4. Résultats

4.1 Situation de revenu des familles monoparentalesNote de bas de page 15

Entre 2001 et 2021, le revenu familial médian après impôt des parents seulsNote de bas de page 16 est passé de 37 601 $ à 53 440 $ en dollars constants de 2021Note de bas de page 17, soit une augmentation de 42 %. La croissance du revenu des familles monoparentales a été supérieure à celle de tous les types de familles comptant un couple avec enfants, y compris celles avec un enfant (+36 % pour les familles monoparentales avec un enfant par rapport à +31 % pour les familles comptant un couple avec un enfant); avec deux enfants (+47 % par rapport à +42 %); et avec trois enfants ou plus (+60 % par rapport à +38 %). Toutefois, malgré la croissance plus importante de leur revenu, les familles monoparentales ont continué de gagner moins que les familles comptant un couple avec ou sans enfants, lesquelles ont vu leur revenu médian passer de 73 203 $ en 2001 à 92 140 $ en 2021Note de bas de page 18.

Bien que leur revenu médian après impôt ait toujours été inférieur à celui des familles comptant un couple, les familles monoparentales ont gagné plus que les personnes hors famille de recensement. Les personnes hors famille de recensement ont connu la plus faible croissance du revenu, avec une hausse de 21 % entre 2001 (26 510 $) et 2021 (32 130 $).

Comme le montrent le graphique 1 (et le tableau 1), les familles monoparentales ont connu une croissance importante de leur revenu de 2001 à 2021, les plus fortes hausses d’une année à l’autre ayant été observées en 2006 et en 2020, soit 7 % et 11 %, respectivement. En comparaison, le revenu familial médian après impôt des familles comptant un couple avec ou sans enfants a augmenté de 2 % en 2006 par rapport à 2005, et la croissance la plus élevée d’une année à l’autre a été observée en 2020, avec une hausse de 5 % par rapport à 2019. En 2021, le revenu familial médian après impôt des familles monoparentales a diminué de 4 %, tandis que celui des familles comptant un couple avec ou sans enfants a diminué de 1 %. Voir la section 5 pour une analyse des variations du revenu familial médian après impôt.

Graphique 1. Revenu familial médian après impôt des familles de recensement selon le type de famille, avec ou sans enfants, Canada, 2001 à 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)

Graphique 1. Revenu familial médian après impôt des familles de recensement selon le type de famille, avec ou sans enfants, Canada, 2001 à 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)
Version texte

Ce graphique linéaire présente le revenu médian après impôt de trois types d'unités familiales au Canada sur une période de 21 ans, de 2001 à 2021. L'axe vertical (axe des y) montre le revenu médian après impôt en dollars constants de 2021 allant de 0 $ à 100 000 $, tandis que l'axe horizontal (axe des x) marque chaque année de 2001 à 2021.

Il y a trois lignes distinctes, chacune représentant un type de famille différent :

  1. Familles comptant un couple avec ou sans enfants : Cette ligne commence à 73 203 $ en 2001 et affiche une tendance à la hausse constante, avant d’atteindre 93 332 $ en 2020. En 2021, la ligne diminue à 92 140 $. Ce groupe a toujours le revenu médian après impôt le plus élevé parmi les trois types de familles.
  2. Familles monoparentales : Cette ligne commence à 37 601 $ en 2001 et augmente graduellement jusqu'à 55 606 $ en 2020, avant de diminuer à 53 440 $ en 2021. Il affiche une croissance modérée au cours des deux décennies.
  3. Personnes hors famille de recensement : Cette ligne commence à 26 510 $ en 2001 et montre une légère augmentation au fil du temps, atteignant son sommet en 2020 à 33 085 $ avant de se terminer à 32 130 $ en 2021. Ce groupe a le revenu le plus faible et le moins variable au fil du temps.

Note : La conversion en dollars de 2021 a été effectuée à l’aide de : Statistique Canada. s.d.-d. Tableau 18-10-0005-01 — Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.
Source : Statistique Canada, s.d.-c. Tableau 11-10-0017 - 01 — Familles de recensement selon le type de famille et la composition de la famille incluant le revenu médian avant et après impôt de la famille.

Situation de faible revenuNote de bas de page 19

Comme le montrent le graphique 2 (et le tableau 2), les familles monoparentales ont connu une diminution de leur situation de faible revenu, la proportion de celles se trouvant dans cette situation ayant diminué de neuf points de pourcentage entre 2001 et 2021. La proportion de familles comptant un couple avec ou sans enfants et vivant en situation de faible revenu a également diminué (-2 points de pourcentage). En revanche, la proportion de personnes hors famille de recensement vivant en situation de faible revenu a augmenté de cinq points de pourcentage. Au cours de la période de 21 ans, les familles monoparentales avec trois enfants ou plus ont enregistré la plus forte baisse, en points de pourcentage (-15 points de pourcentage), de leur situation de faible revenu par rapport à tous les autres types de familles. En comparaison, la proportion de familles comptant un couple de trois enfants ou plus vivant dans une situation de faible revenu a diminué de 7 points de pourcentageNote de bas de page 20.

Les familles monoparentales affichaient la proportion la plus élevée de familles vivant en situation de faible revenu entre 2001 (41 %) et 2018 (36 %), comparativement aux familles comptant un couple avec ou sans enfants et aux personnes hors famille de recensement. Entre 2005 et 2006, les familles monoparentales ont connu leur deuxième baisse en importance d’une année à l’autre (-3 points de pourcentage) dans leur situation de faible revenu. De plus, entre 2015 et 2019, les familles monoparentales ont généralement connu des diminutions d’une année à l’autre de la proportion de ces familles vivant en situation de faible revenu. Plus précisément, en 2016, la proportion de familles monoparentales vivant en situation de faible revenu a diminué de 2 points de pourcentage par rapport à 2015. Au cours de la même période (2015 à 2019), les personnes hors famille de recensement ont connu une augmentation de 1 point de pourcentage de la proportion de personnes vivant en situation de faible revenu. En 2019, la proportion de personnes hors famille de recensement vivant en situation de faible revenu était la même que celle des familles monoparentales (35 %). Les trois groupes ont connu leur plus forte diminution de la situation de faible revenu en 2020, la proportion de familles monoparentales à faible revenu ayant diminué de 7 points de pourcentage; celle des familles comptant un couple (avec ou sans enfants), de 2 points de pourcentage; et celle des personnes hors famille de recensement, de 4 points de pourcentage par rapport à l’année précédente. Voir la section 5 pour une analyse des changements dans la situation de faible revenu.

Graphique 2. Proportion de familles de recensement vivant en situation de faible revenu selon le type de famille, avec ou sans enfants, selon la Mesure de faible revenu de la famille de recensement après impôt (FRMFR-ApI), Canada, 2001 à 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)

Graphique 2. Proportion de familles de recensement vivant en situation de faible revenu selon le type de famille, avec ou sans enfants, selon la Mesure de faible revenu de la famille de recensement après impôt (FRMFR-ApI), Canada, 2001 à 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)
Version texte

Ce graphique linéaire montre la proportion de familles vivant en situation de faible revenu au Canada de 2001 à 2021, selon la mesure de faible revenu de la famille de recensement après impôt (FRMFR-ApI). L'axe vertical (axe des y) montre la proportion de familles en situation de faible revenu, allant de 0 % à 50 %, tandis que l'axe horizontal (axe des x) couvre les années 2001 à 2021.

Le graphique comprend trois lignes, chacune représentant un type de famille différent :

  1. Familles monoparentales : Ce groupe affiche systématiquement la plus forte proportion de familles vivant en situation de faible revenu. En 2001, le taux est de 41 %, avec une baisse progressive au fil du temps. Une baisse notable a lieu en 2020, portant le taux à 28 %, avant de remonter à 32 % en 2021.
  2. Personnes hors famille de recensement : Le taux de faible revenu pour ce groupe commence à 29 % en 2001 et affiche des augmentations mineures au fil des ans, diminuant légèrement en 2020 pour s'établir à 31 %, avant d'augmenter à 34 % en 2021.
  3. Familles comptant un couple (avec ou sans enfants) : Ce groupe présente la plus faible proportion de familles à faible revenu, demeurant relativement stable par rapport aux autres types de familles. En 2001, le taux de faible revenu était de 10 %. Le taux diminue à 7 % en 2020 avant de remonter à 8 % en 2021.

Source : Statistique Canada. s.d.- b. Tableau 11-10-0018 - 01 — Situation de faible revenu après impôt des déclarants et dépendants selon la Mesure de faible revenu de la famille de recensement (FRMFR - ApI), selon le type de famille et la composition de la famille.

Incidence de l’âgeNote de bas de page 21

Entre 2001 et 2021, l’âge moyen des parents seuls a augmenté, principalement en raison de la baisse du nombre de personnes âgées de 24 ans et moins (-54 %) et de personnes âgées de 25 à 34 ans (-16 %). Comparativement à toutes les autres tranches d’âge, le nombre de parents seuls âgés de 55 à 64 ans a connu la plus forte augmentation, avec une hausse de 110 % au cours de la période de 21 ans (de 7 % de l’ensemble des parents seuls en 2001 à 14 % en 2021).

Comme le montrent le graphique 3 (et le tableau 3), le revenu médian après impôt des parents seuls âgés de 55 à 64 ans, en dollars constants de 2021, est passé de 62 982 $ en 2001 à 79 560 $ en 2021, et les parents seuls de cette tranche d’âge avaient systématiquement le revenu médian le plus élevé. De plus, les parents seuls âgés de 35 à 44 ans et de 45 à 54 ans représentaient plus de la moitié (53 %) de toutes les familles monoparentales en 2021. Le revenu médian des deux groupes d’âge a augmenté de 2001 à 2021 (+38 % pour les parents seuls de 35 à 44 ans et +20 % pour les parents seuls de 45 à 54 ans). En comparaison, les parents seuls de 24 ans ou moins avaient un revenu médian après impôt plus faible, soit 18 533 $ en 2001 et 27 430 $ en 2021. Toutefois, c’est dans ce groupe d’âge que le revenu médian après impôt a connu la plus forte augmentation (+48 %).

Le nombre de familles comptant un couple (avec ou sans enfants) dont le partenaire le plus âgé se situait dans la tranche d’âge des 55 à 64 ans a également connu une forte augmentation (soit de 50 %) par rapport aux tranches d’âge plus jeunes, en passant de 16 % de l’ensemble des familles comptant un couple en 2001 à 20 % en 2021. Toutefois, contrairement aux parents seuls, les familles comptant un couple dans la tranche d’âge des 55 à 64 ans n’avaient pas le revenu médian le plus élevé, car dans le cas des familles comptant un couple avec ou sans enfants, la tranche d’âge où le revenu familial médian était le plus élevé était celle où le partenaire le plus âgé était âgé de 45 à 54 ans (140 290 $ par rapport à 125 120 $ pour les familles âgées de 55 à 64 ans en 2021). La tranche d’âge des familles comptant un couple (avec ou sans enfants) qui a connu la plus forte augmentation du revenu médian après impôt en dollars constants de 2021 différait également de celle des parents seuls, les familles comptant un couple de personnes âgées de 55 à 64 ans ayant affiché la plus forte augmentation (+38 %). Des résultats similaires ont été observés chez les personnes hors famille de recensement, alors que le nombre de personnes âgées de 55 à 64 ans a augmenté de 96 % entre 2001 et 2021, et que ce groupe d’âge a connu la plus forte augmentation du revenu médian au cours de la même période (+35 %). À l’exception près que, par rapport aux familles comptant un couple et aux familles monoparentales, ce sont les jeunes adultes hors famille de recensement (âgés de 35 à 44 ans) qui avaient le revenu médian le plus élevé, au lieu des groupes d’âge plus âgés. Contrairement aux familles monoparentales et aux familles comptant un couple avec ou sans enfants, le revenu médian le plus élevé des personnes hors famille de recensement a été relevé dans une tranche d’âge plus jeune de 35 à 44 ans (43 291 $ en 2001 et 50 620 $ en 2021).

Graphique 3. Revenu familial médian après impôt des parents seuls de recensement selon le groupe d’âge au Canada en 2001, 2011 et 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)

Graphique 3. Revenu familial médian après impôt des parents seuls de recensement selon le groupe d’âge au Canada en 2001, 2011 et 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)
Version texte

Ce graphique à barres verticales montre le revenu médian après impôt des parents seuls du recensement au Canada, ventilé par groupe d'âge pour les années 2001, 2011 et 2021. L'axe vertical (axe des y) indique le revenu médian après impôt en dollars constants de 2021, allant de 0 $ à 90 000 $, et l'axe horizontal énumère les trois années : 2001, 2011 et 2021. Pour chaque année, il y a six barres, chacune représentant une tranche d'âge différente des parents seuls : 0 à 24 ans ; 25 à 34 ans ; 35 à 44 ans ; 45 à 54 ans ; 55 à 64 ans ; et 65 ans et plus.

  • En 2001 : Les parents seuls âgés de 0 à 24 ans ont un revenu médian de 18 533 $ et ceux âgés de 25 à 34 ans ont un revenu médian de 27 944 $. Les parents seuls âgés de 35 à 44 ans ont un revenu médian de 38 368 $ et ceux âgés de 45 à 54 ans ont un revenu médian de 54 439 $. Les parents seuls âgés de 55 à 64 ans ont un revenu médian de 62 982 $ et ceux âgés de 65 ans et plus ont un revenu médian de 61 244 $.
  • En 2011 : Les parents seuls âgés de 0 à 24 ans ont un revenu médian de 19 652 $ et ceux âgés de 25 à 34 ans ont un revenu médian de 31 119 $. Les parents seuls âgés de 35 à 44 ans ont un revenu médian de 42 197 $ et ceux âgés de 45 à 54 ans ont un revenu médian de 54 987 $. Les parents seuls âgés de 55 à 64 ans ont un revenu médian de 69 725 $ et ceux âgés de 65 ans et plus ont un revenu médian de 65 261 $.
  • En 2021 : Les parents seuls âgés de 0 à 24 ans ont un revenu médian de 27 430 $ et ceux âgés de 25 à 34 ans ont un revenu médian de 40 910 $. Les parents seuls âgés de 35 à 44 ans ont un revenu médian de 53 040 $ et ceux âgés de 45 à 54 ans ont un revenu médian de 65 230 $. Les parents seuls âgés de 55 à 64 ans ont un revenu médian de 79 560 $ et ceux âgés de 65 ans et plus ont un revenu médian de 73 310 $.

Note : La conversion en dollars de 2021 a été effectuée à l’aide de : Statistique Canada. s.d.-d. Tableau 18-10-0005 - 01 — Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.
Source : Statistique Canada. s.d.-e. Tableau : 11-10-0012 - 01 — Distribution du revenu total selon le type de famille de recensement et l'âge du partenaire, du parent ou de l'individu le plus âgé.

Incidence du genreNote de bas de page 22

Les familles monoparentales ont été et continuent d’être dirigées principalement par des femmes. En 2001, 84 % des parents seuls étaient des femmes et 16 % étaient des hommes. Toutefois, entre 2001 et 2021, le nombre de familles monoparentales dirigées par des hommes a augmenté de 49 %, 22 % des parents seuls en 2021 étant dirigés par des hommes, tandis que le nombre de mères seules a diminué de 0,4 %.

Les données du Fichier des familles T1 fournissent des estimations du revenu ventilées selon le genre. Ces données montrent que les familles monoparentales dirigées par une femme continuent d’avoir un revenu considérablement inférieur à celui des pères seuls. Comme le montrent le graphique 4 (et le tableau 4), le revenu total médian des familles monoparentales dirigées par une femme s’établissait à 36 920 $ en 2001, et à 53 500 $ en 2021, comparativement à 56 177 $ en 2001 et à 72 590 $ en 2021 pour les familles monoparentales dirigées par un homme.

Malgré cette disparité de revenu persistante, entre 2001 et 2021, les familles monoparentales dirigées par une femme ont connu une croissance du revenu médian plus importante (45 %) que celle des familles monoparentales dirigées par un homme (29 %). La plus forte croissance depuis 2001 du revenu d’une année à l’autre chez les mères seules a été observée en 2020, alors que leur revenu total médian a augmenté de 13 % par rapport à 2019, tandis que celui des pères seuls a augmenté de 7 %. Les politiques mises en Å“uvre pour ralentir la propagation de la COVID-19 peuvent expliquer cet écart, car les emplois des femmes représentaient 62,5 % de l’ensemble des pertes d’emploi au début de la pandémie, en mars 2020Note de bas de page 23. Bien qu’il ait pu sembler, au départ, que cela aurait une incidence négative sur les familles monoparentales dirigées par une femme, l’introduction des prestations d’aide liées à la COVID-19 a plus que compensé la baisse du revenu du marché, ce qui a entraîné une augmentation globale du revenuNote de bas de page 24. Alors qu’un plus grand nombre de femmes ont commencé à réintégrer le marché du travail en 2021, le revenu total médian des mères seules a diminué de 4 % par rapport à l’année précédente. Parallèlement, le revenu total médian des pères seuls a diminué de 2 %.

Graphique 4. Revenu total médian des familles monoparentales de recensement selon le genre, Canada, 2001 à 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)

Graphique 4. Revenu total médian des familles monoparentales de recensement selon le genre, Canada, 2001 à 2021, Estimations annuelles du revenu des familles de recensement et des particuliers (Fichier des familles T1)
Version texte

Ce graphique linéaire présente le revenu total médian des familles monoparentales de recensement au Canada de 2001 à 2021. L'axe vertical (axe des y) montre les valeurs du revenu total médian en dollars constants de 2021 allant de 0 $ à 80 000 $, tandis que l'axe horizontal (axe des x) couvre les années 2001 à 2021.

Le graphique comprend trois lignes, chacune représentant une catégorie différente de familles monoparentales :

  1. Familles monoparentales dirigées par une femme : Cette ligne commence à 36 920 $ en 2001 et montre une tendance à la hausse graduellement, atteignant 55 885 $ en 2020, avant de diminuer à 53 500 $ en 2021.
  2. Familles monoparentales dirigées par un homme : Cette ligne commence à 56 177 $ en 2001 et augmente régulièrement au fil du temps, pour atteindre 74 087 $ en 2020, avant de diminuer à 72 590 $ en 2021. Ce groupe a toujours le revenu médian le plus élevé par rapport à l'ensemble des familles monoparentales et des familles monoparentales dirigées par une femme.
  3. Total des familles monoparentales : Représentée par une ligne pointillée, cette ligne commence à 39 382 $ en 2001 et suit une trajectoire ascendante, atteignant un sommet de 58 976 $ en 2020 avant de se terminer à 56 750 $ en 2021.

Note : La conversion en dollars de 2021 a été effectuée à l’aide de : Statistique Canada. s.d.-d. Tableau 18-10-0005 - 01 — Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.
Source : Statistique Canada. s.d.-f. Tableau 11-10-0011 - 01 — Familles de recensement selon l'âge du partenaire ou du parent le plus âgé et le nombre d'enfants.

4.2 Sources de revenu des familles monoparentales

Le revenu total des familles canadiennes est composé de fonds provenant de diverses sources, y compris le revenu du marché et les transferts gouvernementaux. La valeur de ces sources de revenu combinées a augmenté le revenu total médian des parents seuls. La section suivante présente les tendances dans les données pour les trois sources de revenu entre 2001 et 2021.

Revenu médian du marchéNote de bas de page 25

Le revenu du marché d’une famille est calculé à partir de la somme du revenu (revenu d’emploi et revenu net d’un travail autonome), du revenu net de placements, du revenu de retraite d’un régime privé et d’autres revenus provenant de sources marchandes; on l’appelle aussi revenu avant impôts et transfertsNote de bas de page 26. En ce qui concerne le revenu d’emploi, les montants pour les parents seuls ont augmenté considérablement en 2019 par rapport à 2001, alors que le taux d’emploi de ces derniers a augmenté de façon constante. Le taux d’emploi des mères seules et des pères seuls, âgés de 25 ans et plus ayant au moins un enfant de moins de 18 ans, a augmenté de 7 % chacun, passant de 70 % et 79 % en 2001 à 75 % et 85 % en 2019, respectivementNote de bas de page 27.

Comme nous l’avons mentionné précédemment (voir « Incidence du genre Â»), les taux d’emploi à l’échelle du pays ont chuté en 2020 pendant la pandémie de COVID-19, les femmes monoparentales étant les plus touchées par les pertes d’emploi. Entre février et mai 2020, lors de la première vague de la pandémie, le taux de mères seules de 25 ans et plus occupant un emploi ayant au moins un enfant de moins de 18 ans a diminué de 16 %, comparativement à une baisse de 13 % chez les pères seulsNote de bas de page 28. Parallèlement, le taux d’emploi des familles comptant un couple dont les deux parents occupaient un emploi, et qui avaient au moins un enfant de moins de 18 ans, a diminué de 6 %. Au cours de la même période, les familles comptant un couple étaient significativement plus susceptibles que les parents seuls d’avoir quitté volontairement leur emploiNote de bas de page 29, ce qui pourrait être dû à la fermeture des écoles et des garderiesNote de bas de page 30. Il se peut que les parents seuls n’aient pas quitté leur emploi volontairement dans une proportion aussi élevée que les familles comptant un couple, car ils sont plus susceptibles d’avoir un revenu plus faible et de vivre dans une situation de faible revenu. De plus, les parents seuls n’ont pas le soutien financier et émotionnel d’un partenaire qui leur permettrait de quitter volontairement leur emploi plus facilement et à moindre coût. Toutefois, pour tous les types de familles, les taux d’emploi en 2021 étaient plus proches de ceux observés en 2019Note de bas de page 31.

Entre 2001 et 2021, les parents seuls ont connu la plus forte augmentation proportionnelle du revenu médian du marché. Comme le montrent le graphique 5 (et le tableau 5), le revenu médian du marché des mères seules a augmenté de 51 %, tandis que celui des pères seuls a augmenté de 46 %. À titre comparatif, le revenu médian du marché a augmenté de 23 % chez les couples avec enfantsNote de bas de page 32 et de 33 % chez les personnes de moins de 65 ans qui ne font pas partie d’une famille économique. Cependant, bien qu’ils aient connu la plus faible augmentation proportionnelle, les couples avec enfants avaient un revenu médian du marché environ trois fois plus élevé que celui des mères seules et 1,5 fois plus élevé que celui des pères seuls en 2021.

En 2020, le revenu médian du marché des familles monoparentales dirigées par une femme a diminué de 10 % par rapport à 2019, celui des pères seuls de 11 %, celui des couples avec enfants de 2 % et celui des personnes hors famille économique de 8 %. Toutefois, le revenu marchand médian de tous les groupes en 2021 était plus élevé qu’avant la pandémie de COVID-19 en 2019. De 2020 à 2021, le revenu médian du marché a augmenté de 13 % chez les mères seules, de 17 % chez les pères seuls, de 2 % chez les couples avec enfants et de 24 % chez les personnes hors famille économique.

Graphique 5. Revenu médian du marché, avant impôts et transferts, selon le type de famille économique pour les familles non âgées, Canada, 2001 à 2021, Enquête canadienne sur le revenu

Graphique 5. Revenu médian du marché, avant impôts et transferts, selon le type de famille économique pour les familles non âgées, Canada, 2001 à 2021, Enquête canadienne sur le revenu
Version texte

Ce graphique linéaire montre le revenu médian du marché (avant impôts et transferts) pour divers types de familles non âgées au Canada de 2001 à 2021. L'axe horizontal (axe des x) représente les années de 2001 à 2021. L'axe vertical (axe des y) montre le revenu médian du marché en dollars constants de 2023, allant de 0 $ à 140 000 $.

Le graphique comporte quatre lignes, chacune représentant un type de famille économique différent :

  1. Couples avec enfants : Cette ligne commence à 104 700 $ en 2001 et augmente progressivement pour atteindre 128 700 $ en 2021. Cette ligne a diminué deux fois au cours de la période de 21 ans, passant de 124 400 $ à 122 200 $ entre 2015 et 2016 et de 128 400 $ à 126 000 $ entre 2019 et 2020. Ce groupe a systématiquement un revenu médian du marché plus élevé que celui des familles monoparentales et des personnes hors famille économique.
  2. Familles monoparentales dirigées par un homme : Cette ligne commence à 57 400 $ en 2001 et fluctue au fil du temps, avant d'atteindre 83 800 $ en 2021. Les baisses les plus marquées ont eu lieu entre 2010 et 2011 (de 65 900 $ à 57 400 $), entre 2015 et 2016 (de 69 300 $ à 64 800 $) et entre 2019 et 2020 (de 80 300 $ à 71 400 $).
  3. Familles monoparentales dirigées par une femme : Cette ligne commence à 29 100 $ en 2001 et montre une légère augmentation au fil du temps, pour atteindre 44 000 $ en 2021. Cette ligne connaît deux baisses notables, passant de 29 100 $ en 2001 à 24 400 $ en 2002 et de 43 100 $ en 2019 à 38 800 $ en 2020.
  4. Personnes hors famille économique : Cette ligne commence à 34 200 $ en 2001 et demeure relativement stable au cours de la période de 21 ans, pour atteindre 36 700 $ en 2020. En 2021, la ligne passe à 45 500 $.

Source : Statistique Canada. s.d.— g. Tableau 11-10-0190 - 01 — Revenu du marché, transferts gouvernementaux, revenu total, impôt sur le revenu et revenu après impôt selon le type de famille économique, Enquête canadienne sur le revenu.

Paiements de transfertNote de bas de page 33

Les transferts gouvernementaux sont habituellement établis pour atténuer l’impact de la volatilité du revenu du marché pour tous les types de familles. Comme le montre le graphique 6 ci-dessous, les transferts gouvernementaux jouent un rôle important dans le bien-être financier des parents seuls. Au Canada, les transferts gouvernementaux sont versés par l’entremise d’un éventail de prestations, notamment les prestations d’aide sociale, les prestations fédérales pour enfants et l’assurance-emploi.

Entre 2001 et 2021, les familles monoparentales dirigées par une femme ont toujours affiché le montant médian le plus élevé de revenu de transfert gouvernemental, suivies des familles monoparentales dirigées par un homme, des couples avec enfants et des personnes hors famille économique. Ces constatations sont probablement attribuables à l’éventail des prestations pour enfants offertes aux parents, et entre 2001 et 2021, les parents seuls avaient systématiquement une médiane plus élevée pour les transferts gouvernementaux que les couples avec enfants. Au cours de la période de 21 ans, le montant médian des prestations pour enfants pour les familles monoparentales était, en moyenne, de 2 800 $ plus élevé par année (ou 1,8 fois plus élevé) que celui des couples avec enfantsNote de bas de page 34. Pour tous les types de transferts gouvernementaux, la médiane pour les parents seuls était en moyenne de 6 300 $ plus élevée par année (ou 1,9 fois plus élevée) que pour les couples avec enfants. Dans l’ensemble, les familles monoparentales étaient plus dépendantes économiquement des transferts gouvernementaux qu’elles ont reçus au cours de la période de 21 ans. En fait, le ratio de dépendance économique des familles monoparentales, qui compare les paiements de transfert gouvernementaux reçus sous forme de prestations avec chaque tranche de 100 $ gagnée au titre du revenu d’emploi, était plus élevé que celui des familles comptant un couple au cours de la période de 21 ans. Par exemple, le ratio médian de dépendance économique des familles monoparentales était de 37,80 $ pour chaque tranche de 100 $ gagnée, tandis que le ratio médian était de 12,70 $ pour chaque tranche de 100 $ gagnée par les familles comptant un coupleNote de bas de page 35.

Le graphique 6 montre des augmentations notables des revenus de transferts gouvernementaux pour les familles monoparentales et les couples avec enfants, l’augmentation la plus importante pour les deux types de familles ayant eu lieu en 2020 (voir aussi le tableau 6). Toutefois, les augmentations annuelles observées varient selon le type de famille et le genre. Par exemple, en 2015, les couples avec enfants ont connu leur deuxième plus forte augmentation d’une année à l’autre du revenu médian des transferts gouvernementaux (37 %) au cours de la période de 21 ans, et bien qu’elle ait été similaire pour les familles monoparentales dirigées par un homme (33 %), l’augmentation en 2015 a été moins significative pour les familles monoparentales dirigées par une femme (11 %). Chez les familles monoparentales dirigées par un homme, la deuxième augmentation annuelle la plus importante a été enregistrée en 2013 (62 %), et chez les familles monoparentales dirigées par une femme, la deuxième augmentation annuelle la plus marquée a été observée en 2009 (18 %).

Comme il est mentionné ci-dessus, tous les groupes ont connu leur plus forte augmentation annuelle des revenus de transferts gouvernementaux en 2020. C’est aussi à ce moment-là que leur ratio de dépendance économique a atteint son plus haut niveau : 61,40 $ en transferts gouvernementaux pour chaque tranche de 100 $ gagnée par les familles monoparentales; 22,60 $ par tranche de 100 $ gagnée par les familles comptant un couple; et 48,50 $ pour chaque tranche de 100 $ gagnée par les personnes hors famille de recensementNote de bas de page 36. Le revenu médian des transferts gouvernementaux pour les couples avec enfants a augmenté de 107 % de 2019 à 2020, de 96 % pour les pères seuls, et de 69 % pour les mères seules. Bien que le revenu médian de transferts gouvernementaux des personnes de moins de 65 ans n’appartenant pas à une famille économique soit demeuré relativement stable tout au long de la période de 21 ans, 2020 a été une exception, puisque leur revenu médian de transferts gouvernementaux a augmenté de 291 %. De plus, entre 2019 et 2020, la proportion de personnes en situation de faible revenu a diminué de 20 % pour les familles monoparentales, de 27 % pour les familles comptant un couple avec ou sans enfants et de 11 % pour les personnes hors famille de recensementNote de bas de page 37. Toutefois, les proportions de tous les types de familles vivant en situation de faible revenu ont augmenté entre 2020 et 2021 à la suite d’une baisse des transferts gouvernementaux lorsque les mesures de confinement liées à la pandémie de COVID-19 ont commencé à être levées. Voir la section 5.2 pour une discussion sur l’incidence des transferts gouvernementaux au cours de la période de 21 ans.

Graphique 6. Transferts gouvernementaux médians selon le type de famille économique, pour les familles non âgées, Canada, 2001 à 2021, Enquête canadienne sur le revenu

Graphique 6. Transferts gouvernementaux médians selon le type de famille économique, pour les familles non âgées, Canada, 2001 à 2021, Enquête canadienne sur le revenu
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Ce graphique linéaire montre le revenu médian de transferts gouvernementaux reçu par divers types de familles non âgées au Canada de 2001 à 2021. L'axe horizontal (axe des x) représente les années de 2001 à 2021. L'axe vertical (axe des y) montre le montant médian des transferts gouvernementaux en dollars constants de 2023.

Il y a quatre lignes sur le graphique, chacune représentant un type de famille économique différent :

  1. Familles monoparentales dirigées par une femme : Cette ligne montre une augmentation constante des transferts gouvernementaux médians au fil du temps, commençant à 10 600 $ en 2001. Il y a eu un pic notable entre 2019 et 2020, passant de 17 100 $ à 28 900 $, avant de diminuer légèrement à 21 900 $ en 2021.
  2. Familles monoparentales dirigées par un homme : Cette ligne fluctue selon une tendance générale à la hausse entre 2001 et 2021. Cette ligne commence à 5 500 $ en 2001 et atteint un sommet de 19 600 $ en 2020 avant de redescendre à 9 400 $ en 2021.
  3. Couples avec enfants : Cette ligne commence à 3 200 $ en 2001 et atteint 19 000 $ en 2020, avant de diminuer à 14 900 $ en 2021.
  4. Personnes hors famille économique : Cette ligne commence à 800 $ en 2001 et demeure relativement stable au fil du temps, à l'exception d'une forte augmentation en 2020 à 4 300 $ avant de diminuer à 1 100 $ en 2021. Ce groupe reçoit systématiquement les montants médians les plus bas des transferts gouvernementaux.

Source : Statistique Canada. s.d.-g. Tableau 11-10-0190 - 01 — Revenu du marché, transferts gouvernementaux, revenu total, impôt sur le revenu et revenu après impôt selon le type de famille économique.

Pension alimentaireNote de bas de page 38

Les pensions alimentaires sont des revenus provenant d’ententes officielles de pension alimentaire pour enfants ou pour conjoint. Les données de l’Enquête canadienne sur le revenuNote de bas de page 39 montrent que les familles monoparentales dirigées par une femme étaient beaucoup plus susceptibles de recevoir cette forme de revenu, 29 % d’entre elles ayant reçu des paiements de pension alimentaire en 2022, ce qui est considérablement différent des 5 % de pères seuls qui ont reçu ces paiements. De plus, 96 % des bénéficiaires de pensions alimentaires inscrits à un programme d’exécution des ordonnances alimentaires — un service qui recueille et exécute les pensions alimentaires ordonnées par le tribunal â€” étaient des femmes, et 96 % des payeurs étaient des hommesNote de bas de page 40.

Entre 2012 et 2022, le revenu médian des pensions alimentaires des familles monoparentales dirigées par une femme est demeuré stable à environ 6 000 $ en dollars constants en 2012 et en 2022. Bien que les données antérieures à 2022 pour les pères seuls soient trop peu fiables pour être publiées, en 2022, le revenu médian des bénéficiaires monoparentaux de sexe masculin était également de 6 000 $Note de bas de page 41.

Comme le montrent le graphique 7 (et le tableau 7), les paiements annuels médians de pension alimentaire pour tous les parents seuls et les mères seules étaient comparables. L’écart le plus important a été observé en 2021, où les mères seules bénéficiaires ont reçu un paiement médian de pension alimentaire d’environ 450 $ supérieur au montant déclaré pour l’ensemble des parents seuls (environ 6 000 $ pour les mères seules et 5 550 $ pour l’ensemble des parents seuls). Il est important de noter que les données sur les pensions alimentaires médianes peuvent ne pas inclure toutes les dépenses liées aux enfants payées par les parents. Les Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants permettent d’utiliser le pouvoir discrétionnaire nécessaire pour déterminer un montant approprié de pension alimentaire pour enfants dans le cadre d’ententes de partage des responsabilités parentales, et les résultats de l’Enquête nationale sur le droit de la famille de 2022 montrent que les dépenses spéciales ou extraordinaires sont rarement incluses dans le calcul des pensions alimentaires pour enfantsNote de bas de page 42.

Graphique 7. Pensions alimentaires annuelles médianes pour conjoint et enfants chez les parents seuls et les mères seules dans les familles économiques, Canada, 2012 à 2022, Enquête canadienne sur le revenu

Graphique 7. Pensions alimentaires annuelles médianes pour conjoint et enfants chez les parents seuls et les mères seules dans les familles économiques, Canada, 2012 à 2022, Enquête canadienne sur le revenu
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Ce graphique linéaire présente les paiements annuels médians de soutien reçus par l'ensemble des parents seuls et des mères seules dans les familles économiques au Canada de 2012 à 2022. L'axe horizontal (axe des x) représente les années de 2012 à 2022. L'axe vertical (axe des y) montre le montant annuel médian des pensions alimentaires en dollars constants de 2022, allant de 0 $ à 8 000 $.

Le graphique comprend deux lignes, chacune représentant une catégorie différente de parents seuls :

  • Total des parents seuls : Cette ligne commence à 5 964 $ en 2012 et fluctue au cours de la décennie pour atteindre 6 000 $ en 2022. Cette ligne diminue jusqu'à son point le plus bas à 4 802 $ en 2013 et atteint son point le plus élevé à 6 671 $ en 2019.
  • Mères seules : Cette ligne fluctue au fil du temps, commençant à 5 964 $ en 2012 et se terminant à 6 000 $ en 2022. Les augmentations et les diminutions les plus notables se sont produites entre deux ans, passant d'un creux de 4 925 $ en 2013 avant d'atteindre un sommet de 6 763 $ en 2014.

Note : La conversion en dollars de 2021 a été effectuée à l’aide de : Statistique Canada. s.d.-d. Tableau 18-10-0005 - 01 — Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.
Source : Statistique Canada. s.-d.-k. Enquête canadienne sur le revenu, 2012 à 2022. Totalisation spéciale. Dollars constants calculés à l’aide de : Statistique Canada. s.d.-d. Tableau 18-10-0005 - 01 — Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.

4.3 Situation de revenu des parents seuls ayant des identités intersectionnelles

Familles monoparentales dirigées par des personnes ayant une incapacitéNote de bas de page 43

Des recherches antérieures ont montré que les personnes ayant une incapacité sont plus susceptibles que les autres personnes d’être victimes d’exclusion sociale et de discrimination, ce qui entraîne un accès inégal aux ressources sociales, culturelles, politiques et économiquesNote de bas de page 44. Les difficultés financières qui en découlent peuvent être aggravées lorsqu’une personne ayant une incapacité est également un parent seul. Cette réalité est particulièrement préoccupante si l’on considère qu’en 2011, les femmes de 15 ans et plus ayant une incapacité étaient beaucoup plus susceptibles d’être des mères seules (11 %) que les femmes de 15 ans et plus non atteintes d’une incapacité (8 %)Note de bas de page 45.

Les parents seuls ayant une incapacité sont également plus susceptibles que les autres parents de se situer sous le seuil de pauvreté de la mesure du panier de consommation. Comme le montre le graphique 8, environ 40 % des parents seuls en situation d’incapacité étaient significativement plus susceptibles de vivre dans la pauvreté en 2015, comparativement à 27 % des parents n’ayant pas d’incapacité. En 2015, la proportion de familles monoparentales vivant dans la pauvreté, selon la mesure individuelle du panier de consommation, était plus élevée chez les parents seuls ayant une incapacité grave que chez les parents seuls sans incapacité (43 % et 27 %, respectivement). En 2020, la proportion de parents seuls ayant une incapacité dans le cadre de la mesure individuelle du panier de consommation a diminué considérablement, puisqu’elle représentait moins de la moitié de la proportion observée en 2015 (18 % par rapport à 40 %). De même, en 2020, la proportion de parents seuls non atteints d’une incapacité selon la mesure individuelle du panier de consommation était environ la moitié de celle de 2015 (13 % par rapport à 27 %). La proportion de parents seuls ayant une incapacité (18 %), en particulier ceux ayant une incapacité grave (23 %), étaient significativement plus susceptibles de vivre dans la pauvreté en 2020 que les parents seuls sans incapacité (13 %).

Graphique 8. Proportion de familles économiques monoparentales vivant sous la mesure du panier de consommation individuel, selon la situation et la gravité de l’incapacité, Canada, 2015 à 2020, Enquête canadienne sur l’incapacité

Graphique 8. Proportion de familles économiques monoparentales vivant sous la mesure du panier de consommation individuel, selon la situation et la gravité de l’incapacité, Canada, 2015 à 2020, Enquête canadienne sur l’incapacité
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Ce graphique à barres horizontales présente la proportion de familles économiques monoparentales vivant sous le seuil de la mesure du panier de consommation (MPC) en 2015 et en 2020, selon la situation d'incapacité et la sévérité. L'axe horizontal (axe des x) montre la proportion de parents seuls vivant sous le seuil de la MPC, allant de 0 % à 50 %. L'axe vertical (axe des y) montre 4 groupes de parents seuls selon le statut et la gravité de l'incapacité : l'ensemble des parents seuls ayant une incapacité, les parents seuls ayant une incapacité plus légère, les parents seuls ayant une incapacité plus sévère et les parents seuls sans incapacité. Pour chaque groupe, il y a deux barres, chacune représentant une année de données : 2015 et 2020.

  • Total, parents seuls ayant une incapacité : 40 % des parents seuls ayant une incapacité en 2015 et 18 % en 2020 vivaient sous le seuil de la MPC.
  • Parents seuls ayant une incapacité plus légère : 36 % des parents seuls ayant une incapacité plus légère en 2015 et 14 % en 2020 vivaient sous le seuil de la MPC.
  • Parents seuls ayant une incapacité plus sévère : 43 % des parents seuls ayant une incapacité plus sévère en 2015 et 23 % en 2020 vivaient sous le seuil de la MPC.
  • Parents seuls sans incapacité : 27 % des parents seuls sans incapacité en 2015 et 13 % en 2020 vivaient sous le seuil de la MPC.

Note : Le pourcentage de parents seuls ayant une incapacité légère en 2015 (36 %E) doit être utilisé avec prudence.
Source : Hébert, B.— P., Kevins, C., Mofidi, A., Morris, S., Simionescu, D. et Thicke, M. 2024. « Profil démographique, d’emploi et de revenu des personnes ayant une incapacité âgées de 15 ans et plus au Canada, 2022 Â» No 89-654-X au catalogue de Statistique Canada.

Familles monoparentales dirigées par des immigrantsNote de bas de page 46

Selon le Recensement de 2021, les parents seuls avec enfants âgés de 17 ans et moins étaient quatre fois plus susceptibles (26 %) d’être en situation de faible revenu que les couples avec enfants âgés de 17 ans et moins (7 %). Selon le statut d’immigrant, les familles monoparentales dirigées par une femme immigranteNote de bas de page 47 avec enfants de moins de 17 ans étaient les plus susceptibles d’être en situation de faible revenu (27 %), suivies des familles monoparentales dirigées par une femme non immigrante (24 %), d’un homme immigrant (21 %) et d’un homme non immigrant (19 %). La prévalence du faible revenu chez les parents seuls immigrants variait également selon leur catégorie d’admission. Les taux de faible revenu des mères seules immigrantes admises dans la catégorie économique (25 %) étaient comparables à ceux des mères seules non immigrantes (24 %), tandis qu’ils étaient plus élevés chez les mères seules admises à titre de réfugiées (31 %) ou parrainées par la famille (27 %).

De plus, les immigrants monoparentaux établis qui sont au Canada depuis plus de cinq ans ont une prévalence plus faible de personnes vivant en situation de faible revenu que les immigrants monoparentaux récentsNote de bas de page 48. Parmi les familles monoparentales dirigées par une immigrante établie, la prévalence de la situation de faible revenu était semblable à celle des familles monoparentales dirigées par une femme non immigrante (25 % et 24 %, respectivement). En revanche, la prévalence du faible revenu chez les familles monoparentales dirigées par une immigrante récente était beaucoup plus élevée (39 %). Cette constatation chez les mères seules était semblable chez les pères seuls, mais dans une moindre mesure (hommes immigrants établis, 21 %; hommes non immigrants, 19 %; hommes immigrants récents, 26 %).

De plus, les taux de faible revenu chez les parents seuls immigrants racisés n’étaient pas toujours plus élevés que chez leurs homologues non racisés, le graphique 9 montrant des variations selon l’identité racisée du parent. Par exemple, les familles monoparentales dirigées par une immigrante philippine (11 %) étaient moins susceptibles de vivre dans une situation de faible revenu que les familles monoparentales dirigées par une immigrante non racisée (24 %). Cependant, certains groupes d’immigrants racisés étaient plus susceptibles d’être des parents seuls vivant dans une situation de faible revenu; c’est le cas notamment des immigrantes (39 %) et des immigrants arabes (33 %).

Graphique 9. Proportion de personnes à faible revenu (mesure de faible revenu de la famille de recensement après impôt; MFR-ApI) chez les personnes vivant dans des familles monoparentales avec enfants âgés de 17 ans ou moins et ayant un parent immigrant, selon le genre et le groupe racisé du parent, Canada, 2021, Recensement de la population

Graphique 9. Proportion de personnes à faible revenu (mesure de faible revenu de la famille de recensement après impôt; MFR-ApI) chez les personnes vivant dans des familles monoparentales avec enfants âgés de 17 ans ou moins et ayant un parent immigrant, selon le genre et le groupe racisé du parent, Canada, 2021, Recensement de la population
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Ce graphique à barres horizontales présente la proportion de familles monoparentales immigrantes vivant en situation de faible revenu en 2021 avec des enfants âgés de 17 ans et moins, selon l'identité racisée. L'axe horizontal (axe des x) montre la proportion de parents seuls immigrants vivant dans une situation de faible revenu, allant de 0 % à 45 %. L'axe vertical (axe des y) montre 8 groupes de parents seuls immigrants selon l'identité racisée : groupe non racisé, autre groupe racisé, Latino-Américain, Arabe, Philippin, Noir, Chinois et Sud-asiatique. Pour chaque groupe, il y a deux barres, l'une pour les pères seuls immigrants et l'autre pour les mères seules immigrantes.

  • Groupe non racisé : 19 % des pères seuls immigrants et 24 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.
  • Autre groupe racisé : 23 % des pères seuls immigrants et 30 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.
  • Latino-Américain : 20 % des pères seuls immigrants et 27 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.
  • Arabe : 33 % des pères seuls immigrants et 39 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.
  • Philippin : 6 % des pères seuls immigrants et 11 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.
  • Noir : 24 % des pères seuls immigrants et 26 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.
  • Chinois : 30 % des pères seuls immigrants et 36 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.
  • Sud-Asiatique : 13 % des pères seuls immigrants et 24 % des mères seules immigrantes vivent en situation de faible revenu.

Note : Les données sur le faible revenu des familles monoparentales immigrantes sont axées sur les personnes vivant dans des familles monoparentales, plutôt que sur la famille.
Source : Carpino, T. 2024. « Prévalence du faible revenu chez les personnes vivant dans une famille monoparentale dirigée par un parent immigrant : une analyse intersectionnelle » No 45-20-002 au catalogue de Statistique Canada.

Familles monoparentales autochtonesNote de bas de page 49

Les Premières Nations, les Inuit et les Métis au Canada sont depuis longtemps confrontés à d’importantes disparités économiques par rapport à leurs homologues non autochtonesNote de bas de page 50. En soulignant ces disparités, il est aussi essentiel de reconnaître le long historique de colonialisme, des déplacements de population, de la discrimination et de la marginalisation qui continuent d’avoir un impact profond sur les peuples autochtones et leur bien-être économiqueNote de bas de page 51. En 2021, la population globale des Autochtones vivant dans les provincesNote de bas de page 52 représentait une proportion plus élevée de personnes vivant sous le seuil de pauvreté individuel de la mesure du panier de consommation que les non-Autochtones, se situant à 12 % et 8 %, respectivement, bien qu’il y ait eu des variations selon le groupe autochtone, soit 14 % chez les Premières Nations vivant hors réserve, 10 % chez les Inuit et 9 % chez les MétisNote de bas de page 53. De plus, il y avait des proportions plus élevées de parents seuls autochtones que non autochtones, représentant 8 % et 4 % de leur population totaleNote de bas de page 54. En interprétant ces données, il est important de se rappeler que les Autochtones ont une perspective différente sur les familles et que beaucoup vivent dans un foyer multigénérationnel avec leurs parents, leurs grands-parents ou d’autres membres de la famille. Bien que les Autochtones soient plus susceptibles de vivre dans un ménage monoparental, les membres de leur famille, comme les grands-parents, jouent souvent un rôle important dans l’éducation des enfants et la transmission des traditions et des connaissances culturellesNote de bas de page 55.

Comme le montre le graphique 10, d’après le Recensement de la population de 2016Note de bas de page 56, plus du quart (26 %) des Premières NationsNote de bas de page 57 et 32 % des MétisNote de bas de page 58 qui étaient des parents seuls vivaient dans la pauvreté, ce qui est inférieur au seuil de la mesure du marché, comparativement à 23 % de leurs homologues non autochtones. Les femmes des Premières Nations et les Métisses vivant dans des familles monoparentales étaient également plus susceptibles de vivre dans la pauvreté (30 % et 35 %, respectivement) que leurs homologues non autochtones (25 %). Chez les familles monoparentales dirigées par un homme, les hommes métis (22 %) étaient plus susceptibles que les hommes non autochtones (17 %) de vivre dans la pauvreté. Les proportions de membres des Premières Nations et de Métis qui sont des parents seuls vivant dans la pauvreté étaient deux et quatre fois plus élevées, respectivement, que les proportions de parents seuls des Premières Nations et de Métis (26 % comparativement à 13 % pour les Premières Nations et à 32 % comparativement à 8 % pour les Métis, respectivement), et la proportion de parents seuls non autochtones vivant dans la pauvreté (23 %) était 4,5 fois plus élevée que la proportion de parents seuls non autochtones (5 %)Note de bas de page 59. Cela signifie que les familles monoparentales non autochtones représentaient proportionnellement un pourcentage plus élevé des personnes vivant dans la pauvreté que les familles monoparentales des Premières Nations et des Métis. Cette différence était encore plus prononcée chez les pères seuls métis et non autochtones, les proportions de ces parents seuls vivant dans la pauvreté étant respectivement 7 et 8,5 fois plus élevées que les proportions qu’ils représentaient en tant que parents seuls. Chez les Inuit, la proportion de parents seuls vivant dans la pauvreté était de 12 % en 2016, mais la mesure du panier de consommation pour les trois territoires n’était pas disponible au moment de la préparation des données, et ces données pourraient exclure un grand nombre d’Inuit, car 44 % des Inuit vivaient au Nunavut et 4 % dans la région des Inuvialuit (Territoires du Nord-Ouest) au moment du Recensement de la population de 2016Note de bas de page 60.

Graphique 10. Proportion de parents seuls dans les familles économiques vivant dans les provinces et en deçà de la mesure du panier de consommation individuel, selon l’identité autochtone et le genre, Canada, 2016, Recensement de la population

Graphique 10. Proportion de parents seuls dans les familles économiques vivant dans les provinces et en deçà de la mesure du panier de consommation individuel, selon l’identité autochtone et le genre, Canada, 2016, Recensement de la population
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Ce graphique à barres verticales présente la proportion de parents seuls vivant sous le seuil de la mesure du panier de consommation (MPC) au Canada en 2016, selon le genre et l'identité autochtone. L'axe horizontal (axe des x) présente trois groupes de parents seuls selon le genre : les mères seules, les pères seuls et les parents seuls total. Pour chaque groupe, il y a quatre barres, chacune représentant un groupe d'identité autochtone : Premières Nations, Inuit, Métis et non-Autochtones. L'axe vertical (axe des y) montre la proportion de parents seuls vivant sous le seuil de la MPC, allant de 0 % à 40 %.

  • Pour les mères seules : En 2016, 30 % des Premières Nations, 13 % des Inuites, 35 % des Métis et 25 % des mères seules non autochtones vivaient sous le seuil de la MPC.
  • Pour les pères seuls : En 2016, 15 % des Premières Nations, 7 % des Inuit, 22 % des Métis et 17 % des pères seuls non autochtones vivaient sous le seuil de la MPC.
  • Total, parents seuls : En 2016, 26 % des Premières Nations, 12 % des Inuit, 32 % des Métis et 23 % des parents seuls non autochtones vivaient sous le seuil de la MPC.

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2016 [anglais seulement] Canada: Census 2021 and 2016: Lone Parent Profile by Immigrant Status and Indigenous Identity - Community accounts et Canada: Census 2021 & 2016: Lone Parent Families in Low Income Profiles by Indigenous Identity - Community accounts Totalisation spéciale préparée par l’Agence de la statistique de Terre-Neuve-et-Labrador, gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, 2019.