Annexe D – Approches autochtones en matière d’évaluation par JoLee Sasakamoose
Introduction
Le but du présent document est de souligner les considérations clés dans la conception et la mise en œuvre de méthodes d’évaluation autochtones pour les programmes de services aux victimes.
Terminologie
Le mot « autochtone » est utilisé tout au long du présent document comme un terme englobant pour désigner les Premières Nations et les pratiques qui sont distinctes des visions du monde coloniales de la culture occidentale dominante. Plus précisément, au Canada, il existe trois groupes autochtones : les Premières Nations, les Métis et les Inuits, et au sein de ces groupes se trouve une multitude de nations et de communautés distinctes et diversifiées. En utilisant le terme autochtone, le document présente des lignes directrices qui peuvent être adaptées au travail auprès des communautés autochtones du monde entier; cependant, il est impératif qu’il y ait une sensibilisation à la culture locale afin que l’on évite de supposer que toutes les nations autochtones sont les mêmes. De plus, nous utiliserons les termes Premières Nations, Inuits, Métis et Autochtones tout au long du texte, car nous avons adopté les termes utilisés par les auteurs de la littérature pour ne pas occulter les différences qui pourraient exister entre les ouvrages cités en référence.
Mise en contexte
On a réclamé des interventions adaptées à la culture qui tiennent compte des valeurs, des normes, des croyances et des pratiques d’un groupe cible dans la conception, la prestation et l’évaluation des programmes (Resnicow, Soler, Braithwaite, Ahluwalia et Butler, 2000). Les stratégies de conception, de prestation et d’évaluation des programmes qui soutiennent les clients des services d’aide aux victimes autochtones doivent également contribuer à atténuer les graves répercussions de la colonisation sur les familles et les communautés (Mussell, Cardiff et White, 2004). En situant les taux élevés de violence, de toxicomanie et de pauvreté vécus par les familles autochtones dans le contexte approprié des politiques de colonisation et d’assimilation, les évaluateurs peuvent se concentrer sur la résilience dont ces personnes ont fait preuve. Dans ce contexte, on peut voir que la suppression et l’élimination délibérées de la culture et de la tradition ont conduit à un traumatisme intergénérationnel, dont les séquelles sont visibles aujourd’hui dans les niveaux accrus de problèmes sociaux et de santé mentale observés dans de nombreuses communautés autochtones (Elias, B., Mignone, Hall, Hong, Hart et Sareen, 2012; Esquimaux Wesley et Smolewski, 2004; Kirmayer, Simpson et Cargo, 2003). Le présent document décrira le contexte historique et actuel de la recherche sur l’évaluation autochtone, fournira une justification de l’utilisation des méthodes et de l’éthique autochtones, déterminera un cadre décolonisé pour la recherche et l’évaluation et fournira des options de décolonisation exploitables pour l’élaboration et la mise en œuvre de l’évaluation.
Les peuples autochtones et les chercheurs ont travaillé avec diligence au cours des dernières années afin de mettre au point des modèles et des cadres théoriques décolonisants qui privilégient les méthodologies et les modes de connaissance autochtones en faisant une place aux pratiques occidentales fondées sur des données probantes (Snowshoe et Starblanket, 2016; Kovach, Carriere, Montgomery, Barrett et Gilles, 2015; Sasakamoose et Pete, 2015; Wilson, 2009; Waziyatawin et Yellowbird, 2005; Kirmayer, Simpson et Cargo, 2003). La décolonisation, autrefois considérée comme une cession officielle des instruments de gouvernement, est désormais reconnue comme un processus à long terme exigeant le dessaisissement bureaucratique, culturel, linguistique et psychologique du pouvoir colonial (Smith, 2012).
[traduction]
La décolonisation suppose le démantèlement des structures qui perpétuent le statu quo, la définition du problème des discours dominants et la lutte contre la dynamique de pouvoir déséquilibrée. Par ailleurs, la décolonisation consiste à valoriser et à revitaliser les connaissances et les approches autochtones et à éliminer les préjugés ou les hypothèses des colons qui ont eu une incidence sur les manières d’être autochtones. La décolonisation exige de changer nos cadres de référence par rapport aux connaissances que nous détenons; d’examiner comment nous sommes arrivés à une telle connaissance; et de considérer ce que nous devons faire pour changer les idées fausses, les préjugés et les hypothèses sur les peuples autochtones (Antoine, Mason, Mason, Palahicky et Rodriguez de France, [non daté], p. 4).
La théorie de la sensibilité culturelle autochtone (ICRT) (Sasakamoose, Bellegarde, Sutherland, Pete et McKay-McNabb, 2017) est un cadre décolonisant et pouvant s’adapter au milieu, utilisé pour soutenir l’élaboration du programme et son évaluation ultérieure. Comprendre le cadre permettra au praticien de prendre des mesures concrètes visant à créer un processus d’évaluation qui cherche à améliorer les programmes pour les participants en fonction de leurs besoins. Le cadre de l’ICRT comprend les facteurs contextuels importants (historiques, sociaux, culturels et environnementaux) pour mettre à profit les connaissances, les méthodologies et les cadres de participation autochtones. Ce cadre a vu le jour car il existe un besoin reconnu d’une base de données probantes améliorée servant de fondement pour mesurer le changement systémique. Des changements adaptés à la culture s’imposent dans les systèmes qui influent sur les déterminants sociaux du bien-être (par exemple, le revenu, l’éducation, la santé, la recherche, la gouvernance, la justice), et les disparités ne seront pas corrigées à moins que ceux qui pratiquent au sein de ces systèmes n’adoptent un paradigme de sensibilité culturelle autochtone (FSIN, 2013). La sensibilité culturelle fait référence aux services qui sont respectueux et pertinents eu égard aux croyances, aux pratiques, à la culture et aux besoins linguistiques de diverses populations et communautés de clients (Rural and Regional Health and Aged Care Services, 2009). La sensibilité culturelle comprend la capacité de répondre aux problèmes de diverses communautés et nécessite des connaissances et des capacités à différents niveaux d’intervention : systémique, organisationnel, professionnel et individuel.
La sensibilité culturelle reconnaît que les pratiques et politiques coloniales continueront de nuire à moins que les évaluateurs ne mettent au premier plan la terre, la langue et les pratiques culturelles propres aux personnes pour lesquelles ils sont censés travailler (Sasakamoose, Bellegarde, Sutherland, Pete, & McKay McNabb, 2017; Whitbeck, 2006). Toute tentative d’améliorer le bien-être mental, émotionnel, spirituel ou physique des Autochtones doit comprendre la coparticipation des membres de la communauté pour lesquels les interventions ou les programmes sont conçus (Snowshoe et Starblanket, 2016; Organisation nationale de la santé autochtone [ONSA], 2007). Lorsque l’obligation de consulter les peuples autochtones est respectée et qu’un modèle autochtone de sensibilité culturelle est mis en œuvre, les évaluateurs peuvent influencer le changement dans les domaines qui touchent les peuples autochtones (Snowshoe et Starblanket, 2016; FSIN, 2013; Reading et Wein, 2009). Nous reconnaissons que les nations autochtones ont des connaissances, des croyances et des traditions sacrées distinctes et que chaque communauté ou population individuelle adaptera localement ce cadre à ses propres manières de savoir. Les avantages de l’élaboration de programmes et de la recherche d’évaluation adaptés à la culture comprennent l’accès et l’équité pour tous; l’amélioration de la communication et de la compréhension entre les clients et les fournisseurs, ce qui favorise un meilleur respect du programme recommandé, une réduction des erreurs, une satisfaction améliorée, la sécurité des clients et l’assurance de la qualité et une meilleure utilisation des ressources (Stewart, 2006).
Répercussions éthiques de la recherche et de l’évaluation autochtones
Un travail considérable a été entrepris afin que l’on puisse exprimer clairement des pratiques éthiques et respectueuses de la recherche et de l’évaluation auprès des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Du point de vue des Premières Nations, des Métis et des Inuits, les préoccupations au sujet de la recherche comprennent la réticence de la recherche ancienne à aborder les problèmes des systèmes et structures sociaux historiques qui contribuent à la marginalisation actuelle des peuples autochtones. Lorsque les évaluateurs ne tiennent pas compte de l’un de ces domaines dans la conception du processus d’évaluation, il est plus probable que les préjugés contre les connaissances autochtones aient une incidence sur le produit final (Ermine, Sinclair et Jeffrey, 2004). Sans une formation appropriée, les évaluateurs conçoivent à partir de perspectives axées sur les lacunes qui se concentrent sur les problèmes liés aux résultats plutôt que sur les problèmes sociaux ou structurels qui sous-tendent la situation des peuples autochtones (Smith, 1999). Les perspectives occidentales de la recherche sont axées sur les problèmes, tandis que les perspectives autochtones sont axées sur les atouts et les solutions (Sasakamoose et coll., 2017; Crooks, Snowshoe, Chiodo et Brunette Debassige, 2013).
Pour soutenir une vision du monde autochtone dans un cadre d’évaluation, les éléments suivants doivent être présents : les protocoles culturels communautaires sont compris et respectés; le processus d’évaluation repose sur l’établissement d’une relation de confiance et de respect; les problèmes importants sont cernés et résolus; et les valeurs politiques, sociales et culturelles des communautés ou des populations sont intégrées dans la méthodologie (Kovach et coll., 2015; Steinhauer, 2002; Smith, 1999). Les points de vue des membres de la communauté doivent être pris en considération et inclus dans la préparation de documents et de rapports, comme les comptes rendus d’événements historiques et de cérémonies culturelles (Swisher et Tippeconnic, 1999). L’évaluation des programmes doit être conçue en fonction de programmes améliorés pour les participants, selon leurs besoins. L’avenir d’une évaluation de programme adaptée à la culture comprendra la production de connaissances, de méthodologies et de cadres de participation autochtones. De plus, il est important que les peuples autochtones participent à la production de la recherche plutôt que de simplement participer en tant que sujets de la recherche (Swisher et Tippeconnic, 1999).
La mesure du rendement et l’évaluation partagent souvent les mêmes méthodologies que la recherche en sciences sociales, mais les intervenants ont généralement un intérêt plus direct à l’égard des résultats d’une évaluation. L’évaluation est caractérisée comme se concentrant sur la production de connaissances pratiques pour une utilisation immédiate par les clients en vue d’une décision ou d’un objectif précis; tandis que la recherche se concentre davantage sur la compréhension à long terme (Barnett et Camfield, 2016). Les deux ne sont pas à la hauteur et négligent souvent les lignes directrices éthiques et politiques pour la conduite des recherches concernant les populations autochtones. En raison de ces lacunes éthiques, les communautés des Premières Nations, des Métis ou des Inuits sont à l’avant-garde de la création et de la mise en œuvre de leurs propres normes de recherche et demandent aux évaluateurs de respecter également les protocoles désignés au sein de la communauté de recherche comme il est indiqué ci-dessous. La recherche et l’évaluation menées auprès des peuples autochtones devraient être en mesure de cerner, de comprendre et de mettre en œuvre les considérations éthiques et les protocoles appropriés propres à la communauté ou à la population évaluée. Faire face aux tensions entre la rigueur éthique dans la conduite de l’évaluation des programmes est une entreprise difficile, mais cruciale. Les évaluateurs ne doivent pas supposer que l’approbation d’un projet d’évaluation par les structures d’autorité officielles ou l’administration garantit l’avancement du projet au sein des communautés des Premières Nations, des Métis ou des Inuits. Dans certaines de ces communautés, le pouvoir d’autoriser et de surveiller la recherche appartient aux membres de la communauté désignés par les protocoles traditionnels, et, au sein de certaines Premières Nations, un conseil de coalition couvrant plusieurs communautés peut être reconnu comme ayant compétence officielle en ce qui concerne les initiatives de recherche et d’évaluation touchant ses membres (Crooks, Snowshoe, Chiodo et Brunette Debassige, 2013). Les définitions de mesures et de résultats adaptées à la culture sont des questions conceptuelles difficiles, car la plupart des recherches ne tiennent pas compte des cultures et traditions tribales qui peuvent protéger les communautés des Premières Nations, des Métis ou des Inuits contre les résultats défavorables (Friesen, Cross, Jivanjee, Gowen, Bandurraga, Bastomski et Maher, 2011).
En plus des attentes de la communauté à l’égard des chercheurs, de nombreuses organisations et communautés des Premières Nations, des Métis ou des Inuits ont élaboré leur propre code d’éthique de la recherche officialisé, et cette éthique primera sur toute autre en ce qui concerne en particulier la communauté des Premières Nations, des Métis ou des Inuits (Assemblée des Premières Nations, sans date). L’Assemblée des Premières Nations est une organisation nationale de défense des intérêts qui représente les citoyens des Premières Nations au Canada, c.-à-d. plus de 900 000 personnes réparties dans 634 communautés des Premières Nations, villes et villages au pays. En collaboration, ils ont élaboré un guide d’éthique des Premières Nations sur la recherche et les connaissances traditionnelles autochtones (First Nations Ethics Guide on Research and Aboriginal Traditional Knowledge). La Commission royale sur les peuples autochtones (1996) a inclus une annexe dans son rapport majeur décrivant des lignes directrices éthiques pour la recherche qui précisaient que le code vise à ce « que toutes les recherches parrainées par la Commission respectent comme il se doit les cultures, les langues, les connaissances et les valeurs des peoples autochtones de même que les normes adoptées par eux pour légitimer le savoir » (p. 397).
La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été adoptée au Canada en 2016 (Assemblée générale des Nations Unies, 2007). L’article 19 de ce document énonce l’obligation de consulter, qui recommande que les États « se concertent et coopèrent […] avec les peuples autochtones intéressés […] avant d’adopter et d’appliquer […] des mesures […] susceptibles de concerner les peuples autochtones » (p. 7). Conformément aux recommandations des Nations Unies, cela veut dire que, avant toute conception ou évaluation de programme, il doit y avoir une consultation appropriée avec les représentants autochtones. Lorsque l’obligation de consulter les communautés des Premières Nations est respectée et qu’un modèle autochtone de sensibilité culturelle est mis en œuvre dans la conception de l’évaluation du programme, les résultats de la recherche peuvent influencer le changement des déterminants sociaux de la santé qui affectent les peuples autochtones (Snowshoe et Starblanket, 2016; FSIN, 2013; Reading et Wein, 2009).
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) (2010) ont préparé des lignes directrices à l’intention des chercheurs travaillant avec les peuples autochtones dans le cadre de l’Énoncé de politique des trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains. Ils ont publié un chapitre précis décrivant les principes fondamentaux lorsque la recherche comprend des participants des Premières Nations, des Métis ou des Inuits. Ces lignes directrices ont pour but de « faire en sorte que les projets de recherche visant des Autochtones reposent, dans la mesure du possible, sur des relations fondées sur le respect. Il vise aussi à encourager le dialogue et la collaboration entre les chercheurs et les participants » (IRSC, CRSNG et CRSH, 2010, p. 117). Comme point de départ, il est impératif que les concepteurs et les évaluateurs de programmes soient formés et familiarisés avec le chapitre 9 de l’Énoncé de politique des trois Conseils avant la mise en œuvre ou la collecte de données.
Propriété, contrôle, accès et possession (PCAP®) : les principes PCAP® des Premières Nations sont un ensemble de normes qui établissent la façon dont les données des Premières Nations doivent être recueillies, protégées, utilisées ou partagées. Ils constituent la norme de fait relative à la conduite des recherches avec les Premières Nations. Les principes PCAP® sont inextricablement liés au programme d’autodétermination des peuples autochtones, car ils servent à guider la réappropriation des activités de recherche et de leurs résultats. La protection de la propriété culturelle et intellectuelle des peuples autochtones est fondamentalement liée à la réalisation de leurs droits territoriaux et de leur droit à l’autodétermination (Simpson et Jackson, 1998). Les principes PCAP® servent à améliorer le renforcement des capacités en matière de recherche autochtone en portant les concepts de propriété et de contrôle à l’attention des communautés (Johnson et Ruttan, 1992). Parallèlement, la tendance en faveur des principes PCAP® accélère l’élaboration de lignes directrices et d’accords relatifs à la recherche communautaire, influence la façon dont les comités d’éthique de la recherche mènent des examens éthiques de la recherche visant les Autochtones et influence également l’accès aux données de recherche communautaire et la conduite de la recherche. Il existe plusieurs lignes directrices relatives à la conduite des recherches auprès des peuples autochtones qui contribuent à affiner notre compréhension de ce que signifie mener des évaluations adaptées à la culture dans les communautés des Premières Nations, des Métis ou des Inuits et qui aident à tracer les orientations futures de la recherche.
Les protocoles et le cadre d’évaluation décolonisants
Un défi important auquel sont confrontés les chercheurs et les évaluateurs découle du manque de confiance de nombreux peuples autochtones dans les processus de recherche et d’évaluation inspirés d’une perspective scientifique occidentale. Les évaluateurs ont tendance à arriver dans les communautés et à mener des projets sans le respect et la réciprocité nécessaires pour rendre l’évaluation pertinente et bénéfique pour les communautés ou les participants (Kovach, 2012; Wilson, 2009). Il faut impérativement que les évaluations futures soient adaptées à la culture et aient une compréhension approfondie de l’histoire coloniale afin de ne pas causer d’autres préjudices aux peuples autochtones. La mesure de l’évaluation et la recherche sont toutes deux pertinentes pour l’élaboration et la prestation de programmes et de services efficaces. Le passage à de nouveaux paradigmes de recherche et d’évaluation est le résultat d’un programme de décolonisation. Les peuples, les communautés et les universitaires autochtones ouvrent la voie en associant la science à la tradition et en jetant de nouvelles bases pour la mise au point de cadres adaptés à la culture (Sasakamoose et coll., 2017; Fiedeldey Van Dijk et coll., 2016). Les approches décolonisées permettent d’élaborer des processus de recherche sur l’évaluation qui répondent le mieux aux besoins des clients tout en tirant le meilleur parti des ressources disponibles. Les pratiques de décolonisation incluent le fait de privilégier les philosophies, croyances, pratiques et valeurs autochtones qui s’opposent au colonialisme et restaurent le bien-être et de s’engager envers celles-ci (Sasakamoose et Pete, 2015; Sasakamoose et coll., 2017). Les modèles de décolonisation valident et soutiennent les histoires autochtones et les droits inhérents et généreront des recherches pour recadrer, renommer, récupérer et restaurer les approches méthodologiques autochtones (Kovach, 2012). Kirkness et Barnhardt (1991) ont défini les « 4 R » pour l’élaboration des procédures de recherche dans un contexte autochtone, et Kovach (2010) en a défini un cinquième.
- Respect, ou valorisation de la diversité des connaissances individuelles, culturelles et communautaires autochtones. Le respect comprend la compréhension et la mise en pratique des protocoles communautaires, la réflexion et l’absence de jugement, la capacité d’entendre ce qui est dit et le renforcement des valeurs culturelles, sociales et spirituelles qui découlent de la communauté.
- Rapport avec les expériences et besoins communautaires et culturels. Les participants devraient participer à la conception des méthodes de recherche et d’évaluation et à l’interprétation des résultats.
- Réciprocité, où la communauté et le chercheur ou l’évaluateur bénéficient d’un processus bidirectionnel d’apprentissage et de recherche. Il faut se poser la question suivante : « Quel est l’avantage pour la communauté? »
- Responsabilité, là où il y a une autonomisation active des membres de la communauté grâce à un engagement total et à une pleine participation. Cela signifie que l’évaluateur acquiert et maintient sa crédibilité auprès de la communauté en tenant compte de tous les points de vue, en travaillant en collaboration et en partageant les résultats.
- Réflexivité (Kovach, 2010), le changement à la suite de la relation établie conjointement et du partage des connaissances.
Selon Fletcher (2003), lorsque l’évaluateur travaille avec les communautés autochtones, il devrait reconnaître les déséquilibres de pouvoir entre la communauté et les évaluateurs; se concentrer sur des sujets pertinents; favoriser l’autonomie et renforcer les capacités de la communauté; mobiliser les membres de la communauté; considérer l’évaluation comme une occasion de sensibiliser le public à la recherche; et respecter les lignes directrices éthiques des communautés et organisations qui représentent les intérêts des peuples autochtones. Les évaluateurs doivent s’assurer que les objectifs de la recherche sont transparents, que la politique et les protocoles locaux sont respectés, que les autorités communautaires sont reconnues, que la confidentialité est garantie, que des outils adaptés à la culture sont utilisés et qu’une stratégie de diffusion complète est employée. Enfin, Sasakamoose et Brace (2018) décrivent des stratégies de planification de l’évaluation visant à assurer la participation des communautés autochtones : du temps alloué pour l’établissement de relations; l’engagement communautaire, l’organisation de cérémonies et d’événements communautaires et la participation à ceux-ci; l’attribution des postes budgétaires pour l’établissement de relations, la nourriture, les éléments du protocole culturel, les cadeaux au gardien du savoir et les voyages; l’assurance de la transparence de l’évaluation; la garantie d’un espace pour la contribution de la communauté; la définition des atouts et des besoins de la communauté; et, enfin, l’élaboration d’un accord relatif à l’évaluation et au partage de données avant le processus de recherche. S’engager dans un cadre d’évaluation axé sur la participation avec des codes de conduite professionnels et culturels permettra une évaluation présentant une utilité et une incidence les plus élevées.
L’ICRT montre une approche réconciliatrice de la santé et du bien-être qui repose sur quatre facteurs de protection : propre à la communauté, fondée sur les forces, tenant compte des traumatismes et ancrée dans la spiritualité (Sasakamoose et coll., 2017; Snowshoe et Starblanket 2016; FSIN, 2013). Créée au cours d’une cérémonie, imprégnée de modes de connaissance autochtones, harmonisée avec les pratiques occidentales fondées sur des données probantes et adaptable localement, l’approche du cadre de sensibilité culturelle est particulièrement en mesure 1) de soutenir la restauration des systèmes de santé et de bien-être communautaires autochtones, 2) d’établir un terrain d’entente pour la collaboration entre les systèmes autochtones et occidentaux pour décoloniser la recherche en santé en respectant l’engagement envers la réconciliation et 3) d’orienter la recherche qui améliore le bien-être autochtone (FSIN, 2013; Sasakamoose, 2017; CVR, 2015).
La clé de l’élaboration d’un cadre adaptable à la culture, indispensable pour les peuples des Premières Nations, réside non seulement dans la décolonisation de l’approche, mais aussi dans l’utilisation de la culture comme outil pour favoriser le mieux-être. Snowshoe et Starblanket (2016) nomment quatre facteurs de protection favorisant la guérison qui sont efficaces lorsqu’ils sont appliqués en tant qu’approches décolonisées de l’évaluation : ancré dans la spiritualité, propre à la communauté (engagé), tenant compte des traumatismes et fondé sur les forces. Ces principes sont appropriés car ils correspondent à une vision du monde autochtone et font déjà partie de l’établissement d’un terrain d’entente.
Ancré dans la spiritualité
L’un des aspects les plus négligés de l’élaboration de programmes et d’évaluation adaptés à la culture pour les peuples autochtones est le lien avec la spiritualité (Snowshoe et Starblanket, 2016). Il s’agit d’un terme général qui comporte diverses interprétations, mais il est intrinsèque à l’être humain. Pour les peuples autochtones, être ancré dans la spiritualité comprend les liens avec la langue et la culture, les visions du monde autochtones, une vision holistique du bien-être, les liens avec la terre, le maintien de relations avec la famille et la communauté, l’utilisation des cérémonies et l’intégration des traditions culturelles.
Propre à la communauté
La guérison de la personne est directement liée à la guérison communautaire et culturelle chez les peuples autochtones. Kirmayer et Valaskakis (2009) affirment que la santé de la communauté est liée au sentiment de contrôle local et de continuité culturelle. Par conséquent, toute élaboration de programme et son évaluation ultérieure devraient soutenir les initiatives qui adhèrent à la vision de la communauté unique en fonction du projet, ainsi que des besoins, de la capacité, de l’intérêt et de l’engagement de la communauté.
Perspective tenant compte des traumatismes
Il est essentiel que les chercheurs, les directeurs de programme et les évaluateurs comprennent que [traduction] « l’histoire a eu des effets complexes sur la structure des communautés, l’identité individuelle et collective et la santé mentale [des peuples autochtones] » (Kirmayer et Valaskakis, 2009, p. 27). La relation entre les peuples autochtones et le gouvernement du Canada est remplie d’abus, de méfiance, de promesses non tenues, de racisme et de contrôle. Depuis la colonisation, l’enfermement des tribus dans les réserves, les promesses non tenues des traités, le système des pensionnats indiens et le contrôle bureaucratique, une multitude [traduction] « d’iniquités sont survenues dans le contexte d’une longue histoire de traitement néfaste des peuples des Premières Nations découlant de politiques visant expressément la destruction des cultures des Premières Nations » (Snowshoe et Starblanket, 2016, p. 67). Les évaluateurs doivent tenir compte de l’impact intergénérationnel de la colonisation et de ses effets négatifs connexes sur la vie des peuples autochtones. Pour adopter une approche tenant compte des traumatismes, les concepteurs de programmes doivent se familiariser avec les causes et les effets de cette histoire et créer des programmes qui ne perpétuent pas les systèmes qui ont aliéné les peuples autochtones ou qui les traumatisent à nouveau.
Perspective fondée sur les forces
Les approches fondées sur les forces ont l’avantage d’affermir les compétences qui conduisent à une adaptation et à un mieux-être accrus et aident également à se protéger contre une série de résultats négatifs. Une approche fondée sur les forces est particulièrement importante pour les peuples autochtones, car elle tient compte du contexte historique canadien (Crooks et coll., 2013). Une perspective fondée sur les forces tente de cerner les ressources dont dispose une personne pour résoudre les problèmes de manière positive. C’est un modèle axé sur la mise en valeur des atouts (Smith, 2006). À mesure que les gens prendront davantage conscience de leurs propres forces, ils seront en mesure de prendre leur vie en main et de prendre les décisions appropriées pour parvenir à l’autonomisation (Smith, 2006). Cela se traduit directement par l’évaluation du programme, où il faut se demander « ce qu’il vaut la peine de mesurer ». Un modèle des lacunes se concentre sur les déterminants négatifs, tandis qu’un modèle fondé sur les forces recherche des possibilités de croissance. Les critères d’évaluation devraient cibler ce qui va bien, l’amélioration constatée chez les participants et permettre de recadrer les comportements négatifs en tant que mécanismes d’adaptation acquis (Snowshoe et Starblanket, 2016). Cela ne suppose pas que les évaluateurs doivent simplement faire fi des réalités et des conséquences négatives pour se concentrer sur les aspects positifs; la promotion de la santé axée sur les forces favorise plutôt le mieux-être en s’appuyant sur les voies menant à la résilience chez les peuples autochtones (Snowshoe, Crooks et Tremblay, 2017; Snowshoe, Crooks, Tremblay, Craig et Hinson, 2015).
Idéalement, tout ce qui sera évalué concernant le cadre et les initiatives connexes le sera en étroite collaboration avec les populations autochtones desservies. Dans certains cas, les outils et modèles d’évaluation d’autres administrations peuvent avoir des applications pour ce qui est fait à l’échelle locale et parfois non. Il est important d’établir si les outils utilisés ont bénéficié d’une contribution significative de la communauté autochtone et ne sont pas simplement un modèle adopté de l’extérieur (FSIN, 2013). En outre, les Aînés et d’autres personnes veulent des éclaircissements et des assurances lorsque les outils sont adaptés localement pour l’élaboration d’un cadre d’évaluation qui ne « révèle » pas la culture ou les médecines, car ils ne connaissent que trop bien les exemples de partage de connaissances et de médecines qui ont été par la suite plagiées, volées ou utilisées sans autorisation (FSIN, 2013, p. 16).
Passer à l’action
Pour adopter une approche autochtone, il faut se rendre compte qu’une évaluation homogène ne sera pas entièrement englobante pour ce qui est de l’évaluation autochtone en raison de la diversité et de la complexité du contexte communautaire et culturel (Gray, D., A. Saggers, M. Drandich, D. Walam et P. Plowright, 1995). Cependant, des principes directeurs sont présents dans toutes les évaluations autochtones. Le modèle de l’ICRT fournit un cadre global pour planifier, élaborer, exécuter et évaluer des programmes de soutien aux peuples autochtones. L’adhésion à l’esprit de ce cadre amorcera le processus de décolonisation des programmes afin que l’on puisse mieux répondre aux besoins des peuples autochtones. Afin de faciliter le passage de l’application théorique à une application pratique, on doit tenir compte de nombreux éléments concrets permettant de façonner l’approche d’évaluation.
Résumé
L’utilisation de modes de connaissance autochtones dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des programmes permet de démontrer la réussite du programme et de cerner les domaines à améliorer. Les conclusions interprétées à partir des évaluations doivent être fondées sur des données probantes et inclure les participants dans l’interprétation des résultats. Selon les chercheurs autochtones, les évaluations doivent être adaptées à la culture et tenir compte des besoins de la population dans la conception, la prestation et l’évaluation des programmes. Les principes de l’évaluation autochtone dépendent fortement du groupe autochtone (Premières Nations, Métis, Inuits) et des partenaires, lesquels peuvent varier considérablement en fonction de la situation, des besoins des communautés, ainsi que de la capacité et de l’intérêt de la communauté à s’engager (Ongomiizwin, sans date).
Souvent, les personnes intéressées à participer à la recherche ou à l’évaluation autochtone hésitent parce qu’il n’y a pas d’approche à l’emporte-pièce. Grâce au cadre de sensibilité culturelle, nous proposons des stratégies claires pour des approches éthiques de l’engagement applicables à tout type de recherche, y compris l’évaluation avec les peuples autochtones. C’est la force de ces approches qui sert de fondement à la réussite du programme et à son évaluation ultérieure. La recommandation la plus importante est qu’il existe une capacité d’établir de véritables partenariats et relations entre les évaluateurs et les membres de la communauté, d’une manière qui tient compte du contexte. De plus, il est essentiel que les résultats de l’évaluation servent à produire des avantages directs pour la communauté. Nous suggérons que les partenaires travaillent en collaboration pour créer des approches participatives de la conception du programme et de l’évaluation, soulignant la nécessité de s’enraciner dans le contexte culturel et historique de la communauté ou de la population spécifique. Nous suggérons que les participants ou la communauté prennent part à l’interprétation des données et que des stratégies de diffusion créatives (c’est-à-dire des stations de radio autochtones, des rapports écrits, des vidéos ou des exposés de groupe à l’échelle locale) soient utilisées. Enfin, nous recommandons que les équipes d’évaluation envisagent de participer à la réflexivité réflexive (LaVallie, 2019; Lavallie et Sasakamoose, 2016) et de recourir à l’humilité culturelle. S’engager dans ces deux approches est un processus permanent d’autoréflexion et d’autocritique par lequel la personne apprend non seulement la culture d’un autre, mais commence par un examen de ses propres croyances et de son identité culturelle comme fondement pour bâtir des relations honnêtes et dignes de confiance. Ce processus oblige le praticien à faire face aux déséquilibres de pouvoir qui existent dans la dynamique des relations avec ses clients et les partenaires communautaires.
Bibliographie
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- Assemblée des Premières Nations. First Nations ethics guide on research and Aboriginal traditional knowledge. Consulté à l’adresse : https://www.afn.ca/uploads/files/fn_ethics_guide_on_research_and_atk.pdf.
- Assemblée générale des Nations Unies, Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones : résolution adoptée par l’Assemblée générale, 2 octobre 2007, A/RES/61/295, disponible à l’adresse : https://www.refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=471355bc2 [consulté le 28 avril 2019].
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