Un examen qualitatif des problèmes d’ordre juridique graves auxquels se heurtent les immigrants dans les agglomérations de Victoria et de Vancouver (Colombie-Britannique)
Sommaire
La présente étude a été conçue pour recueillir de l’information sur les communautés immigrantes dans la région métropolitaine de Victoria et de Vancouver afin de mieux connaître l’expérience des immigrants lorsqu’ils sont confrontés à des problèmes juridiques graves. Vingt entrevues approfondies avec de nouveaux arrivants et des immigrants établis (menées entre juillet et novembre 2020) ont montré que les immigrants se sentent souvent ignorés. Le but du présent rapport était d’écouter ces populations et de comprendre leurs besoins sur le plan juridique.
Quantité d’immigrants ont fait savoir que leur méconnaissance des lois et des droits du Canada, conjuguée à l’incertitude inhérente aux premières années passées dans un nouveau pays, a influé sur leur capacité à faire face à des problèmes juridiques graves.
- Dans de nombreux cas, une situation de discrimination était associée aux problèmes juridiques que vivaient les immigrants, mais, souvent, ceux-ci estimaient qu’il ne valait pas la peine de la contester.
- Plus les problèmes juridiques auxquels se heurtait une personne étaient compliqués, plus les conséquences pour cette personne étaient graves. La nécessité de faire face à une multitude de problèmes juridiques graves, particulièrement lorsqu’ils ont trait à la famille ou à la garde d’un enfant, expose les immigrantes de couleur à un risque d’insécurité tant alimentaire qu’en matière de logement, sans compter les conséquences sur les plans sanitaire et social.
- Dans cette étude, les immigrants issus du processus d’accueil des réfugiés et les immigrants qui ont été parrainés par un membre de leur famille ont connu plus de problèmes juridiques graves que les immigrants de la catégorie économique.
- Les participants étaient reconnaissants des ressources que le Canada offre au chapitre de l’aide juridique, mais souhaitaient qu’un plus grand éventail de personnes y soit admissible, qu’il y ait davantage d’heures de service et que le processus soit plus rapide.
- Le niveau de scolarité n’était pas un facteur efficace pour prédire la capacité d’une personne à répondre à des problèmes juridiques graves au Canada. La plupart des immigrants interviewés au cours de l’étude avaient fait des études universitaires, mais ont éprouvé de la difficulté à comprendre l’information qu’ils ont trouvée ou ne savaient pas vers qui se tourner pour obtenir de l’aide. Parmi les facteurs qui les ont aidés, soulignons un meilleur accès à l’information; des explications claires de la terminologie trop technique employée sur les sites du gouvernement; la disponibilité d’experts, notamment de professionnels des domaines juridique, des droits de la personne, de l’immigration et des ressources humaines (et la capacité de les consulter); et la connaissance des ressources communautaires.
- Les problèmes juridiques que les nouveaux arrivants ont le plus souvent connus au cours de leurs cinq premières années au Canada se rapportaient à la recherche et au maintien d’un logement et d’un emploi.
Bien que beaucoup des problèmes juridiques arbitrés devant un tribunal aient été résolus, les effets de devoir faire face à des problèmes juridiques étaient de longue durée, et bon nombre de personnes se sont senties impuissantes tout au long du processus. Par ailleurs, les immigrants se sont également montrés solides et résolus à améliorer leur situation ainsi que celle de leurs proches et de leur communauté.
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