Changements d’attitudes chez les participants aux Programmes d’intervention auprès des partenaires violents (PIPV) : un projet pilote

5. Répercussions et recommandations

On reconnaît que les programmes d'intervention auprès des partenaires violents doivent être améliorés. Pour ce faire, on doit s'appuyer sur des stratégies qui mesurent bien les progrès des hommes au cours de l'intervention. Les résultats de la présente étude comportent un certain nombre de répercussions sur une telle démarche :

  1. Les mesures d'attitudes peuvent être très utiles à l'évaluation des PIPV. Pour évaluer les programmes d'intervention auprès des partenaires violents, on doit absolument mieux comprendre les mécanismes de changement. Autrement dit, on doit savoir comment les PIPV peuvent promouvoir la diminution des comportements violents. Les attitudes envers la violence et la responsabilité personnelle, le blâme attribué à sa partenaire, le déni des difficultés conjugales prévisibles semblent être au départ des attitudes toutes désignées qui correspondent bien aux objectifs des PIPV.
  2. Le changement dans la reconnaissance, en particulier la reconnaissance des pensées violentes, peut aussi permettre d'évaluer les PIPV. Un autre objectif des PIPV est d'accroître la reconnaissance. L'examen des réponses des hommes a montré que ceux-ci reconnaissaient adéquatement les comportements violents, mais qu'ils ne reconnaissaient pas suffisamment bien les cognitions violentes. Par conséquent, l'évaluation de la reconnaissance des hommes des pensées saines et malsaines peut s'avérer utile comme indicateur de l'efficacité du programme.
  3. Les besoins des hommes qui participent aux PIPV sur une base volontaire, ou parce qu'ils y ont été renvoyés par les services d'intervention précoce ou les services de poursuite coordonnée sont sensiblement les mêmes. En général, les attitudes et la reconnaissance des hommes qui sont aiguillés vers les PIPV sont semblables, peu importe la source de renvoi. Ces résultats laissent entendre qu'il est inutile de différencier le service en fonction de la source de renvoi.
  4. Les analyses actuelles du changement d'attitudes de reconnaissance chez les hommes avant et après l'intervention sont limitées en raison du petit échantillon. La présente étude comprend des analyses préliminaires du changement d'attitudes et de reconnaissance chez les hommes qui permettent d'examiner l'utilité des questionnaires créés. Comme ces analyses se fondaient sur un petit échantillon d'hommes, elles ne peuvent pas servir à tirer des conclusions au sujet de l'efficacité des PIPV. Pour évaluer l'efficacité de l'intervention à promouvoir le changement d'attitudes des hommes et leur reconnaissance des comportements violents, il faudrait étudier un plus grand échantillon d'hommes qui, de préférence, font affaire avec divers organismes qui fournissent l'intervention.
  5. L'information demeure cruciale au sujet des liens prévus entre les attitudes et la reconnaissance. La présente étude met l'accent sur l'incidence de la participation aux PIPV sur les attitudes des hommes et leur reconnaissance des comportements violents. Le lien entre ces changements d'attitudes et les changements potentiels du comportement violent n'a pas encore été établi. On a absolument besoin de faire d'autres études afin de déterminer si les comportements identifiés sont des prédicteurs significatifs du changement de comportement.
  6. Compte tenu de l'incidence potentielle du comportement violent, les études sur l'efficacité des PIPV doivent continuer à inclure une mesure du changement de comportement. Enfin, il est important de reconnaître que même si les attitudes sont fortement liées à la violence, il est nécessaire de continuer à inclure une mesure du comportement violent dans les études sur l'efficacité du programme. C'est essentiel compte tenu de la nature du comportement violent et de ses répercussions potentiellement graves sur les victimes. Dans ce cas, les attitudes ne peuvent pas servir d'indicateur du comportement. Néanmoins, l'examen du changement d'attitudes peut potentiellement contribuer de manière importante à identifier les pratiques d'intervention qui réussissent le mieux et le moins et à cibler les hommes que les programmes d'intervention n'aident pas.