Élaboration du bref questionnaire d'évaluation des risques en cas de violence conjugale (B-SAFER) : Outil à l'intention des professionnels de la justice pénale

5. Conclusions et recommandations

Nous avons mis sur pied un outil que les professionnels de la justice pénale peuvent utiliser pour évaluer le risque de violence conjugale, que nous avons appelé B SAFER. Le B-SAFER s'inspire du SARA, dont il exploite deux forces importantes. En premier lieu, le B-SAFER a recours au jugement professionnel structuré ou au discernement structuré, idéal dans les situations liées à la justice pénale. En deuxième lieu, le contenu du B-SAFER est bien étayé par la documentation professionnelle et scientifique sur la violence conjugale. Cependant, le B SAFER présente deux avantages importants comparativement au SARA lorsqu'il est utilisé dans certaines situations liées à la justice pénale. Tout d'abord, le B SAFER est moins long à appliquer que le SARA, et son administration demande donc moins de resources. Ensuite, le B-SAFER contient moins d'éléments et de jargon technique lié aux troubles mentaux, ce qui signifie que son application nécessite moins d'expertise.

À la lumière de nos travaux d'élaboration et des résultats des projets pilotes, nous formulons les recommandations suivantes :

  1. Le B-SAFER devrait être distribué aux professionnels de la justice pénale. Les policiers ont trouvé le B SAFER utile et facile à utiliser dans le cadre des enquêtes de routine sur les plaintes de violence entre conjoints. Outre son utilité dans l'évaluation des risques, le B-SAFER a aidé les policiers à prendre des décisions en matière de gestion du risque. Les documents sur le B SAFER que nous avons élaborés sont prêts à être distribués sur support papier ou par Internet.

  2. L'utilisation du B-SAFER devrait être automatisée. Le logiciel devrait comprendre, outre des modules qui facilitent un codage facile et exact des décisions d'évaluation et de gestion, les renseignements sur le B-SAFER décrits dans le présent document. Si l'on en croit les policiers qui ont pris part au projet pilote, un logiciel leur faciliterait la tâche et les inciterait beaucoup plus à utiliser régulièrement le B-SAFER dans leur travail. Un logiciel similaire avait été élaboré pour d'autres procédures d'évaluation des risques, y compris le SARA.

  3. Un programme de formation sur le B-SAFER devrait être mis sur pied. Une formation devrait être offerte aux professionnels de la justice pénale qui seront appelés à procéder à l'évaluation des risques. Compte tenu du fait qu'une formation en personne donnée à un grand nombre de personnes présente des problèmes logistiques en plus d'être coûteuse, nous recommandons au ministère de la Justice d'envisager un logiciel de formation, d'autant plus qu'un logiciel de formation similaire a déjà été élaboré pour d'autres procédures d'évaluation des risques, notamment le programme de formation sur le SARA par intranet élaboré et mis en œuvre par Service correctionnel Canada. Une option intéressante pourrait être de créer une suite logicielle unique et complète à la fois pour l'administration et la formation.

  4. D'autres évaluations du B-SAFER devraient être réalisées au Canada. L'évaluation devrait porter sur la fidélité des résultats obtenus de divers évaluateurs et la fiabilité de test retest du B SAFER, ainsi que sur l'incidence du B-SAFER sur la sécurité des victimes de violence conjugale. Toutefois, de tels travaux de recherche ne devraient pas être entamés tant que les décisions finales ne sont pas prises sur le format de distribution du B-SAFER.