Le financement fédéral des projets provinciaux et territoriaux en matière de pensions alimentaires pour enfants, d’exécution des obligations alimentaires et des droits de garde et de visite
Introduction
En 1996, le ministère de la Justice du Canada a créé l’Initiative relative aux pensions alimentaires pour enfants. L’Initiative avait pour objet de faciliter la mise enœuvre des Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants ainsi que de nouvelles mesures d’exécution des obligations alimentaires plus efficaces. Ce travail s’appuyait beaucoup sur le Fonds de mise enœuvre et d’exécution des pensions alimentaires pour enfants. Le Fonds, qui a été en vigueur d’avril 1996 à mars 2000, a permis aux gouvernements provinciaux et territoriaux de recevoir une aide financière pour couvrir une partie des coûts engagés pour mettre en place des lignes directrices et des nouvelles mesures d’exécution. Ce Fonds a été remplacé en avril 2000 par le Fonds du droit de la famille axé sur l’enfant. Grâce au nouveau Fonds, le financement fédéral qui visait jusqu’alors la réforme des pensions alimentaires pour enfants a pu être consacré à l’élaboration et à l’amélioration des programmes et services relatifs au droit de la famille qui traitent des droits de garde et de visite, des pensions alimentaires pour enfants et de l’exécution des obligations alimentaires dans une optique favorisant une meilleure intégration.
Le présent rapport donne un aperçu des projets provinciaux et territoriaux qui ont été financés par ces deux Fonds de l’exercice 1997‑1998 à l’exercice 2000‑2001. Les renseignements qui s’y trouvent proviennent des propositions de financement et des rapports d’étape que les provinces et les territoires ont soumis au ministère fédéral de la Justice. Comme il n’est question que des activités subventionnées par le gouvernement fédéral, le rapport ne présente qu’une liste partielle des mesures prises par les provinces ou les territoires pour mettre enœuvre les lignes directrices sur les pensions alimentaires pour enfants, rendre les programmes d’exécution plus efficaces et pour améliorer les services liés au droit de la famille.
Le rapport a pour objet de rendre compte des activités de financement du gouvernement fédéral, de fournir aux lecteurs intéressés un aperçu des services qui sont offerts aux parents divorcés ou séparés et de favoriser les échanges d’information entre les fonctionnaires provinciaux et territoriaux. Vu le grand nombre de projets et d’activités présentés, on a décrit les projets, les programmes et les services subventionnés de façon concise. Le lecteur désireux d’obtenir plus d’information pourra se reporter à la liste complète des programmes par province qui est présentée en annexe, consulter les rapports d’évaluation et les autres documents de référence qui sont cités tout au long du texte ou communiquer avec les bureaux fédéraux, provinciaux ou territoriaux responsables de la mise enœuvre de services relatifs au droit de la famille.
Fonds de mise enœuvre et d’exécution des pensions alimentaires pour enfants (d’avril 1996 à mars 2000)
Le Fonds de mise enœuvre et d’exécution des pensions alimentaires pour enfants a alloué jusqu’à 50 millions de dollars pour les activités liées à la mise enœuvre des lignes directrices relatives aux pensions alimentaires pour enfants. Le reste des ressources, soit 13,6 millions de dollars, était destiné aux projets d’exécution des obligations alimentaires. Le volet du Fonds réservé à la mise enœuvre devait permettre aux provinces et aux territoires de collaborer avec le gouvernement fédéral à l’application de programmes et de mesures, à la fois et rentables, visant à aider les parents à obtenir une ordonnance alimentaire pour enfants ou une ordonnance modificative. Le volet consacré aux activités d’exécution devait financer des mesures et des mécanismes d’exécution novateurs et rentables, y compris d’exécution réciproque des ordonnances alimentaires à l’échelle nationale et internationale. Le ministère fédéral de la Justice et les gouvernements provinciaux et territoriaux ont fixé une allocation annuelle dans ces deux grands secteurs d’activité pour chaque province et territoire, en fonction de leur population.
Les fonctionnaires du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux et territoriaux ont déterminé les principaux secteurs d’activité de chaque volet du programme de financement afin de s’assurer que les activités subventionnées vont dans le sens des objectifs fédéraux, tout en offrant aux provinces et aux territoires l’avantage de la prévisibilité dans leur planification annuelle. Voici les principaux secteurs d’activité du volet de mise enœuvre du Fonds :- Coordination : la coordination des activités d’application des lignes directrices fédérales relatives aux pensions alimentaires pour enfants;
- Amélioration des services existants : l’élaboration ou l’amélioration des services à la clientèle et des services judiciaires en vue de faire face à l’augmentation de la charge de travail;
- Lignes directrices provinciales et territoriales : l’adoption de lignes directrices provinciales similaires aux Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants;
- Information du public : la participation à la sensibilisation du public aux Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants pour qu’il en prenne connaissance;
- Approches novatrices : l’élaboration, l’essai, la mise enœuvre, le suivi et l’évaluation d’approches novatrices permettant de répondre aux demandes de modification des ententes et des ordonnances alimentaires existantes, de même qu’aux demandes de nouvelles ententes et de nouvelles ordonnances;
- Suivi : le suivi des répercussions qu’entraînent les modifications législatives.
Voici les secteurs d’activité des projets relevant du volet exécution :
- Amélioration de la Loi d’aide à l’exécution des ordonnances et des ententes familiales (LAEOEF) : l’élaboration et l’amélioration des systèmes et applications informatiques des provinces et des territoires afin d’avoir accès aux services établis en vertu de laLAEOEF;
- Suivi : le suivi des effets des modifications des systèmes et des modifications administratives, de même que des améliorations apportées aux mécanismes d’exécution;
- Enquête nationale sur l’exécution des ordonnances alimentaires : le soutien aux efforts de modification des systèmes d’information provinciaux et territoriaux pour satisfaire aux exigences en matière de collecte de données de l’Enquête nationale sur l’exécution des ordonnances alimentaires administrée par le Centre canadien de la statistique juridique;
- Approches novatrices : l’essai d’approches novatrices qui améliorent les mécanismes d’exécution des obligations alimentaires;
- Information du public : les programmes d’information et d’éducation juridiques pour sensibiliser le public aux changements apportés aux programmes d’exécution des ordonnances alimentaires;
- Réactions à l’augmentation de la charge de travail : la mise enœuvre de changements administratifs, la modernisation des systèmes, l’augmentation du personnel et l’amélioration des services pour faire face à la demande anticipée d’ordonnances modificatives et de nouvelles ordonnances alimentaires pour enfants.
Fonds du droit de la famille axé sur l’enfant (d’avril 2000 à mars 2001)
Après la mise enœuvre des lignes directrices relatives aux pensions alimentaires pour enfants, les gouvernements des provinces et des territoires ont modifié les programmes et les services existants et ont essayé et adopté de nouvelles façons de faire. Bon nombre de ces services englobent tant les questions de garde et de droit de visite que l’exécution des obligations alimentaires pour enfants. Par exemple, plusieurs provinces et territoires ont adopté des programmes de sensibilisation des parents ou ont étoffé les programmes existants de façon à donner de l’information sur les pensions alimentaires pour enfants et à mettre l’accent sur les solutions extrajudiciaires comme les ordonnances sur consentement. De même, les nouvelles stratégies relatives aux services extrajudiciaires, et notamment de médiation, qui permettent au père et à la mère de jouer un rôle plus actif dans la vie de leurs enfants, sont aussi efficaces pour régler les problèmes de garde que pour régler la question des pensions alimentaires pour enfants. À cette fin, de même que pour appuyer la création et la stabilisation de ces services dans l’ensemble du pays, le gouvernement fédéral a modifié les conditions de financement et les principaux secteurs d’activité visés de manière à englober tant la garde des enfants et le droit de visite que les pensions alimentaires pour enfants et l’exécution des obligations.
Le Fonds du droit de la famille axé sur l’enfant, lancé en avril 2000, comporte trois volets :
- Initiatives de justice familiale : Les activités subventionnées dans le cadre de ce volet font suite aux récents efforts de collaboration, couronnés de succès, qui visent à permettre aux provinces et aux territoires d’élaborer, d’essayer, de mettre enœuvre et d’évaluer des programmes et des services de justice familiale portant sur des questions de droit privé dans les cas de séparation et de divorce, ce qui englobe les pensions alimentaires pour enfants, l’exécution des obligations alimentaires ainsi que les activités d’exécution réciproque et de droit de garde et de visite qui favorisent l’intérêt supérieur de l’enfant.
- Mesures incitatives pour les projets spéciaux : ce volet a pour but d’encourager la mise sur pied d’autres mécanismes de règlement des différends dans les provinces et les territoires, plus particulièrement les processus qui permettent de déterminer, de modifier ou de recalculer le montant des pensions alimentaires.
- Formation professionnelle et vulgarisation et information juridiques : ce volet appuie les activités visant à mieux renseigner, à encourager la production de documents et à informer la population et le milieu juridique des lignes directrices sur les pensions alimentaires pour enfants, des mesures et des programmes d’exécution des obligations alimentaires, des services de garde et de droit de visite et d’autres questions qui relèvent du droit familial. Dans le cadre de ce volet, le ministère fédéral de la Justice offre une aide financière aux organismes communautaires, aux associations professionnelles et aux autres groupes non gouvernementaux qui contribuent à sensibiliser le public et à assurer la formation ou le perfectionnement professionnel des spécialistes en droit de la famille. Le présent rapport s’intéresse aux programmes, services et projets offerts par les ministères et organismes gouvernementaux, de sorte que les projets qui sont financés par le truchement de ce volet n’y sont pas mentionnés.
Les principes
Dans le but d’aider tous les ordres de gouvernement à choisir les projets qu’il y aurait lieu de proposer et d’approuver en vertu des initiatives de justice familiale et des mesures incitatives relatives aux projets spéciaux, le ministère fédéral de la Justice a énoncé les 11 principes suivants :
- Les besoins et le bien-être des enfants sont prioritaires.
- Il n’existe pas de cadre de travail idéal applicable à tous les enfants en ce qui concerne l’exercice des responsabilités parentales après une séparation.
- Les responsables des programmes et des services doivent tenir compte du fait que la séparation et le divorce des parents surviennent à différentes étapes du développement des enfants et des adolescents. Les programmes doivent viser à protéger ces derniers contre la violence, les conflits, les abus et les difficultés économiques.
- Il faut privilégier une approche intégrée en matière de planification et de prestation des programmes et des services portant sur les pensions alimentaires pour enfants, l’exécution des obligations alimentaires, la garde d’enfants et le droit de visite, afin de satisfaire aux besoins en services à long terme des enfants et des familles.
- Il faut encourager l’adoption rapide de mécanismes de règlement non accusatoire des différends.
- Les activités doivent tenir compte des besoins en matière d’évaluation et de surveillance des projets ainsi que des mesures du rendement.
- La recherche doit accroître les connaissances des spécialistes en droit de la famille sur des questions précises, orienter les discussions sur les politiques et les programmes, faciliter l’élaboration ou l’amélioration des politiques et des programmes, et rendre la législation plus claire.
- Les participants au système de justice familiale (notamment les familles, les juges, les avocats, le personnel des tribunaux, le personnel des services d’exécution et les médiateurs) devraient être bien informés au sujet de la réforme du droit de la famille.
- Il faut promouvoir une approche coordonnée à l’échelle nationale, intergouvernementale et internationale en ce qui concerne les services de justice familiale et d’échange d’information dans le domaine.
- Il faut trouver de nouvelles solutions ou modifier le système judiciaire de règlement des litiges afin de réduire les coûts et les délais pour les parents.
- Les programmes et les services doivent être efficaces et rentables pour le système de justice.
Initiatives de justice familiale
La composante «initiatives de justice familiale» est structurée et administrée de la même manière que l’ancien Fonds de mise enœuvre et d’exécution des pensions alimentaires pour enfants, c’est‑à‑dire que chaque province et territoire reçoit une partie des fonds disponibles en fonction de sa population, qu’il doit soumettre et faire approuver les projets qu’il se propose de mettre enœuvre ou de poursuivre dans le courant de l’année visée. Les projets doivent s’inscrire dans l’un des huit domaines d’activités principaux (DAP) suivants :
DAP 1 : Coordination
La coordination d’activités touchant les pensions alimentaires pour enfants, l’exécution des obligations alimentaires, les droit de garde et de visite.-
DAP 2 : Consultationsfédérales-provinciales-territoriales sur le droit de la famille
-
DAP 3 : Améliorations et innovations dans les services relatifs à la justice familiale
L’amélioration des services ou l’élaboration, la mise à l’essai, la mise enœuvre, le suivi et l’évaluation des nouvelles activités en matière de pensions alimentaires pour enfants, d’exécution des obligations alimentaires, de droits de garde et de visite sous forme de services intégrés. -
DAP 4 : Mécanismes de rechange pour déterminer ou modifier le montant de la pension alimentaire ou fixer un nouveau montant
L’amélioration, ou la mise à l’essai et la mise enœuvre, de mécanismes de rechange de règlement des différends qui permettent de déterminer, de modifier ou de recalculer le montant des pensions alimentaires. -
DAP 5 : Activités liées à l’exécution des obligations alimentaires
L’amélioration des activités d’exécution des obligations alimentaires ou l’élaboration, la mise à l’essai, la mise enœuvre, le suivi et l’évaluation de nouvelles activités d’exécution. -
DAP 6 : Exécution réciproque
Les activités d’exécution réciproque dans les provinces et les territoires. -
DAP 7 : Élaboration des politiques, recherche et évaluation
L’élaboration de lois et de politiques, la recherche, le suivi et l’évaluation en matière de pensions alimentaires pour enfants, d’exécution d’obligations alimentaires et de droits de garde et de visite. -
DAP 8 : Sensibilisation et formation professionnelle
Des activités qui ont pour objet de sensibiliser le public et de promouvoir une meilleure compréhension des questions, des formalités et des services en matière de pensions alimentaires pour enfants, d’exécution des obligations alimentaires et de droits de garde et de visite.
Mesures incitatives applicables aux projets spéciaux
La composante relative aux mesures incitatives applicables aux projets spéciaux du fonds dispose de ressources financières limitées qui sont dispensées dans le but de favoriser la création de nouveaux mécanismes de règlement des différends dans les provinces et les territoires, mécanismes qui comprennent les processus qui permettent de déterminer, de modifier et de recalculer les pensions alimentaires pour enfants. Les nouveaux moyens de calculer doivent être opportuns et économiques pour les parents qui demandent le recalcul de la pension alimentaire, leur être accessibles et les aider à s’entendre sur le montant de la pension alimentaire pour enfants. Seuls les gouvernements provinciaux et territoriaux peuvent demander ces fonds qui sont accordés au moyen d’un concours.
Affectation des fonds
En 1996-1997, avant l’adoption du projet de loi C-41 qui instituait les Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, le ministère fédéral de la Justice et les gouvernements provinciaux et territoriaux ont fixé une allocation annuelle pour chaque province et territoire, en fonction du nombre d’habitants. Ces sommes ont été adaptées depuis pour tenir compte de l’évolution des hypothèses de planification des provinces et des territoires ainsi que de l’expérience acquise. Le Ministère a également pu déceler chaque année de légers excédents dans certaines provinces et territoires, excédents qui ont alors été mis à la disposition d’autres provinces ou territoires dont les demandes en matière de mise enœuvre et d’exécution des obligations alimentaires dépassaient les allocations initiales. Le tableau ci-dessous présente les allocations réelles par province et par territoire pour la période se terminant en 1999-2000 et les fonds prévus pour 2000-2001 à 2002-2003 :
| Province | Actuel $ (million) |
|||
|---|---|---|---|---|
| 1996-1997 | 1997-1998 | 1998-1999 | 1999-2000 | |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 0 | 297 537 | 404 903 | 323 276 |
| Nouvelle-Écosse | 0 | 462 133 | 709 900 | 439 809 |
| Nouveau-Brunswick | 5 500 | 340 334 | 449 753 | 470 647 |
| Île-du-Prince-Édouard | 5 000 | 128 118 | 268 001 | 197 430 |
| Québec | 0 | 4 786 673 | 4 776 810 | 3 452 735 |
| Ontario | 0 | 6 248 734 | 4 525 321 | 3 610 133 |
| Manitoba | 7 000 | 714 719 | 667 358 | 644 300 |
| Saskatchewan | 25 350 | 688 287 | 664 305 | 366 844 |
| Alberta | 0 | 1 614 476 | 1 675 806 | 1 459 368 |
| Colombie-Britannique | 20 000 | 1 610 478 | 3 003 501 | 1 928 133 |
| Yukon | 0 | 143 118 | 90 000 | 83 000 |
| T. N.-O. | 0 | 119 500 | 226 176 | 144 471 |
| Nunavut | 0 | 0 | 0 | 138 118 |
| Total | 62 850 | 17 154 107 | 17 461 834 | 13 258 264 |
| Province | Prévu $ (million) |
Total | ||
|---|---|---|---|---|
| 2000-2001 | 2001-2002 | 2002-2003 | 1996-2003 | |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 273 276 | 310 196 | 273 276 | 1 882 464 |
| Nouvelle-Écosse | 417 809 | 481 830 | 439 809 | 2 951 20 |
| Nouveau-Brunswick | 410 464 | 396 200 | 356 543 | 2 429 441 |
| Île-du-Prince-Édouard | 195 000 | 181 765 | 150 000 | 1 125 314 |
| Québec | 2 826 530 | 4 167 892 | 3 427 735 | 23 438 375 |
| Ontario | 4 910 133 | 5 237 401 | 5 114 287 | 29 676 009 |
| Manitoba | 532 530 | 577 156 | 532 530 | 3 675 593 |
| Saskatchewan | 508 698 | 596 844 | 476 698 | 3 327 026 |
| Alberta | 1 419 078 | 1 407 998 | 1 279 578 | 8 856 304 |
| Colombie-Britannique | 1 726 133 | 1 807 591 | 1 726 133 | 11 821 969 |
| Yukon | 272 647 | 180 391 | 150 000 | 919 156 |
| T. N.-O. | 145 000 | 210 532 | 150 000 | 995 679 |
| Nunavut | 137 673 | 220 345 | 150 000 | 646 136 |
| Total | 13 774 971 | 15 776 141 | 14 256 589 | 91 744 756 |
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