Trousse d’outils AIDE : Comment repérer les cas de violence familiale et intervenir pour les conseillères et conseillers juridiques en droit de la famille – Guide AIDE

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Guide AIDE – Comment discuter de violence familiale‍note de fin d’ouvrage 1

Prendre connaissance de l’expérience de violence familiale de votre client(e) pour orienter les avis et recommandations juridiques que vous lui donnez. L’approche du présent guide vous aidera à obtenir les renseignements dont vous aurez besoin pour votre dossier. Cette approche est conçue pour être intégrée à vos pratiques existantes.

Bien que chaque cas soit différent, l’approche globale devrait s’appuyer sur les quatre mêmes composantes (« AIDE ») :

AVOIR une discussion initiale sur la violence familiale

IDENTIFIER les risques immédiats et les préoccupations en matière de sécurité

DÉCOUVRIR davantage comment sont survenues les situations de violence familiale pour vous aider à déterminer ce qu’il convient de recommander à votre clientèle

ENCOURAGER l’adoption de mesures sécuritaires pendant toute la durée de la procédure de droit de la famille

En règle générale, il est recommandé de parler de violence familiale lors de votre première rencontre avec le(la) client(e) et de continuer d’appliquer l’approche AIDE ci-après à chacune des rencontres suivantes. Au fur et à mesure que vous établissez le lien et la confiance avec votre client(e), il se peut qu’il(elle) soit plus disposé(e) et plus apte à parler de ses expériences de violence familiale avec vous. De plus, la violence familiale est dynamique et peut changer avec le temps. Il est donc important de prendre des nouvelles de vos client(e)s durant le traitement de leur dossier.

Votre capacité à explorer les questions de violence familiale avec votre client(e) lors d’une rencontre donnée sera influencée par la complexité du dossier en droit de la famille, une évaluation réelle des coûts et du temps, et la volonté de votre client(e) d’engager des discussions. Là encore, l’approche AIDE se veut une approche souple. Cependant, il est important de se rappeler que ce que vous apprenez sur les expériences de violence familiale de votre client(e) peut avoir une incidence sur de nombreux aspects du dossier en droit de la famille.

Conseils pour une communication sûre et efficace

Vous trouverez ci-dessous quelques conseils importants pour vous aider à discuter de la violence familiale avec votre client(e) d’une façon sécuritaire, sensible et efficace. De plus, l’onglet 6 : Conseils pour discuter avec votre client(e) fournit des conseils supplémentaires, notamment sur la manière d’engager des discussions avec vos client(s) par courriel ou par d’autres moyens de communication virtuelle.

« A » : Avoir une discussion initiale sur la violence familiale

La première discussion au sujet de la violence familiale peut se faire de diverses manières. Par exemple :

Peu importe comment vous le faites, n’oubliez pas de laisser votre client(e) mener la discussion. Adaptez votre approche à la situation particulière de chacun(e) de vos client(e)s.

Les premières rencontres avec les client(e)s peuvent ne pas être assez longues pour une discussion approfondie sur la violence familiale, et votre client(e) peut ne pas être prêt(e) à en parler. Il est essentiel d’établir un lien de confiance avec vos client(e)s. En outre, la partie « A » de l’approche consiste à recueillir suffisamment de renseignements pour vous permettre de repérer tout indicateur de violence familiale ou toute révélation que vos client(e)s sont prêt(e)s à faire, afin que vous puissiez mieux répondre aux préoccupations immédiates en matière de risque et de sécurité. Parler de la violence familiale est un processus qui se déroule sur plusieurs rencontres avec votre client(e).

A.1 Si votre client(e) révèle dès le départ que des actes de violence familiale ont été commis

Certain(e)s client(e)s peuvent vous faire part de leurs expériences lors de votre première rencontre, ou même en parler au personnel de votre bureau lorsqu’ils prennent rendez-vous. Ces client(e)s ont peut-être déjà écrit leurs expériences ou identifié des preuves de comportements violents, ou votre personnel a peut-être pris des notes. Vous pouvez toujours suivre l’approche AIDE, en utilisant les renseignements dont vous disposez comme point de départ de la discussion.

A.2 Si non, comment commencer – Posez des questions générales sur les relations familiales

Souvent, vos client(e)s ne parleront pas immédiatement de leurs expériences, et vous devrez aborder le sujet de la violence familiale. C’est habituellement une bonne idée de commencer une discussion au sujet de la violence familiale en posant des questions générales sur les relations familiales. Par exemple :

A.3 Si vous prenez conscience d’indicateurs éventuels de violence familiale

Vous pourriez prendre conscience de possibles indicateurs de violence familiale en posant des questions sur d’autres sujets, par exemple en demandant comment le couple prend les décisions concernant leurs enfants ou gère les finances de la famille.

Un(e) client(e) peut révéler de l’information qui laisse croire que l’ex-partenaire exerce un contrôle coercitif sur lui(elle), par exemple en ne le laissant pas voir sa famille ou ses ami(e)s, en ne lui donnant pas accès à son propre compte bancaire ou en l’empêchant de pratiquer sa religion. Cette information peut servir de point de départ à une discussion sur la violence familiale.

Les victimes pourraient présenter ou décrire d’autres indicateurs possibles de violence familiale, notamment :

Voir l’onglet 9 : Questions sur des formes précises de violence familiale pour obtenir plus d’indicateurs de violence familiale.

Il peut s’avérer difficile d’interpréter les indicateurs de violence familiale, car votre client(e) peut présenter certains indicateurs sans jamais avoir été victime de violence. Par exemple, si un(e) client(e) handicapé(e) présente des indicateurs éventuels de violence familiale, il peut être difficile de discerner si ces indicateurs sont liés à de la maltraitance, à des expériences de dévalorisation ou au handicap lui-même‍note de fin d’ouvrage 4.

Si vous observez de possibles indicateurs de violence familiale, vous souhaiterez peut-être vous en servir comme transition pour poser des questions sur la violence familiale. Commencez par poser des questions sur divers types de comportement. Par exemple :

Si les réponses à ces questions révèlent des indicateurs possibles de violence familiale, vous pouvez commencer à poser des questions plus directes :

A.4 Poser des questions directes sur la violence familiale

Il existe plusieurs manières différentes de présenter le sujet de la violence familiale. Par exemple, vous pouvez reconnaître qu’il s’agit d’un sujet difficile, mais que vous l’abordez avec tous vos client(e)s.

Pour aider votre client(e) à comprendre ce que vous entendez par « violence familiale », vous pouvez lui présenter une définition, notamment celle énoncée dans la Loi sur le divorce. Par exemple :

La violence familiale prend la forme de nombreux types différents de comportements et d’expériences. Il ne s’agit pas seulement de violence physique ou de mauvais traitements corporels, mais également de violence psychologique, d’abus sexuels, d’exploitation financière, de harcèlement et de traque. Il peut également s’agir de menaces de tuer une personne ou un animal (par exemple un animal de compagnie) ou de lui causer des lésions corporelles.

Pour m’aider à mieux comprendre votre situation et pour vous donner les meilleurs conseils, j’aimerais vous poser quelques questions sur la violence familiale. Vous pouvez prendre du temps pour y réfléchir si vous en ressentez le besoin. Nous pouvons y revenir plus tard au courant de la présente rencontre ou un autre jour. »

Si votre client(e) manifeste sa volonté de poursuivre la discussion sur la violence familiale et qu’il reste suffisamment de temps à votre rencontre pour permettre cet échange, vous pouvez poser quelques questions pour essayer de déterminer s’il y a de la violence familiale. Il peut être utile de donner des exemples de comportement, car votre client(e) peut ne pas percevoir ses propres expériences comme étant de la maltraitance. Si votre client(e) indique qu’il(elle) a été victime d’un comportement qui pourrait être de la violence familiale, demandez-lui de vous le décrire. Voici quelques exemples de questions initiales que vous pourriez poser‍note de fin d’ouvrage 5 :

Voir l’onglet 9 : Questions sur des formes précises de violence familiale pour des questions plus pointues que vous pourriez poser, si vous en avez le temps, lors de cette première rencontre ou lors de rencontres ultérieures.

Donnez à votre client(e) du temps pour réfléchir et prévoyez suffisamment de temps pour les réponses. Cela peut entraîner des silences gênants. N’oubliez pas que c’est peut-être la première fois que votre client(e) se fait poser ces questions.

A.5 La violence familiale est soupçonnée, mais pas divulguée

Si vous soupçonnez l’existence de violence familiale, mais qu’elle n’a pas été divulguée, vous devez respecter l’autonomie de votre client(e). Reconnaissez qu’il existe de nombreuses raisons pour lesquelles votre client(e) pourrait ne pas vous révéler ses expériences. Voir l’onglet 1 : Raisons pour lesquelles votre client(e) pourrait ne pas révéler ses expériences de violence familiale. N’oubliez pas de revenir sur le sujet de la violence familiale avec votre client(e) lors des rencontres suivantes, car il(elle) pourrait être prêt(e) à faire des révélations une fois que la confiance et les liens seront renforcés. De plus, c’est une bonne pratique de poser des questions sur les risques et les problèmes de sécurité, même si le(la) client(e) n’a pas divulgué de violence familiale. Voir la Section I du Guide AIDE.

A.6 Comment réagir à une divulgation

Il est important de manifester votre ouverture aux signes de détresse de votre client(e), par exemple s’il ou si elle pleure. Vous pouvez le faire en :

Si le(la) client(e) était accompagné(e) d’une personne de soutien, vous pouvez proposer de sortir et demander à cette personne de venir rejoindre le(la) client(e) à partir de la salle d’attente. Si le(la) client(e) est trop bouleversé(e) pour continuer, vous pouvez lui parler de services de soutien offerts et proposer de reporter le reste du rendez-vous. Sachez que, même s’il ou si elle a fait une révélation, votre client(e) n’est peut-être pas encore prêt(e) à vous faire part de détails spécifiques sur ses expériences.

Soyez reconnaissant(e) de la confiance que le(la) client(e) vous accorde et de sa volonté de parler de ces questions difficiles et évitez de porter un jugement. Même si vous pouvez dénoncer les comportements, évitez de vilipender l’autre partie. Remerciez le(la) client(e) de vous avoir confié cette information, dites-lui que ses sentiments sont légitimes et assurez-lui qu’il(elle) n’est pas en faute.

Ne lui promettez pas que tout ira bien. Toutefois, aidez-le(la) à comprendre qu’il(elle) peut prendre des mesures pour obtenir de l’aide, notamment pour assurer sa protection et celle de ses enfants. Par exemple :

« I » : Identifier les risques immédiats et les préoccupations en matière de sécurité

Lorsqu’un(e) client(e) entre en contact avec un(e) conseiller(ère) juridique en droit de la famille, cela peut augmenter son risque de violence ou aggraver la violence. Comme il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un(e) client(e) peut ne pas vous révéler d’emblée ses expériences de violence familiale, il est bon de lui poser des questions sur sa sécurité, peu importe qu’il(elle) ait ou non révélé quelque chose. Discutez avec votre client(e) des questions de sécurité entourant les actions en justice ou autres.

I.1 Soyez à l’affût des indicateurs d’un risque accru de violence continue ou de violence mortelle

Bien que la violence ou les homicides familiaux ne soient pas toujours prévisibles, certains facteurs de risque ressortent systématiquement des études et des travaux de recherche sur les homicides. Voici les indicateurs de risque accru de violence imminente‍note de fin d’ouvrage 6.

Risque de violence continue Risque d’une issue fatale
  • Caractéristiques liées à des actes de violence et de maltraitance antérieurs de nature émotionnelle, financière, physique ou sexuelle à l’endroit des membres de la famille
  • Violence sexuelle
  • Contrôle financier assorti de violence
  • Violence émotionnelle et psychologique liée à la coercition ou au contrôle
  • Déclaration de culpabilité antérieure pour acte de violence
  • La mesure dans laquelle la violence est récente
  • Actes de maltraitance et de violence à l’endroit d’autres membres de la famille, d’anciens partenaires intimes et de membres du public
  • Escalade de la fréquence et de la gravité des actes de violence et de maltraitance
  • Caractéristiques de violence généralisée à l’endroit de membres non apparentés
  • Formes de liaison émotionnelles ou psychologiques qui relèvent du contrôle et de l’obsession (p. ex., surveillance, harcèlement criminel ainsi que possessivité et jalousie de hauts niveaux)
  • Défaut de se conformer à des ordonnances de non-communication, de pension alimentaire et à d’autres ordonnances judiciaires ou encore abandon des programmes d’intervention en matière de violence conjugale
  • Crainte de l’agresseur par la victime
  • Mode de vie instable (par exemple, emplois erratiques ou refus d’assumer des responsabilités familiales)
  • Toxicomanie (alcool ou drogue)
  • Séparation, plus particulièrement pour les femmes
  • Accès à des armes, plus particulièrement à des armes à feu
  • Chômage
  • Séparation en cours ou à venir (pour les femmes victimes)
  • Actes de violence conjugale antérieurs, plus graves et plus fréquents
  • Présence d’enfants au sein du foyer familial, en particulier ceux qui ne sont pas les enfants biologiques du parent violent
  • Menaces de mort
  • Tentative de strangulation (étranglement)
  • Tendance suicidaire et tentatives de suicide
  • Harcèlement criminel et contrôle
  • Rapports sexuels sous contrainte et violence sexuelle
  • Crainte de la victime d’être tuée
  • Contrôle et formes obsessives de lien psychologique (p. ex. une jalousie possessive de niveaux élevés)
  • Menace(s) armée(s)
  • Actes de violence perpétrés au cours de la grossesse
  • Changements importants dans la vie de l’auteur de la violence

Sachez que le risque encouru par une victime est aggravé lorsque plusieurs des facteurs de risque ci-dessus sont présents. Notez que la strangulation ou l’étranglement sont fortement associés aux homicides familiaux.

I.2 Posez des questions sur les risques et la sécurité

Bien que les conseiller(ère)s juridiques ne soient pas formé(e)s pour effectuer une évaluation des risques réelleNote de bas de page ii, nous vous recommandons de poser quelques questions d’ordre général sur les risques et la sécurité de votre client(e) afin de voir si vous devez le(la) diriger vers des services qui pourraient assurer sa sécurité.

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de questions qui peuvent être intégrées dans votre discussion avec le(s) client(e)(s); toutefois, elles ne devraient pas être posées comme s’il s’agissait d’une liste de contrôle‍note de fin d’ouvrage 7. N’oubliez pas de garder les facteurs de risque à l’esprit lorsque vous interrogez votre client(e) sur sa sécurité et les risques auxquels il(elle) fait face.

I.3 Intervenez en cas de danger imminent

Si un(e) client(e) répond par l’affirmative à toute question concernant les risques imminents et les problèmes de sécurité, envisagez de prendre les mesures de suivi importantes qui suivent :

1. Vérifiez auprès de votre client(e) s’il ou si elle a un plan pour assurer sa sécurité avant qu’il(elle) quitte votre bureau.

Encouragez votre client(e) à demander une aide spécialisée pour évaluer le niveau de danger auquel il(elle) fait face. Les client(e)s peuvent s’adresser aux divers services de lutte contre la violence familiale, tels qu’un(e) avocat(e) spécialisé(e) ou des services d’aide aux victimes.

Ces entités ont l’expérience nécessaire pour soutenir les victimes en situation de crise et peuvent aider votre client(e) à résoudre ses problèmes de sécurité.

Voir l’onglet 10 : Planification de la sécurité.

2. Dans certains cas, votre client(e) devrait communiquer avec les services de protection de l’enfance ou la police.

Il peut être utile pour votre client(e) de vous parler, de parler à un(e) autre conseiller(ère) juridique ou à une personne défendant les droits des victimes de violence pour comprendre les divers aspects liés à l’intervention de la police ou des services de protection de l’enfance. Voir la section RJ.4.2 du Guide de réponse juridique et l’onglet 11 : Ce que les client(e)s doivent savoir pour communiquer avec la police.

3. Discutez de la possibilité de demander une ordonnance de protection ou de non-communication.

Voir la section RJ.1.3 du Guide de réponse juridique.

4. Déterminez des stratégies de communication sécuritaires avec votre client(e).

5. Marquez clairement les fichiers avec des limites sur la façon dont vous pouvez communiquer avec votre client(e)

C’est une bonne idée de créer un formulaire de communication décrivant les préférences du client(e) pour communiquer avec lui(elle) de façon sécuritaire. Ce formulaire aidera le personnel de votre bureau à éviter les communications accidentelles auxquelles l’ex-partenaire peut accéder (p. ex. une facture envoyée par courrier lorsque le(la) client(e) a dit qu’aucun courrier ne devrait lui être envoyé).

I.4 Orienter les client(e)s

Si vous soupçonnez l’existence de violence familiale ou que votre client(e) vous en a divulgué l’existence, il est important que vous obteniez certains renseignements pour déterminer les types de services de soutien dont votre client(e) pourrait avoir besoin immédiatement. Par exemple, vous voudrez peut-être demander à votre client(e) si lui(elle) ou ses enfants ont des besoins immédiats, notamment un endroit sûr où rester.

Une fois que vous avez une meilleure idée de la situation de votre client(e), vous pouvez faire des suggestions sur la manière dont il(elle) peut recevoir l’aide dont il(elle) a besoin. Les principaux services en matière de sécurité et de représentation peuvent inclure :

Tenez compte du fait que les besoins de votre client(e) peuvent varier en fonction de ses caractéristiques (p. ex. son genre, ses origines ethnoculturelles). Vous devriez également évaluer d’autres besoins de votre client(e), tels que les coûts, le transport, la langue, l’accessibilité et l’accès aux services de garde. Il est important d’éviter de faire des suppositions sur vos client(e)s en fonction de leurs caractéristiques; demandez à vos client(e)s leur préférence en matière d’orientation vers des services. Voir l’onglet 12 : Orienter les client(e)s.

I.5 Si votre client(e) retourne avec son ex-partenaire

De nombreuses victimes de violence familiale tentent plus d’une fois de mettre fin à leur relation avec leur agresseur(se). Certains retourneront auprès de leur agresseur(se) plusieurs fois‍note de fin d’ouvrage 8. Les raisons sont alors nombreuses et variées (p. ex. l’expression de remords par l’ex-partenaire, l’attachement émotionnel continu à la relation, les besoins économiques, la peur de perdre les enfants, la peur des représailles).

Il se peut aussi que votre client(e) n’ait pas encore quitté son agresseur(se).

Pour ces client(e)s, il sera important de les orienter vers des services communautaires et d’autres ressources qui peuvent les aider à planifier leur sécurité.

« D » : Découvrir davantage comment sont survenues les situations de violence familiale pour vous aider à déterminer ce qu’il convient de recommander à votre clientèle

Recueillir d’autres renseignements sur les expériences de votre client(e) vous aidera à déterminer quels types de mécanismes et de recours en droit de la famille seraient sécuritaires et appropriés. Il est probable que, dans la plupart des cas, vous devrez recueillir ces renseignements au cours de plusieurs rencontres en raison de contraintes de temps, du niveau de confort du(de la) client(e) et de sa capacité à entrer dans les détails. Rappelez-vous que vous devriez revenir sur la question de la violence familiale avec votre client(e) tout au long de la cause en droit de la famille, qu’il y ait eu ou non divulgation lors de la première rencontre.

Une fois que votre client(e) a révélé être victime de violence familiale, vous pouvez lui expliquer pourquoi il est important de recueillir des renseignements plus détaillés. Par exemple :

L’ onglet 9 : Questions sur des formes précises de violence familiale présente des exemples de questions que vous pourriez poser pour chacune des formes de violence familiale suivantes :

Lorsque vous posez des questions sur les différentes formes de violence familiale, vous devez recueillir de l’information sur la gravité, la fréquence, la durée et l’incidence de la violence familiale; ces renseignements influeront sur les conseils que vous donnez. Il est également important de rechercher des schémas de comportement, en particulier un comportement coercitif et dominant.

Après avoir posé des questions au sujet des différentes formes de violence familiale en fonction de l’information fournie par votre client(e), il est important de lui demander si son ex-partenaire l’a blessé(e) d’autres manières que vous n’avez pas abordées. Par exemple :

Il peut également être important de poser des questions sur la violence familiale perpétrée par des membres de la famille élargie. Par exemple, vous devriez établir si :

Dans le cadre de vos discussions au sujet de la violence familiale, votre client(e) pourrait vous confier qu’il(elle) a eu des comportements violents. Voir l’onglet 4 : Représentation d’un(e) client(e) qui a peut-être eu recours à la violence familiale.

« E » : Encourager l’adoption de mesures sécuritaires pendant toute la durée de la procédure de droit de la famille

La violence familiale peut être imprévisible, et les risques peuvent persister, augmenter ou changer tout au long du dossier en droit de la famille. Il est important de faire le point avec votre client(e) relativement aux risques imminents et aux problèmes de sécurité. Vous devez également continuer d’être à l’affût des signes de violence et de maltraitance. Par exemple, si vous n’avez pas de nouvelles d’un(e) client(e) qui, d’ordinaire, répond rapidement à vos courriels, vous voudrez peut-être vérifier auprès de lui ou d’elle que tout va bien. Il importe également de planifier en vue des périodes de risque accru.

E.1 Vérifiez auprès des client(e)s si leur sécurité est menacée ou s’il y a eu une escalade de la violence familiale

Comme il a été mentionné précédemment, il est bon de vérifier auprès de votre client(e) s’il ou si elle a l’impression que sa sécurité est menacée ou s’il y a un risque que la violence s’intensifie, et ce, tout au long du traitement de son dossier. Il se peut qu’il(elle) soit victime de nouvelles formes de violence familiale ou que les actes de violence qu’il(elle) subit se soient aggravés, ou qu’il(elle) soit prêt(e) à vous parler d’événements passés.

Il ne vous faudra pas beaucoup de temps pour vérifier que vos client(e)s vont bien. En leur posant quelques questions, vous pourriez découvrir de l’information pertinente. Voici des exemples de questions que vous pourriez leur poser :

E.2 Risques liés au processus en droit de la famille

La séparation présente un risque accru de violence familiale, y compris de violence mortelle. De plus, la consultation de conseiller(ère)s juridiques et le processus en droit de la famille en soi peuvent augmenter les risques. Par exemple :

Vous pouvez aider votre client(e) à comprendre et à réduire les risques liés au processus en droit de la famille. De plus, vous pouvez l’encourager à communiquer avec les services de soutien de sa communauté pour élaborer un plan de sécurité. Voir l’onglet 10 : Planification de la sécurité.

E.3 Planification de la sécurité pour vous et le personnel de votre bureau

Lorsqu’il est question de risque immédiat à l’égard de votre client(e) et de préoccupations pour sa sécurité, examinez les mêmes éléments pour vous et le personnel de votre bureau.

Les points suivants peuvent vous aider à évaluer le risque pour vous et votre personnel‍note de fin d’ouvrage 9 :

Avez-vous mis en place pour vous et votre personnel un plan de sécurité qui porte sur la sécurité au bureau, à la maison et en d’autres lieux comme le palais de justice?

Voici d’autres pratiques à suivre :

E.4 Prenez soin de vous

Lorsqu’un(e) conseiller(ère) juridique travaille avec des client(e)s qui ont vécu un traumatisme causé par la violence familiale, le traumatisme peut aussi avoir des répercussions sur le(la) conseiller(ère) juridique.

Les répercussions de l’exposition à ce traumatisme ont des effets cumulatifs qui peuvent se manifester de différentes manières. Voici quelques stratégies d’adaptation négatives que vous devriez connaître :

Il est important que vous soyez attentif à la manière dont vos cas de violence familiale vous touchent. Il peut être utile de :

Vous trouverez ci-dessous des exemples de ressources en ligne qui pourraient vous être utiles.

Association du Barreau canadien :

Canadian Lawyer Magazine :

Pour obtenir de l’information sur les ressources en matière de bien-être qui sont à votre disposition, veuillez communiquer avec votre barreau.