2. Introduction

En raison de facteurs sociaux, économiques et culturels, les caractéristiques démographiques et socioéconomiques des familles canadiennes ont changé au cours de l’histoire. Dans les années 1960, la majorité des enfants vivaient avec leurs parents mariés; très peu vivaient dans des familles monoparentalesNote de bas de page 1. À la suite d’un certain nombre de changements sociétaux, notamment l’adoption de la Loi sur le divorce en 1968 et l’augmentation de l’éducation supérieure et de la participation des femmes au marché du travail, le nombre d’enfants vivant dans des familles monoparentales a augmenté à partir des années 1970Note de bas de page 2.

Les familles comptant un couple continuent de représenter la plus forte majorité des familles de recensementNote de bas de page 3; cependant, le nombre de familles monoparentales ne cesse d’augmenter. Bien que la hausse la plus importante du nombre de ce type de familles se soit produite avant le nouveau millénaire, le nombre de familles monoparentales (c’est-à-dire dirigées par un parent seul) a augmenté de 7 %, passant de 1 406 400 familles à 1 510 180 familles entre 2001 et 2021Note de bas de page 4.

Des recherches ont déjà fait état des défis financiers auxquels les familles monoparentales sont plus susceptibles d’être confrontées que les familles comptant un coupleNote de bas de page 5. En effet, non seulement les familles monoparentales sont-elles historiquement plus susceptibles de vivre en situation de faible revenu, mais elles risquent également davantage de le demeurer pendant de plus longues périodes que les familles comptant un coupleNote de bas de page 6. Cela est probablement dû au fait que ce type de famille ne dispose que d’un seul soutien économique potentiel, tout en comptant au moins un enfant nécessitant que l’on subvienne à ses besoins. Il est important de comprendre le revenu et le bien-être économique des familles monoparentales, car une prévalence plus élevée de ces familles vivant en situation de faible revenu a des répercussions sur le parent seul et ses enfants. Le revenu est un déterminant social de la criminalité, ce qui signifie que les familles à faible revenu sont plus susceptibles d’être victimisées et de se livrer à des activités criminellesNote de bas de page 7. Des études antérieures ont également fait état des effets intergénérationnels du fait d’avoir été élevé dans une famille à faible revenu; les personnes dans cette situation étaient moins susceptibles de poursuivre des études postsecondaires, et plus susceptibles d’avoir des revenus familiaux plus faibles à l’âge adulteNote de bas de page 8. La surveillance des tendances en matière de revenu des familles monoparentales, notamment par des comparaisons avec d’autres types de familles et par l’examen des données intersectionnelles, le cas échéant, contribue également à éclairer l’élaboration continue des politiques du ministère de la Justice du Canada relatives aux Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants.

Le présent rapport vise à répondre aux questions suivantes :

Le présent rapport est divisé en trois sections. La première présente les sources de données et les considérations méthodologiques. La deuxième analyse les données sur le revenu et le bien-être économique des familles monoparentales entre 2001 et 2021, en mettant l’accent sur les tendances en matière de revenu, les statistiques sur le faible revenu et les sources de revenu, y compris le revenu du marché, les transferts gouvernementaux et les pensions alimentaires. Lorsque des données sont disponibles, le rapport présente également des renseignements sur les expériences des Autochtones, des personnes ayant une incapacité et des immigrants selon l’identité racisée. La dernière section comporte une discussion autour de trois questions clés qui résument les tendances générales constatées, l’incidence des transferts gouvernementaux et les expériences disproportionnées de certaines familles monoparentales.