5 Réflexions finales
Les effets du racisme, de la discrimination et de la ségrégation envers les personnes noires au Canada ont été traumatisants et intergénérationnels depuis le 17e siècle. La pratique de l’esclavage et le traitement subséquent des personnes noires dans des contextes comme celui d’Africville reposaient sur la présomption que les personnes noires étaient des êtres humains inférieurs. Ces attitudes continuent d’exister sans être remises en question à bien des égards, certaines subtiles, d’autres de manière plus flagrante. Le racisme envers les personnes noires et les préjugés inconscients de la population majoritaire continuent de créer et de perpétuer la marginalisation socioéconomique, ce qui a entraîné des effets d’exclusion sur les communautés, les familles et les personnes noires, y compris les enfants. L’emploi, l’éducation, le logement, les services de protection de l’enfance et les services de santé mentale ont tous été conçus dans l’intérêt de la majorité et sont donc inadéquats pour les personnes marginalisées, y compris les personnes noires. Les déterminants sociaux de la justice pour les personnes noires sont défavorables par rapport à ceux des autres groupes raciaux, en particulier ceux des Canadiens blancs. Les communautés et les personnes noires continuent de connaître une pauvreté relative et un manque d’égalité des chances.
Les personnes noires ne sont pas plus naturellement enclines à commettre des crimes que tout autre groupe racial, y compris les Blancs. La société canadienne, par l’entremise de politiques et de pratiques discriminatoires de longue date, a créé un environnement dans lequel le système de justice pénale, en tant que partie intégrante de la société, a été habilité à traiter les personnes noires de manière injuste. Les effets cumulatifs du racisme et de la discrimination envers les personnes noires dans la société canadienne et bon nombre de ses institutions ont mené à la surreprésentation des personnes noires dans le système de justice pénale. Bien qu’il y ait eu récemment des initiatives qui ont idéalement permis d’améliorer le système, il reste encore beaucoup à faire. Cela comprend des efforts pour s’assurer de la disponibilité de données fondées sur la race et désagrégées afin de mesurer avec précision l’ampleur de la surreprésentation des personnes noires et d’y remédier à chaque étape du processus de justice pénale.
Le rapport de 2017 du Groupe de travail des Nations Unies cité plus haut dans ce rapport mérite d’être noté à nouveau. Le Groupe de travail a souligné les difficultés continues auxquelles sont confrontées les personnes noires en raison de l’enracinement historique du racisme envers les personnes noires dans les institutions et les politiques canadiennes, de sorte qu’il est [traduction] « fonctionnellement normalisé ou rendu invisible, en particulier pour le groupe dominantNote de bas de page 114 ».
Nous devons tous assumer la responsabilité de comprendre nos vies variées et de garantir une vie juste et équitable à tous les Canadiens, quelle que soit leur couleur de peau. Espérons que ce rapport y contribuera.
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