Les séquelles de l’esclavage et de la hiérarchisation raciale des personnes noires

Bien que l’esclavage ait été pratiqué au Canada pendant plus de deux siècles, cette réalité n’occupe toujours pas la place qui lui revient dans la mémoire collective. L’esclavage en Nouvelle-France et, plus tard sous le régime britannique, n’était ni marginal ni anodin (Maynard, 2025). De milliers de personnes noires et autochtones étaient réduites en captivité. Officialisé par sanction royale en 1689, ce système a été entretenu par des violences physiques, sexuelles et reproductives qui réduisaient les personnes noires à un bien exploitable (Mackey, 2010). Les capacités reproductives des femmes réduites en esclavage étaient marchandisées (Foster, 2011); la coercition et les violences sexuelles étaient monnaie courante; et le maintien en servitude des personnes noires s’appuyait au quotidien sur une surveillance étroite, des châtiments corporels et la menace constante du recours à la force (Henry-Dixon, 2024; Maynard, 2025). Les avis de recherche visant les esclaves en fuite, qui détaillaient notamment leur taille, leurs vêtements, leurs cicatrices et d’autres caractéristiques décrites en termes dégradants, figuraient parmi les premiers outils publics servant à repérer, à suivre et à criminaliser les personnes noires. La noirceur en est ainsi venue à être associée à la suspicion et à servir de justification à la surveillance policière. Cette pratique a instauré un modèle qui s’est perpétué dans les contrôles policiers, les fouilles et les vérifications d’identité dans la rue aux XXe et XXIe siècles (Maynard, 2025).