ÉVOLUTION DE LA CRIMINALITÉ : ÉTAT DE LA RECHERCHE
7. RECOMMANDATIONS RELATIVES À LA RECHERCHE FUTURE
7. RECOMMANDATIONS RELATIVES À LA RECHERCHE FUTURE
7.1 Aperçu
Compte tenu des observations que nous avons déjà faites, voici les recommandations que nous formulons au sujet des recherches et des prévisions futures sur la criminalité au Canada :
- Réserver des fonds à un programme de recherche intégré visant à établir l'évolution de la criminalité, prévoir l'évolution de la criminalité ainsi que les taux de criminalité futurs et évaluer l'incidence (en termes de coûts) du crime tant dans le présent que dans l'avenir.
- Le gouvernement fédéral devrait constituer un groupe de travail multisectoriel dont le rôle serait de coordonner et/ou d'entreprendre ces recherches. Le groupe aurait pour mandat a) de promouvoir, de mener et/ou de coordonner la recherche systématique visant à anticiper la nature et la portée de la criminalité ainsi que son incidence sur la société canadienne au cours des 20 à 30 prochaines années; et b) de formuler des recommandations relativement aux politiques et aux programmes devant être mis en œuvre pour atténuer l'incidence de l'évolution de la criminalité sur la société canadienne. Ce groupe devrait aussi être chargé de promouvoir la mise en œuvre de programmes de recherche continus visant l'analyse de l'environnement dans le but de cerner les tendances et les menaces futures en matière de criminalité et d'y faire face.
- Ce groupe de travail devrait être multisectoriel et compter notamment des représentants du gouvernement, des milieux universitaires et d'organisations privées. La direction de ce comité devrait être confiée aux organismes de justice pénale (p. ex., Justice Canada, le ministère du Solliciteur général du Canada et la GRC) ainsi qu'à Statistique Canada. Les représentants de Statistique Canada devraient provenir du CCSJ ainsi que d'autres disciplines pertinentes (p. ex., l'économie, la démographie). Les milieux universitaires et le milieu des experts-conseils, pour leur part, devraient être représentés par des spécialistes de diverses disciplines, et notamment par des criminologues (spécialisés dans divers domaines comme les jeunes délinquants, les crimes avec violence, les crimes contre les biens, les crimes économiques, le crime organisé, etc.), des économistes et des économétriciens. Les participants du secteur privé devraient comprendre des représentants de l'industrie informatique, de l'industrie des télécommunications et de l'industrie de l'Internet en particulier (p. ex., Association canadienne des fournisseurs Internet), des assurances, de la sécurité privée et de la juricomptabilité.
- Le gouvernement fédéral, en collaboration avec ce groupe de travail ou par son intermédiaire, devrait mettre sur pied des mécanismes permettant d'évaluer continuellement l'incidence plus large de la nouvelle technologie sur la criminalité et le système de justice pénale. Ces mécanismes pourraient comprendre un programme visant à décourager le crime à toutes les étapes de la vie utile d'un produit. Il pourrait aussi s'agir de collaborer avec les fabricants, les détaillants et les clients à créer des produits ne posant pas de risques de sécurité. Ces recherches pourraient mener à l'adoption de mesures concrètes afin de réduire la possibilité que la nouvelle technologie soit utilisée à des fins criminelles. Il conviendrait aussi de promouvoir ces initiatives à l'échelle internationale compte tenu du fait qu'une bonne partie de la nouvelle technologie utilisée au Canada provient de l'étranger.
- Il convient d'assurer le financement des recherches de nature scientifique et technologique visant à réduire la criminalité, en particulier la criminalité dans le domaine des télécommunications.
- Ces initiatives doivent s'intégrer à des efforts accrus en vue de faire en sorte que la réduction de la criminalité soit au cœur du processus décisionnel des organismes publics et privés.
7.2 Développement d'un cadre de rechercheconceptuel
L'une des leçons qui se dégagent de cette recherche est la nécessité de déployer davantage d'efforts en vue d'anticiper les cycles futurs de la criminalité et d'y réagir. Il faudra pour ce faire élaborer et mettre en œuvre des méthodes de recherche plus rigoureuses et intégrées qui permettent de prévoir de manière plus précise la portée et surtout la nature des cycles futurs de la criminalité. Il convient de concilier l'analyse des tendances relatives à la criminalité et l'élaboration de modèles statistiques à des recherches qualitatives qui visent à établir les nouvelles cibles de l'activité criminelle ainsi que la façon dont la criminalité évoluera et influera sur la société.
S'il sera toujours permis de s'interroger sur l'exactitude des prévisions sur la criminalité, les recherches dans ce domaine peuvent joueur un rôle utile dans l'élaboration de politiques et de programmes dans le domaine de la justice pénale. Il convient de prévoir les tendances en matière de criminalité ainsi que leur incidence sur la société canadienne afin de connaître celles qui sont susceptibles d'avoir les conséquences négatives les plus grandes et d'élaborer des politiques et des programmes adéquats. Bref, ce programme de recherche intégré vise à prédire les diverses formes que peuvent prendre les tendances relatives à la criminalité ainsi que les facteurs qui influent sur la criminalité pour y faire face dans le présent et ainsi en atténuer l'incidence dans l'avenir.
On trouvera ci-dessous un graphique illustrant le cadre conceptuel d'un programme de recherche intégré, complet et systématique qui permettrait d'élaborer des politiques et des programmes axés sur l'avenir visant à atténuer la portée et l'incidence futures de la criminalité.

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