Évaluation du Programme d’aide juridique

Annexe C : Comparaison des critères d’admissibilité financière

La comparaison des critères d’admissibilité financière (CAF) avec d’autres mesures économiques permet de les mettre en perspective. Les figures 9 et 10 ci-après établissent la comparaison entre les CAF pour les tailles de famille de un à quatre et d’autres mesures économiques (IPC, rémunération horaire moyenne et salaire minimum), de 2015 à 2020 dans huit provinces (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse) et deux territoires (Yukon et Nunavut)Note de bas de page 76. Les deux figures indiquent si les différences sont caractérisées par la taille de la famille, puisque les CAF applicables à l’aide juridique sont basées en fonction de cette taille.

Figure 9. Comparaison entre les critères d’admissibilité financière et d’autres mesures économiques – Augmentation en pourcentage de 2015 à 2020 dans le cas des personnes seulesNote de bas de page 77

Figure 9. Comparaison entre les critères d’admissibilité financière et d’autres mesures économiques – Augmentation en pourcentage de 2015 à 2020 dans le cas des personnes seules

Figure 9. Comparaison entre les critères d’admissibilité financière et d’autres mesures économiques – Augmentation en pourcentage de 2015 à 2020 dans le cas des personnes seules – Version texte
Province / Territoire critères d’admissibilité financière Indice des prix à la consommation Salaire horaire moyen Salaire minimum
BC 11 10 22 35
AB 2 8 13 47
SK 0 5 7 7
MB 13 9 14 9
ON 34 8 21 27
QC 24 6 23 21
NS 0 6 18 11
YK 13 6   6
NU 0 11   18

La seule différence digne de mention qui ressort de la comparaison des CAF avec d’autres mesures économiques selon la taille de la famille est que, au Manitoba, les CAF pour une personne seule ont suivi les autres mesures économiques, contrairement aux CAF pour une famille de quatre.

Figure 10. Comparaison entre les critères d’admissibilité financière et d’autres mesures économiques – Augmentation en pourcentage de 2015 à 2020 dans le cas des familles de quatreNote de bas de page 79

Figure 10. Comparaison entre les critères d’admissibilité financière et d’autres mesures économiques – Augmentation en pourcentage de 2015 à 2020 dans le cas des familles de quatre

Figure 10. Comparaison entre les critères d’admissibilité financière et d’autres mesures économiques – Augmentation en pourcentage de 2015 à 2020 dans le cas des familles de quatre – Version texte
Province / Territoire critères d’admissibilité financière Indice des prix à la consommation Salaire horaire moyen Salaire minimum
BC 11 10 22 35
AB 2 8 13 47
SK 0 5 7 7
MB 9 9 14 9
ON 34 8 21 27
QC 24 6 23 21
NS 0 6 18 11
YK 12 6   6
NU 0 11   18

Comme on peut le constater aux figures 9 et 10, trois administrations (Ontario, Québec et Yukon) ont relevé leurs CAF bien au-dessus de toute mesure économique appliquée. En Ontario, les critères d’admissibilité financière à l’aide juridique ont été majorés de 6 % chaque année entre 2016-2017 et 2019-2020. Le 1er janvier 2016, le Québec a relevé ses CAF pour l’aide juridique sans contribution (gratuite) dans une proportion de 17,75 %. Dans ce cas, lorsque le salaire minimum a augmenté en mai 2016 et les années suivantes, l’aide juridique avec et sans contribution a été majorée pour égaler cette hausse. De plus, les critères d’admissibilité financière ont été haussés en mai 2018 de 20 % pour les résidents des Îles-de-la-Madeleine en raison de leur éloignement.

Deux provinces, la Colombie-Britannique et le Manitoba, ont pu majorer leurs CAF en fonction de l’inflation (mesurée par les IPC provinciaux), mais l’augmentation est inférieure à celle des salaires.

Certaines administrations ont amélioré l’accessibilité même si elles n’ont pas pu augmenter leurs CAF du tout ou de beaucoup.

Une autre mesure de la réactivité des CAF des régimes d’aide juridique aux conditions économiques des personnes à faible revenu est une comparaison avec les seuils de faible revenu (SFR). Statistique Canada a conçu une méthode d’estimation de niveau de revenu qui différencie les familles dépensant 20 points de pourcentage de plus que la famille moyenne à des nécessités comme l’alimentation, le logement et l’habillement. Ce niveau est considéré comme caractéristique des familles qui se trouvent dans une « situation difficile »Note de bas de page 81. Quelques exemples des niveaux de revenu visés comprennent les régimes d’aide juridique de l’Ontario et du Manitoba, qui fondent leurs CAF sur le revenu avant impôt qui est respectivement de 20 225 $ et 23 000 $ pour une personne seule; les SFR avant impôt en 2015 pour une personne seule vivant dans une agglomération de 500 000 habitants et plus (p. ex., Toronto ou Winnipeg) était de 24 593 $. En Saskatchewan, où les CAF sont fondés sur le revenu après impôt, les SFR après impôt d’une personne seule vivant à Saskatoon ou à Regina était de 17 236 $ en 2015 et les CAF étaient de 11 820 $.

Le tableau 10 compare les CAF aux SFR avant et après impôt pour 2015 et 2020 afin de dégager les variations des CAF par rapport aux SFR au fil du temps. Les SFR se calculent en fonction de l’année, de la taille de la famille et de la population. Les pourcentages du tableau 10 représentent la différence proportionnelle entre les CAF et les SFR. Un pourcentage négatif indique que les CAF sont inférieurs aux SFR par le pourcentage indiqué, ce qui signifie que certaines personnes dont le revenu n’atteint pas le SFR ne sont pas admissibles à l’aide juridique (p. ex., ils ont un faible revenu, mais pas suffisamment faible). À l’inverse, une proportion positive indique que les CAF sont supérieurs aux SFR par le pourcentage indiqué. La variation entre les CAF et les SFR entre 2015 et 2020 découle d’une comparaison des chiffres de pourcentage indiqués au tableau 10. Si la différence en pourcentage diminue entre 2015 et 2020, les CAF se rapprochent des SFR et, si elle augmente, les CAF s’éloignent des SFR. Si la différence en pourcentage passe de négative à positive entre 2015 et 2020, c’est que les CAF sont passés d’un niveau inférieur au SFR à un niveau supérieur.

Lorsqu’on compare les CAF aux SFR, on constate ce qui suit :

Tableau 10. Différences en pourcentage entre les critères d’admissibilité financière et les seuils de faible revenu provinciaux, années 2015 et 2020Note de bas de page * du tableau 10
Année 2015
Population 500 000+ 100 000-499 999 <30 000
Administration C.-B. Alb. Man. Ont. Qc Sask. N.-É. Yn Nt.
Taille de la famille 1 -13,3 % -25,2 % -7,0 % -75,2 % -28,1 % -45,9 % -34,6 % -0,3 % 61,8 %
2 1,5 % -25,9 % -13,4 % -21,1 % -30,4 % -52,0 % -22,8 % 0,1 % 61,6 %
3 4,6 % -8,7 % -21,5 % -27,8 % -25,9 % -41,4 % -27,5 % -6,8 % 66,8 %
4 2,4 % -22,1 % -34,4 % -35,1 % -45,2 % -60,7 % -40,6 % -14,7 % 62,7 %
5 6,0 % -28,8 % -40,1 % -35,9 % -73,3 % -43,5 % -16,7 % 60,7 %
6 9,7 % -35,8 % -46,2 % -80,5 % -44,1 % 58,5 %
7 12,5 % -51,4 % -77,3 % 56,6 %
Année 2020Note de bas de page (1) du tableau 10
Population 500 000+ 100 000-499 999 <30 000
Administration C.-B. Alb. Man. Ont. Qc Sask. N.-É. Yn Nt.
Taille de la famille 1 -6,9 % -39,9 % -2,7 % -42,6 % -8,0 % -57,6 % -46,8 % 8,4 % 59,9 %
2 6,9 % -40,6 % -10,8 % -3,8 % 3,4 % -64,3 % -33,8 % 6,7 % 59,7 %
3 10,0 % -21,5 % -20,2 % -4,2 % -6,1 % -52,8 % -39,0 % -0,9 % 65,2 %
4 8,0 % -36,4 % -34,1 % -9,9 % -22,4 % -73,7 % -53,3 % -9,4 % 60,9 %
5 11,3 % -43,9 % -40,7 % -11,2 % -87,2 % -56,4 % -12,1 % 58,8 %
6 14,9 % -51,8 % -47,6 % -95,1 % -57,1 % 56,5 %
7 17,5 % -53,6 % -91,6 % 54,6 %