ENTRE VOUS ET MOI : PROGRAMME DE VULGARISATION ET D'INFORMATION JURIDIQUES (PVIJ) PAR DES PAIRS POUR LES FEMMES VICTIMES DE VIOLENCE FAMILIALE
ANNEXE « C » Programme de vulgarisation et d'information juridiques (PVIJ)
Guide de formation de pairs de femmes victimes de violence
APERÇU DES COURS
Le présent guide doit être utilisé avec la brochure d'accompagnement « Entre vous et moi : Guide du PVIJ pour les pairs de femmes victimes de violence ». Il doit être utilisé pour la prestation du programme à des pairs de femmes victimes de violence dans la région de Sault Ste. Marie. Compte tenu de la composition démographique de la collectivité, le programme met l'accent sur les besoins des femmes autochtones et non autochtones. Des ajustements seront nécessaires pour répondre aux besoins des grands centres urbains comptant une plus grande population d'immigrants. Le guide doit être utilisé avec le manuel d'accompagnement « Entre vous et moi : Guide du PVIJ pour les pairs de femmes victimes de violence ».
- Par Gayle Broad
- Gisèle Beausoleil
- Connie Manitowabi
Décembre 2003
Index
Section I : Comment utiliser le guide
- Aperçu du projet
- Pourquoi l'apprentissage par les pairs?
- Format général du programmeg
Section II : Aperçu des cours
- Séance nº I : Introduction
- Séance nº II : Violence faite aux femmes
- Séance nº III : Quoi faire pour être un pair dans le cadre du PVIJ
- Séance nº IV : Sortir de la relation
- éance nº V : Comprendre le système juridique
- Séance nº VI : Questions touchant le droit de la famille
- Séance nº VII : Questions touchant le droit pénal
- Séance nº VIII : Autonomie et réseaux de soutien
Prière de consulter la brochure d'accompagnement « Entre vous et moi : Guide du PVIJ pour les pairs de femmes victimes de violence » pour obtenir copie des documents cités en référence.
Section I : Comment utiliser le guide
Le présent guide doit être utilisé avec la brochure d'accompagnement « Entre vous et moi : Guide du PVIJ pour les pairs de femmes victimes de violence ». Il doit être utilisé pour la prestation du programme à des pairs de femmes victimes de violence dans la région de Sault Ste. Marie. Compte tenu de la composition démographique de la collectivité, le programme met l'accent sur les besoins des femmes autochtones et non autochtones. Des ajustements seront nécessaires pour répondre aux besoins des grands centres urbains comptant une plus grande population d'immigrants.
Aperçu du projet
Les besoins en matière d'éducation et d'information juridiques des femmes victimes de violence familiale sont immenses et bien documentés. Ces femmes font l'objet d'actes de violence « dans l'environnement privé et sans soutien »
(United Way, 1998) de leur foyer. Ainsi donc, il est très difficile de leur donner l'information juridique dont elles ont si désespérément besoin. Les maisons de transition, parmi les premières à repérer le risque élevé de blessures physiques avec lequel sont aux prises les victimes de violence familiale, ont recours à plusieurs méthodes ingénieuses pour joindre les femmes en toute sécurité notamment en inscrivant des numéros d'urgence sur les distributeurs de tampons hygiéniques.
Certaines femmes, comme les nouvelles arrivantes au Canada, les femmes handicapées ou celles qui vivent dans des collectivités rurales ou nordiques où il y a peu de services sont particulièrement vulnérables. La nature de la violence familiale, où l'auteur isole à dessein la victime, fait en sorte qu'il existe des obstacles particuliers qui empêchent d'accéder à un PVIJ, difficulté qui est accrue lorsque la victime vit dans une petite collectivité comme une Première nation ou qui, étant donné son jeune âge, est moins au courant des services offerts.
Les femmes veulent, et elles ont souvent besoin de le faire, se renseigner au sujet de diverses questions juridiques, plus particulièrement des questions touchant le droit de la famille (comme les questions concernant la garde et la pension alimentaire), le droit pénal pour ce qui est du harcèlement criminel, du harcèlement et de l'agression et, pour les nouvelles Canadiennes, le droit de l'immigration. Une étude récente a également indiqué que pour certaines femmes, la connaissance de la Loi sur les jeunes contrevenants (et les changements qu'il est proposé d'y apporter) constitue également une priorité importante ((McDonald, 2000).
Pour répondre à ce besoin, les services juridiques et d'aide aux victimes ont conçu une vaste gamme de documents sur le PVIJ (voir CLEO, par exemple). Ces documents ont été traduits en plusieurs langues et plusieurs stratégies ont été employées pour les faire connaître, comme la publicité, les brochures, l'Internet.
Cependant, il arrive souvent que la victime soit incapable d'obtenir ou d'utiliser l'information. Cela peut s'expliquer en partie par la difficulté que posent les « environnements privés et sans soutien »
dans lesquels la violence se produit, ou par le traumatisme qui en découle. Il existe très peu de recherches sur l'apprentissage de la loi pour celles qui ont connu la violence ou les traumatismes, mais certaines études de cas indiquent que le traumatisme peut en fait gêner considérablement la capacité de la victime de retenir l'information essentielle (Broad, 2002, McDonald, 2000).
La recherche effectuée révèle que les femmes veulent apprendre et apprennent effectivement l'une de l'autre, de bouche à oreille, et compte tenu du caractère isolationniste de la violence familiale, cela est peut-être la meilleure façon de joindre ces femmes. Cependant, la recherche montre que cette façon de se renseigner sur la loi fait souvent en sorte que l'information est inexacte, incomplète ou désuète.
Pourquoi l'apprentissage par les pairs
L'apprentissage par les pairs fonctionne parce que :
- La confiance s'établit facilement – à cause de situations semblables, parce que les femmes partagent des caractéristiques communes (langue, sexe, antécédents), parce qu'elles ne sont pas des représentantes de l'autorité.
- Il y a empathie immédiate pour la situation (les pairs peuvent avoir vécu la violence familiale elles-mêmes ou connaître quelqu'un en pareille situation).
- Le pair a appris par l'expérience.
- Le pair est immédiatement accessible (dans le parc, chez le coiffeur, au moment d'aller chercher les enfants à l'école).
Si elles reçoivent une information et un soutien appropriés :
- L'information fournie est exacte, complète et à jour.
- L'information est fournie dans la langue de choix des interlocuteurs.
- L'information fournie est opportune.
- L'information est donnée sans que cela ne coûte trop cher.
Format général du programme
La formation pour les pairs a été divisée en huit séances, d'environ trois heures chacune. Pour chaque séance, le format est conçu pour fournir aux pairs un environnement sûr et confortable où elles se sentiront libres de poser des questions et de se sensibiliser à leur propre apprentissage et à leurs changements de perceptions. À l'exception du premier cours d'introduction, on suivra chaque semaine, le format suivant :
- Mot de bienvenue et remerciement – 2 minutes.
- Faire le point – 15 minutes (voir ce qui s'est produit au cours de la semaine, où les gens en sont, etc.).
- Déraciner un préjugé (exercice au cours duquel on aborde certains des malentendus et des préjugés les plus courants au sujet de la violence faite aux femmes et des enjeux juridiques).
- Présentation d'information – 40 minutes (incluant une période de questions et réponses).
- Pause – 15 minutes.
- Exercice d'apprentissage interactif – 60 minutes (on alternera entre les discussions en petits groupes, les jeux de rôles, les entrevues de pratique, etc., pour donner la chance aux pairs d'utiliser leurs compétences « pratiques »).
- Partage et compassion – 30 minutes (occasion pour les pairs d'examiner ce qu'elles ont appris ou expérimenté durant le cours).
- Clôture – 3 minutes.
Section II : Aperçu des cours
Séance nº I : Introduction
Objectifs de la séance :
- Développer la camaraderie et la sécurité dans la classe (système de compagnonnage, format des cours).
- S'assurer que les pairs autochtones se sentent à l'aise et les bienvenues (animatrice autochtone et introduction).
- Préciser le contexte du projet.
- Permettre aux pairs d'avoir ce sentiment d'autonomisation concernant leur contribution au cours (valorisation de leur contribution).
| ACTIVITÉ | PRÉSENTATRICE/ANIMATRICE |
|---|---|
| Mot de bienvenue | Connie, Gisèle, Gayle |
| Présentations – Parlez-nous de trois réseaux auxquels vous appartenez | Gayle |
| Contexte du projet « Entre vous et moi » (section I des documents du guide) |
Gayle |
| Importance de la participation des pairs | Gayle et Connie |
| Établissement d'un système de « compagnonnage »* | Connie et Gisèle |
| Orientation au sujet du guide à l'intention des pairs | Gisèle |
| Pause et orientation dans l'Algoma University College | Gisèle et Gayle |
| Groupe de discussion – Déterminer les besoins d'apprentissage des pairs** | Anna Hagerty (évaluatrice) et Gayle |
| Cercle de clôture | Gisèle et Connie |
* Le « système de compagnonnage » est une suggestion du groupe consultatif qui le voyait comme un moyen de permettre aux pairs de rester en contact entre les séances hebdomadaires. Les compagnes doivent se parler au moins une fois entre les cours et faire un compte rendu mutuel après les cours.
** L'évaluatrice cherchera des moyens de voir en quoi le niveau de connaissances des pairs a changé par suite de leur présence et de leur participation au projet « Entre vous et moi ». L'évaluatrice cherchera à déterminer s'il y a eu amélioration en ce qui concerne les attitudes, les perceptions et les connaissances.
Nota : Le programme de cours peut changer quelque peu selon l'information recueillie par le groupe de discussion mené au cours de la première séance. Les données recueillies seront examinées par le groupe consultatif du projet pour déterminer les rajustements à apporter, si nécessaire, aux séances subséquentes.
Séance n° II : Violence faite aux femmes
Objectifs de la séance
- Permettre aux pairs de définir plusieurs types différents de violence faite aux femmes.
- Permettre aux pairs de repérer les actes de violence sur un spectre de la violence.
- Permettre aux pairs de déterminer la violence structurelle faite aux femmes dans la société.
- Permettre aux pairs de repérer la violence dans leur propre vie.
- Faire en sorte que la perception du féminisme qu'ont les pairs soit axée sur la recherche d'égalité.
| ACTIVITÉ | PRÉSENTATRICE/ANIMATRICE |
|---|---|
| Mot de bienvenue et remerciement | Connie |
| Faire le point | Connie |
| « Mythes ou réalités » | Gisèle |
| Présentation – Signes précurseurs de violence, de pouvoir et de contrôle, cercle d'égalité | Gisèle |
| Pause – 15 minutes | |
| Discussion en petits groupes – Cette information change-t-elle ma perception de la violence faite aux femmes? Comment? | Connie et Gisèle |
| Partage/compassion – Où est-ce que je me situe dans le cercle de l'oppression? Quel genre de féministe suis-je? | Gisèle et Connie |
| Cercle de clôture | Connie |
Documents de référence
- « Fact or Myth » – Interval House of Hamilton-Wentworth
- « Dispelling the Myths » – Women In Crisis (Algoma)
- Power and Control and Equality wheels
- « The Cycle of Violence » – Women's Outreach, Sault Ste. Marie
- « Definitions of Abuse » – Women In Crisis (Algoma)
- « Stalkers and Stalking » – http://www.antistalking.com/aboutstalkers.htm
- « Are you in an abusive situation? » Women In Crisis (Algoma)
- « Why Do Women Remain in Abusive Relationships » – Women's Program Centre for Spanish-speaking peoples, mai 1994
- « Mode de vie des femmes canadiennes » – Ministre des Approvisionnements et Services Canada 1990. La femme et la pauvreté dix ans plus tard : rapport du Conseil national du bien-être social. Ottawa : Été 1990
- « Wife Assault/Assault of Female Partners » – Women In Crisis (Algoma)
- « La violence familiale au Canada : Des faits » http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/familyviolence/html/1facts.html
- « Words that count women in » – Ontario Women's Directorate
- « Definitions of Feminism » – Nancy Hartsock
- « Various Types of Feminism » – Source inconnue
- « The Women's Movement: A Brief His(her)story » – Source inconnue
- « People call me a Feminist… » Rebecca West
- « Feminism » – Source inconnue
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