication et de mobilisation doivent être cohérents sur plusieurs plateformes — il faut offrir les mêmes renseignements et une chance égale de fournir une rétroaction, que ce soit par Internet ou en personne.
- Pour assurer un accès égal aux plateformes numériques et aux autres initiatives de mobilisation numérique, les gouvernements peuvent envisager de sensibiliser le public, en particulier les personnes âgées et les minorités, à la communication numérique par l’entremise de cours (multilingues).
- Pour étendre leurs efforts de sensibilisation, les gouvernements devraient explorer tous les points de contact possibles — par exemple les maisons, les lieux de travail, les communautés — tout en étant sensibles aux citoyens qui pourraient trouver certaines tentatives de prise de contact indésirables ou intrusives.
- L’utilisation efficace des mégadonnées pose plus de problèmes à la sphère publique qu’à la sphère privée. De nombreuses personnes ne font pas confiance au gouvernement pour utiliser et protéger correctement leurs données personnelles. Ainsi, les gouvernements devront peut-être commencer à recueillir des données dans le cadre de petites initiatives leur permettant de gagner la confiance des citoyens. Les individus réagiront plus favorablement aux efforts de collecte de données s’il peut être clairement démontré qu’ils recevront un meilleur service (plus rapide, plus personnalisé) grâce au partage de données (comme l’ont montré des entreprises privées avec des mesures comme les cartes de fidélité). Les gouvernements des villes intelligentes, par exemple, ont obtenu la coopération de leurs citoyens grâce à des améliorations évidentes de leurs services.
- Les gouvernements voudront peut-être envisager d’ajouter de petits éléments de ludification aux plateformes de consultation publique — par exemple l’attribution de badges de participation ou de « surclassement » du statut (éventuellement sous la forme d’un changement de titre, de contributeur à contributeur fréquent ou à auteur de la stratégie) pour récompenser les participants assidus. Les gouvernements doivent toutefois veiller à ne pas faire preuve de trop de légèreté, compte tenu de la possible méfiance du public envers un gouvernement ludifié.
- Pour favoriser les consultations publiques sur l’élaboration des politiques, les gouvernements devront établir des plateformes d’externalisation ouverte et de cocréation. La mise en œuvre de mécanismes d’évaluation (y compris la rétroaction obtenue par l’entremise des réseaux sociaux), qui aident à distinguer les bonnes idées des mauvaises, puis à hiérarchiser les idées à réaliser, est tout aussi importante.
- Les gouvernements ont la difficile tâche d’équilibrer les objectifs importants qui consistent à protéger contre les menaces (par exemple alimenter le radicalisme perturbateur) et à éviter toute intrusion inutile dans la vie des citoyens.
- Compte tenu de l’omniprésence d’Internet et des appareils mobiles, les formats numériques, en particulier les mobiles, doivent constituer un élément essentiel de toute stratégie de mobilisation efficace. Autant de processus et d’offres que possible devraient procurer aux citoyens des possibilités d’accès et de mise en œuvre virtuelles et réelles.
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