Examen de la législation provinciale et territoriale en matière de violence familiale et des stratégies d’application

4. FORMATION

PREMIÈRE PARTIE - EXAMEN DES PRINCIPALES QUESTIONS D’APPLICATION

4. FORMATION

La présente section porte sur trois grandes questions relatives à la formation

4.1 Orientation / philosophie

Il y a deux grandes orientations en formation

Cette approche n’exclut en aucune façon la présentation d’information au sujet de la loi, de la violence familiale et des rôles individuels de chacun, elle constitue plutôt la base qui sous-tend cette information.

4.2 Sujets traités et matériel utilisé

L’Annexe 6 contient un échantillon du matériel de formation que l’on peut se procurer aisément auprès de trois administrations. Comme nous l’avons mentionné plus haut, la Saskatchewan aura terminé à la fin du mois d’octobre de cette année la rédaction d’un manuel de formation qui constituera une autre ressource complète pour la formation.

Après avoir examiné le matériel disponible et avoir discuté avec les personnes-ressources dans les différentes administrations, nous avons identifié un certain nombre de sujets qu’il y a lieu de souligner. Ils sont regroupés dans deux catégories, « Éléments conceptuels » et « Information sur la Loi, les règlements et les procédures ».

Éléments conceptuels
Information au sujet de la Loi, des règlements et des procédures

On trouve des exemples de ce type de matériel de formation à l’Annexe A.6. La documentation utilisée au Yukon comprend le texte de la Loi annoté, alors qu’à l’Île-du-Prince-Édouard et au Manitoba la discussion du texte de la Loi est intégrée à une présentation des procédures et des formulaires.

Les scénarios (voir les exemples de l’Île-du-Prince-Édouard et du Yukon) constituent une partie essentielle de la formation. Ils invitent les participants à décider s’il y a lieu de présenter une requête en vue de l’obtention d’une ordonnance en vertu de la législation en matière de violence familiale, quels sont les facteurs à retenir pour mettre en place les mesures de sécurité requises, quelles dispositions de la loi faut-il évoquer pour demander l’ordonnance, sont-ils autorisés à agir et quels sont les formulaires à remplir. Les scénarios peuvent donner lieu à des jeux de rôle ou à des discussions en petits groupes.

La personne-ressource au Yukon nous a confié qu’à chaque fois qu’un scénario était utilisé par un groupe différent, il en résultait des ordonnances ou des dispositions différentes. Il ne s’agissait pas seulement de souligner un manque de cohérence, à savoir qu’il faudrait des discussions pour en arriver à des consensus au sujet des réponses appropriées à donner, mais de relever aussi que dans chaque collectivité, la gamme de services, de personnel et de ressources peut être différente et imposer des solutions différentes.

Certains participants en Saskatchewan ont dit que la première séance de formation avait surtout été axée sur l’ordonnance d’intervention urgente au dépens de l’ordonnance d’aide à une victime ou du mandat d’entrée (Saskatchewan, 1998, p. 2). C’est peut-être un des facteurs qui expliquent le petit nombre de ce deuxième type d’ordonnance et le recours insignifiant aux mandats, ce qui pourrait être corrigé par la formation.

4.3 Prestation des sessions de formation

Les personnes-ressources dans les différentes administrations ont souligné plusieurs points dans les discussions entourant la prestation de la formation

Un travail d’équipe

En Saskatchewan, l’équipe chargée de former les policiers en 1995 était formée d’un agent de police et d’un spécialiste en violence familiale. Le but poursuivi était de faciliter une meilleure compréhension et une meilleure collaboration entre la collectivité et la police. À l’Île-du-Prince-Édouard, les équipes de formation étaient formées d’un agent de la police/GRC, d’un représentant des services aux victimes et d’un intervenant d’une maison de transition. La formation continue au Yukon sera assurée par un membre de la GRC assisté d’un intervenant des services d’aide aux victimes.

Le modèle de «formation du formateur»

Le modèle axé sur la «formation du formateur» a été utilisé auprès des agents de police/GRC en Saskatchewan, à l’Île-du-Prince-Édouard et en Alberta pour élargir la base de connaissances et conserver les ressources. Le modèle a aussi servi pour la formation d’autres types d’intervenants dans certaines administrations. En vertu du programme de formation révisé sur le point de démarrer, la Saskatchewan fera appel à un modèle de ce type (avec une équipe encore une fois composée d’un agent de la GRC et d’un travailleur communautaire) afin de donner une formation communautaire à tous les intervenants concernés dans le cadre d’ateliers de travail multidisciplinaires.

Pour avoir recours à ce modèle de «formation du formateur» au Nunavut, il faudrait identifier des formateurs ayant une certaine reconnaissance au sein de la collectivité et ayant les qualités requises pour être formateurs (plutôt que simples intervenants), et il faudrait s’assurer qu’ils demeurent au sein de la collectivité pendant un certain temps.

Participants aux sessions de formation

Selon la province ou le territoire, la formation a été dispensée à certains ou à tous les participants suivants, ensemble ou par groupes distincts agents de police/GRC, police militaire (Alberta), intervenants des services aux victimes, juges de paix, greffiers, intervenants dans les maisons de transition, procureurs, personnel des services correctionnels, direction de la protection de la jeunesse, organismes communautaires, avocats en pratique privée ainsi que les shérifs.

Lieu et durée de la formation

Les sessions de formation aux formateurs ont généralement été données à l’administration centrale lorsque cela était possible. En Alberta, ces sessions duraient deux jours. En Saskatchewan, les nouvelles sessions de formation des formateurs dureront trois jours.

La formation des juges de paix s’est généralement faite par des sessions de deux jours données dans un ou deux centres. La formation des agents de police par les formateurs nouvellement formés s’est effectuée dans chaque région d’une province ou territoire donné par des séances d’un jour. D’autres groupes spécialisés ont aussi requis des sessions d’un jour.

Suivi

Comme nous l’avons mentionné plus haut, il a été généralement convenu que des sessions d’information ou de formation continue seront nécessaires. Ainsi, depuis la formation dispensée avant la promulgation de la loi, l’Alberta a organisé une série de «réunions techniques» dans les régions à l’intention de la police/GRC, des travailleurs auprès des tribunaux, des avocats ou de l’aide juridique, des juges de paix, des services d’aide aux victimes et des organismes communautaires. Durant ces rencontres, on passe en revue l’expérience des participants dans l’application de la Loi, on règle les problèmes identifiés, de l’information est donnée sur la législation, la dynamique de la violence familiale, la manière de présenter une requête en vue de l’obtention d’une ordonnance, on explique enfin comment évaluer les risques et quoi faire en cas de manquement.

Vidéocassettes

Plusieurs administrations ont réalisé des vidéocassettes comme moyen supplémentaire pouvant servir à la formation. Même si elles ne doivent pas être considérées comme un remplacement à la formation, elles peuvent servir de mises à jour utiles pour les agents de la GRC ou des membres de la collectivité, ou comme moyen temporaire de formation en cas d’absence du formateur principal.