Partie 2 : Conclusion

1. Des services essentiels d’accompagnement et de soutien

Les renseignements présentés dans le tableau donnent un aperçu ciblé de l’éventail de l’aide et des services fournis par les organismes à but non lucratif qui œuvrent sur le terrain auprès de la population du Canada. Ces organismes soutiennent les personnes qui cherchent un logement, de l’aide au revenu, un plan de sécurité, un permis ou un statut pour vivre et travailler ou étudier au Canada, ou qui ont d’autres besoins. Ils aident les membres de la communauté qui sont confrontés à des défis ou à des problèmes dans ces domaines — par exemple, lorsqu’ils sont menacés d’expulsion, lorsque leur demande d’assurance-emploi a été refusée ou lorsque le processus de demande d’un permis de travail est complexe.

Quel que soit le secteur dans lequel ils travaillent ou les communautés particulières auxquelles ils s’adressent, la plupart des organismes mentionnés dans le tableau fournissent de l’aide dans plusieurs domaines. Fait à noter, la plupart des organismes offrent une aide au logement et à l’accès à l’aide au revenu ou à d’autres prestations. Il n’y a là rien de surprenant, car il s’agit de besoins courants des personnes à faible revenu qui se tournent vers les organismes communautaires pour obtenir de l’aide.

Une autre façon d’envisager l’aide fournie par les organismes mentionnés dans le tableau est la nature « enveloppante Â» ou globale de leurs services. L’aide offerte ne concerne pas seulement une question ou un domaine, mais répond plutôt à la situation particulière du client et à ses besoins multidimensionnels.

Par exemple, les femmes victimes de violence de la part d’un partenaire intime veulent généralement être en sécurité et pouvoir continuer à vivre avec leurs enfants et subvenir aux besoins de ceux-ci et à leurs propres besoins. Leur situation peut soulever des questions relatives à la planification de la sécurité, au besoin d’un logement pour elles-mêmes et leurs enfants, et à l’aide au revenu. Les organismes mentionnés dans le tableau qui soutiennent les femmes victimes de violence d’un partenaire intime fournissent des services dans tous ces domaines.

Un autre point commun à tous les organismes mentionnés dans le tableau est leur volonté d’aider les membres de la communauté à répondre à leurs besoins ou à atteindre leurs objectifs. Le site web de ces organismes comporte des descriptions du soutien qu’ils apportent aux membres de la communautéNote de bas de page 10. Le personnel de ces organismes ne cherche pas à intervenir à la place des clients et à prendre en charge ces derniers, il les aide plutôt à s’orienter et à faire leurs propres démarches. Les organismes cherchent à donner à leurs clients les moyens d’agir et d’être autonomes. 
Le rôle important d’intermédiaire que jouent les organismes communautaires — en mettant les clients en contact avec des services de logement, d’aide au revenu, de soins de santé ou d’aide juridique, des refuges et d’autres services communautaires et juridiques — est un autre exemple du soutien qu’ils apportent.

2. Valoriser et soutenir ce travail

Ce travail essentiel fait partie de l’écosystème de la « justice informelle Â» qui existe dans le monde entier. Le mouvement mondial de soutien à la « justice coutumière et informelle Â» (traduction) prend de l’ampleur.

Le présent rapport se fonde sur des recherches effectuées antérieurement qui décrivent et analysent le rôle des travailleurs communautaires en Ontario et dans d’autres régions du Canada pour aider les gens à résoudre leurs problèmes liés au droitNote de bas de page 11. Comme le montrent le présent rapport et les rapports précédents, le Canada compte un secteur dynamique et diversifié d’organismes communautaires qui fournissent cette aide.

Pourtant, ce type d’aide reste largement méconnu, en particulier dans le secteur juridique officiel. Il ne fait aucun doute que cela s’explique en partie par le manque de clarté sur ce qui constituerait une plus grande reconnaissance et sur la manière dont une telle reconnaissance ferait progresser l’accès à la justice. Cela signifierait-il plus de financement? Plus de formation? Plus de partenariats avec les professionnels du droit? Moins d’attention — ou même un soutien proactif — de la part des autorités de réglementation du secteur juridique, dont certains aimeraient faire en sorte que l’aide juridique ne soit fournie que par des professionnels du droit qu’ils ont agréésNote de bas de page 12?

Une meilleure reconnaissance et un soutien accru pourraient prendre diverses formes. Le domaine est complexe, mais très prometteur. Nous pensons qu’il est nécessaire de poursuivre la recherche et la réflexion.

Des discussions et des recherches préalables sont nécessaires pour explorer la manière dont un groupe de travail national pourrait être formé afin d’examiner de plus près ce type de travail et la manière dont il peut être soutenu et favorisé. (Nous soulignons que la participation d’un échantillon représentatif d’organismes communautaires serait essentielle au projet). Comment ce travail peut-il être mieux reconnu et soutenu dans le cadre de l’écosystème de la justice au Canada? À quoi ressemblerait la reconnaissance et quelle différence cela ferait-il pour les personnes qui ont des problèmes liés au droit? Quels sont les obstacles à une reconnaissance et à un soutien accrus?

Il s’agit-là de grandes questions, mais même une démarche de base — réunir des personnes intéressées qui représentent la diversité des services offerts dans les collectivités du Canada — serait un bon point de départ.

CLEO remercie le ministère de la Justice du Canada pour les fonds qu’il a alloués relativement au présent projet. Nous remercions également nos collègues des organismes de VIJ de tout le pays pour leurs suggestions et leur soutien.