Procédures judiciaires et crédibilité des témoignages
Les personnes noires ayant survécu à la violence armée et les familles endeuillées par un homicide se heurtent à d’autres formes d’inégalité lorsque les causes sont portées devant les tribunaux. Les personnes noires qui ont des démêlés avec le système de justice pénale, qu’elles soient accusées, témoins ou victimes, sont soumises à des évaluations de la crédibilité influencées par des stéréotypes raciaux profondément ancrés dans la culture juridique canadienne (Owusu-Bempah et Jeffers, 2021). Les familles endeuillées par un homicide déclarent qu’elles sont mal informées des procédures, exclues d’une participation concrète et confrontées à des stratégies de défense qui criminalisent leur proche décédé – une pratique appliquée de façon disproportionnée dans les affaires impliquant des victimes noires et qui présente le décès de ces dernières comme étant moins innocent et donc le deuil entourant ce décès comme étant moins admissible (Sharpe, Bailey et coll., 2024; Collins, 2014). Les disparités raciales vont au-delà des personnes accusées pour toucher celles qui se présentent comme victimes, notamment pour les personnes noires ayant survécu à la violence armée qui sont appelées à témoigner ou qui cherchent à être reconnues comme victimes dans le cadre d’une procédure. Les personnes noires sont plus susceptibles de voir leur personnalité et leur crédibilité remises en question, et leur victimisation traitée comme ambiguë (Carlin, 2016; Cooke, 2023).
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