La voie à suivre


Conscients que le Rapport annuel de 2022 n’a pas répondu à toutes les attentes des partenaires autochtones, nous nous sommes efforcés, cette année, de mettre en place un processus plus inclusif et plus efficace. Bien qu’il y ait toujours place à l’amélioration, nous sommes reconnaissants d’avoir obtenu l’autorisation de citer certains des commentaires que nous avons reçus lors du processus de consultation et de collaboration avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis quant aux façons d’améliorer le processus de présentation de rapports et le contenu de ces derniers.

La préoccupation la plus fréquemment exprimée, à la fois par les partenaires autochtones et par les ministères et organismes fédéraux, concernait les délais serrés, particulièrement en ce qui a trait à la validation de l’ébauche du plan d’action. Il existe une tension intrinsèque entre la volonté de voir se produire rapidement des changements qui favoriseront la réconciliation et la difficulté d’opérer des changements transformateurs complexes au moyen de ressources (humaines et financières) qui ne sont pas illimitées.

Non seulement le respect de l’échéance de juin 2023 pour le dépôt du Plan d’action a-t-il nécessité une mobilisation importante des Premières Nations, des Inuits et des Métis et du gouvernement fédéral, il a exigé de mettre en place des façons de faire et des mécanismes entièrement nouveaux. Il convient de rappeler que la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a reçu la sanction royale il y a seulement deux ans. Compte tenu du cadre législatif prévu par la Loi et de l’ampleur des démarches entreprises, il n’est pas surprenant que certains processus aient semblé précipités ou incomplets. À l’avenir, il sera important de veiller à ce que les ministères fédéraux disposent de plus de temps pour examiner les propositions reçues des peuples autochtones et à harmoniser les échéanciers du gouvernement du Canada avec ceux des partenaires autochtones afin de respecter leurs processus internes de consultation, de prise de décisions et de consensus.

Les peuples autochtones veulent que les rapports annuels rendent compte de leurs perspectives et de leurs contributions. Il sera donc important, dans les années à venir, de continuer à valider la rétroaction reçue des partenaires autochtones et de veiller à prévoir suffisamment d’occasions, de ressources et de temps pour que les rapports annuels reflètent fidèlement les perspectives autochtones.

De même, il sera de plus en plus important, dans les années à venir, que les rapports annuels rendent compte avec précision des mesures prises pour assurer la compatibilité des lois avec la Déclaration des Nations Unies, y compris les modifications législatives et réglementaires pertinentes.

Prochaines étapes

Alors que nous commençons à tourner notre attention vers les prochaines étapes, nous avons conscience de la nécessité de ne pas sous-estimer le travail qui nous attend, d’autant plus que le rapport annuel de 2024 sera le premier à rendre compte de la mise en œuvre des mesures incluses dans le Plan d’action.

Les partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont été nombreux à suggérer d’établir des échéanciers à court, à moyen et à long terme pour les prochaines étapes de la mise en œuvre du Plan d’action. À court terme, les efforts pourraient être axés sur la communication et la formation afin d’assurer une meilleure compréhension de la Déclaration des Nations Unies. Les objectifs à moyen terme pourraient comprendre une harmonisation accrue des lois avec la Déclaration des Nations unies, des mesures de lutte contre le racisme systémique et l’établissement de mécanismes de rétroaction pour les peuples autochtones. Les aspirations à long terme pourraient être axées sur l’égalité des droits et la reconnaissance des lois autochtones ainsi que sur la collecte de données et la correction des lacunes en matière de données.

« Le travail qui reste à accomplir est titanesque, car la mise en œuvre de la Déclaration exige un changement de paradigme complet au sein des institutions canadiennes et québécoises ainsi qu'un travail continu de consultation et de collaboration avec les peuples autochtones compte tenu de l’importance de la Déclaration. »

Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam