Logement et soutien social
Logement
Un plus grand nombre de personnes interrogées du Centre du Canada (6 sur 25, soit 24 %) que de l’Est du Canada (3 sur 17, soit 17 %) ont fait part de leurs difficultés juridiques en matière de logement. Trois des 25 (12 %) personnes du Centre du Canada ont mentionné un problème de soutien social. Un participant a expliqué que, principalement en raison de son orientation sexuelle, il s’était fait refuser des services destinés à l’aider à trouver un logement adéquat :
[Traduction] En ce qui concerne le logement, on m’a refusé l’accès. Il existe des programmes pour tous les autres groupes de personnes, si ce n’est pas vrai pour certains, mais par l’intermédiaire du gouvernement. Mais ils sont si peu nombreux qu’ils s’attendent à ce que les homosexuels d’âge moyen réussissent. Et donc, l’éducation et la capacité, ma perception en tout cas, c’est qu’il y a un sentiment de, oh vous pouvez vous en sortir tout seul et ils ne fournissent pas les systèmes de soutien. J’ai donc eu du mal à accéder à un logement. Lorsque j’ai essayé d’obtenir une location, lorsque j’ai fait une demande d’un logement de deux chambres, ils voulaient savoir qui allait occuper la deuxième chambre. C’était tout simplement – et je pense que c’était en partie dû à l’orientation sexuelle, parce qu’on me l’a refusé. On m’a même refusé la visite de l’appartement (EC#16).
Un participant du Centre du Canada a été « encouragé » à rompre son bail par un propriétaire qui utilisait fréquemment un langage discriminatoire et homophobe. Le participant avait quitté la Nouvelle-Écosse pour s’installer dans le Centre de l’Ontario avec son partenaire. Après les avoir vus ensemble, le propriétaire les a incités à quitter l’immeuble, car d’autres locataires s’étaient plaints de leur relation auprès du concierge. Le participant a révélé que le propriétaire avait utilisé un langage discriminatoire devant lui lors d’une rencontre et qu’il lui avait dit que pour continuer à vivre dans l’immeuble, lui et son partenaire ne devaient pas se montrer affectueux l’un envers l’autre en public :
[Traduction] Le concierge m’a convoqué et m’a dit que nous ne voulions pas de vous dans notre bâtiment. Il m’a dit que notre style de vie n’était pas approprié. Il vaut mieux que vous partiez et que vous trouviez un autre endroit où vivre. C’est ce qui a causé tous les problèmes, puis le personnel du bureau d’administration de l’immeuble m’a appelé et m’a dit quelque chose de similaire. Les gens se plaignaient qu’ils n’aimaient pas votre orientation sexuelle et si vous pouviez la mettre de côté et ne pas la montrer en public, ne pas vous tenir la main en public et ne pas faire des choses dans l’ascenseur, si vous pensez que vous pouvez gérer cela, alors nous donnerons notre accord. Si ce n’est pas le cas, si vous n’êtes pas à l’aise de ne pas déranger, c’est le terme qu’ils ont utilisé, alors nous vous libérerons de votre bail et vous trouverez un autre endroit où vivre (CC# 25).
Lorsque le participant a pris parlé franchement au cours de la rencontre, le propriétaire a déclaré qu’il avait supposé que le terme « partenaire » désignait une femme et non un homme, et il a suggéré au participant de rompre le bail et de lui offrir le remboursement du dépôt de garantie.
Une autre personne a estimé qu’elle avait été victime d’une autre forme de discrimination de la part de son propriétaire, qui avait refusé de reconnaître le harcèlement permanent d’un autre locataire. Il est important de noter que même si cette personne a eu l’impression que son expérience a été légitimée par le système de justice, elle n’en a pas moins subi un stress extrême. Elle a décrit la résolution de l’affaire en déclarant que parce qu’elle avait documenté le harcèlement de l’autre locataire, elle avait pu s’en servir pour appuyer ses revendications auprès de son propriétaire :
[Traduction] Il s’agissait pour moi de conclure un accord avec l’ancien propriétaire pour un déménagement le 29 février et le versement de 4 000 dollars de sa part. Et c’est tout. C’était tout. J’avais arrêté de payer le loyer en novembre parce qu’il ne s’occupait pas du problème, alors il a cumulé tous ces mois de loyer. Je n’ai pas eu à les rembourser. Parce que je me suis présenté au tribunal avec trois ans de paperasse, trois ans de rapports de police (CC# 20).
Dans un contexte différent, une personne du Centre du Canada a indiqué que son ex-partenaire avait tenté de la poursuivre en justice pour la propriété d’une maison. Elle estime que le juge n’a pas reconnu que leur relation 2ELGBTQI+ était à l’origine de la poursuite, et a donc renvoyé l’affaire devant le tribunal des petites créances plutôt que devant le tribunal de la famille. Elle a estimé que son affaire aurait été mieux adaptée au tribunal de la famille. « Les obstacles, dans ce cas, oui, simplement le fait qu’il semble que les gens mettent du temps à comprendre. À première vue, le juge semblait ne pas vouloir examiner certains faits et les faits étaient qu’il ne s’agissait pas d’une relation d’affaires » (CC# 7).
La personne ci-dessous a été confrontée à des problèmes de la part de la famille d’un colocataire qui avait abandonné son bail. Parce que la famille avait poussé le colocataire à abandonner le bail, la personne estime que la famille a fait preuve de discrimination à son égard en raison de son orientation sexuelle. La famille a prétendu, à tort, que cette personne vendait de la drogue, des propos qu’elle a tenus pour justifier la rupture du bail. La personne a donc entamé une action en justice. Au cours de la procédure, le père du colocataire « a dit qu’il savait que j’étais gai. Je n’étais pas encore transgenre à l’époque. Il a dit qu’il savait que j’étais gai et qu’il me dénoncerait à mes parents si je ne renonçais pas à l’action en justice » (CC# 23). Il décrit les effets cumulés de son litige :
[Traduction] J’ai épuisé toutes mes économies. J’ai fini par devoir contracter d’autres prêts étudiants. J’étais constamment préoccupé par l’argent. J’ai cessé de suivre des séances de physiothérapie et autres, j’ai cessé de suivre une thérapie psychologique parce que je n’en avais plus les moyens. Ma dépression s’est gravement détériorée sous l’effet conjugué du stress et du manque d’accès à une thérapie. J’ai des problèmes de douleur chronique, c’est pourquoi je vais en physiothérapie, et mon état s’est détérioré assez sérieusement (CC# 23).
Soutien social
Une personne a raconté qu’elle avait été mal identifiée par le personnel d’un bureau de Service Ontario alors qu’elle tentait d’obtenir un soutien social, et a décrit certains des propos discriminatoires qui lui avaient été adressés. Le travailleur social a refusé de reconnaître la désignation X de neutralité de genre sur le certificat de naissance de la personne, en déclarant : « c’est juste à l’extérieur, à l’intérieur nous avons vraiment besoin de savoir ce que vous êtes ». « Une citation, mot pour mot » (CC# 2). La personne a poursuivi en expliquant les préjugés de l’intervenant sur la nécessité d’une identité de genre binaire :
[Traduction] Je lui ai répondu que j’étais réellement non binaire. Et elle m’a dit : « Nous allons vous inscrire comme femme ». Je lui ai répondu que non, je ne signerai pas parce qu’il est illégal de mentir sur un document légal et que je ne veux pas me faire prendre pour cela. Donc, non. Nous bénéficions d’une protection provinciale et fédérale, il faut l’accepter. Mais elle a insisté. Elle s’est même ouvertement moquée de moi. Et j’ai dit : « Eh bien, si je dois choisir… » Elle m’a dit « vous deviez signer avec un sexe, homme ou femme ». Et j’ai dit, d’accord, je signe en tant qu’homme. Elle m’a demandé si j’avais un document juridique à l’appui. J’ai répondu que je vous avais montré mon certificat de naissance, qui porte la mention X. J’ai apporté mon autre pièce d’identité. Voulez-vous un certificat médical, parce que j’ai un certificat médical qui dit que je suis non binaire? Elle m’a répondu que non, mais j’aimerais changer le sexe pour homme. La façon dont l’identité non binaire – c’est comme si l’identité non binaire était une farce (CC# 2).
Une autre personne a été victime de discrimination lorsqu’elle a tenté d’obtenir des prestations d’invalidité. On lui a dit qu’elle n’avait pas assez de preuves de son handicap et sa demande a été rejetée. L’aide sociale a eu une réponse similaire et a refusé de verser des prestations parce que la personne vivait avec ses parents, même si elle remplissait plusieurs critères pour recevoir des prestations d’aide sociale. Elle décrit ses préoccupations concernant ces détails :
[Traduction] On m’a dit que parce que je vivais avec mes parents, je répondais aux critères pour recevoir des prestations, mais parce que je vivais avec mes parents et que je ne payais pas de loyer – mais si je commençais à recevoir de l’argent, je commencerais à payer un loyer, avec ma mère, mais on m’a dit que parce que techniquement, à l’heure actuelle, puisque je n’ai pas à payer mon propre loyer et que je n’ai pas ma propre résidence, je ne suis pas admissible. Je veux dire, j’ai eu l’impression qu’ils essayaient – désolé pour mon langage – de me mettre dans la merde (CC# 12).
La dernière personne a été confrontée à de multiples obstacles en raison de son orientation sexuelle et de son identité de genre. Elle a notamment estimé que certaines expériences n’étaient pas dues à son identité 2ELGBTQI+, mais peut-être à la structure même du système de soutien social. Cet exemple illustre la discrimination à laquelle les personnes 2ELGBTQI+ sont confrontées en raison de leurs identités croisées. Cette personne a rencontré les difficultés qu’elle a éprouvées dans ses relations avec plusieurs services sociaux, notamment pour l’obtention d’indemnités de garde d’enfants, d’une aide juridique et de soutien médical adéquat. Elle a relevé plusieurs obstacles liés au revenu dans le processus d’accès à l’aide juridique et a estimé que le système exigeait qu’une personne soit en dessous du seuil de pauvreté avant de lui proposer une aide juridique. Enfin, la personne a mentionné qu’il était difficile de trouver des services et un soutien pour les personnes transgenres et qu’elle rencontrait des obstacles et des expériences similaires dans la recherche d’un soutien adéquat :
[Traduction] L’autre difficulté que je rencontre, un peu en rapport avec ça, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de services sociaux pour les personnes transgenres en général. Et ceux que j’ai trouvés, comme un groupe social, et tout le monde y souffre des mêmes problèmes, en passant par un divorce, des conflits importants, ils se font enlever tous leurs biens, ils ont des difficultés à trouver du travail (CC# 6).
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