Méthodologie

Ce rapport est basé sur 27 entretiens qualitatifs semi-structurés avec des personnes trans, bispirituelles et non binaires qui ont été réalisés en 2020 et en 2021. L’étude a été conçue et menée par le chercheur principal3 et quatre cochercheurs, avec la contribution directe et la consultation régulière de chercheuses communautaires d’ASTT(e)Q.

Il y avait deux modes de recrutement. Tout d’abord, 17 participants ont été recrutés en ligne au moyen de messages sur les médias sociaux et de courriels partagés par le Centre de recherche communautaire et divers organismes communautaires à travers le Canada. Les personnes intéressées ont été invitées à remplir un questionnaire d’admissibilité en ligne à l’aide de Qualtrics, qui les interrogeait sur leurs caractéristiques démographiques et leurs expériences de divers problèmes juridiques au cours des trois dernières années. Les participants ont été sélectionnés de manière à refléter la diversité des parcours, des lieux de résidence et des problèmes juridiques. Deuxièmement, 10 participantes ont été recrutées par l’intermédiaire d’ASTT(e)Q, parce que nous avions (à juste titre) anticipé que les communautés de personnes qui ont recours aux services de cet organisme, soit principalement des femmes trans qui sont ou ont été des travailleuses du sexe et qui subissent de la criminalisation, de la pauvreté, de la transmisogynie4 et de la violence, et dont une grande proportion sont des personnes migrantes Noires ou racisées 5, ne seraient probablement pas rejointes par des méthodes de recrutement en ligne. Ces participantes potentielles ont été invitées à prendre part à l’étude par les cochercheuses ou par les chercheuses communautaires. Elles ont été informées que leur décision de participer ou non n’aurait aucune incidence sur leur capacité à recevoir des services de la part d’ASTT(e)Q. Chaque participant a reçu un honoraire.

Pour être admissibles à l’étude, tous les participants potentiels devaient résider au Canada, avoir connu au moins un problème juridique grave au cours des trois dernières années, avoir au moins 16 ans et être en mesure de participer à un entretien en anglais ou en français. Au total, 22 entretiens ont été réalisés en anglais et cinq ont été réalisés en français, et tous ont eu lieu par téléphone ou par vidéoconférence (Zoom). Les participants ont reçu par courriel un formulaire de consentement qu’ils devaient examiner avant la date de l’entretien, et les intervieweurs ont obtenu leur consentement verbal avant l’entretien. En moyenne, les entretiens ont duré une heure et demie. Les entretiens ont été enregistrés et transcrits par des professionnels.

Une fois anonymisées, les transcriptions ont été codées à l’aide d’une combinaison d’approches inductives et déductives (voir Willms et coll., 1990; Bernard, 2017; Miles, Huberman et Saldana, 2019). En collaboration avec les chercheuses communautaires, le chercheur principal et les cochercheurs ont commencé par examiner les transcriptions et à dégager les thèmes qui en ressortaient. Ces données, appuyées par l’expertise de la communauté et la littérature existante, ont servi de base à l’élaboration d’une liste de codes initiaux. Les sections de transcriptions individuelles ont ensuite été codées à l’aide du logiciel d’analyse de données qualitatives NVivo, générant des codes inductifs supplémentaires qui ont émergé tout au long du processus de codage.


Notes de fin de page

3 Le chercheur principal, William Hébert, a obtenu un certificat d’autorisation d’éthique institutionnelle du Comité d’éthique de la recherche de l’Université Carleton (projet no 113220).

4 La transmisogynie fait référence aux formes spécifiques de discrimination, d’exclusion et de violence que les femmes trans et autres personnes transféminines subissent en raison des effets croisés de la transphobie et du sexisme (Serano, 2007).

5 Dans le cadre du présent rapport, nous distinguons les participants Autochtones et Noirs des autres participants racisés afin de tenir compte des histoires spécifiques et des manifestations contemporaines du colonialisme et du racisme anti‑Noir au Canada. Néanmoins, nous sommes conscients que le fait de regrouper tout autre participant racisé sous la catégorie des personnes racisées peut contribuer à masquer les répercussions différentielles du racisme dans ce groupe.