Contexte
Le ministère de la Justice du Canada a conclu un contrat de recherche communautaire afin de mieux comprendre la situation des personnes impliquées dans le commerce du sexe. L’ancien projet de loi C-36 entré en vigueur en 2014 – à savoir la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation,également connue sous le nom de modèle ou d’approche « nordique » – vise les personnes qui achètent des services sexuels et les tierces parties qui profitent des services sexuels d’autrui. Cette loi a décriminalisé les prestataires de services sexuels, en les considérant comme ayant besoin d’un soutien et non d’une punition (Ministère de la Justice Canada, 2014). Cette distinction importante étant au cœur de cette approche, l’initiative des Mesures pour lutter contre la prostitution (MLCP) a été créée pour aider les prestataires de services sexuels à sortir de le commerce du sexe. Ce programme a reçu un financement pluriannuel de 2015-2016 à 2020-2021.
L’un des principaux aspects de cette initiative consistait à fournir des fonds à des organismes du secteur à but non lucratif pour aider les personnes qui se livrent au travail du sexe à bénéficier de services intégrés, comme le logement, les soins de santé, la thérapie, le traitement des dépendances, la réunification familiale et les programmes de préparation à la vie active. La publication de 2022 intitulée Examen du programme Mesures pour lutter contre la prostitution (MLCP) (Badets et Wichmann, 2022) était basée sur des données recueillies par les treize (13) organismes qui fournissaient des services de soutien. Ces données comprenaient des données démographiques de base, les services utilisés et certains résultats. Bien que le rapport renferme quelques informations sur les personnes qui cherchent un soutien auprès de ces organismes, il manque des données qualitatives sur la vie des prestataires de services sexuels.
Voice Found est l’un des treize (13) organismes qui ont reçu un financement dans le cadre de l’initiative des MLCP. Cet organisme de bienfaisance a pour mandat de fournir des services aux personnes qui risquent d’être, qui ont été ou qui sont victimes de la traite de personnes. Il peut aussi bien s’agir de victimes de la traite à des fins sexuelles que de la traite à des fins de travail, mais dans le cadre de cette étude, seules les victimes de la traite à des fins sexuelles ont été prises en compte.
Les données que Voice Found a recueillies permettent de mieux comprendre la vie de ses clients au moment où ils ont été victimes de la traite, pendant qu’ils en étaient victimes, lorsqu’ils s’en sont sortis, et ce qui les a aidés ou aurait pu les aider à traverser cette période. L’objectif de ce projet était de brosser un portrait plus complet de la raison qui pousse les gens à se livrer à la traite de personnes et à s’en sortir, ainsi que de la manière dont ils le font.
Qu’entend-on par traite de personnes?
Malgré les similitudes entre le travail du sexe consensuel et la traite de personnes à des fins sexuelles, il existe une distinction claire entre les deux. La traite de personnes comporte trois aspects : l’acte, les moyens et le but (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, n.d.).
Un trafiquant doit recruter, transporter, transférer, héberger, dissimuler ou recevoir une personne en utilisant un ou plusieurs des moyens suivants à des fins d’exploitation (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, n.d., Sécurité publique Canada, 2019) :
- Menace ou emploi de la force
- Coercition
- Fraude
- Tromperie
- Abus d’une position d’autorité
- Octroi de paiements ou d’avantages
- Enlèvement
Il existe de nombreux types de traite de personnes, mais dans le cadre de cette recherche, nous mettrons l’accent sur la traite à des fins sexuelles (ci-après appelée la traite de personnes).
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