La conduite automobile sous l’influence de drogues : recueil d’études de recherche
Sources annotées (suite)
Australie
10. Drummer, O. H.
« Drugs and accident risk in fatally injured drivers », Proceedings of the 17th International Conference on Alcohol, Drugs and Traffic Safety (T’95), Australie, 1995.
Aperçu
Étude sur des conducteurs victimes d’accidents mortels en Australie
Type d’étude, population(s) et fraction contrôlée
1 052 conducteurs victimes d’accidents mortels en Australie
Délai prescrit : de janvier 1990 à décembre 1993
Drogues examinées (valeurs repères pour détection)
- Benzodiazépines
- Autres médicaments d’ordonnance
- Drogues toxicomagènes (y compris l’alcool)
Méthode de dépistage et moyen utilisés
Prélèvements sanguins
Comparaison de conducteurs intoxiqués et de conducteurs abstinents pour obtenir des RC
Autres variables dépendantes
Constatations (y compris méthodes statistiques)
Drogues dépistées dans 22 % des cas (13 % sous l’effet de drogues uniquement et 9 % sous l’effet combiné de drogues et d’alcool)
Alcool dans 36 % des cas
Drogues Illicites dans 13 % des cas
Les drogues les plus couramment dépistées sont le cannabis (11 %) et des stimulants, des benzodiazépines et des opiacés (3 % pour chaque catégorie)
Le seul RC significatif est celui concernant l’alcool (RC=7,6)
Les conducteurs chez qui la présence d’une quantité de drogues supérieure à la dose thérapeutique ou de multiples drogues a été détectée sont ceux dont la responsabilité était la plus engagée
Observations
La méthode de sélection des cas n’est pas précisée
11. Drummer, O. H., J. Gerostamoulos, H. Batziris, M. Chu, J. Caplehorn, M. D. Robertson et P. Swann, P.
« The involvement of drugs in drivers of motor vehicles killed in Australian road traffic crashes », Accident Analysis & Prevention; vol. 36, no 2 (2004), p. 239-248.
Aperçu
Analyse de la responsabilité de conducteurs victimes d’accidents mortels en Australie
Type d’étude, population(s) et fraction contrôlée
Conducteurs victimes d’accidents mortels de la circulation dans trois états australiens (VIC., NSW, et WA) (n=3398)
Seules les collisions routières sont comprises dans l’étude
Données recueillies auprès des bureaux des coroners, des médecins légistes, etc.
Les cas où le conducteur était décédé plus de 4 heures après l’accident et où un prélèvement sanguin n’avait pas été fait dans les 4 heures suivant l’accident ont été exclus
Délai prescrit : de 1990 à 1999
Drogues examinées
- Benzodiazépines
- Opiacés
- Amphétamines
- Cannabinoïdes (THC ou carboxy-THC)
- Autres psychotropes
- Substances non psychotropes
- Alcool
Méthode de dépistage et moyen utilisés
Prélèvements sanguins soumis à une analyse toxicologique exhaustive
Autres variables dépendantes
Analyse de la responsabilité utilisée pour déterminer la culpabilité, basée sur les informations suivantes :
- État de la route
- État du véhicule
- Conditions atmosphériques
- Type d’accident
- Observations des témoins
- Respect du code de la route
- Difficulté de la manœuvre
- Degré de fatigue
Constatations (y compris méthodes statistiques)
Présence d’alcool – 29 %; drogue, tous types confondus – 27 %; cannabinoïdes – 14 %; opioïdes – 5 %; stimulants – 4 %; et benzodiazépines – 4 %
Sur les 1 694 conducteurs sous l’influence d’une drogue ou de l’alcool, 88 % étaient responsables de l’accident (taux chez les conducteurs abstinents : 71 %)
Rapports de cotes pour l’alcool : de 1,2 (taux d’alcoolémie <0,05 %) à 25 (taux d’alcoolémie >0,20%) et RC pour des taux d’alcoolémie supérieurs à 0,10 % tous significatifs
Lien significatif entre la détection d’une drogue (peu importe laquelle) et la culpabilité (RC=1,7)
RC les plus élevés : THC (6,6), stimulants (2,3) et autres psychotropes (3,8)
RC pour les conducteurs dépistés positifs au THC et dont le taux d’alcoolémie était de ≥ 0,05 % était 2,9 fois plus élevé que celui des conducteurs qui avaient uniquement un taux d’alcoolémie de ≥ 0,05 %
Observations
Parmi les conducteurs sous l’influence d’opiacés, 65 % avaient consommé d’autres drogues. Par conséquent, l’exclusion des conducteurs qui avaient consommé d’autres drogues a réduit la capacité de mettre en évidence un lien entre la consommation d’opiacés et la culpabilité
12. Gerostamoulos, J., P. McCaffrey, O. H. Drummer, J. Potter, M. Fitzgerald et M. Odell
« Drug prevalence in road trauma victims in Victoria », dans D.R. Mayhew et C. Dussault (éd.), Actes de la 16e Conférence internationale sur l’alcool, les drogues et la sécurité routière, Québec, Société de l’assurance automobile du Québec, 2002.
Aperçu
Rapport sur des personnes blessées dans des accidents de la route dans l’État de Victoria, Australie
Type d’étude, population(s) et fraction contrôlée
N=358 (proportion des sujets testés non spécifiée)
- Cocaïne
- Cannabinoïdes
- Opiacés
- Benzodiazépines
- Amphétamines
Méthode de dépistage et moyen utilisés
Prélèvements sanguins
Détection par dosage immunoenzymatique confirmée par des techniques chromatographiques
Autres variables dépendantes
Constatations (y compris méthodes statistiques)
- Cocaïne 2 %
- Cannabinoïdes 36 %
- Opiacés 10 %
- Benzodiazépines 14 %
- Amphétamines 12 %
Observations
Ce rapport fournit peu de détails
Il n’est pas clairement indiqué si l’échantillon était constitué de conducteurs ou plus généralement de personnes blessées dans un accident de la route et hospitalisées
13. Longo, M. C., C. E. Hunter, R. J. Lokan, J. M. White et M. A. White
« The prevalence of alcohol, cannabinoids, benzodiazepines and stimulants amongst injured drivers and their role in driver culpability - Part I: The prevalence of drug use in drivers, and characteristics of the drug-positive group », Accident Analysis and Prevention, vol. 32, no 5 (2000), p. 613-622.
Aperçu
Étude portant sur des conducteurs blessés en Australie du Sud
Type d’étude, population(s) et fraction contrôlée
2 500 conducteurs blessés en Australie du Sud dans des accidents de la route non mortels et ayant survécu pendant plus de 30 jours
Délais prescrits : d’avril à août 1995 et de décembre à août 1996
Drogues examinées (valeurs repères pour détection)
- Cannabinoïdes (40 ng/ml)
- Benzodiazépines (5 ng/ml)
- Stimulants (50 ng/ml)
- Alcool
Méthode de dépistage et moyen utilisés
Prélèvements sanguins
Renseignements sur l’accident tirés des dossiers de la police
Autres variables dépendantes
Constatations (y compris méthodes statistiques)
Au moins une drogue, y compris l’alcool, dépistée dans 23 % des cas, dans 10 % des cas si l’on exclut l’alcool
L’alcool et les cannabinoïdes sont les substances les plus souvent détectées
Taux d’alcoolémie positif dans 12 % des cas, supérieur à la limite légale (0,05 %) dans 10 % des cas
Cannabinoïdes dépistés chez 11 % des conducteurs
Les conducteurs étaient surtout de jeunes hommes
La probabilité d’un dépistage positif de drogues chez les conducteurs victimes d’accidents n’impliquant qu’un véhicule, par rapport à ceux impliqués dans des collisions entre plusieurs véhicules, est significativement plus forte
14. Parliamentary Travelsafe Committee
Drug Driving in Queensland, Legislative Assembly of Queensland, 1999.
Aperçu
Cette étude résume les constatations générales relatives à la consommation de drogue parmi les conducteurs de l’État du Queensland
Type d’étude, population(s) et fraction contrôlée
Étude documentaire
Drogues examinées (valeurs repères pour détection)
- Cannabis
- Stupéfiants
- Opiacés
- Antidépresseurs
- Stimulants
- Alcool
Constatations (y compris méthodes statistiques)
La sécurité routière est moins menacée par la conduite sous l’influence de drogues que par l’alcool au volant
Parmi les drogues les plus fréquemment dépistées chez les conducteurs mortellement blessés, on trouve notamment :
- Cannabis
- Analgésiques narcotiques
- Opiacés
- Antidépresseurs
- Stimulants
On a couramment constaté la présence de ces drogues associées à l’alcool et à d’autres drogues
Le lien entre la consommation de drogues, l’affaiblissement des facultés des conducteurs et le risque d’accident n’est pas complètement élucidé
La consommation concomitante de drogues et d’alcool augmente le risque d’accident
La consommation de benzodiazépines, de cannabis et de stimulants augmente le risque d’accident
Les jeunes et les personnes âgées sont les groupes qui présentent le plus de risques : les jeunes sont plus portés à une consommation récréative de drogues illicites et de médicaments d’ordonnance, alors que les personnes âgées sont plus susceptibles de prendre des médicaments qui leur sont prescrits
Les conducteurs professionnels font l’objet d’une attention particulière dans cette étude, car on considère qu’ils sont plus susceptibles de consommer des drogues illicites et des médicaments d’ordonnance que n’importe quelle autre catégorie d’usagers de la route
La consommation de psychostimulants par les conducteurs professionnels, afin de rester éveillés, est un problème particulièrement préoccupant
15. Potter, J.
Drugs and Driving in Australia, Sydney, Austroads, 2000.
Aperçu
Résumé des conclusions d’études effectuées en Australie sur la prévalence de certaines drogues et les risques relatifs de la conduite sous l’influence de drogues
Type d’étude, population(s) et fraction contrôlée
Étude documentaire
Drogues examinées (valeurs repères pour détection)
- Drogues licites
- Drogues illicites
- Alcool
Constatations (y compris méthodes statistiques)
Le simple dépistage de drogues parmi diverses populations de conducteurs ne permet pas de déduire une relation de cause à effet
De nombreuses drogues, lorsqu’elles sont dépistées, le sont avec l’alcool.
Le lien entre la concentration de drogues dans l’organisme des conducteurs et le risque qu’ils soient impliqués dans un accident n’est pas bien établi
Le cannabis, lorsqu’il est la seule drogue détectée, ne semble pas accroître de manière significative le risque d’accident; toutefois, dans les cas où de fortes concentrations de delta 9-THC sont détectées, en l’absence de toute autre substance, on constate une augmentation du risque (bien que ces cas soient peu nombreux)
Les facteurs médiateurs des effets qu’ont les drogues sont la maladie, la fatigue et l’humeur
La législation relative à la drogue au volant devrait être centrée sur l’affaiblissement des facultés du conducteur et non pas sur la dose absorbée
Les appareils de détection routière peuvent être très utiles pour repérer les conducteurs sous l’influence de drogues et la prévalence de certaines drogues
16. Swann, P.
« The real risk of being killed when driving whilst impaired by cannabis », dans 15th International Conference on Alcohol, Drugs & Traffic Safety, 22-26 mai 2000, Stockholm, Suède, International Council on Alcohol, Drugs & Traffic Safety, 2000.
Aperçu
Des études effectuées en Australie entre 1995 et 1998 et portant sur la prévalence du cannabis au volant sont analysées. Plus précisément, les études s’intéressent aux conducteurs chez qui la seule substance dépistée est le delta 9-THC, le principe actif des cannabinoïdes qui cause un affaiblissement des facultés
Type d’étude, population(s) et fraction contrôlée
Étude documentaire
Drogues examinées (valeurs repères pour détection)
- Cannabis
- Drogues psychotropes
- Delta 9-THC
Constatations (y compris méthodes statistiques)
Pourcentage des conducteurs ayant consommé de la marijuana : de 7à 22 % parmi ceux blessés dans un accident et de 8 à 37 % parmi ceux qui avaient été victimes d’accidents mortels
La présence de drogues illicites dans l’organisme de conducteurs ayant des facultés affaiblies, blessés ou tués dans des accidents est 15 fois plus fréquente que parmi la population générale
RC pour les drogues psychotropes était de 3,8; pour les drogues et l’alcool, 9,2; et pour le delta 9-THC, plus particulièrement, 6,4
Malgré la petite taille du groupe de conducteurs chez qui seul le delta 9-THC a été détecté, 24 des 25 conducteurs tués dans un accident en ont été jugés responsables
Les auteurs laissent entendre qu’une concentration de 11 ng/ml de THC a des effets sur tous les aspects du comportement d’un individu. Or, les doses détectées dans l’organisme des conducteurs qui avaient été tués dans un accident et qui avaient uniquement du THC dans l’organisme allaient de 38 ng/ml en 1995-1996 à 24 ng/ml en 1997-1998
Les auteurs avancent l’hypothèse que la conduite sous l’influence du cannabis, consommé seul, à hautes doses, présente un risque relativement élevé
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